lundi, 16 novembre 2015

PARIS, 13 novembre 2015 : "NI RIRE NI PLEURER, MAIS COMPRENDRE"

DjihadFN.jpg

Vendredi, nous nous sommes retrouvés dans la situation qui fut déjà la nôtre lors d'un certain 11 septembre, puis en janvier dernier, lors du carnage de "Charlie Hebdo" : celle du voyeur, du spectateur de l'horreur, et dans cette autre situation déjà vécue d'entendre, de sur-entendre, de réentendre, sur toutes les chaînes de télé et de radio, les mêmes "commentaires", souvent par les mêmes "commentateurs" meublant le temps entre les images en scandant le spectacle de l'épouvante par l'exorcisme du monstre tapi dans l'ombre syrienne, irakienne... ou banlieusarde. Chacun est aujourd'hui sommé de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois; chaque acteur politique ou social, si modeste soit-il, est tenu  de réagir, même si sa réaction est sans autre contenu que toutes les réactions qui l'ont précédée. Et celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec les terroristes. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne "ni rire ni pleurer mais comprendre". Et d'abord, comprendre à qui, et à quoi, nous avons affaire.

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vendredi, 16 octobre 2015

Police fouineuse, le retour ?

Un référendum indispensable, à faire aboutir...   
  
La nouvelle loi fédérale sur le renseignement, qui prévoit de donner une base légale sensée encadrer l'activité, qui n'a actuellement aucune base légale, du service de renseignement de la Confédération (SRC), est donc combattue par un comité référendaire formé des Verts, de la Jeunesse socialiste (le PS, lui, est divisé, même si une majorité de ses parlementaires fédéraux a voté contre le texte), du Parti pirate, d'organisations de la "gauche de la gauche" (dont le Parti du Travail et, sauf erreur, solidaritéS) et d'organisations de défense des droits fondamentaux. Le référendum est ainsi lancé (et on vous invite à le signer...) contre un texte qui élargit considérablement les compétences du SRC, et porte en lui la menace d'un retour de la "police fouineuse" que l'"affaire des fiches" avait mise au jour, en révélant à 700'000 résidents suisses qu'ils étaient "fliqués". Il faut 50'000 signatures valables (de citoyennes et de citoyens suisses) pour que le référendum aboutisse et qu'au moins un débat soit lancé sur les limites à poser au contrôle policier de nos existences... Autant dire que l'aboutissement de ce référendum est indispensable, quoi qu'il puisse en être du résultat de la votation qu'il provoquera s'il aboutit...

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jeudi, 19 mars 2015

Massacre djihadiste à Tunis : Hiver arabe

A Tunis, hier, la fusillade d'un groupe de touristes par des djihadistes frustrée de ne pouvoir entrer au parlement pour y commettre un massacre, et se consolant en en commettant un autre devant le musée voisin du Bardo, a fait une vingtaine de morts, en sus des djihadistes qui s'en étaient rendus coupables, abattus par les forces de sécurité. Le "printemps arabe" avait fait tomber les dictateurs d'Afrique du nord : Ben Ali en Tunisie, d'abord, Moubarak en Egypte, ensuite, Kadhafi en Libye, enfin. Sur les décombres de leurs régimes, la démocratie (ou à tout le moins un sérieux engagement dans un processus démocratique) n'avait pu prévaloir qu'en Tunisie : en Egypte, les Frères Musulmans avaient pour un mtemps pris ou récupéré, le pouvoir, que l'armée leur a repris ensuite. En Libye, rien n'a émergé de l« » n sordide du clan Kadhafi qu'une guerre de clans, de tribus, de groupes armés. Et les djihadistes, ralliés pou les uns à la Qaeda et pour les autres à l'"Etat islamique", se sont installés dans les trous noirs de transitions chaotiques, dont la principale puissance (politique, économique et militaire) régionale, l'Algérie, ne se préserve (mais après avoir avant les autres vécu l'expérience d'une "décennie noire" d'affrontements dont on ne sait même pas s'ils ont fait 150'000 ou 200'000 morts) qu'en ayant mis son régime et son président sous perfusion, pour que rien ne change.

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jeudi, 08 janvier 2015

« On a tué Charlie Hebdo » ? Eh bien non : « Nous sommes Charlie » !

Je suis Charlie.JPGAlbert Camus évoquait « ce droit au déshonneur dont Dostoïevski disait déjà qu'on est toujours sûr, l'offrant aux hommes, de les voir s'y ruer ». Ils furent trois à s'y ruer, hier, dans les locaux de Charlie Hebdo, abattant douze dessinateurs, journalistes, policiers...« On a tué Charlie Hebdo », beuglait après le massacre l'un des massacreurs, tout fier de son acte. Eh bien non : Des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes, se sont rassemblées dans toutes les villes de France, et un peu partout en Europe (nous étions entre 500 et 1000, à Genève) pour dire « nous sommes Charlie ». Une journée de deuil national a été proclamée en France aujourd'hui, avec un hommage aux victimes du massacre. A Genève, à midi et demi, place Neuve, un rassemblement est organisé en soutien a Charlie Hebdo. Une grande marche de défense de la République et valeurs aura lieu à Paris, samedi. Et mercredi prochain, Charlie reparaîtra. On n'aura pas tué Charlie.

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02:27 Publié dans France, Médias, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, liberté de la presse, liberté d'expression, charlie hebdo | |  Facebook | | | |

mercredi, 08 octobre 2014

Ce qui vient en scène pour troubler...

A propos des "Démons" de Dostoïevski, adaptés au théâtre, à Genève, par José Lillo
     Dostoïevski, terrorisme, théâtre, Camus
"Les Démons" de Dostoïevski font, en français,  un millier de page. Les adapter au théâtre est un défi, pour qui veut faire incarner sur scène sa trame et, surtout, ses questionnements. A Genève, jusqu'au 18 octobre, au Théâtre du Loup*, José Lillo en tire le sel. Allez au Loup ! Ne craignez pas, si vous ne connaissez pas le roman de Dostoïevski par coeur, de vous perdre au début de la représentation entre les personnages d'un récit dont le meilleur traducteur en français de Dostoïevski, André Markowicz, nous dit qu'il "n'existe finalement que pour semer le trouble" avant d'"abandonner le lecteur, essoufflé, avec rien. Possédé". Tout s'ordonne et se clarifie au fil de l'adaptation dépouillée de tout artifice qu'en fait José Lillo. Et on se retrouve après trois heures et demi de théâtre avec la même stupéfaction qu'après mille pages de lecture : celle qui vient de l'incroyable actualité d'un texte vieux de presque un siècle et demi, et des questionnements qu'il livre en nous laissant formuler les réponses -s'il y en a.


* www.theatreduloup.ch, +22 301 31 00A

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dimanche, 22 septembre 2013

La Pierre et le Vent - Epilogue

On peut encore rencontrer, sans les reconnaître, des ombres échappées des années de plomb, des ombres qui l'étaient déjà dans ces années-là, sans domicile fixe, clandestins aux cheveux teints, sautant de caches en planques, vivant dans des tanières entre des poubelles. Terroristes, donc, mais ne croyant que pour tenir encore debout à leurs discours plombés, leurs bunkers rhétoriques peuplés d'un peuple improbable, d'une organisation dérisoire, d'une révolution impossible, qui ne pourrait venir qu'après eux, mais sans eux et contre leurs rêves.

Enfants de Netchaïev, donc.

 

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dimanche, 15 septembre 2013

La Pierre et le Vent : Sur elle

Zassoulitch.jpgQuant à elle, Vera Zassoulitch, qu'on s'est autorisé l'imaginer correspondre avec Netchaïev (on sait qu'elle le fit en 1869, puisqu'elle fut pour cela arrêtée en 1869, condamnée, emprisonnée, puis libérée en 1871), elle était née en 1851 dans une famille de la noblesse, mais rencontra pendant ses études à Saint-Petersbourg les milieux révolutionnaires, auxquels elle adhéra. Décrivant leur situation en 1869, elle évoquait le « silence » autour d'eux, leur « isolement », leur « angoisse », leur « désespoir » même, devant l'absence de réponses à leurs interrogations devant la « futilité » des théories qu'on leur prêchait. Netchaïev arrivait donc à point nommé, et qui plus est arrivait du peuple, non de l'aristocratie ou de la bourgeoisie, pour donner le mot d'ordre que cette jeunesse révoltée, mais pas encore révolutionnaire, attendait, avec toute son « avidité militante » : « action ! ». Vera Zassoulitch résume cette rencontre : « Netchaïev n'était pas un produit de notre monde (...), de l'Intelligentsia; il était un étranger parmi nous (...) ce ne sont pas des concepts puisés dans ses contacts avec (nous) qui alimentaient son énergie révolutionnaire, mais une haine, une haine intense ». Et lorsque la Narodnaïa Volia, dont Vera Zassoulitch fut l'une des âmes, demanda à Netchaïev si la dernière action dont l'organisation avait encore des forces devait être de le libérer, lui, ou de tuer le Tsar Alexandre II, qui venait d'abolir le servage mais de faire payer cette abolition aux serfs, Netchaïev répondit : ne pensez pas à moi, tuez le Tsar.
Et le 13 mars 1881, la Narodnaïa Volia assassina le Tsar. Ce fut son chant du cygne : l'organisation succomba à la répression.

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samedi, 14 septembre 2013

La Pierre et le Vent : sur lui

 

 

NetchaïevIl avait écrit : « Le révolutionnaire est un homme voué. Il n'a ni intérêt personnel, ni affaires, ni sentiments, ni attachements, ni propriété, ni même un nom (...). Il a brisé tous les liens avec l'ordre civil (...). Il ne connaît qu'une seule science, la destruction (...). Les sentiments ramolissants de parenté, d'amitié, d'amour, de reconnaissance, doivent être étouffés en lui par la passion unique et froide de l'œuvre révolutionnaire »...

Un tel homme est-il concevable sous d'autres traits que ceux d'un dément ou d'un monstre ? Et s'il existait, serait-il supportable ?

 

 

Il a existé. Il se nommait Serge Gennadovitch Netchaïev.

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dimanche, 11 août 2013

La pierre et le vent, 11 août, d'elle

terrorismeTe souviens-tu (tu étais, je crois, déjà en prison) de ce ministre que nous avions tenté d’assassiner, que nous avions manqué, et qui pourtant put dire de nous, ensuite, que nous étions le meilleur de ce peuple ? Si même nos ennemis nous louent, et même après nous avoir échappé, ne serait-ce pas que nous valons quelque chose ? A moins que les louanges de nos ennemis ne soient, pour toi, que les pires des insultes… Mais si nous valons quelque chose, sans prétendre tout valoir et en déduire que les autres ne valent rien, c’est bien que tu t’es trompé, et lourdement, avec ton « tout ou rien »…

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vendredi, 26 juillet 2013

La pierre et le vent, 26 juillet, de lui

Netchaev.jpgLe Vieux, oui... au début, il me soutenait... je crois même qu'il m'admirait... et puis, je lui ai fait peur... Parce que moi, je voulais aller jusqu'au bout... lui, il était comme toi, il se laissait guider par son coeur, il n'avait pas assez de haine... peut-être en ai-je de trop, mais c'est elle qui me tient debout...


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mercredi, 24 juillet 2013

Le pierre et le vent, 24 juillet, d'elle

Zassoulitch.jpgJ'ai tardé à te répondre, ne t'en inquiète pas. Ce qui nous tenait était exigeant, mais nous ne renonçons à aucun de nos projets : ni de le tuer, ni de te libérer. Et c'est toujours à toi de choisir l'un ou l'autre. Et puisqu'à ta manière, tu es hégélien, dis-toi que c'est le vainqueur qui a raison. Moi, je préfère les vaincus, puisque c'est pour eux que je me bat, mais en cela aussi nous différons...

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samedi, 07 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 7 juillet

7 juillet, de lui

A mon tour de te répondre « peu importe » ! Peu importe ce que je pense de moi. Nous ne sommes pas dans un dialogue de roman. Nous ne sommes pas des personnages de Tchekhov. De Dostoïevski, peut-être : celui des Démons.

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vendredi, 06 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 6 juillet

6 juillet, d'elle


Zassoulitch.jpgIl est vrai, nous fûmes soulagés d'apprendre ta fuite, après le meurtre du frère. Ton acte était odieux, et il nous était pesant. Mais le temps a passé : le temps de ton exil, de ton arrestation, de ta livraison fers aux pieds à nos maîtres, le temps de ton enterrement vivant... Si nous étions encore chrétiens, puisque nous le fûmes dans une autre vie, un autre monde, un autre temps, nous dirions que tu a expié.
Peu importe aujourd'hui ce que tu as fait : c'est ce que tu peux encore faire qui importe.
Peu importe ce que tu étais, c'est ce que tu peux être demain qui importe. Et ce que nous pouvons t'aider à être.
Te satisfais-tu donc de ce que tu as fait de toi, et de ce que nos ennemis en ont parfait ? D'être une ombre dans un trou ?
Choisis...
V.

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mercredi, 04 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 4 juillet

4 juillet, d'elle
Passons-nous désormais du rituel « camarade » d'introduction, et du nostalgique « Salut et fraternité » de conclusion : nous avons sacrifié à nos tics de langage, nous pouvons désormais nous en passer. Nous savons l'un et l'autre à qui nous écrivons, et pourquoi...

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mardi, 03 juillet 2012

La pierre et le vent, 3 juillet

Camarade (puisque c'est ainsi que tu d'adresses à moi (http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2012/07/01/la-pi...), en me vouvoyant -permets moi de te tutoyer : là où je suis, je n'ai plus grand souci des convenances),


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jeudi, 31 mai 2012

A propos d'« Operation Libertad » de Nicolas Wadimoff

La tentation terroriste, sans nostalgie

Aujourd'hui sort à Genève le film de Nicolas Wadimoff, «Operation Libertad», dont « Le Temps » nous dit qu'il « se souvient avec nostalgie de la fin des années 70 », en mettant en scène un groupe révolutionnaire genevois, microscopique comme nous en connûmes, et dont le nom même (« Groupe Autonome Révolutionnaire ») nous rappelle quelque chose sans, vraisemblablement, que le cinéaste sache que ce nom fut réellement porté par une faction tentée par ce qui aurait pu ressembler à du « terrorisme » si nous n'avions eu la chance d'être trop vélléitaires pour succomber à cette tentation. Nous n'avons pas (encore) vu le film de Wadimoff. Mais nous nous souvenons avoir, naguère, ressemblé de loin à ce qu'il met en scène.

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jeudi, 22 mars 2012

Un « Serial Sniper » dans la campagne électorale

Le délire de l'un, les calculs des autres...

Mohamed Merah, 23 ans, islamiste radical, djihadiste au Pakistan et en Afghanistan, se revendiquant de la Qaeda, se rengorgeait après avoir tué sept personnes, dont trois enfants, parce qu'elles étaient juives, ou soldats : «j'ai mis la France à genoux»... Sans doute y croyait-il, mais il n'a pas même réussi à interrompre plus de 24 heures la campagne électorale pour l'élection présidentielle. Cerné, puis abattu, il n'était devenu rien d'autre qu'un tueur délirant dont les actes entraient dans des calculs politiques.. On a palabré plus d'un jour entier autour du Fort Chabrol toulousain. On voulait le tueur vivant (ou on voulait le faire croire). Mais pour en faire quoi ? Un trophée ?

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mardi, 06 septembre 2011

A propos de la commémoration du 11 septembre 2001

Permanence du terrorisme

Dans cinq jours se célébrera, sans doute à grand renfort d'hyperboles compassionnelles, le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Et on fera comme si le terrorisme était né ce jour là. Comme si les djihadistes l'avaient inventé. Comme s'il n'était pas l'une des plus vieilles méthodes d'action politique. Comme s'il n'était pas aussi l'une des plus vieilles méthodes des pouvoirs d'Etat. Comme si, enfin, à nos franges, à nos marges, au-delà des limites que nous pûmes nous fixer, mais dans notre «  mouvance » tout de même, et sans que puissions jurer ne pas avoir été tenté de les suivre, quelques uns ou quelques unes de nos camarades n'avaient pas, eux et elles aussi, fait ce choix-là : le vieux choix de Netchaïev, celui de s'autoriser à tuer pour changer le monde.

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mardi, 03 mai 2011

Mort de Ben Laden : La créature de Frankenstein tuée par Frankenstein

Frankenstein.jpgSur la mort de Ben Laden, chacun est aujourd'hui sommé, comme après les attentats du 11 septembre 2001 de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois, même si nos réactions sont sans autre contenu que toutes celle qui l'ont précédée, qui l'accompagnent et qui la suivront. Celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec le Diable. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne « ni rire ni pleurer mais comprendr ». Et disons d'abord que Ben Laden tué dans un raid américain, ce n'est après tout que la créature de Frankenstein tué par son créateur. Et ensuite que Ben Laden mort, cela ne change rien à rien -à ceci près qu'il valait sans doute mieux pour les USA le tuer que le ramener vivant : il aurait fallu le juger, et il aurait pu parler...

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mercredi, 26 janvier 2011

« Katharina » à la Comédie de Genève : Mémoire plombée des années de plomb

La « Katharina » de Jérôme Richier à la Comédie de Genève est décevante, malgré de belles trouvailles de mise en scène, malgré la Katharina de Céline Bolomey, malgré le livre d'Heinrich Böll et le film de Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta, réduits à une démonstration plombée sur les années de plomb. Peu importe : le pari était risqué, mais valait la peine d'être tenté et vaut la peine d'être vu. Parce qu'il porte une mémoire à retrouver. Celle d'un temps où Heinrich Böll, Prix Nobel de littérature en 1972, se mit au service d'une « certaine idée » de la cohérence en défendant, au nom de principes qui étaient les siens et pas les leur, et sous des torrents de boue déversés sur lui par la presse de poubelle, les membres de la Rote Armee Fraktion prisonniers de l'Etat allemand. C'était il y a trente-cinq ans. Et Anne Bisang a raison de rappeler que l'histoire peut bégayer, et on ne perdra pas son temps à se l'entendre rappeler.

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13:45 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : katharina, böll, schlöndorff, terrorisme | |  Facebook | | | |