lundi, 15 septembre 2014

« La guerre contre la drogue a été un grave échec » : Post Tenebras Lux ?

« La guerre contre la drogue a été un grave échec », ont asséné début septembre les membres de la commission globale de politique en matière de drogues, parmi lesquelles et lesquels Ruth Dreifuss, Fernando Henrique Cardoso, Louise Arbour... Elles et ils plaident pour un changement radical, pour l'abandon du tout répressif au profit d'un contrôle public de la production, du commerce et de la consommation des drogues. Parce qu'un monde sans drogues est illusoire et que leur prohibition n'a que des effets négatifs, voire dévastateurs. Elle coûte 100 milliards de dollars par an, remplit les prisons, enrichit les mafias, dégrade les conditions sanitaires des populations concernées (au Moyen Orient, en Asie et en Russie, elle a favorisé le sida...). Elle tue plus que les drogues elles-mêmes, produit plus de criminalité que le trafic lui-même. Mais « on » s'y accroche encore. Pour combien de temps, combien de morts et combien de profits pour les réseaux criminels ?

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14:33 Publié dans Genève, Santé, médecine, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : toxicomanie, prohibition, cannabis | |  Facebook | | | |

mardi, 04 septembre 2012

Conseil Municipal de la Ville de Genève : Vous reprendrez bien un doigt de démagogie ?

Conseil Municipal de la Ville de Genève, lundi soir : après une heure d'un débat inutile sur une demande superfétatoire de traiter en urgence une motion démagogique (du MCG sur la présence de dealers aux abords des écoles des Pâquis), le Conseil Municipal passe au vote. L'urgence est acceptée, à deux oppositions (de gauche) près. Les deux outrecuidants, qui ne voyaient pas l'urgence qu'il pouvait y avoir à enfoncer des portes ouvertes, se font accuser par les trépanés d'en face d'être « actionnaires des dealers », le nervi MCG y ajoutant une grotesque mise en garde : « on a des amis dans la police » (ce qui n'est pas à l'honneur de cette dernière, même si nous aussi on a eu le temps, en quarante ans de militantisme, de s'en faire, « des amis dans la police »). La soudaine et incontrôlable raideur du majeur de la dextre d'un des deux dissidents achevant de mettre en fureur les excités d'extrême-droite, le tout s'est comme à l’accoutumée conclu par une suspension de séance...

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15:04 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, toxicomanie, dealers, sécurité, pâquis, mcg | |  Facebook | | | |

mercredi, 28 mars 2012

Permanence de la toxicomanie et du deal : Sortir de l'impasse de la prohibition

Si l'on en croit les statistiques de la criminalité qui viennent d'être rendues publiques (et qui ne mesurent en réalité pas la criminalité, mais sa répression), le marché genevois des stupéfiants (autrement dit : des drogues illégales) n'a pas connu d'évolution significative entre 2010 et 2011. En d'autres termes, on en serait resté au même point. Avec à peu près autant de consommateurs, à peu près autant de dealers, actifs dans, grosso modo, les mêmes quartiers et vendant à peu près les mêmes substances au même prix... et ce n'est pas une bonne nouvelle, puisque cela signe l'échec de décennies d'une répression de la consommation et du commerce des drogues -une répression qui n'a fait reculer ni la première, ni la dangerosité du second, mais qui coûte mondialement 100 milliards de dollars par an. Et engraisse les mafias.

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mercredi, 05 novembre 2008

Toxicomanies : La Suisse se (re)fait une ligne

Le 30 novembre prochain, deux des objets à l'ordre du jour de la votation fédérale concernent, et proposent de (re)définir, la ligne politique de la Suisse face aux toxicomanies -en l'occurrence, celles qui correspondent à l'usage de substances dont le commerce est illégal. Ni l'initiative populaire pour la décriminalisation de l'usage, de la production et de la commercialisation du cannabis, ni la révision de la loi fédérale sur les stupéfiante ne remettent en cause une politique dite des " quatre piliers " (prévention, réduction des risques, thérapie et répression), impliquant la distribution médicale d'héroïne, qui a permis de réduire la criminalité liée à la toxicomanie, le nombre de morts par overdose, sida ou hépatite C, d'accroître le nombre de toxicomanes suivant un traitement et de rétablir le lien social avec eux.

Prohiber la prohibition

La révision de la loi fédérale sur les stupéfiants n'est combattue que par la droite la plus extrême, et la plus bornée. Qui combat évidemment aussi, et à plus forte déraison, l'initiative pour une politique " raisonnable " à l'égard du cannabis, et s'en tient à la prohibition des drogues -et encore, pas de toutes : les mêmes forces politiques et sociales qui ne veulent pas entendre parler de distribution contrôlée de l'héroïne et de dépénalisation du cannabis défendent mordicus la distribution incontrôlée d'alcool et ne voient aucune objection à ce que l'industrie pharmaceutique encaisse les produits faramineux du libre (ou presque) commerce de médicament psychotropes. Ces forces combattent une politique qui a sauvé, et sauve encore des vies, qui a réintégré, et réintègre encore, des toxicomanes dans des réseaux sociaux normaux. Cette politiques, elles la combattent par dogmatisme purificateur : il faut " éradiquer la toxicomanie ". Et peu importe que partout où cette éradication a été tentée, elle a renforcé les réseaux de trafiquants, encouragé le deal criminel et enrichi les mafias. Dans les années vingt, la prohibition de l'alcool n'a désintoxiqué aucun alcoolique, en a tué des milliers en les abreuvant de saloperies frelatées, et a enrichi Al Capone.

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