jeudi, 19 mars 2015

Massacre djihadiste à Tunis : Hiver arabe

A Tunis, hier, la fusillade d'un groupe de touristes par des djihadistes frustrée de ne pouvoir entrer au parlement pour y commettre un massacre, et se consolant en en commettant un autre devant le musée voisin du Bardo, a fait une vingtaine de morts, en sus des djihadistes qui s'en étaient rendus coupables, abattus par les forces de sécurité. Le "printemps arabe" avait fait tomber les dictateurs d'Afrique du nord : Ben Ali en Tunisie, d'abord, Moubarak en Egypte, ensuite, Kadhafi en Libye, enfin. Sur les décombres de leurs régimes, la démocratie (ou à tout le moins un sérieux engagement dans un processus démocratique) n'avait pu prévaloir qu'en Tunisie : en Egypte, les Frères Musulmans avaient pour un mtemps pris ou récupéré, le pouvoir, que l'armée leur a repris ensuite. En Libye, rien n'a émergé de l« » n sordide du clan Kadhafi qu'une guerre de clans, de tribus, de groupes armés. Et les djihadistes, ralliés pou les uns à la Qaeda et pour les autres à l'"Etat islamique", se sont installés dans les trous noirs de transitions chaotiques, dont la principale puissance (politique, économique et militaire) régionale, l'Algérie, ne se préserve (mais après avoir avant les autres vécu l'expérience d'une "décennie noire" d'affrontements dont on ne sait même pas s'ils ont fait 150'000 ou 200'000 morts) qu'en ayant mis son régime et son président sous perfusion, pour que rien ne change.

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mercredi, 24 avril 2013

Maghreb : Pas de « printemps » social

Pour le droit d'avoir des droits

En 2011, les peuples « arabes » (et berbères...) se soulevaient contre les régimes qu'ils subissaient depuis des décennies. En Afrique du nord, plusieurs de ces régimes sont tombés : le Tunisien, l'Egyptien, le Lybien. D'autres sont toujours en place : le Marocain, l'Algérien, le Mauritanien. Mais dans les pays dont les régimes se sont maintenus comme dans ceux dont les régimes sont tombés et ont été remplacés, une fois les révolutions populaires du printemps confisquées, la misère, le chômage, la précarité sont restées -et les politiques d'« ajustement structurel » imposées par les coupoles financières internationales n'ont rien fait pour améliorer les choses : le chômage a crû de manière constante, la majorité des jeunes arrivant sur le « marché de l'emploi » sont condamnés à travailler dans le secteur « informel » pour des salaires de misère et sans aucune protection sociale. Des régimes sont tombés, reste une revendication : celle du droit d'avoir des droits.

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vendredi, 08 février 2013

Après le « printemps arabe »... ... l'hiver islamiste ?

Mercredi matin, Chokri Belaid, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates, et l'un des dirigeants de la coalition de gauche (le Front Populaire) a été assassiné à Tunis. Les militants de l'opposition de gauche au gouvernement islamiste tunisien ont immédiatement rendu ce gouvernement responsable de cet assassinat. Que ce soient des partisans d'Ennahda ou non qui aient abattu Chokri Belaid, le gouvernement en place porte forcément une part de responsabilité dans ce meurtre. Précisément parce qu'il est en place, et que le moins que l'on puisse exiger d'un gouvernement aspirant à quelque légitimité est d'empêcher que des responsables politiques soient assassinés pour les punir de leur choix et de leurs actes politiques.

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jeudi, 10 février 2011

Afrique du nord, Proche Orient, Moyen-Orient : Le printemps des peuples ?

Affiche manif.jpgAfrique du nord, Proche Orient, Moyen-Orient : Le printemps des peuples ?

En Tunisie, en Egypte, en Algérie, au Yemen, en Jordanie, les peuples se soulèvent pour leurs droits démocratiques et sociaux. Ils affrontent les forces de répression d'Etats policiers, ils s'efforcent de chasser des dictateurs mafieux adoubés par les grandes puissances occidentales, les grandes entreprises et les organismes économiques et financiers internationaux. Leur mobilisation se heurte autant à la répression qu'à des tentatives de récupération qui visent à pérenniser les mêmes politiques avec un personnel renouvelé, en changeant le moins possible les systèmes en place, mais en les débarrassant simplement d'encombrants prédateurs. Le 11 février à Genève nous manifesterons (17 heures 30, Place de Neuve) notre solidarité avec ce nouveau, et précoce, « printemps des peuples ». Pour qu'il ne finisse pas comme le précédent : par l'été des récupérateurs.

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vendredi, 21 janvier 2011

Vae Victis !

Mieux vaut un peu tard que jamais : un peu moins d'une semaine après que l'Union Européenne ait pris cette décision, la Suisse, à son tour, a gelé, dès le 19 janvier, les fonds du clan Ben Ali et ceux du clan Gbagbo. Les banques sont désormais obligées de rechercher des avoirs pouvant appartenir à l'ex-Raïs tunisien et à l'ex-président ivoirien et à leurs proches, et les intermédiaires financiers doivent bloquer les transactions douteuses, mais tout est dans le  « désormais » : entre le moment de la chute de Ben Ali et celui du gel de ses avoirs et de ceux de sa camarilla, entre le moment de la défaite électorale de Gbagbo et celui du gel de ses avoirs et de ceux de ses proches, combien de millions ont eu le temps de s'envoler vers des coffres plus cléments ? Et surtout : depuis combien de temps savait-on que Ben Ali et Gbagbo pillaient leur pays, spoliaient leur peuple, faisaient de leur pouvoir le moyen de s'en mettre plein les poches et les comptes en banque ? Les avoirs des uns et des autres ne sont pas gelés par qu'ils sont douteux, parce qu'ils puent le vol et la corruption : ils sont gelés parce que Ben Ali est tombé et que Gbagbo n'est plus reconnu comme président de la Côte d'Ivoire. On punit les prédateurs ? Certes. mais seulement après qu'ils aient été vaincus.

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mardi, 18 janvier 2011

« Révolution de jasmin » en Tunisie : Vivement la contagion !

Pour la première fois depuis les indépendances en Afrique du nord, voire dans le « monde arabe » tout entier, une révolution populaire -et non un coup d'Etat ou une intervention étrangère- a chassé du pouvoir le clan politique et familial qui l'avait accaparé. Le régime tunisien ne s'est pas tout entier effondré, mais le président Ben Ali, ses affidés, sa famille et sa belle-famille, ont dû fuir le pays qu'ils pillaient et étouffaient depuis 23 ans -depuis que Ben Ali eut lui-même renversé le vieux Bourguiba, atteint de démence sénile. La victoire, toutefois pas encore définitive (le nouveau gouvernement tunisien fait la part belle aux caciques encore présentables du parti de Ben Ali), de la rue tunisienne sur la dictature kleptocratique pesant sur elle, a suscité une vague de sympathie dans tous les pays arabes -et une vague d'inquiétude au sommet de tous les Etats qui depuis un quart de siècle fermaient les yeux sur les exactions du régime de Ben Ali. Et si la  « révolution de jasmin » était contagieuse ? si la rue marocaine, algérienne, égyptienne, libyenne même, s'en emparait ? Qu'Allah nous en préserve, se disent sans doute, in petto, les petits maîtres du monde...

L'odeur enivrante du jasmin


« Notre rêve est devenu réalité : il est possible de chasser nous-mêmes les criminels », s'est exclamé samedi le coordinateur de l'Association des Tunisiens en Suisse, Anis Mansouri. Qui a cependant ajouté, sagement : « le travail commence maintenant pour construire la démocratie en Tunisie ». Il n'empêche : même s'il ne fait que commencer, le travail démocratique du peuple tunisien est, déjà, par le fait même qu'il a commencé par une insurrection de la rue, un démenti radical à l'affirmation des idéologues de la « guerre des civilisations », et de leurs disciples politiques, que les « peuples musulmans sont incapables de construire eux-mêmes une démocratie », qu'il faut donc les y aider -c'est-à-dire les y forcer, au besoin en les bombardant. Les mêmes d'ailleurs, n'ont aujourd'hui qu'un souhait : que la Tunisie sombre dans le chaos et la guerre civile. Mais Ben Ali tombé, la France qui parraina Ben Ali pendant un quart de siècle, a avant-hier bloqué des mouvements financiers « suspects » d'avoir tunisiens, et en Suisse, le Parti socialiste demande le blocage des avoirs du clan. Vae Victis ! Il faut attendre que les dictateurs tombent pour que les démocraties s'y attaquent... Qui écoutait, ou même entendait l'opposition tunisienne, hors des cercles, somme toute assez restreints, de la gauche solidaire ? Le régime de Ben Ali, proclamé « rempart contre l'islamisme » a prospéré pendant 23 ans grâce au soutien et à la complicité des Etats « occidentaux »  et de leurs gouvernements -de gauche comme de droite. Qui se réveillent aujourd'hui, après que Ben Ali ait fui, et que les cadres politiques de son régime aient eux-même promis d'y mettre fin et annoncé l'organisation d'élections présidentielles libres -les premières de l'histoire de l'Afrique du nord. Cela même, cela surtout, inquiète l'« Occident » : et si les islamistes les gagnaient, ces élections, comme ils avaient naguère, en Algérie, gagné des élections législatives avant que l'armée, au grand soulagement des « partenaires » de l'Algérie, ne referme la parenthèse démocratique ? Tous les pays voisins, et voisins des voisins, de la Tunisie souffrent des maux qui ont poussé les Tunisiens dans la rue : corruption, répression, écrasement des libertés, trucage des élections, domestication de la presse, chômage... D'entre ces pays, deux au moins sont assis sur une rente pétrolière et gazière qui en fait des enjeux stratégiques autrement plus importants que la Tunisie : l'Algérie, la Libye. L'Algérie, surtout, où dimanche, un jeune homme est mort après s'être immolé par le feu, comme celui dont le suicide fut le déclencheur de la révolte tunisienne. Le renversement du pouvoir algérien par la rue algérienne est-il possible ? si on laisse les Algériens en décider eux-mêmes, sans doute. Sinon, si le pouvoir algérien réussit, une fois de plus, à écraser la révolte des Algériens, quitte à provoquer dix ans de terrorisme et deux cent mille morts (plutôt le chaos que le mauvais exemple !), on se taira. Ou on applaudira, plus ou moins discrètement, au nom de la lutte contre la menace islamiste. Le même prétexte que celui qui justifiait que l'on couve la régime tunisien. Des manifestations ont salué jusqu'au Yemen et en Jordanie  la chute de Ben Ali -mais Ben Ali, après avoir lâché ses sicaires dans les rues de Tunis (ils y tuent encore) s'est enfui en Arabie Saoudite. En Arabie Saoudite, au moins, le silence a été de règle sur son arrivée. Les wahabites sont des islamistes de bonne composition : ce sont les alliés de nos tuteurs. Et quand Hafid Ouardiri s'exclame « L'Arabie Saoudite ne doit pas devenir la poubelle de la dictature », on ne peut que lui rappeler qu'elle l'est déjà -mais que c'est, aussi, notre poubelle, et qu'elle est gorgée de pétrole.

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lundi, 10 janvier 2011

Tunisie, Algérie, Egypte : Barakat !

Des morts en Tunisie, des morts en Algérie, des morts en Egypte. En Tunisie, des émeutes ont éclaté après le suicide par le feu d'un marchand ambulant dont la police venait de saisis l'étal, puis celui, toujours par le feu, d'un lycéen; en Algérie, les émeutes ont répondu à l'augmentation vertigineuse des prix des dentées alimentaires de base -et elles ont fait au moins trois morts et 400 blessés; en Egypte, les Coptes ont crié dans la rue leur colère de l'inaction, ou de la complicité, du pouvoir avec les épurateurs islamistes qui venaient de commettre un attentat suicide devant une église d'Alexandrie. Un seul mot résume la colère des Tunisiens, des Algériens, des Coptes d'Egypte : Barakat ! Assez ! Notre pays n'est pas la propriété privée de Ben Ali, de Bouteflika, de Moubarak, de leurs tuteurs et de leurs obligés !

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jeudi, 19 mars 2009

L'autre Maghreb

Collecte de fonds pour la solidarité avec les luttes de libération sociale
Soutenir les mouvements sociaux du Maghreb


Tous les pays du Maghreb sont traversés par la même contradiction, entre une société fondamentalement démocratique, ou aspirant à l'être, et aspirant à se voir reconnue comme telle par le pouvoir politique qu'elles subissent, et des régimes qui s'acharnent, plus ou moins violemment, mais avec la même constance, à leur nier ce droit. " Face à l'arbitraire des régimes et à la restriction des espaces de liberté, le chemin est certes long, tortueux et semé d'embûches, mais nous sommes convaincus qu'un autre Maghreb est possible ",. ont ainsi affirmé les organisateurs du Forum Social Maghrébin qui s'est tenu l'été dernier au Maroc. Le SOLIFONDS lance un appel au soutien financier de deux combats dans trois pays : celui pour les droits des femmes au Maroc, celui pour les libertés syndicales en Tunisie et en Algérie.

Les mouvements sociaux au Maroc, en Tunisie et en Algérie ont pris une ampleur telle que leur voix et leur combat pour la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales, et contre le bradage des richesses nationales, la corruption et la répression, ne peut plus, ne doit plus, être ignoré. Le SOLIFONDS lance un appel, auquel nous vous invitons vivement à répondre, au financement du soutien à la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT), au Syndical national autonome algérien des personnels de l'administration publique (SNAPAP) et à la Ligue démocratique marocaine pour les droits de la femme (LDDF). En Algérie comme en Tunisie, les syndicats officiels (l'UGTT et l'UGTA) ne sont plus, depuis longtemps, que des bureaucraties rentières au service du pouvoir en place ; au Maroc, malgré la promulgation en 2004 d'un nouveau code de la famille supposé être " progressiste ", le système juridique et les pratiques sociales restent, à l'encontre des femmes, discriminatoires et violents. Les syndicats libres et les mouvements des femmes sont au Maghreb à la pointe du combat de la société elle-même pour la démocratie, contre des pouvoirs qui ne craignent rien tant que l'émergence de ce mouvement social, son implantation nationale et ses pratiques de formation et d'organisation, " à la base ", de militantes et de militants capables de résister à la fois à la répression et à l'instrumentalisation.

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