Transports

  • Cointrin comme un avion sans aile ?

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    Accident-d_avion_m.jpgPas de crash en vue

    Dans le menu de la votation de dimanche, aussi copieux qu'on y a désormais pris l'habitude à Genève, on trouve l'initiative populaire "pour un pilotage démocratique de l'aéroport de Genève" et le contre-projet que lui oppose la majorité du parlement. Mais, quoique la droite hurle à la catastrophe économique si l'initiative devait être adoptée (elle est dystopique, la droite genevoise : au moins tous les trois mois, elle nous annonce une catastrophe si la gauche devait gagner un vote : l'initiative sur l'aéroport succède à l'élection mazzono-sommarugesque au Conseil des Etats, ce "déferlement de la vague rose-verte sur notre canton", selon le directeur de la Chambre de commerce, Vincent Subilia...), ce n'est pas le destin de l'aéroport de Genève qui sera scellé dimanche. Seulement un mode de "gouvernance" qui sera réformé et des ambitions de croissance un peu bridées si l'initiative devait être adoptée. Elle ne demande ni la lune, ni la décroissance, mais la maîtrise du développement de l'aéroport et la prise en compte des droits de la population riveraine autant que des "besoins" économiques. On en conviendra : Cointrin y survivrait sans se transformer en un "avion sans aile"...

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  • Une zone piétonne prise en otage par un parking

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    Rive.jpgNON à la clé de (dé)Rive

     

    Hier soir, au Conseil municipal, on a commencé à débattre du projet "Clé de Rive" : un parking de 900 places au centre-ville, présenté comme contrepartie à un projet de piétonisation de la zone du carrefour de Rive. Une contrepartie qui n'est en fait qu'un parasite. En commission et en plénière, toute la gauche s'est opposée et s'opposera encore à ce projet obsolète et contradictoire, alors que la droite s'y accrochait et s'y accroche encore comme un morpion à une vieille couille, en refusant d'admettre que les temps ont changé depuis la conception de ce projet : on peut, on doit aujourd'hui développer les zones piétonnes sans se contraindre à les farcir de parkings. Et on peut et on doit s'abstenir de créer de nouveaux parkings au centre ville, là d'où précisément on doit réduire autant qu'il est possible la circulation automobile. On combattra donc le parking "Clé de Rive" dans le même mouvement où l'on soutiendra la création d'une zone piétonne à Rive, parce que ce parking est un projet du passé, que cette zone piétonne est un projet d'avenir et qu'il n'est pas acceptable de poser comme condition de réalisation de la première la résignation au second.

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  • Réduction des places de parking à Genève : Un référendum pour arrêter le temps ?

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    casse bagnoles.jpgLe 12 septembre, le Grand Conseil genevois a accepté, pour concrétiser (un peu) la loi pour une mobilité "cohérente et équilibrée" adoubée en 2016 par le peuple, une modeste réforme de la "compensation" des places de stationnement supprimées. 4000 places de stationnement en surface pourraient ainsi être supprimées, mais en tenant compte des places inutilisées dans les parkings existants. Hurlements du TCS et de patrons du petit commerce, soutenus par l'UDC, qui ont lancé et fait aboutir un référendum. Un référendum contre quoi, et pourquoi ? Contre le temps qui passe et pour l'arrêter ?

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  • Réduction des places de parking à Genève : Référendum dilatoire

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    épaves.jpgLe 12 septembre, le Grand Conseil genevois a accepté une modeste réduction de la "compensation" des places de stationnement supprimées en surface par de nouvelles places de stationnement en sous-sol. Pour accélérer la concrétisation de la loi pour une mobilité "cohérente et équilibrée", adoubée en 2016 par le peuple) à deux contre un), 4000 places de stationnement en surface pourraient ainsi être supprimées sans être compensées par de nouvelles places, notamment en tenant mieux compte des places inutilisées dans les parkings existants. Hurlements du TCS et des patrons du petit commerce, qui lancent ensemble un référendum dilatoire, au prétexte qu'il ne faut pas s'attaquer au stationnement mais au trafic de transit. Comme si la volonté de réduire l'un et celle de réduire l'autre étaient contradictoires et incompatibles. Et comme si s'attaquer à l'un n'était pas un moyen de réduire l'autre. Il faut bien commencer quelque part -quitte à entendre le TCS et les commerçants clamer qu'il fallait commencer ailleurs. Le plus loin et le plus tard possible.

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  • Un parking pour prix d'une zone piétonne ?

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    épaves.jpgNON à la clé de (dé)Rive

    Hier soir, et à la quasi unanimité de son assemblée générale, le Parti socialiste de la Ville de Genève a refusé dfe soutenir le projet du nouveau parking "Clé de Rive" (900 places au centre-ville), présenté comme contrepartie à un projet de piétonisation de la zone du carrefour de Rive. Une contrepartie qui n'est en fait qu'un parasite. En commission, toute la gauche s'est opposée à ce projet obsolète et contradictoire, alors que la droite s'y accrochait comme un morpion à une vieille couille, sans comprendre (ou en refusant de comprendre) que les temps avaient changés depuis que ce projet avait été conçu : on peut, on doit aujourd'hui développer les zones piétonnes sans se contraindre à les farcir de parkings. Et s'abstenir de créer de nouveaux parkings dans la "petite ceinture", c'est-à-dire au centre ville, là d'où précisément on doit réduire autant qu'il est possible la circulation automobile. On combattra donc le parking "Clé de Rive" dans le même mouvement où l'on soutiendra la création d'une zone piétonne à Rive, parce que ce parking est un projet du passé, et que cette zone piétonne est un projet d'avenir.

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  • Transports publics à Genève : entre sous-traitance et "révolution"

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    Léman Express.jpg

    L'entrée en fonctionnement du "Léman Express", prévue en décembre 2019 avec celle des 16 kilomètres du CEVA, va "révolutionner la mobilité dans le canton", annonce le ministre des Transports, Serge Dal Busco. En attendant quoi la droite veut sa petite réforme. Réactionnaire, la réforme : élargir les possibilités de sous-traitance des prestations des TPG à des privés. Le Grand Conseil est en effet saisi d'une proposition qui vise à rehausser le plafond de 10 % fixé par la loi aux services que les TPG peuvent sous-traiter à des entreprises privées. Quatre entreprises se partagent actuellement le marché ouvert par cette possibilité, et la sous-traitance atteint 9,7 % des activités de l'entreprise publique : une trentaine de lignes périphériques sont ainsi exploitées par des privés. En 2004 déjà, la droite avait tenté de rehausser le plafond de 10 %, et un référendum avait été lancé, avait abouti, et gagné (à deux contre un) en votation populaire. Le PLR est donc revenu à la charge en 2014, en proposant de faire passer le plafond de sous.traitance de 10 à 20 % des services. En commission du Grand Conseil, la droite avait un peu nuancé cette ambition, et fait adopter un plafond de 15 %. C'est toujours le rehausser de 50 %... et c'est donc toujours inacceptable : si une ligne sous.traitée revient 20 % moins cher qu'une ligne assumée directement, c'est par l'effet de la sous-enchère sociale : progression salariale réduite, conditions de travail plus pénibles. En rehaussant le plafond de sous-traitance, c'est l'extension de cette sous-enchère que projette la droite. Mais un plafond qu'on rehausse quand on en a envie, c'est quoi ? encore un plafond, ou seulement un parasol ?

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  • Quand la traversée du lac continue de s'envaser

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    ECHANGEUR.jpgContourner le contournement ?

    Début mars, à Meinier, à l'appel du collectif "Les Changeurs" créé pour inciter le Conseil d'Etat et le parlement à revoir le projet de traversée routière du Petit-Lac, un débat avait permis à des habitants et à des élus municipaux des communes de la rive droite "non urbaine" de dire tout le mal qu'ils pensaient, non du principe d'une traversée routière du Petit-Lac, mais de la forme qu'elle risque de prendre (si le peuple ne la renvoie pas à ses auteurs). Le Maire de Meinier s'inquiètait de devoir accueillir un échangeur autouroutier sur le territoire communal -et qui plus est à proximité d'un site archéologique, celui de Roelbeau. Le Maire de Puplinge reprochait au projet de n'alléger le centre urbain qu'en chargeant sa périphérie. Pour finir tout de même par charger le centre urbain, puisqu'en engendrant plus de circulation à la périphérie, on aboutit toujours à en engendrer au centre. Le Maire de Saint-Cergue, sur France, estimait que ce n'est pas la ville de Genève qu'il faut contourner mais le "Grand Genève", et qu'il faut prioriser les transports en commun. Car sinon, le processus est sans fin : on crée un contournement routier, ce contournement est saturé, donc on crée un contournement du contournement. Et les milliards pleuvent. Ou plutôt, se noient. Or Genève serait seule à payer la note. Salée, la note : rien que les études coûteraient 100 millions de francs, et le projet lui-même des milliards.

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  • Politique genevoise des transports : changements de paradigme et de magistrat...

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    embouteillage.jpgElu de droite, politique de gauche ?

    La politique genevoise des transports est-elle en train de changer ? Le changement du magistrat en charge politique de la mener semble en tout cas correspondre à l'acceptation d'un "changement de paradigme" (comme on dit en langue de bois) qu'il est le premier depuis Bernard Ziegler à prendre en compte, à la grande inquiétude d'une bonne partie de son camp : s'il se dit "centriste", le démochrétien Serge Dal Busco est en effet un élu de la droite, soupçonné par la droite de mener une politique de gauche. Et Dal Busco d'aggraver encore son cas, déjà pendable aux yeux des bagnolards, en proposant de fiscaliser les parkings d'entreprises, en renonçant, plus ou moins explicitement, à faire de la traversée routière du Petit-lac la priorité des priorités prioritaires et en mettant fin à l'autorisation donnée aux deux-roues motorisés d'utiliser les voies de bus... On comprendra donc, mais sans trop y compatir, l'inquiétude qui commence à régner à droite : aurions-nous porté au pouvoir non le continuateur de Luc Barthassat mais celui de Michèle Künzler ?

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  • Quand le gouvernement genevois oublie la traversée routière du lac...

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    rafiot.jpgLaissons couler le rafiot

    Le Conseil consultatif pour la traversée du lac a comme un doute sur l'utilité de son travail : ce projet n'a été évoqué par le gouvernement genevois ni lors de son investiture, ni lors de la présentation de sa "stratégie de mobilité", fin septembre. "Sans volonté politique, faudra-t-il poursuivre nos travaux après notre prochain rapport ?", s'interroge le président du Conseil consultatif, Raymond Loretan. Nous, bien sûr, on répondrait "Non, laissez tomber, ce machin n'est ni utile (il est même nuisible), ni finançable. Le porte-parole du Conseiller d'Etat Dal Busco, chargé de ce dossier plombé, se contente de dire que si cet ouvrage reste prioritaire, il n'est prévu que dans plus de vingt ans, ce qui nuance considérablement son caractère très hypothétiquement "prioritaire", d'autant qu'avant lui, d'autres ouvrages sont plus "prioritairement prioritaires" (et même, eux, en voie de réalisation), comme le "Léman Express" -dont la mise en service réduira plus encore, si c'est possible, la pertinence du projet de faire traverser le Petit Lac par une semi-autoroute, quand Annemasse sera à vingt minutes de Cornavin par le train... Il y a des rafiots qu'il faut laisser couler.

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  • Trois hectares de zone piétonne en surface contre six niveaux de parking en sous-sol

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    bagnole-en-ville.jpgBon deal ou marché de dupes ?

    Le Conseil administratif de la Ville propose au Conseil Municipal un crédit de 28 millions de francs pour piétonniser une partie du quartier de Rive, dans le cadre d'un accord avec le promoteur privé d'un parking qui recevrait un droit de superficie pour installer sur six niveaux souterrains son aspirateur à bagnoles (500 places) et à motos (390 places). La proposition a été renvoyée mardi en commission. Trois hectares de zone piétonne contre six niveaux de parking : Bon deal ou marché de dupes ? Enterrer les véhicules individuels motorisés, après tout, ça se défend si c'est pour laisser toute place en surface aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics. Sauf que les bagnoles et les motos, il faut bien qu'elles y arrivent, dans leur silo souterrain. Et elles y arrivent par la surface. Et ce ne sont, sauf exceptions, pas des habitants du quartier (à qui 100 places seraient réservées dans le parking) qui les conduisent, vu que des habitants du quartier de Rive, on peine à en trouver beaucoup.. Sans surprise, la droite soutient la proposition, les Verts et Ensemble à Gauche la combattent, le PS hésite : accepter le parking pour obtenir la zone piétonne, ou renoncer à la zone piétonne pour éviter le parking ? Une méthode, en tout cas s'impose : dissocier les deux propositions, séparer la carpe et le lapin, déficeler le paquet...

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  • Politique des transports à Genève : Maudite mobilité ?

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    embouteillage.jpgEt le petit monde politique genevois de s'interroger gravement : mais à quel (ou quelle) Conseiller (ou Conseillère) d'Etat confier le dossier de la "mobilité" (de la politique des transports, pour être clair), après la débâcle de son précédent titulaire, Luc Barthassat ? : Depuis la fin du mandat du socialiste Bernard Ziegler, ce dossier, ce département, serait maudit. Foutaise.Si quelque chose est "maudit", c'est la tentative de mener une politique des transports qui ne fasse pas de choix entre les différents modes de transports. Qui refuse de prioriser réellement les transports publics, qui croit pouvoir faire circuler (et se parquer) tout le monde partout, de toutes les manières possibles : à pied, à vélo, en scooter, en bagnole, en bus, en tram, en train. Sur la voirie ordinaire, sur les trottoirs, sur les pistes cyclables, dans les zones piétonnes. Pour ne fâcher personne. Résultat : Les TPG sont les transports publics urbains les plus lents de Suisse. Et Genève est la ville la plus embouteillée de Suisse. Et les cyclistes continuent de risquer leur peau dans une ville en queue de classement suisse des aménagements les concernant.

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  • Traversée du petit-lac de Genève : tunnel-pont-tunnel ad libitum

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    La Pêche miraculeuse.jpgCrédulité, foi et résignation

    Le Conseil d'Etat genevois a annoncé qu'il avait « missionné » le Conseil consultatif de la traversée du lac sur deux nouvelles thématiques retenues suite aux recommandations énoncées dans le rapport du Conseil du 25 septembre 2017. Le gouvernement de la Parvulissime République s'était déjà prononcé, sous la forme d'une recommandation, en faveur de l'option "tunnel-pont-tunnel" consistant en des accrochages souterrains sur les berges, puis en un pont émergeant à une distance des rives supposée permettre "le respect des normes de bruit". Les communes friquées de la rive droite du lac auraient préféré un tunnel, mais se rallient à cette option "tunnel-pont-tunnel" en voulant croire qu'elle éloignera les nuisances. On ne sait si cette crédulité relève de la foi ou de la résignation. Après tout, dans sa "pêche miraculeuse" Conrad Witz fait bien marcher Jesus sur les eaux du petit-lac... mais là où il a encore pied, quand même...

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  • Transports publics genevois : Pour en finir avec les bricolages...

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    ticket CGTE.jpgReparlons de gratuité !


    Il avait annoncé une réduction punitive de l'offre des transports publics genevois si le peuple avait le mauvais goût de refuser la hausse des tarifs qu'il proposait (avec le Conseil d'Etat, la majorité du parlement et le Conseil d'administration des TPG), il fait marche arrière : le Conseiller d'Etat Luc Barthassat a trouvé quatre millions pour éviter de supprimer un tram sur deux aux heures creuses entre les Augustins et Carouge. Et il explique que l'annonce de la réduction de l'offre était une "stratégie pure de ma part et de mes services". La stratégie à Lulu, c'est comme la tacatacatactactique du genda-arme. On trouvera mieux ailleurs, par exemple dans la proposition annoncée à Neuchâtel par le député Vert Laurent Debrot : la gratuité des transports publics dans le canton. A Genève aussi, même si la proposition a été une première fois refusée en votation populaire, elle mériterait d'être renouvelée. Ne serait-ce que comme un bon moyen d'en finir avec les bricolages "stratégiques" à la Barthassat.

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  • Transports publics genevois : sortir de la logique punitive

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    petit train.jpgExtra(di)vagances

    Poursuivant dans la logique rogneuse et punitive qui est la sienne depuis le premier vote contre les augmentations de tarifs des transports publics, et pour confier au parlement -et en dernier recours au peuple- le droit de se prononcer sur ces tarifs, le gouvernement genevois a donc décidé d'une nouvelle baisse des prestations des TPG, déjà réduites de 6 %. Alors que toutes les villes d'Europe renforcent leurs réseaux et leur offre pour favoriser à la fois leur désengorgement et une transition énergétique (que les Genevois soutenaient à trois contre un le même jour où il refusaient l'augmentation des tarifs TPG), la capitale mondiale du monde mondial réduit l'offre de ses transports publics, parce qu'il leur manque quelques millions pour équilibrer leur budget. Le président du gouvernement genevois a jugé "extravagant" le message, réitéré, du peuple. Le plus "extra(di)vagant" n'est-ce pas de refuser de l'entendre et d'en punir l'auteur ?

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  • Tarifs TPG : en attendant la gratuité, NON à la hausse !

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    CarteTPGgratuits.jpg

    Dimanche, à Genève, on vote (entre autres), pour la troisième fois, sur les tarifs des TPG. Parce qu'il faut s'y reprendre à (au moins) trois fois pour faire comprendre à kidedroit que "non, c'est non !". NON à la hausse des tarifs des transports publics. En attendant de pouvoir dire, enfin, OUI à leur gratuité. Parce qu'elle devra bien finir par s'imposer, pour tout le monde, et pas seulement pour ceux qui en reçoivent le cadeau, élus du peuple qui ignorent le message réitéré du peuple : parce que les transports publics bénéficient à tout le monde, même à ceux qui n'en usent pas, et qu'un canton dont le budget est de 8 milliards peut se permettre non seulement d'augmenter la subvention à son entreprise de transports publics, mais même de la hausser au niveau nécessaire pour en financer la gratuité : les usagers couvrent directement, par les billets et les abonnements, 39 % du coût des TPG- mais les usagers sont aussi des contribuables, et ils paient donc deux fois : une fois en tant qu'usagers, une deuxième fois en tant que contribuables. La gratuité équivaudrait ainsi à ne plus les faire payer qu'une seule fois, en tant que contribuables. Et à faire économiser au passage aux TPG l'ensemble des coûts occasionnés par la prise de billets et d'abonnements, et par la répression de la resquille.

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  • Tarifs des transports publics genevois : On re-re-revote...

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    bandeauTPG.jpg

    Le 21 mai, on votera à Genève sur les tarifs des transports publics.On commence à en avoir l'habitude, après tout ça ne fera que la troisième fois en trois ans, la quatrième en neuf ans si on compte le vote (qu'on avait perdu) sur la gratuité. En septembre, le parlement cantonal a voté, par une majorité PLR, UDC, PDC et Verts contre le PS, Ensemble à Gauche et le MCG, une hausse de 4 %  (en gros) du prix des billets et des abonnements TPG pour compenser la perte de recettes dues à la baisse des tarifs imposée par le peuple en 2013, et confirmée en 2014. Or cette compensation peut se faire autrement qu'en faisant payer les seuls usagers : en augmentant la subvention cantonale aux TPG, c'est-à-dire en faisant payer tout le monde par l'impôt, en partant du principe que tout le monde, même ceux qui ne les utilisent pas, bénéficie d'un réseau de transports publics efficace. On votera donc,. pour la troisième fois, NON à la hausse des tarifs -en attendant le moment d'imposer la gratuité. Gratuité dont bénéficient d'ailleurs déjà les députés qui votent les hausses de tarifs (pour les autres) au parlement...

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  • Forta : la Vachette à lait a eu son fourrage

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    La route sur son rail

    La route à donc son fonds à elle, comme le rail : un fonds pérenne de plus de 3 milliards dès 2018, inscrit dans la Constitution fédérale. Et elle est bien contente, la route (même si "Les 38,1% de NON au FORTA sont un "succès d'estime" pour l'ATE) de s'être fait un rail à trois milliards. Le fonds FORTA a été accepté par le bon peuple des automobilistes, des cyclistes, des piétons et des usagers des transports publics, le même bon peuple qui avait refusé l'initiative dite "Vache à lait" du lobby routier, et qui a accepté le fonds "Vachette à lait" et son mode de financement. La gauche appelait à voter "non" au FORTA (soutenu par toute la droite) -mais sans faire réellement campagne, et en comptant dans ses rangs des partisans du projet : un comité romand de gauche appelait ouvertement à voter "oui", en expliquant privilégier le pragmatisme à des "postures militantes" : pour eux (Manuel Tornare, Daniuel Brélaz, Nuria Gorerite, entre autres), le retard des investissements routiers en Suisse romande n'autorisait pas à refuser purement et simplement le FORTA, même si son financement est critiquable : 650 millions puisés dans la caisse fédérale, en effet, c'est beaucoup, même si un dixième du fonds pourra être affecté à des projets d'agglomération, et même si la taxe sur les huiles minérales a été augmentée -mais elle pouvait l'être sans douleur, puisqu'elle n'avait pas été adaptée au renchérissement. Augmenter de 4 centimes la taxe sur le litre d'essence est une mesure totalement indolore, là où s'imposerait une augmentation bien plus importante, et dont le produit serait affecté en bien plus grande part que le FORTA le prévoit à la "mobilité douce".

     

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  • FORTA : Le piège

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    cul-de-sac2.jpgRépondre à la "pendularité" ou l'encourager ?

    A quelques jours du verdict des urnes sur le projet de fonds routier FORTA (un vote dont on n'attend d'ailleurs pas qu'il complaise à nos attentes), il n'est peut-être pas inutile (et quand bien même ce serait...) de dire la raison fondamentale qui nous fera voter "non". Certes, son financement est déséquilibré (il pompe 650 millions de francs dans les caisses fédérales et ne demande qu'un effort insignifiant aux automobiles) et ce qu'il promet d'allouer à la mobilité douce est dérisoire comparé à ce qu'il allouera effectivement aux autoroutes. Mais surtout, il est la traduction concrète d'un choix politique qui porte non seulement sur la politique des transports mais aussi sur l'aménagement du territoire, la politique du logement et la politique économique, celui d'encourager à la "pendularité" entre des lieux d'habitation et des lieux de travail de plus en plus éloignés les uns des autres. On dira que la politique des transports dont témoigne FORTA répond à l'accroissement de cette "pendularité" ? En fait, elle n'y répond pas : elle la crée, l'encourage, l'étend et en allonge les temps et les distances. Elle rend possible un éloignement des lieux de travail et des lieux d'habitat, avec les coûts que cela implique, et avec la double désocialisation que cela provoque, sur chacun de ces lieux : celles et ceux qui désormais travaillent loin de là où ils habitent ne sont plus complètement socialisés dans aucun de ces lieux, et ne les connaissent plus en profondeur : "on devient mobile géographiquement, mais pas mentalement", résume le sociologue Vincent Kaufmann. Déplacé, pas inséré.

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  • FORTA : "Vache à lait" écrémé

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    Financer les routes ou la mobilité ?

    vachefolle.jpgLe 12 février, le bon peuple des villes, des banlieues, des campagnes et des montagnes -le peuple suisse, quoi- est appelé à voter sur ses routes. Ou pour être plus précis, sur un fonds routier de durée illimitée, le FORTA, dont le gouvernement assure qu'il va, d'un coup de baguette magique, quoique bétonnée, éliminer les bouchons sur les autoroutes et fluidifier le trafic dans les villes. Le fonds est doté de 3 milliards de francs par année, assurés par les moyens actuels de financement des routes nationales et par une surtaxe sur les huiles minérales (avec à la clef une  hausse de 4 centimes du prix de l'essence). Ce financement, réservé au fonds, va priver la caisse fédérale de 650 millions de francs de recettes annuelles (on prévoit de les compenser comment ? Par des zéconomies, pardi ! Et où les faire, les zéconomies ? Dans la formation, la culture, l'agriculture et la solidarité internationale). Ainsi constitué, le fonds  doit assurer le développement et l'entretien des routes (400 kilomètres de routes cantonales vont devenir fédérales). Il avait été présenté comme une alternative à l'initiative populaire du lobby automobile, l'initiative "vache à lait", qui voulait affecter à la route la totalité de l'impôt sur les carburants. L'initiative ayant été balayée par le peuple et les cantons, c'est au projet du FORTA qu'on a désormais affaire. Une sorte de "vache à lait écrémé". Le lobby automobile qui le trouvait insuffisant s'y est rallié (un tiens vaut mieux que deux tu ne l'as pas eu) après que son financement été revu. Seule la gauche (pas unanime, puisque des élus fédéraux socialistes  et verts appellent à voter "oui") est réticente, voire opposée à ce qui, tout de même, reste plus un cadeau à la route et au transport automobile individuel et privé qu'un financement de la mobilité.

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  • Prestations en baisse, tarifs en hausse, personnel à bout : Les TPG dans la nasse

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    transports publics.jpgLe nouvel horaire des Transports publics genevois vient d'entrer en vigueur. Et après une réduction de 4 % de leurs prestations depuis deux ans, c'est une nouvelle réduction de 0,5 % qui leur a été imposée par leur direction (et leur ministère de tutelle, le département des Transports), alors qu'elle annonçait en octobre qu'elle opérait une "relance" après ces deux ans de "baisse contrainte". Contrainte par qui ? Ben, par la direction, avec l'aval du Conseil d'administration de la Régie et du département de tutelle (celui de Lulu). Et c'est la même méthode, éminemment politique (politicienne, plutôt) qu'il y a deux ans qui est utilisée : à l'époque, il s'agissait de punir les ingrats citoyens qui avaient voté une baisse des tarifs. Aujourd'hui, il s'agit de les convaincre d'en accepter la hausse, décidée par le Grand Conseil, mais combattue par un référendum. La rancune, c'est pas beau. Le chantage, non plus. Et surtout, ni la réduction des prestations ni la hausse des tarifs ne donneront aux TPG les moyens d'assumer à la fois à leur mission de service public, et leur responsabilité d'employeur. Les TPG sont dans la nasse :  pendant que la direction dirige, que le Conseil d'administration conseille, que le ministre de tutelle enfume et que la majorité de droite du Grand Conseil refuse d'augmenter la subvention à la Régie, le personnel (les conducteurs, les mécaniciens) trinque. Et menace d'une nouvelle grève. Et cette menace là est légitime.

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