mercredi, 01 mars 2017

Ciel, le PS serait à gauche !

roses en carré.jpgLa droite du parti socialiste suisse s'inquiète

Des représentants de l'aile droite du PS suisse ont tenu l'autre jour conférence de presse (dans l'ancienne Maison du Peuple bernoise, devenue hôtel) pour déplorer ce qu'elle considère comme une évolution "gauchisante" du PSS. Et "Le Temps" de titrer : "Les réformistes s'érigent contre un PSS "gauchisant". On en est carrément tombé des nues ou on planait doucement : le Parti socialiste suisse, "gauchisant" ? nos "sociaux-libéraux" helvétiques prendraient-ils nos désirs pour la réalité ? Et "Le Temps" de poursuivre sur le mode de la confusion des étiquettes en qualifiant l'aile droite du PSS d'"aile réformiste social-démocrate". Comme si la direction du parti, la majorité de ses assemblées de délégués, de son comité directeur, de son groupe parlementaire, étaient autre chose que, précisément, "réformistes" et "sociaux-démocrates".

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jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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jeudi, 19 décembre 2013

En finir avec une chimère : le social-libéralisme

Il y a des mots, des étiquettes, des postures politiques dont il faudrait pouvoir se débarrasser, mais qui s'accrochent au discours politique comme autant de morpions rhétoriques. A gauche, « social-libéralisme » est de ces mots, « social-libéral » de ces étiquettes, et leur dénonciation de ces postures. Un spectre, le communisme, hantait l'Europe, une chimère encore y pâture : le « social-libéralisme ». Son nom de pâté d’alouette en signifie la fadeur : tête « libérale » (le programme) et corps social-démocrate (l’électorat, les appareils de parti, les sièges) ;  on ne trouvera dans le « social-libéralisme » ni les refus et les projets du socialisme, ni la logique du libéralisme, ni l’incroyable force subversive de l’un et de l’autre. Le « social-libéralisme », c’est la génuflexion devant le «marché», la substitution de la défense des consommateurs à celle des travailleurs, l’adhésion aux impératifs comptables, le fétichisme de la « modernité »… et par dessus tout, l’attrait de la mangeoire : des hommes et des femmes de gauche allant à droite pas même comme à Canossa, mais comme on va à la soupe.

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vendredi, 25 mai 2012

Et que meure la chimère : le social-libéralisme

Si un spectre, le communisme, hantait naguère l'Europe, une chimère plus récemment y pâtura : le « social-libéralisme ». Son nom de pâté d’alouette en signifiait la fadeur : tête « libérale » (le programme) et corps social-démocrate (l’électorat, les appareils de parti, les sièges) ; on ne trouvait dans le « social-libéralisme » ni les refus et les projets du socialisme, ni la logique du libéralisme, ni l’incroyable force subversive de l’un et de l’autre. Le « social-libéralisme », c’est la génuflexion devant le « marché », la substitution de la défense des consommateurs à celle des travailleurs, l’adhésion aux impératifs comptables, le fétichisme de la «modernité»… et par dessus tout, l’attrait de la mangeoire : Kouchner allant à Sarkozy, pas même comme à Canossa, mais comme à la soupe. Et puis la crise est venue. Et la chimère y a succombé.

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jeudi, 02 février 2012

Le Congrès de l'Internationale Socialiste s'est-il tenu à Davos ?

Montagne magique

« Une » de la « Tribune de Genève » : Le Forum de Davos milite « pour un dépassement du capitalisme »... Un capitalisme qui, de toute façon, comme nous l'explique sur une pleine page du «Temps» le président du Conseil d'administration de Nestlé, « est un modèle théorique qui n'existe pas en réalité ».  C'est cela, voui. Et Brabeck est un mythe, Nestlé un mirage et Davos fut cette année un congrès de l'Internationale Socialiste, avec beaucoup d'éloges du modèle social-démocrate, après des décennies de prédications libérales. Les crises sont passées par là, les pontes de l'économie et de la politique redécouvrent les vertus de la relance keynésienne, les utilités des déficits budgétaires quand ils financent cette relance, l'utilité de l'Etat, pas seulement comme banquier des banquiers, assureur des assureurs, bateau de sauvetage des entreprises, mais surtout comme régulateur des soubresauts économiques et sociaux. Une régulation qui peut passer par la répression des mouvements de protestation que les politiques d'austérité provoquent, mais surtout une régulation qui peut permettre de se passer de cette répression en prévenant ces mouvements.

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mardi, 10 janvier 2012

Mouvement socialiste contre mouvement social ?


Refaire de la politique...


En limitant ses pratiques, ses ambitions et ses stratégies à l'occupation de l'appareil d'Etat, le socialisme démocratique a littéralement perdu sa raison d'être et sa légitimité, et se retrouve face au mouvement social dans la position qui était il y a un siècle celle du radicalisme bourgeois face au mouvement ouvrier : raisonneur plus que raisonnable, prédicateur de soumission aux règles du capitalisme sous les masques du réalisme et de la patience, héritier ingrat des révolutions et requérant d'une base réduite à ne plus être qu'un électorat (pour ensuite ne plus ressembler qu'à une clientèle) une « confiance » ne portant plus sur la capacité à réformer, c'est-à-dire, tout de même, à transformer, la société, mais uniquement sur une compétence à la gérer.

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lundi, 25 juillet 2011

Du capitalisme libéral au capitalisme socialisé

L'Etat social est l'organisation, par l'Etat et pour la société, de la survie de chacun des sociétaires : de ceux que la faim menaçait comme de ceux qui craignaient la colère des affamés. Ce pacte entre affameurs et affamés, expulseurs et sans-logis, exploiteurs et exploités, possédants et possédés, tous proclamés également citoyens (mais les premiers l'étant évidemment plus que les seconds), est un pacte de survie des maîtres, un contrat social dont la vie n'est ni l'objet, ni le sujet, ni l'enjeu, en tant qu'elle est totalement irréductible à toute espèce de pacte ou de contrat, de règle ou de loi, mais dont la survie est le prix.

Mais si l'Etat social ne garantit que la survie, il répartit néanmoins pour cela des moyens si considérables qu'ils pourraient être ceux de la vie toute entière, toute riche et toute libre qu'elle puisse être : la masse financière représentée par l'addition des prestations sociales compensatoires de la perte de salaire (indemnités de maladie, d'accident, de chômage, de service militaire, de maternité, congés parentaux, retraites, pensions, rentes d'invalidité etc...) suffirait à couvrir le coût d'un revenu minimum inconditionnel versé à toute personne sans contrepartie, et équivalant à la couverture totale de tous ses besoins physiques et sociaux essentiels.

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samedi, 09 juillet 2011

Un spectre hante la gauche européenne : celui de son impotence

Un spectre hante la gauche européenne : celui de son impotence. Pour conjurer ce spectre, les intellectuels organiques de cette gauche, et de chacune de ses composantes nationales, scandent depuis un quart de siècle les mots d’ordre de la « rénovation », du big bang ou de l’aggiornamento. Ces mots d’ordre ont un présupposé commun : il y a encore quelque chose à faire avec la gauche dans l’état où l’histoire nous la laisse. Ce présupposé, nous le récusons. Il y a certes « quelque chose à faire avec la gauche », mais pour en faire tout autre chose que ce qu’elle est devenue.

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vendredi, 08 juillet 2011

La sinistra in Europa non è da rinnovare, o da ricostruire, o da ripensare, o da ricomporre, ma da inventare. Radicalmente e dacapo. (Paolo Flores d'Arcais)

S’il fallait en un mot qualifier l’état de la gauche (1) politique en Europe, et plus précisément encore l’état de ses partis et organisations politiques, nous userions sans doute du mot « débilité », en son strict sens, qui désigne une faiblesse maladive.

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jeudi, 04 mars 2010

Faire son deuil de la social-démocratie

Résurrection ou réinvention ?

Trois grands mouvements politiques ont constitué, en trois siècles, nos sociétés : le libéralisme, le radicalisme démocratique, la social-démocratie. La libéralisme en a constitué la base économique et le champ culturel, le radicalisme démocratique en a fondé les institutions politiques, la social-démocratie a accouché de l'Etat social. Mais ces trois mouvements sont, tous trois, arrivés au bout de leur rôle. Ils ont épuisé leur mission. « Le monde a besoin d'une social-démocratie forte », assure, sincèrement, René Longet... On se permettra ici d'en douter, de considérer la social-démocratie, en  tant que projet politique de changement fondé sur l'Etat social, l'Etat de droit et l'Etat acteur économique, comme un moment dépassé du mouvement socialiste, et de penser que « le monde» a désormais moins besoin d'une social-démocratie ressuscitée que d'un socialisme réinventé. Pour paraphraser (et quelque peu détourner) Gramsci, on se dira qu'en ce moment d'interrègne entre un monde qui meurt et un monde qui tarde à naître, les héritiers des mouvements fondateurs du premier ont à les réinventer, ou à en faire leur deuil.

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vendredi, 11 décembre 2009

Que peut-on faire encore de la gauche ?

CC347.jpgRisorgimento

Un spectre hante le socialisme européen : celui de son impotence. Pour conjurer ce spectre, les intellectuels organiques du mouvement socialiste scandent depuis un quart de siècle les mots d'ordre de la " rénovation ", du " big bang " ou de l' " aggiornamento ". Ces mots d'ordre ont un présupposé commun : il y a encore quelque chose à faire avec la gauche dans l'état où l'histoire nous la laisse. Ce présupposé, nous le récusons. Il y a certes " quelque chose à faire avec la gauche ", mais pour en faire tout autre chose que ce qu'elle est devenue. La réforme ou la recomposition de la gauche telle qu'elle est, c'est-à-dire telle que nous en héritons, est à la fois hors délai et hors sujet. Hors délai, parce qu'il est trop tard et que le double fardeau de l'impuissance social-démocrate et de l'imposture stalinienne n'est pas à alléger, mais à abandonner. Hors sujet, parce que les bases théoriques, la culture politique, les thèmes privilégiés et les méthodes d'action traditionnelles de la gauche, ne répondent plus à rien de ce qui doit désormais nous requérir et dont, paradoxalement, nous pouvons trouver prémices aux origines du mouvement dont nous disons encore participer et dont nous constatons la sénescence. La gauche socialiste, dans le PS ou hors du PS, n'a pas besoin d'un " aggiornamento ", mais d'un " risorgimento ", d'une résurgence de ses ambitions fondatrices et de sa radicalité première.

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mercredi, 03 décembre 2008

Crise de la social-démocratie : Un théâtre d'ombres

Contemplons ce qui constitue aujourd'hui (et depuis au moins deux décennies) la base sociale des partis socialistes et sociaux-démocrates : les jeunes et les salariés du secteur privé y sont sous-représentés, les personnes en situation précaire en sont absentes et les exclus, exclus. Reste une base sociale de rentiers et de fonctionnaires, de cadres moyens et d'universitaires, d'hommes et de femmes aux niveaux de revenu, de fortune et de salaire supérieurs à la moyenne nationale. Qu'attendre d'une telle base sociale, progressiste in pectore et conservatrice (quand elle n'est pas réactionnaire) in facto, trop soucieuse de paraître ce qu'elle voudrait être et qu'elle n'est pas pour risquer de perdre même la possibilité de sa propre schizophrénie ? Qu'elle redéfinisse le contrat social ? Mais pourquoi diable le ferait-elle ? le contrat actuel est le sien, et sa redéfinition dans un sens socialiste ne pourrait se faire qu'au détriment de ses intérêts et de ses acquis... 

Le petit bourgeois en son miroir

La petite bourgeoise consacre une énergie et des ressources considérables à dresser entre sa réalité et ses illusions un rideau de scène la voilant à son propre regard : tournés vers eux-mêmes, le petit bourgeois et la petite bourgeoise n'ont qu'une crainte fondamentale : se donner à voir, et, pire, se voir tels qu'ils sont. La classe moyenne se joue comme au théâtre, au cinéma ou à la télévision, et, se jouant, elle surjoue pour remplir cet espace indistinct qu'elle occupe, entre un prolétariat dont elle nie l'existence (jusqu'à réussir, parfois, et pour un temps, à ce qu'il se nie lui-même), pour nier le risque qui constamment pèse sur elle de " retomber "  dans la " classe inférieure ", et une classe dominante dont elle singe les comportements (ou ce qu'elle en perçoit) sans disposer des ressources de ces comportements. Ne se voulant pas dominée, mais l'étant tout de même, et ne pouvant être dominante, mais se rêvant telle (et affirmant l'être par le nombre, quitte à tordre les statistiques), la classe moyenne pète toujours plus haut que son cul. Adhérant totalement au primat du signe social d'intégration, elle ne craint rien tant que perdre les signes extérieurs d'une richesse dont elle ne dispose pas et d'un pouvoir qu'elle ne détient pas. Le grand projet du petit bourgeois n'est pas de changer la société, mais de changer de place dans la société, ou à tout le moins de sauvegarder la place qu'il y occupe.  Et c'est faute de pouvoir le convaincre qu'ils sont capables de réaliser ce projet, et de sauvegarder cet acquis, que les partis socialistes et sociaux-démocrates voient leurs bases sociales et électorales petite-bourgeoises s'effriter, après que leur ancienne assise populaire se soit réduite à une survivance.

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