turquie

  • Intervention turque contre les Kurdes de Syrie : Nettoyage ethnique

    Imprimer

    Erdogan Daesh.jpgC'est le cadeau que Trump a fait à Erdogan : un feu vert pour attaquer les Kurdes du Rojava, "compagnons d'armes" des Américains et chair à canon de l'"Occident" dans la lutte contre Daech, mais abandonnés par les Américains et laissés à la merci de la Turquie. Une trahison en mauvaise et indue forme. Impure et simple. Qui va permettre à Erdogan de réaliser son projet d'épuration ethnique dans le Kurdistan syrien : l'expulsion, sous la contrainte ou la menace, de la population civile kurde (plus de 100'000 personnes ont déjà pris la fuite), puis son remplacement par des réfugiés syriens arabes. Qui l'en empêcherait ? La Russie ? Elle se frotte les mains du départ des Américains; L'OTAN ?P La Turquie en est membre, et va diriger ewn 2021 sa "force de réaction rapide";  L'Europe (où la Hongrie d'Orban soutient la Turquie) ? Elle condamne l'intervention turque, Macron fait convoquer le Conseil de Sécurité de l'ONU, son ministre des Affaires étrangères, Le Drian, dénonce une "opération unilatérale", et ensuite ? Sans doute rien qui puisse faire reculer Erdogan (à moins que le Sénat américain se décide à voter des sanctions contre la Turquie et ses dirigeants), dont tout le monde sait qu'il méditait son opération depuis des années. La Turquie s'est en effet constituée un colossal matelas de sécurité qui la protège de toute sanction européenne : les millions de réfugiés syriens qu'elle stocke sur son sol, ce pourquoi l'Europe la paie grassement pour éviter que ces métèques ne souillent le sol sacré de notre semi-continent chrétien. Auxquels il faut sans doute ajouter les dizaines de déplacés des autres régions de Syrie, réfugiés dans le nord-est sous la protection des Kurdes. Et tout cela permet à Erdogan de se livrer à ce chantage : si vous m'empêchez de nettoyer le Rojava de ses Kurdes, je vous envoie "mes" réfugiés syriens et ceux des camps contrôlés par les Kurdes (rien que celui d'Al Hol abrite plus de 70'000 "déplacés"). Remplacer la population locale par des "déplacés", vieille pratique ottomane : les chrétiens syriaques et arméniens en avaient déjà fait les frais, il y a un siècle. Et aujourd'hui, tout le monde, Russes et Syriens d'Assad compris, va laisser Erdogan massacrer ces gêneurs de Kurdes.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde 6 commentaires
  • Défaite électorale d'Erdogan

    Imprimer

    élection Istambul.jpgHier, à Istanbul c'était Byzance...

    Ekrem Imamoglu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), l'opposition social-démocrate, kémaliste et laïque au président Erdogan et à son parti (l'AKP) a été assez largement (54 % des suffrages) élu, pour la deuxième fois, à la Mairie d'Istanbul. Erdogan, son parti et les media à leur solde avaient pourtant tout fait pour éviter cette défaite : la première élection d'Imamoglu, le 31 mars, avait été annulée le 6 mai, et pendant toute la campagne pour cette seconde élection, les media aux ordres n'ont cessé de tenter de décrédibiliser, voire d'insulter Ekrem Imamoglu présenté tantôt comme un suppôt du terrorisme (kurde), tantôt comme un "Grec pontique", tantôt comme ayant le projet de faire du drapeau arc-en-ciel de la communauté LGPT le drapeau de la ville.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique 1 commentaire
  • Ambiguë Byzance

    Imprimer

    kurdes.jpgElections municipales en Turquie : défaite d'Erdogan dans les villes et au Kurdistan 

    Les élections municipales en Turquie accouchent d'une défaite du Sultan : le parti du président Erdogan, l'AKP, a perdu les municipalités de la capitale, Ankara, de la métropole, Istambul. Mais cette défaite est ambiguë : l'AKP reste le premier parti de Turquie, et l'opposition n'a réussi à le vaincre dans les grandes villes qu'en agglutinant des forces politiques contradictoires : le CHP kémaliste et social-démocrate et l'Iyi ultranationaliste à Istambul, par exemple. Et il lui a fallu encore bénéficier du soutien indirect (par l'absence de candidature) du Parti démocratique des peuples (HDP), parti de gauche et bête noire du régime du fait de son fort ancrage kurde. Malgré sa criminalisation (53 de ses militants – et un candidat ont été arrêtés à la veille du scrutin, ses dirigeants, dix de ses députés, près d'une centaine de ses maires sont en prison), ce choix du HDP, principale force de gauche de Turquie, a été déterminant : ses électeurs ont donné leur voix aux candidats de l’opposition républicaine malgré son alliance avec des ultranationalistes aussi "antikurdes" qu'Erdogan. Et si l'opposition à gagné à Istambul (plus grande ville kurde du pays...), c'est grâce au vote des Kurdes. Et le HDP, vainqueur dans six provinces du sud-est, a récupéré plusieurs villes kurdes comme Diyarbakir et Van, dont les maires avaient été destitués arbitrairement par le pouvoir et remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique 0 commentaire
  • Réelection d'Erdogan par la moitié de la Turquie : D'un "Atatürk" à l'autre ?

    Imprimer

    Atatürk Erdogan.jpg

    Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis quinze ans, a donc été réélu dès le premier tour pour cinq ans à la présidence de la Turquie  avec 52,5 % des suffrages exprimés. Le social-démocrate Muharrem Ince, qui portait les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), a obtenu 30,64 % des voix, et le candidat (emprisonné) du HDP (gauche kurde) 8 %. Il ne faisait guère de doute que le Sultan serait resultanisé, la seule question étant de savoir si ce serait au premier tour ou au second. Ce fut donc au premier tour, mais sans triomphe : pour obtenir 52,5 % des suffrages, il a quand même fallu bourrer un peu les urnes, écarter des observateurs, dissuader des électeurs (notamment au Kurdistan) et accessoirement, maintenir en prison un des candidats à la présidence...
    Aux législatives qui se tenaient en même temps que la présidentielle, la coalition formée par l’AKP, le parti de M. Erdogan, et le parti ultranationaliste MHP a récolté quelque 53,6 % des voix (le MHP faisant un score de 11 %) et la majorité absolue des sièges (mais pas la majorité qualifiée pour pouvoir modifier la constitution). L’alliance hétéroclite de plusieurs partis d’opposition (social-démocrate kémaliste, nationaliste de droite, islamiste) récolte 34 %. Le parti de gauche HDP (Parti démocratique des peuples), favorable à la cause kurde, obtient 11 % des suffrages, et siégera donc, avec 68 sièges, à l'Assemblée nationale -un parlement dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs (même budgétaires) par la présidentialisation du régime imposée par Erdogan. Dans cinq ans, le nouveau Sultan pourra célébrer en tant que président le centenaire de l'instauration de la République de Turquie. Par Mustapha Kemal. D'un "Père des Turcs" ("Atatürk") à un autre ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Europe 8 commentaires
  • Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »

    Imprimer

    Demirtas.jpg

    Election présidentielle turque :
    Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »


    Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 au Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne en Turquie, Selahattin Demirtas a écrit ce texte mardi 12 juin et l’a transmis au « Monde ». En attente d’un procès, il risque une peine de prison de cent quarante-deux ans, selon le code pénal turc. Turc d’origine kurde, il préside le Parti démocratique des peuples et a depuis sa prison présenté sa candidature à l’élection présidentielle turque du 24 juin.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique 1 commentaire
  • Turquie : défendre la liberté d'expression et le droit à l'information

    Imprimer

    Le 15 juillet 2016, des militaires factieux tentent un coup d'Etat en Turquie. Ce putsch échoue, non sans avoir fait plusieurs centaines de victimes, mais un autre réussit -celui, civil, organisé et mis en oeuvre, massivement, par le président Erdogan et son parti, l'AKP : instauration de l'état d'urgence, arrestation de 50'000 personnes, licenciement ou suspension de 150'000 fonctionnaires, purges dans l'armée, la justice et l'université, fermeture d'écoles et de media (150 en un an), poursuites contre des journalistes, inculpations de 55 des 59 députés du parti d'opposition HDP (gauche kurde),arrestations et détention de 13 d'entre eux, dont les co-présidents du parti et le chef du groupe parlementaire, condamnation de députés de l'opposition, révocation de maires kurdes. Depuis deux ans règnent en Turquie la délation, l'arbitraire, les procès bâclés.

    Lire la suite

  • L'Enchaînement au Sérail

    Imprimer

    12278649.jpg

    Erdogan, à l'arraché

    Comment gagner (à l'arraché) un référendum, comme l'a fait dimanche, à 51 % des suffrages, le président turc Erdogan et son parti, l'AKP ? En faisant taire l'opposition. En muselant les media. En se présentant soi-même comme le seul recours contre le chaos, le terrorisme, l'ennemi étranger et l'ennemi intérieur. En invoquant Dieu et la menace de l'enfer ("Ne mettez pas en danger votre vie après la mort" en votant "non", prêchait Erdogan dix jours avant le vote) Et pour plus de sécurité, en tripatouillant les conditions de vote pour permettre de comptabiliser des bulletins non validés. Et peut-être en fraudant (les observateurs du Conseil de l'Europe -dont la Turquie est encore membre- le soupçonnent, et des centaines d'irrégularités sont dénoncées par les ONG et les partis d'opposition). Dans ces conditions, que l'opposition à Erdogan et à son projet de révision constitutionnelle ait pu obtenir 49 % des suffrages et faire douter du succès du Sultan tient de la performance. Cette opposition était pourtant divisée : on y retrouvait les kémalistes sociaux-démocrates, des islamistes, les organisations kurdes, les alévis, la gauche révolutionnaire, une grande partie de l'extrême-droite et les syndicats, chaque force faisant campagne séparément et contradictoirement des autres, mais dans la même extrême difficulté de se faire entendre sous la chape de plomb de la censure. Erdogan voulait que le 16 avril 2017 "efface le 15 juillet" 2016, le coup d'Etat manqué tenté contre lui par une partie de l'armée. En réalité, sa victoire, contestable et qui sera contestée par l'opposition social-démocrate et kurde, n'efface pas le coup d'Etat manqué mais parachève le coup d'Etat réussi qui a suivi -le coup d'Etat d'Erdogan lui-même.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde, Politique 2 commentaires
  • Quand Erdogan et ses partisans pètent les plombs

    Imprimer

    Erdogan.JPGReferendummkopf

    Le 16 avril, la Turquie votera en référendum sur le désir irrépressible du président Erdogan de devenir un "hyperprésident". Et à l'image de leur Sultan, ses partisans s'agitent dans toute l'Europe pour convaincre les Turcs de l'étranger de rallier le Grand Turc de Turquie. Mais cette agitation se heurte à de fortes résistances : autorisé par Berne, un meeting zurichois du ministre turc des Affaires étrangères a été annulé, le Danemark invite le même ministre à renoncer à tenir un meeting sur sol danois (ce qu'il a pu faire en France et aurait pu faire en Suisse si l'Hôtel où devait se tenir le meeting n'avait pas annulé la réservation de la salle), l'avion du ministre a été empêché d'atterrir aux Pays-Bas où il devait également prêcher la bonne parole, et d'où la ministre turque de la Famille a été expulsée -le Sultan Erdogan s'autorisant du coup à traiter le gouvernement néerlandais de "nazi". Pas moins. Des municipalités allemandes ont également interdit des réunions de partisans du projet d'"hyperprésidence" soumis à référendum. En Suisse, les Verts s'inquiètent de la surveillance exercée par l'ambassade de Turquie sur les opposants au régime d'Ankara, et plus généralement sur les Turcs de Suisse, dont la majorité sont d'ailleurs soit Kurdes, soit Alévis, soit les deux à la fois, ces deux composantes de la société turque étant dans le collimateur du gouvernement et du parti d'Erdogan.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Solidarité 5 commentaires
  • Turquie : le coup d'Etat réussi d'Erdogan

    Imprimer


    La Répression au Sérail

    Le 4 novembre, le gouvernement Turc a fait interpeller Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), ainsi que neuf autres élus de ce parti.  Principal parti d’opposition en Turquie (il a obtenu six millions de suffrages rien qu'au Kurdistan en novembre 2015), le HDP, seul à défendre les droits des Kurdes, incarne également la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, pour le respect des minorités et contre toutes les formes de discriminations. Muselé par le pouvoir, le HDP a annoncé le 6 novembre dernier se retirer de toute activité au parlement pour protester contre la répression le frappant et frappant toute l'opposition réelle en Turquie, qu'elle soit le fait d'organisations politiques, de media ou d'acteurs sociaux et culturels. Les arrestations d’élus kurdes surviennent en effet dans un contexte de purges et de répression généralisées à la faveur de l'état d'urgence instauré après la tentative de Coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, suivie d'un coup d'Etat réussi -celui du Sultan Erdogan, qui désormais contrôle tous les pouvoirs : le parlement, le gouvernement, la justice, l'armée... et en use contre toutes les oppositions, dans l'apathie généralisée des consciences démocratiques européennes.

    Lire la suite

  • Trahis après avoir été utilisés : Les Kurdes dans l'étau

    Imprimer


    Sur le front des combats contre l'"Etat islamique", en Irak et en Syrie, sur le terrain et non dans les airs, les meilleurs combattants sont depuis deux ans les Kurdes. Des combattants qui sont souvent des combattantes. Ils étaient les premiers alliés des Etats-Unis contre Daech. Ils ne le sont plus : les USA ont passé alliance avec la Russie pour sauver le régime de Bachar El Assad, et la Turquie a passé alliance avec la Russie pour que celle-ci la laisse régler à sa manière, toujours la même, la "question kurde". Entre Obama, Poutine et Erdogan, un accord s'est fait sur le dos des Kurdes. Et dans le dos de leurs combattants et de leurs combattantes. Et les voilà, les Kurdes, une fois de plus trahis après avoir été instrumentalisés. On s'allie pour un temps avec eux contre un ennemi commun, puis on les abandonne : vieille histoire : En 1920, lors du partage de l'Empire Ottoman, on leur avait promis une région autonome réunissant ceux de Syrie, d'Irak, d'Iran et de Turquie. Trois ans plus tard, à Lausanne, on pactisait avec la Turquie d'Atatürk. Et on trahissait la promesse fait aux Kurdes. Ils sont aujourd'hui 30 millions, toujours entre Irak, Iran, Syrie et Turquie : cela fait d'eux sans doute le plus nombreux des peuples sans Etat. Un peuple trahi après avoir été utilisé comme chair à canon.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Solidarité, terrorisme 2 commentaires
  • Elections turques : la victoire du pompier pyromane

    Imprimer

    Des urnes pleines de peur

    Nos copains turcs (il est vrai qu'ils sont presque tous Kurdes) faisaient plus que grise mine, hier. Ils étaient abasourdis, comme assommés par le résultat des élections législatives anticipées convoquées fin août par le Président-Sultan Erdogan, tout seul, comme un grand -mais "si Dieu le veut" tout de même. Dieu, et lui : la constitution turque prévoit, en cas d'échec du principal parti à former un gouvernement, la transmission de cette tâche, au principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (social-démocrate et kémaliste), mais le Sultan n'a que faire de la constitution : il a donc décidé tout seul de dissoudre le parlement né des élections précédentes lors desquelles son parti n'avait pas obtenu de majorité absolue, et d'organiser de nouvelles élections avec, précisément, pour objectif d'obtenir cette majorité absolue. Et il l'a obtenue, alors que peu nombreux étaient les observateurs qui le prédisaient. Il l'a obtenue dans un climat de violence et de peur dénoncé par les observateurs internationaux, qui ont fait état de nombreuses attaques contre les candidates et les candidats, les partisans et les locaux du parti de gauche HDP, dont la base est majoritairement kurde. Qui veut la fin veut les moyens est aussi un proverbe ottoman. Le Président-Sultan, en tout cas, l'applique depuis 13 ans.    

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Europe 0 commentaire
  • Après Syriza et Podemos : le Parti démocratique des peuples de Turquie (HDP)

    Imprimer

    Turquie, Kurdistan, AKP, HDP, Erdogan, Demirtas

    Printemps kurde, printemps turc

    Après la Grèce et l'Espagne, la Turquie ? selon les résultats officiels des récentes élections législatives en Turquie, le parti islamiste au pouvoir, l'AKP est arrivé en tête du scrutin, mais n'a recueilli que 40,8% des suffrages. Une dégringolade de près de dix points par rapport à son score d'il y a quatre ans (49,9%). Avec 258 des 550 sièges de députés, l'AKP est nettement en dessous de la majorité absolue, et incapable de former un gouvernement sans se coaliser avec un autre parti. En fait, le grand vainqueur du scrutin est le quatrième parti en suffrages : Le HDP (Parti démocratique du peuple), qui a obtenu 13,1% des suffrages et raflé 80 sièges d'un coup pour son entrée au parlement. Les deux autres principaux adversaires  de l'AKP, le parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate et kémaliste), en léger recul,  et le parti de l'action nationaliste (MHP, droite), en légère progression obtiennent respectivement 25% et 16,3% des suffrages et 133 et 80 sièges. Le recul des islamo-conservateurs de l'AKP prive en outre le sultan Erdogan de la possibilité d'instaurer sans passer par un référendum le régime présidentiel dont il rêve.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • Toilettes historiques à la turque

    Imprimer

    "Réverbères de la mémoire" et Centenaire du génocide arménien
           
    Il y a deux semaines, au Grand Conseil, on a eu droit, à propos de l'édification dans un parc de la Ville de Genève d'un mémorial du génocide arménien, dont on commémorera le centième anniversaire le 24 avril prochain. à une véritable concours d'applaventrissements successifs : Le Conseil fédéral s'est couché devant le gouvernement turc, le Conseil d'Etat genevois devant le Conseil fédéral et le Grand Conseil devant le Conseil d'Etat. Une motion du PDC, soutenue par la gauche, demandait au Conseil d'Etat de favoriser (au lieu que d'entraver, comme il le fait actuellement) l'édification de ce mémorial. A une voix de majorité (et avec trois abstentions dont on se demande ce qu'elles peuvent bien signifier sur une question pareille), cette motion  a été refusée par le PLR, l'UDC et le MCG. Avec des arguments du genre "la Suisse doit respecter la neutralité sur le territoire de l'ONU" (François Longchamp, courageux conseiller d'Etat PLR) -or le mémorial devait être installé sur un parc de la Ville de Genève, hors du "territoire de l'ONU... Pour le soucieux député PLR Patrick Saudan, le mémorial serait "contreproductif" à la reprise du dialogue entre l'Arménie et la Turquie, pour l’œcuménique député UDC Michel Amaudruz, il ne faut pas "discriminer les souffrances" et pour le carrément faux derche Conseiller d'Etat Longchamp, il faut trouver "une solution cette année encore pour pouvoir commémorer le centenaire du génocide", alors qu'il a tout fait pour empêcher qu'une telle solution se trouve et que cette commémoration soit la plus "consensuelle" possible. Qu'est-ce que cela veut dire, au juste, un "consensus" sur un génocide, avec ceux qui le nient ?

    Lire la suite

  • Les gouvernements suisse et genevois complices de la négation d'un génocide ?

    Imprimer

    Génocide arménien, le spectre de 1915

    24 Avril 1915 : la destruction physique de la population arménienne de l'empire Ottoman commence. En moins de deux ans, plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfant sont exterminés, ou laissés à la mort de faim, de soif, de maladie. L'empire ottoman lui-même les suivra dans la tombe,  laissant place à la Turquie moderne. Qui un siècle après ce génocide le nie toujours officiellement, quand bien même une bonne partie de ceux qui s'accrochent à cette négation savent qu'elle n'est qu'un déni de réalité -un déni d'histoire. D'autres en Turquie ont ouvert les yeux sur ce passé -mais d'autres encore en Suisse, avec la complicité des gouvernements fédéral et genevois, exigent que rien ne remette au jour le massacre d'un peuple. Le massacre d'un peuple ? littéralement :  un génocide. La négation d'un génocide ? Objectivement, son approbation. Ce soir, lundi 2 mars, 20 heures, salle Pitoeff, après le film "génocide arménien, le spectre de 1915", se tiendra un débat, introduit par Charles Aznavour, Arsinée Khanjian et Boris Mabillard, sur le génocide des Arméniens, cent ans après, avec Sévane Garibian, Ragip Zarakolu, Robert Fisk.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève 6 commentaires
  • Message de Berne à Genève : Il n'y a pas eu de génocide des Arméniens en 1915...

    Imprimer

    De la pleutrerie au négationnisme

    Le Ministre suisse des Affaires étrangères, et par ailleurs encore président de la Confédération, Didier Burkhalter, s'est fendu d'une lettre au Conseil d'Etat genevois pour lui recommander de ne pas accorder à la Ville de Genève l'autorisation d'ériger dans un parc de la Ville, à proximité du Palais des Nations un mémorial des génocides du XXe siècle, et en particulier (mais seulement en particulier, parce qu'il n'a pas été reconnu par les héritiers de ses auteurs) du génocide des Arméniens -qu'on commémorera en avril prochain, un siècle après qu'il fût commis. Le Conseil fédéral suisse se fait ainsi le commis d'un gouvernement turc (et de ses porte.valises et porte-plumes locaux, dont, détail amuant, le MCG...), au prétexte que le mémorial des génocides, prévu pour être installé à proximité des organisations internationales, pourrait gêner quelques diplomates et fonctionnaires internationaux. Ainsi la pleutrerie conforte-t-elle le négationnisme.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Histoire, Suisse 0 commentaire
  • Offensive djihadiste contre les Kurdes de Syrie (et d'Irak) : Daech, sous-traitant d'Ankara ?

    Imprimer

    1944 : dans Varsovie insurgée, la résistance polonaise lutte contre les nazis. Elle sera écrasée, et la ville ravagée, à portée de canons de l'Armée Rouge, qui en intervenant aurait pu repousser les Allemands et libérer la ville avant le massacre de la résistance par les troupes du IIIe Reich. Elle n'est pas intervenue. Elle a laissé faire le massacre. L'ordre lui était donné : laissons les Allemands nous débarrasser de la Résistance nationaliste polonaise. Une fois cela  fait, et les Allemands partis, l'Armée Rouge entre dans la ville. Les nazis ont fait le boulot.
    2014 : en Syrie, la résistance kurde lutte contre les djihadistes de l'«Etat islamique» (Daech). A Kobané, les combats font rage entre des milices kurdes sous-équipées et des djihadistes sur-équipés, que les « frappes » aériennes d'une coalition dominée par les USA n'empêchent pas de progresser. A portée de voix, l'armée turque stationne et laisse faire, pendant que la police turque réprime dans le sang la révolte des Kurdes de Turquie venus soutenir leurs frères de Syrie.  L'ordre a-t-il été donné à l'armée turque de laisser les djihadistes liquider les Kurdes ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde, Résistance, Solidarité 2 commentaires
  • Il y a 99 ans, le Génocide arménien...

    Imprimer

    Vers la fin d'une dénégation séculaire ?

    Genocide_Armenien.jpgCe 25 avril est jour de commémoration :  en avril 1915, était déclenché dans ce qui était encore l'Empire Ottoman, le génocide des Arméniens. Il ne fut de loin pas le premier génocide (l'expansion coloniale les accumula), mais de ceux d'un siècle qui les vit se succéder et en définit les critères comme crime contre l'humanité, il est celui qui tarde le plus à être reconnu comme tel, alors qu'il n'y manque aucun de ces critères. Pourquoi ? Parce que les régimes qui se sont succédés en Turquie après le génocide des Arméniens étaient des alliés trop indispensables aux puissances « occidentales » face à l'Union Soviétique, pour que le risque soit pris de les convoquer au ban des accusés de crime contre l'humanité. Ils ont donc pu, pendant un siècle, nier que le génocide fût commis.

    Lire la suite

  • La septième victime du printemps turc de 2013 : Berkin Elvan, 15 ans, tué par la police

    Imprimer

    Berkin.jpgLe 16 juin 2013 au matin, à Istambul, Berkin Elvan, âgé de 15 ans, avait dit à sa mère qu'il irait plus vite qu'elle chercher du pain pour le petit déjeuner, et était parti l'acheter. Sur le chemin, il a reçu en pleine tête une grenade lacrymogène lancée par la police réprimant une manifestation pacifique. Il est tombé dans le coma. Il y est resté 269 jours. Il est mort mardi. Il est la septième victime de la répression des manifestations nées pour protéger le parc Gezi d'Istambul d'un projet combattu par la population. Ces manifestations s'étaient élargies en un vaste mouvement de contestation de la dérive autoritaire du gouvernement islamiste du Premier ministre Erdogan, empêtré dans une affaire de corruption à quelques semaines des élections municipales.
    Une manifestation est organisée à Genève le vendredi 14 mars 2014 à 16h Place des Nations pour dénoncer la répression en Turquie et rendre hommage à Berkin Elvan.

    Lire la suite

  • Révolte dans les villes de Turquie : Le peuple, tout le peuple ?

    Imprimer

    En Turquie, depuis bientôt une semaine, les manifestations et leur répression se succèdent, sans relâche. La révolte, qui a produit 235 manifestations dans 67 villes selon les autorités, s'est étendue d'Istambul puis Ankara à l'Anatolie, à Izimir, à Antalya, à Trabzon. En ses cinq premiers jours, sa répression a fait plus de 1700 blessés (dont certains à la tête, par des cartouches lacrymogène tirées comme des balles) dans les rangs des manifestants, dont deux seraient morts, et 115 dans ceux de la police. Plus de 1700 manifestants ont été arrêtés, certains dans des lieux où ils recevaient des soins. « Le peuple ne veut plus d'Erdogan », titre « Le Courrier », à l'unisson des manifestants et des formations politiques de gauche qui les soutiennent.
    « Le peuple », vraiment tout le peuple ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Europe, Politique, Solidarité 0 commentaire
  • Génocide arménien : un siècle de dénégation

    Imprimer


    Un combat odieux et absurde

    Il y a 96 ans, en avril 1915, était déclenché dans ce qui était encore l'Empire Ottoman, le premier génocide du XXe siècle, que l'on tienne à la chronologie qui fait commencer ce siècle le 1er janvier 1901, ou à l'histoire qui le fait commencer au déclenchement de la Grande Guerre, en 1914. La Ville de Genève a décidé, sur mandat de son Conseil Municipal unanime, d'ériger sur la Promenade Saint-Antoine une installation commémorative, non seulement du génocide des Arméniens, mais aussi des relations séculaires de Genève avec l'Arménie. Ce geste de la Ville n'a pas été du goût d'une association négationniste turque, qui tempête depuis des semaines pour que la Ville renonce à son travail de mémoire. Et d'en appeler au Conseil fédéral, et à Micheline Calmy-Rey, pour que la Confédération sermonne la Commune.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire 6 commentaires