jeudi, 08 juin 2017

Quand Donald réchauffe la planète politique (USA compris) :

Trump planète.jpgTrump roule pour la Chine

Trump a donc décidé de retirer les USA de l'Accord de Paris sur le climat. Donald n'est pas seulement "climatosceptique", ou "climatonégationniste" il est carbonophile : il voit dans la relance du charbon le moyen de relancer la croissance économique et la création d'emplois. Il est donc opposé à toute imposition aux centrales thermiques (celles à charbon fournissent en gros un tiers de l'énergie consommée aux USA) de normes plafonnant leurs émissions de CO2. Et il a nommé le "climatosceptique" Scott Pruit, un proche des frères Koch, grands patrons des industries fossiles, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement, dont il veut en outre ratiboiser le budget. Mais le charbon est en déclin inéluctable : le nombre d'emplois de l'industrie du charbon aux USA est passé de 88'000 en 2008 à 65'000 en 2015. Un coup des Chinois, sûrement : d'après Trump, ce sont eux qui ont "inventé" le "concept" de réchauffement climatique, pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive... En attendant, c'est à eux que sa connerie profite : on pensait qu'il était le candidat de Poutine ? Il est devenu celui du Parti communiste chinois... Et il dresse contre lui au sein même des USA des Etats, les plus grandes villes et des multinationales américaines. Beau travail : Trump nie le réchauffement climatique mais provoque un réchauffement politique jusque dans le pays qu'il est supposé présider...

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14:34 Publié dans Energie, Environnement, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : trump, usa, chine, climat | |  Facebook | | | |

lundi, 10 avril 2017

Trump, Bachar, Poutine, le gaz et les missiles

Partant pour la Syrie.jpgBombarder comme on tweete ?

59 missiles Tomahawak ont été tirés par les Américains dans la nuit de jeudi à vendredi dernier sur la base militaire syrienne de Shayrat, pour punir le régime de Damas d'avoir utilisé le 4 avril l'arme chimique pour massacrer des civils dans le village de Khan Cheikhoun tenu par l'opposition armée. Quel était le message des missiles ? Qu'on peut massacrer des civils si on ne les massacre pas avec des armes chimiques ? Qu'après six ans de guerre en Syrie, 400'000 morts et plusieurs millions de déplacés, en Syrie même, dans les pays voisins, dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique et en Australie, Trump a découvert la réalité du conflit et du régime en place à Damas, au moment où ce régime, soutenu par la Russie et l'Iran, est en passe de triompher de ses adversaires ? Certes, mieux vaut tard que jamais (en août 2013, les Etats-Unis avaient refusé d'intervenir contre le régime syrien, ce que la France leur proposait de faire), mais on s'autorisera à nourrir quelques doutes sur les motivations réelles de l'intervention américaine. Et surtout, sur ce qui la suivra, si la suit un engagement durable, un plan, une politique, quelque chose de plus qu'une réaction immédiate sans perspective et sans analyse. Un bombardement décidé comme on balance un tweet. Damas, Moscou et Téhéran ont plus de suite dans les idées.

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14:58 Publié dans Droits de l'Homme, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, trump, assad, usa | |  Facebook | | | |

lundi, 27 mars 2017

USA : 65 jours de présidence donaldesque


Trump orange.jpgPolitique du pitre

Donc, Donald est président depuis deux mois et des poussières. Sa présidence, il l'avait entamée en multipliant les vitupérations, les menaces, les bouderies, les accusations complotistes, toutes manifestations ne faisant que reproduire celles dont sa campagne électorale avait été tissée -sauf qu'il est président, et non plus seulement candidat. Et que dès qu'il s'est agi, non plus de prendre des postures de chef de gang et de tenir des propos de tenancier de bordel, mais de commencer à réaliser son programme, ses prétentions de décisions se sont lourdement heurtées au mur des institutions, de la légalité, des réalités et des rapports de force. Dernier exemple en date : l'échec de sa tentative d'abroger l'"Obamacare", le système d'assurance-maladie (d'ailleurs imparfait, mais suppléant à un vide social inimaginable dans nos contrées), après l'échec de sa tentative d'interdire à des ressortissants de pays à majorité musulmane d'entrer aux Etats-Unis, la démission forcée de son Conseiller à la sécurité nationale après qu'il ait été avéré qu'il avait été payé par la Russie et la Turquie, la constatation de la vacuité de ses accusations de fraude électorale ou de mise sur écoute. Restent toutefois dans la colonne assez exsangue des succès, quelques nominations symboliques de représentants de l'extrême-droite raciste (comme celle de Steve Bannon au Conseil national de Sécurité), et le soutien sans faille du "coeur" de son électorat (qui considère certes que son héros avance souvent ou très souvent des affirmations sans preuves", mais le lui pardonne). Peut-on, optimistes que nous sommes, en déduire que son programme de promotion d'une Amérique blanche, chrétienne, conservatrice et patriarcale, par discrimination de toutes les catégories sociales et culturelles, dt tous les comportements et de tous les groupes humains, qui ne correspondent pas à ce stéréotype, tient désormais du pur fantasme irréalisable ? Un peu de prudence est de mise : le pire n'est certes jamais sûr, mais jamais non plus exclu.

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17:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 février 2017

On s'est plantés sur Trump

Errare humanum est, ergo...

USA, TrumpOn a un aveu à vous faire. Une confession, même : finalement, Trump, on l'aime bien. Certes, on s'est profondément mis le doigt dans l'oeil en présumant qu'il ne ferait pas ce qu'il annonçait, qu'il ne tiendrait pas ses promesses, que sa pratique de président serait toute différente de sa pratique de candidat. Eh bien non : il fait ce qu'il avait dit qu'il ferait. Enfin, disons qu'il essaie de le faire. Trump est cohérent : il disait des conneries, pendant la campagne électorale, il les commet après l'élection. Et, pour peu qu'on ait à disposition quelque cynisme, et quelque propension à ricaner du malheur de quelques autres, c'est assez jouissif. ça ne dissipe pas les inquiétudes, mais ça aide à les surmonter. Une sorte d'antidépresseur politique, en somme. N'en abusons pas, mais n'y rechignons pas non plus : nous n'avons guère d'autre sous la main (quoique Fillon, peut-être...)

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13:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

jeudi, 19 janvier 2017

Le Couronnement de Trump : Beauf Ier, Président

Trump, USADemain, vendredi, Donald Trump sera investi 45e Président des Etats Unis. Après-demain, samedi, des centaines de milliers de personnes manifesteront, non contre cette investiture, conforme au système baroque d'élection à la présidence d'un candidat ayant obtenu un moindre soutien électoral que sa concurrente, mais contre ce système, et contre le discours tenu par ce candidat élu, et contre une bonne partie de son programme*. La cérémonie d'investure elle-même sera d'ailleurs boycottée par des élus démocrates à la Chambre des Représentants, qui dénoncent les attaques de Trump contre l'un des leur, John Lewis, 76 ans, Représentant de la Géorgie, figure de la lutte pour l'égalité entre "noirs" et "blancs", co-organisateur de la fameuse Marche pour l'Egalité en 1963, accusé de n'avoir que de "belles paroles" à offrir à ses concitoyens. "Je ne veux pas contribuer à légitimer un homme qui ment à profusion, insulte quiconque n'est pas d'accord avec lui" et manque de respect pour les femmes, résume le démocrate Don Beyer (ancien ambassadeur en Suisse). Eh oui, Beauf Ier sera dès demain président des Etats-Unis...

* En Suisse, la "Marche des Femmes pour la Dignité" s'inscrira, au même moment, à Genève, dans le même refus du mépris des femmes et des minorités que la marche de Washington expérimera : Rendez-vous à 11 heures au Jardin Anglais pour une marche close par un rassemblement au Quai Wilson à 12 heures 30

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15:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : trump, usa | |  Facebook | | | |

lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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15:38 Publié dans élections, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

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19:14 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : usa, trump, clinton | |  Facebook | | | |

lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

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jeudi, 08 novembre 2012

Les faux maîtres du monde

Hasard du calendrier : les deux principales puissances mondiales du moment, les USA et la Chine, viennent de désigner leurs grands timoniers respectifs. On sait bien que ce ne sont pas eux, les deux hommes en question, Obama et Xi Jinping, qui vont faire la politique de leur pays. Mais ils vont l'incarner, et la défendre, même s'ils n'auront pu que lui donner quelques impulsions : ce sont les intérêts et les enjeux des complexes militaro-industriels (ou post-industriels) qui « gouvernent » réellement les Etats-Unis d'Amérique et la Chine, et eux ne sont soumis à aucune élection ni à aucune autre désignation que celle qui sourd de leurs fortunes. Obama, réélu, et Xi Jinping, déjà désigné, ne sont pas ces « hommes les plus puissants du monde » dont on nous rebat les oreilles dans les media : ils sont ceux que des hommes moins connus, mais plus puissants qu'eux, font monter sur le devant de la scène. L'Américain et le Chinois ne sont pas les maîtres du monde, ils sont ses concierges.

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mardi, 03 mai 2011

Mort de Ben Laden : La créature de Frankenstein tuée par Frankenstein

Frankenstein.jpgSur la mort de Ben Laden, chacun est aujourd'hui sommé, comme après les attentats du 11 septembre 2001 de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois, même si nos réactions sont sans autre contenu que toutes celle qui l'ont précédée, qui l'accompagnent et qui la suivront. Celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec le Diable. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne « ni rire ni pleurer mais comprendr ». Et disons d'abord que Ben Laden tué dans un raid américain, ce n'est après tout que la créature de Frankenstein tué par son créateur. Et ensuite que Ben Laden mort, cela ne change rien à rien -à ceci près qu'il valait sans doute mieux pour les USA le tuer que le ramener vivant : il aurait fallu le juger, et il aurait pu parler...

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12:41 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : terrorisme, ben laden, al qaïda, usa | |  Facebook | | | |

vendredi, 10 septembre 2010

D'un 11 septembre l'autre

Henry Kissinger sera à Genève ce 10 septembre, pour une conférence à l'Hôtel Intercontinental : il fut l'un des principaux responsables du Coup d'Etat militaire au Chili il y a 37 ans, précisément le 11 septembre 1973; il fut aussi, entre autres, le marionnettiste de la junte militaire argentine et l'artisan du bombardement  des populations civiles du Cambodge. Echappant à toute les tentatives de le faire comparaître devant un tribunal, il fait aujourd'hui son beurre comme consultant et conférencier international, et propriétaire d'une lucrative étude d'avocats.  La présence de Henry Kissinger à Genève, qui se proclame capitale mondiale des droits humains, constitue un scandale et une provocation. Si la justice internationale est impuissante, l'opinion publique peut, elle, ne pas rester silencieuse.  Un rassemblement de protestation se tiendra VENDREDI 10 septembre dès 18h30 à la Place des Nations. Henry Kissinger sera à Genève le 10 septembre, veille du jour anniversaire du putsch militaire chilien... Le 11 septembre prochain, on accueillera qui, à Genève ? Oussama Ben Laden ?

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vendredi, 07 novembre 2008

Une bonne claque aux mauvaises odeurs

L'élection d'Obama ne change pas l'ordre du monde -mais le monde a quand même nettement moins sale gueule

On ne boudera pas notre plaisir : l'élection d'Obama est à saluer pour au moins deux raisons -et il importe peu aujourd'hui qu'elles soient plus affectives  que rationnelles : d'abord, la défaite du ticket McCain-Palin. MacCain ne la méritait peut-être pas. Palin la méritait amplement. Ensuite, la défaite du " critère racial ", auquel d'aucuns, et pas seulement  aux USA, persistent à trouver une quelconque base empirique alors qu'il n'y a plus, depuis la disparition du cousin Neanderthal, qu'une et une seule race humaine. Le temps viendra assez vite de redescendre sur terre, lorsque Barack Hussein Obama sera réellement en charge de la raison d'Etat américaine. En attendant, sauf à aimer haïr, on se sent déjà mieux avec Obama qu'avec Bush.

American Dream

En un vote, au terme d'une mobilisation électorale inédite, les Etats-Unis ont restauré leur image, à défaut, encore, d'avoir restauré leur puissance. Et du coup, les commentateurs n'ont plus à la plume que ce retour d'un " rêve américain " dissout dans l'insondable connerie bushienne. Un rêve que semble incarner Obama, comme l'incarna un Kennedy (mais Kennedy, ce fut aussi l'engagement américain dans le bourbier vietnamien...). Les images jubilatoires des foules saluant aux USA l'élection du candidat démocrate, et la défaite des Républicains, sont contagieuses. Mais ça n'est pas le sous-commandant Marcos, ni Jesse Jackson, ni Noam Chomsky, que les Américains ont élu à leur présidence : Obama est partisan de la peine de mort. Il est partisan du renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan. Il sera en charge de la première puissance militaire du monde, et il entend bien en user plus efficacement et plus intelligemment que son prédécesseur (il est vrai que le défi n'est pas insurmontable). Quant à sa couleur de peau, si elle n'a pas été un obstacle à son élection, les Etats-Unis n'ont pas pour autant " tiré un trait sur la " question raciale " (nous non plus, d'ailleurs), s'ils se sont donné les moyen de la poser un peu plus rationnellement,  en la posant en termes sociaux, que jusqu'alors. Cette puissance construite sur un génocide et une déportation a élu le fils d'un Africain à la présidence. Elle aura assumé son passé lorsqu'elle considérera comme possible, et normale, l'élection d'un Navajo au gouvernorat du Nouveau Mexique. En attendant, on peut mesurer la charge symbolique de l'élection d'Obama par une question : à quand l'élection du fils d'un Algérien à la présidence française ou de la fille d'un Kosovar au Conseil fédéral ?

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mardi, 04 novembre 2008

Obama président ? Tout changer pour tout restaurer

Difficile d'y échapper : l'Obamania s'est emparée de l'Europe et d'une bonne partie du monde (celle qui peut se permettre d'être requise par autre chose que sa survie immédiate). Si le président des Etats-Unis était élu par les peuples du monde, le successeur de Dobleyou s'appellerait Barack Hussein Obama. Manque de pot, le président des Etats-Unis est élu aux Etats-Unis. Et pas par le peuple, mais selon un système archaïque qui permet à un candidat battu dans les urnes d'être élu tout de même. Reste que l'élection d'Obama tournerait une page : celle des  " années Bush " et de la prédation néo-conservatrice. Cette élection serait donc un vrai changement. Mais pas un changement de société, ni, fondamentalement, un changement de politique; un changement pour une restauration : celle de la puissance économique, militaire et culturelle des Etats-Unis, mise à mal par l'irresponsabilité et l'incompétence des  gouvernants actuels des USA et de leurs conseillers.

Renaissance ou hara-kiri ?

Les deux candidats à la présidence américaine s'opposent par leur âge, leur milieu, leur parcours personnel, par quelques points importants de leur programme (sans d'ailleurs qu'il faille se faire d'illusions sur leur capacité à les concrétiser), mais ils ont en partage la même culture politique et la même conception du rôle des Etats-Unis. Pour l'un et l'autre, l'enjeu est le même : restaurer la puissance, intérieure et extérieure, américaine. Pas par les mêmes moyens, pas en lui donnant le même visage, pas en tenant le même discours, mais pour les mêmes raisons. Elu, Obama deviendrait certainement, pour quelques mois, le politicien le plus aimé de la planète. Jusqu'à ce que la réalité des intérêts et des rapports de force s'imposent et le rattrapent. Il n'empêche : une élection de McCain et de Palin serait une formidable victoire pour ce que les USA comptent de forces les plus caricaturalement réactionnaires. Et donc une formidable régression politique. Non que McCain soit pire que Bush -mais parce que son élection, après huit ans de la présidence la plus calamiteuse de l'histoire américaine, serait le signe d'une incapacité de l'électorat américain à tirer les leçons des désastres politiques, sociaux, économiques et militaires du néo-conservatisme. L'élection du ticket MacCain-Palin serait une victoire d'Oussama Ben Laden : quand vos ennemis vont plein pot, tout seuls, comme des grands, droit dans le mur, on peut faire l'économie de kamikazes. On n'a pas besoin d'envoyer des assassins contre des suicidaires.

03:29 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : usa, élections, obama, mccain | |  Facebook | | | |