usine

  • Ce modèle que la droite genevoise exècre : Haro sur l'Usine !

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    On a donc passé (comme cela nous arrive au moins une fois par année) deux heures et demie, hier soir, au Conseil Municipal, à entendre la droite et l'extrême droite de cet auguste assemblée exhaler son allergie à l'Usine, à ce qu'elle représente et à ce qu'elle revendique, à son fonctionnement et à son public. Prétexte de ce défouloir : d'abord, l'opposition de l'Usine, centre culturel, à la prétention des services du Conseiller d'Etat Maudet de la traiter comme cinq débits de boissons devant chacun obtenir une autorisation; ensuite, l'expression de cette opposition par une manifestation, dimanche dernier, lors de laquelle des déprédations (essentiellement des tags, mais aucune violence physique) furent commises; enfin, le soutien apporté à l'Usine par le Conseil administratif (de gauche) que la droite locale (élargie, distendue, dilatée) incapable de s'y renforcer, tient désormais presque en la même exécration que l'Usine elle-même) : « Nous ne souhaitons pas voir saucissonner ce lieu qui fonctionne comme une structure unique, un modèle d'autogestion (qui) permet des interactions entre les différentes entités qui le composent ». Et si c'était précisément à ce modèle qu'en a la droite genevoise (dont certains membres, naguère, du temps où il y avait à Genève une droite intelligente -o tempora, o mores- furent pourtant à l'origine de la reconnaissance officielle de la spécificité de l'Usine) ?

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  • Offensive du canton contre l'Usine : Le franc-tireur et l'adjudant (fable genevoise et édifiane)

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    Usine Pour le Conseiller d'Etat Maudet et ses sous-fifres, à l'écoute attentive des cafetiers-restaurateurs, oui : un centre culturel autogéré, dès lors qu'on peut s'y abreuver, n'est qu'une sorte de bistrot. L'Usine entretient cinq buvettes bénéficiant d'une autorisation générale les couvrant les cinq, mais à la faveur d'un changement de loi (la fusion de la loi sur les spectacles et de celle sur les débits de boisson, fusion qui en elle-même est exemplaire, par la confusion entretenue entre deux domaines irréductibles l'un à l'autre, et la conception qu'ont certains de la culture...), le Département de l'adjudant Maudet exige que les franc-tireurs du centre culturel alternatif se mettent au pas des bistroquets, et que les lieux de l'Usine où l'on peut boire ou se restaurer soient considérés comme des buvettes, des cafés-restaurants ou des bars, au nom d'une "égalité de traitement" avec les rades, tavernes et auberges, parfaitement ignorante des spécificités du lieu -des spécificités qui le rendent irréductible à un commerce. Mais allez expliquer cela aux ronds-de-cuir de Courteline (et on aime Courteline)...

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  • A propos (ou au prétexte) de l'Usine comme « lieu alternatif »

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    Contre l'urbanisme séparateur

    Petit débat, assez intime, mais fort intéressant, à l'Usine, hier après-midi. Thème : «L'Usine est-elle toujours un lieu alternatif». On n'a pas répondu à la question. On ne pouvait pas y répondre autrement qu'en se disant que l'Usine est un lieu alternatif puisqu'il est perçu et se perçoit lui-même comme tel. Mais si on n'a pas répondu à cette question, on s'en est posées de nombreuses autres. Dont celle-ci : les offensives dont l'Usine fait l'objet (de la part de la droite municipale, de la part aussi de ses voisins...) ne témoignent-elle pas de la mise en oeuvre, dans la Ville, d'une systématique de la séparation, pour un meilleur contrôle ? De la séparation des lieux, des activités, des publics, des temps, alors que le projet de l'Usine, sa situation au centre de la Ville dans un quartier devenu d'habitation, relève d'une logique de confrontation, de juxtaposition, de désordre ? Bref, d'une logique urbaine ?

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  • Mobilisation pour la diversité culturelle nocturne : C'est parti comme en '14

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    Ce week-end, plus de 3000 personnes ont manifesté nuitemment dans notre bonne ville, pour leur « droit à la fête ». Un droit qui, comme l'a rappelé l'Usine, ne se quémande pas, mais se prend. Reste à savoir où il peut se prendre. Les lieux où se déployait, la nuit, l'offre culturelle non marchande, sont tombés les uns après les autres, sous les coups des propriétaires, de la Justice, de la police, de la majorité politique cantonale, et on se retrouve dans l'Usine comme dans un bastion, autour de l'Usine comme des poilus dans leurs tranchées, attendant le prochain assaut, prêts à le repousser. L'Usine aujourd'hui ? C'est Verdun (mais sans Pétain)... Assiégée à la fois par un public en surnombre qui n'a plus ailleurs où aller et, récuremment, par des forces politiques qui veulent faire tomber ce bastion après avoir fait tomber ses avant-postes.

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  • Emois autour du Moa : Un tintamarre gonflant

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    Après le « Moa  », fermé jeudi pour des raisons de sécurité, le  «Weetamix» a été fermé vendredi, pour les mêmes raisons, et entre 500 et 1000 personnes ont manifesté samedi pour protester contre ces fermetures. Qui, avouons-le, nous indiffèreraient assez prodigieusement, n'était le tintamarre gonflant que l'on fait autour d'elles, comme si elles étaient devenues un enjeu de la politique culturelle genevoise, quand elles ne sont guère qu'un enjeu électoral pour quelque candidat kazakh en mal de programme -et d'électorat. Le  « Moa »  est une discothèque, pas un lieu culturel, ni un lieu alternatif. Le Macumba n'est pas l'Usine, et on s'autorisera à être aussi indifférent au sort de l'un que soucieux de défendre l'autre.

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  • La politique culturelle genevoise dans tous ses états

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    Usine, Grand Théâtre, rôle du canton :
    La politique culturelle genevoise dans tous ses états


    Le Conseil administratif « sucre » 200'000 francs à l'Usine pour la punir d'avoir toléré un concert dans un espace non insonorisé, il manque deux millions et demi de francs au Grand Théâtre* pour boucler sa saison, et le canton veut prendre la main (mais au moindre frais possible) sur la politique culturelle : quels rapports entre ces trois informations ? celui d'illustrer, chacune à leur manière, les incohérences de la politique culturelle genevoise. Une incohérence qui ne date pas d'hier : en 1758, dans sa  « Lettre à M. d'Alembert sur les spectacles » , Jean-Jacques écrivait  avoir « fait voir qu'il est absolument impossible qu'un théâtre de comédie se soutienne à Genève par le seul concours des spectateurs. Il faudra donc de deux choses l'une : ou que les riches se cotisent pour le soutenir, charge onéreuse qu'assurément ils ne seront pas d'humeur à supporter longtemps ; ou que l'Etat s'en mêle et le soutienne à ses propres frais ». On en est toujours là -il suffit d'étendre l'exemple donné par le Citoyen de Genève à l'ensemble du champ culturel genevois.


    * Pour ceux que cela intéresse, le rapport complet (saison 2008-2009, au format PDF) du représentant (jusqu'au 31 août 2009) du PS au Conseil de fondation du Grand Théâtre peut être téléchargé à l'adresse <http://www.perso.ch/troubles/RapportGTG-PSvG.pdf>

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