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  • Vernier, terre de contrastes et laboratoire politique

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    Tirer la chaîne...

    Il s'en passe des choses, à Vernier, deuxième ville genevoise avec ses 35'000 habitants, et laboratoire politique de deux expériences successives, l'une déjà tentée, et calamiteuse (là, le laboratoire est plutôt celui du docteur Frankenstein), celle de l'accession d'un MCG à un exécutif, et l'autre, qui pourrait être tentée pour l'en déloger, celle d'une sorte de « front républicain » à la genevoise, entre la gauche (en l'occurrence les socialistes et les Verts) et ce qui subsiste dans cette commune d'une droite démocratique pas totalement oublieuse de ses propres origines : si le candidat libéral est prêt à s'allier à la gauche pour purger Vernier de son parasite MCG, l'UDC appelle au «regroupement de toute la droite », le PDC envisage d'inclure l'UDC dans l'Entente et les radicaux, absents du Conseil municipal, sont prêts à tout et à n'importe quoi pour y revenir...

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  • Vernier : le salaire de la campagne et le prix de la division

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    Chacun pour soi, le MCG pour tous

    Le candidat du MCG élu avec près de 40 % des suffrages, le candidat libéral, soutenu par toute la droite (UDC comprise) et par les Verts, battu avec un gros tiers des suffrages, le candidat socialiste (le PS partant tout seul) fermant la marche avec un gros quart des suffrages : le résultat de l'élection complémentaire à Vernier est on ne peut plus clair. Il ratifie une campagne de terrain remarquable (celle du MCG), quoi qu'il en soit de son contenu détestable, il sanctionne sévèrement (mais d'une sévérité méritée) les divisions de la gauche, et il entérine le marasme de la droite traditionnelle. Reste à tirer de l'épisode les quelques enseignements utilisables qu'il nous propose -à commencer par cette vieille évidence : " unis, nous sommes forts - divisés, nous sommes battus ".

    Foirades

    La victoire du MCG à Vernier est aussi incontestable que la défaite de ses adversaires : une Entente qui, même avec l'apport de l'UDC et des Verts, n'atteint que le tiers des suffrages ; un PS, premier parti de Vernier, qui apprend dans la douleur qu'il ne peut pas être majoritaire tout seul ; et une " gauche de la gauche " totalement absente du débat. Si le PS a raté hier à Vernier ce qu'il avait réussi l'année dernière à Onex et à Genève, ce n'est pas parce qu'il était absurde de revendiquer un deuxième siège dans une commune où la gauche est majoritaire et où le PS est le premier parti de la gauche, c'est plus simplement parce qu'une stratégie improvisée a toutes les chances d'aboutir à une foirade méritée. Le PS n'est pas toute la gauche à lui tout seul. Il a donc besoin d'alliés Reste à savoir lesquels. Une alliance avec les seuls Verts équivaudrait à une " droitisation ". Quant à une alliance " de gauche " entre le PS et la seule composante d' " A Gauche toute " ayant assez de cohérence interne pour être considérée comme une force politique, SolidaritéS, elle ne ferait que ratifier le passage des Verts de la gauche au centre mou, et signifierait la perte des quelques majorités dont la gauche dispose dans les institutions, quoi qu'elle en fasse, et dont elle ne dispose que parce que les Verts en font encore partie -tout en lançant d'appuyées œillades à la droite. On peut certes se passer d'alliés. Mais il faut alors aussi se passer de majorités, et entrer dans une opposition dont nous avons totalement désappris les exigences, à moins de cultiver l'espoir d'être un jour (ou un grand soir) majoritaires à nous tout seuls. Et on en est loin. On en est à devoir reconstruire des alliances. Et à devoir se battre pour les ancrer le plus solidement possible à gauche, quand plane la tentation de les déplacer à droite.

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  • Vernier, terre de contrastes

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    Verts niolus verniolans

    A Vernier, il va falloir voter le 28 septembre pour pourvoir le dernier siège du Conseil administratif, pour une législature réduite à deux ans et demi, après l'annulation de l'élection du candidat MCG, Thierry Cerutti, coupable d'avoir, avec son parti, importé sur la scène politique locale des mœurs plus corses que genevoises. Cette élection partielle (ou se second tour retardé de l'élection normale, comme on voudra) donne lieu à d'intéressantes alliances. On ne sait pas si la multinationale du meuble à monter soi-même pourra s'installer à Vernier, comme elle le voudrait, mais l' " esprit Ikea " souffle déjà sur la commune : les alliances politiques sont livrées en kit, et les partis se les mitonnent sur le mode du bricolage familial : les socialistes partent seul au combat avec Alain Charbonnier pour " barrer la route " au MCG, qui représente son candidat invalidé, Thierry Cerrutti, alors que les Verts soutiennent une candidature libérale aux côtés de l'UDC, des radicaux et du PDC…

    Géométrie politique non euclidienne

    Les Verniolans et Verniolanes étaient a priori, pour l'élection partielle de leur Municipalité, devant un choix assez simple, entre un candidat socialiste, un candidat libéral et un candidat qualunquiste. Un choix entre la gauche, la droite et n'importe quoi, et si on laisse le n'importe quoi à sa place, c'est-à-dire n'importe où, un choix des plus clair, entre la gauche et la droite. Mais choisir de soutenir le candidat du PS contre le candidat libéral fut apparemment hors de portée des Verts locaux, lors même que ce fut bien le PS qui fit élire, l'année dernière, le Conseiller administratif Vert (l'actuel Maire). Retournement d'alliance et de veste : aux côtés de l'UDC, les Verts soutiennent... le candidat libéral, présumé " atypique " (le soutien de l'UDC est-il supposé en témoigner ?) contre le candidat socialiste, au prétexte de ne pas vouloir un exécutif municipal " monocolore " (qui serait d'ailleurs plutôt bicolore, rose-vert). Disons que cette belle profession de foi pluraliste tient surtout à la saine concurrence entre Verts et socialistes (le soutien de l'UDC au candidat libéral tenant d'ailleurs aussi à la concurrence entre elle et le MCG sur le terrain fangeux du populisme sécuritaire). A Vernier comme en Ville, la gauche étant confortablement majoritaire quand elle se présente unie et ne fait pas de connerie, la question n'est plus que de savoir si les Verts sont encore de gauche, ou si à force de se vouloir " au-dessus des vieux clivages ", ils ne se retrouvent pas en-dessous de toute cohérence.

    Retrouvez le candidat socialiste Alain Charbonnier sur
    www.alaincharbonnier.ch

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