vendredi, 12 juin 2015

Servette FC et Stade de la Praille : Union sacrée et stade suprême

Bon, d'accord, c'était prévu, puisque c'est rituel, mais tout de même. ça interloque : au Grand Conseil genevois, ce fut «l'union sacrée pour sauver le stade» de la Praille après la cacade du FC Servette, titre « Le Courrier » de vendredi dernier. L'« Union sacrée », rien  que ça. Et pour « sauver » quoi ? la patrie ? la liberté ? un droit fondamental ? Non : un stade. Mal foutu, mal conçu, mal payé, trois fois trop grand, trois fois trop cher, dix fois trop vide. Pour lequel les députés (enfin, pas tous, des Verts et des « Ensemble à Gauche » ont tout de même rechigné à se laisser mobiliser comme en '14) demandent au Conseil d'Etat d'établir un plan pour maintenir le Titanic de la Praille à flot. Pour en faire quoi ? On s'en fout : ce truc a coûté tellement cher pour des prunes (ou presque) qu'on est prêt à payer encore autant pour pas plus de prunes. ça doit être ça, le raisonnement au coeur de la «gestion responsable des ressources publiques » : balancer des millions dans un trou, et quand on voit que ça ne suffit pas à le boucher, y rebalancer des millions. Pour le PDC, comme pour la commission de gestion du Grand Conseil, le stade « non terminé  » est un « équipement d'utilité publique ». Ah ouais ? Quelle « utilité publique » ? celle de pomper des ressources que, par ailleurs, on refuse d'affecter par exemple à la construction d'un nouveau Cycle d'Orientation ?

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mardi, 07 avril 2015

FC Servette et Stade de la Praille : y'en a qui manquent pas d'air

Le Servette Football club est en cessation de paiement, les salaires des joueurs n'ont pas été payés en mars, les fournisseurs non plus, le spectre rigolard de la faillite, qui avait déjà survolé le trou de la Praille à plusieurs reprises, y refait un petit tour, il manque 400'000 balles pour mars, quatre millions et demi pour la saison, le club risque de ne pas obtenir sa licence pour la saison prochaine et de se retrouver en ligue plébéienne, son président (qui est aussi le président de la société d'exploitation du stade) sonne le tocsin et en appelle aux fonds publics, comme d'hab'... Et il faudrait qu'on s'émeuve ? On est plutôt enclins à ricaner, là... surtout quand on lit dans la "Julie" ce titre : "Le SOS de Servette agace le pouvoir politique" (sauf Gominator, qui est prêt à siphonner les caisses publiques de tout ce Quennec demande). "Agacé", les "politiques" ? C'est le moment... nous, on avait plutôt souvenance que la plupart d'entre eux  avaient pour le Servette FC le Stade de la Praille des yeux bien plus énamourés qu'"agacés"...

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vendredi, 09 mars 2012

Autophagie à Piogre : Le Servette reprend le Servette...

Et un sauveur suprême de plus, un !

Le patron du Servette annonce qu'il est prêt à reprendre le Servette (mais pas avec son argent, avec celui de mystérieux financiers restant anonymes), et le patron du Servette cède le Servette au patron du Servette pour un franc symbolique... Une tautologie, un enfonçage de portes ouvertes, un serpent de lac qui se mort l'appendice caudal ? Pas tout à fait : c'est le patron du Servette Hockey Club (SHC), qui annonce qu'il veut reprendre le Servette Football Club (SFC). La grande famille du sport, quoi.Le tour de passe-passe a permis un ajournement de faillite, et une semaine de sursis pour le SFC. Quennec assurerait les charges courantes pendant un mois, le temps de vérifier dans quel état réel est le club de foot. Et après ? On fait quoi ? Qui paie quoi ? Et dans combien de temps tombera la première demande d'aide financière faite au canton et à la Ville ?

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vendredi, 02 mars 2012

Le Servette FC en dépôt de bilan : Y'a des semaines, comme ça...

Y'a des semaines, comme ça, où tout fout le camp : Mark Muller d'abord, le Servette ensuite... Le président de la SA du Servette Football Club (eh oui, amis sportifs: vos clubs ne sont pas des associations, ce sont des sociétés anonymes...) a donc annoncé qu'il était en cessation de paiements. Le club a pour 1,7 million de francs de poursuites, il doit fournir dans les dix jours des garanties financières pour obtenir sa licence pour la saison prochaine et il n'a apparemment plus un radis. L'administrateur du club, Cedric Tonoli, a démissionné de son poste. On cherche un repreneur ou des repreneurs (Marc Roger ? Bulat Chagaev). On s'agite. On pleure. Et on n'oublie qu'une chose : que depuis longtemps, le sort des équipes professionnelles ne se joue plus sur les terrains, dans les stades ou sur les patinoires, mais là où fonctionnent (ou dysfonctionnent) les pompes à fric...

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jeudi, 16 juin 2011

FC Servette et Stade de la Praille : De la mendicité des mammouths

Les hurlements de joie et les klaxons des supporters bourrés ne s'étaient même pas encore estompés, après le retour du FC Servette en ligue A, que le président dudit FC Servette, et désormais, en plus, exploitant du stade de la Praille, réclamait 2 millions et demi à la Ville et au canton. Sinon, lui, il ne paiera pas pour les investissements  « nécessaires ». Na ! Il ne sait pas que la mendicité est interdite à Genève et que le chantage, c'est une mauvaise manière, Pishar ? Ou alors, en tant que mendiant millionnaire à la légèreté de «mammouth » pour reprendre l'expression de l'éditorialiste du « Matin Dimanche »,  il a acheté une dispense de respect de cette interdiction et une autorisation générale de paître dans les finances publiques ?

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lundi, 03 mai 2010

Hoquets sur glace

Genève : Nouvelle patinoire ou rénovation de l'ancienne ?
Hoquets sur glace


Emouvant tableau, ce 28 avril, à la Mairie de Piogre : magistrates et magistrats de gauche, du centre et de droite, de la Ville et du canton, communiaient dans l'obligatoire ferveur à laquelle tout politicien-ne de Genève était tenu à l'égard du club de hockey local. Concours de génuflexions ( « vous avez dépassé toutes les attentes et fait rêver toute une ville et un canton » - Manuel Tornare Dixit), exercice individuel et collectif de prosternation béate ( « vous avez amené quelque chose de magique dans le cité » - Charles Beer dixit), choeurs de louanges ( « le parcours des Aigles peut s'assimiler à une victoire » - Rémy Pagani dixit)... après quoi, puisqu'il faut bien passer aux choses sérieuses, promesses en vrac : on va rénover la patinoire des Vernets (qui le mérite, comme le mérite par exemple ,le stade de Frontenex), on va vous donner une autre patinoire, plus grande, plus belle, plus chère et plus vide, qu'on installera à l'Arena, ou à Plan Les Ouates, ou ailleurs, on ne sait pas où, mais peu importe, on paiera. Chaque année. Comme pour le stade de la Praille. On puisera dans les caisses publiques pour construire la chose, pour l'entretenir, pour l'administrer. On paiera pour la patinoire, on paiera pour le club, même s'il ne communique ses budgets qu'avec réticence et que ses comptes sont opaques. Le président du Servette Hoykey Club, Hugues Quennec, qui veut une patinoire d'au moins 10'000 places, exige des « garanties et des engagements » de la Ville, et menace :  « Sans infrastructure adéquates, le coach et moi-même ferons nos valises ». Pour la Praille ?

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samedi, 20 septembre 2008

Acharnement thérapeutique au chevet d'un club moribond : Roro, reviens !

Le Président de l'association du FC Servette, Francisco Vinas, a démissionné de son poste après avoir été conspué par les ultimes supporters du club et menacé physiquement par les plus crétins d'entre eux. Il était à la tête du club depuis la faillite de 2005. Rampant à la dernière place du classement de la " Challenge league " (en anglo-zurichois dans le texte), menacé de se retrouver en Première Ligue (en français dans le texte, mais ça doit être une erreur), le FC Servette n'a plus de président. Et une foultitude de bonnes âmes (dont not'bon Maire et le commis de régie du Conseil d'Etat) qui, apparemment, n'ont rien d'autre à foutre, s'agitent pour lui en retrouver un. Ce qui, à défaut de signaler une urgence quelconque, indique au moins que ce club sans supporters, sans public, mais avec un stade trente fois trop grand pour lui, est incapable de se sortir tout seul du merdier où l'ont plongé les incomparables gestionnaires qui étaient à sa tête. Il n'est apparemment apparu à personne l'évidence qu'on pouvait laisser le Servette se démerder tout seul. On ne voit pas ce que les " politiques " ont à faire dans cette histoire, mais on se demande déjà combien, après les dizaines de millions balancés dans le trou du stade, puis dans l'Eurofoot, le fétichisme " sportif " va encore coûter à la République et à la Commune.

Faute de Balzac, du Labiche.

De Luscher à Vinas en passant par Roger, les présidents successifs du FC Servette nous ont dessiné un joli tableau, une sorte d'échantillonnage de la comédie humaine genevoise : un politicard démagogue, un batteur d'estrade, un brave homme dépassé par les événements. Un Balzac en aurait fait une fresque -mais il aura fallu se contenter d'un sous-Labiche, un scénariste de série télévisée de fin d'après-midi. Quand un feuilleton s'enlise, que les personnages deviennent pitoyables, que l'intrigue se désagrège, les producteurs de " soap operas " ont généralement recours à une recette éprouvée : faire ressusciter un personnage qui dans les épisodes précédents avaient disparu de la circulation. Et là, avec le feuilleton du Servette, on l'a, le personnage qui pourrait redonner du tonus à une série calamiteuse : Roro le Magnifique, Marc Roger soi-même, celui à qui les Luscher et autres Carrard avaient vendu le FC Servette pour un franc symbolique. Celui qu'on a coffré pendant deux ans pour le condamner ensuite aux deux ans qu'il avait déjà fait. Au moins, avec Roro, on se marrait. Et son passage aura eu le mérite de mettre en évidence ce que le sport d'élite est devenu. Des trois présidents successifs du FC Servette, le premier fait une carrière politique, le second a fini au tribunal, et le troisième, le plus honnête des trois, a démissionné. Et après lui, qui ? un ancien joueur professionnel français passé dans l'immobilier ? Une famille d'investisseurs iraniens ayant déjà réussi à couler un club autrichien ? un successeur d'Alain Morisod à la tête d'UGS ? On attend avec gourmandise…

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vendredi, 05 septembre 2008

Procès de Marc Roger : Le Bouc-émissaire en son enclos

Or donc, le procès du bouc-émissaire de la faillite du Servette, de celle de la société d'exploitation du stade, de la sous-occupation endémique dudit stade et de la relégation du Servette en ligue folklorique, s'est ouvert le 1er septembre devant le Correctionnelle. Outre le Parquet, pas moins de quinze avocats veulent la tête de Roro (et de Roro tout seul), au nom d'une vingtaine de joueurs qui, comme quelques notables locaux (Luscher, Carrard), jouent les andouilles et plaident la connerie : " on savait pas ", " on a été trompés ", " on n'a rien compris ".. Crédible ? Peu importe : quand on a un bouc-émissaire, on ne cherche plus de responsables..

Roro et les cloches

Selon ses accusateurs, Marc Roger aurait donc, tout seul avec ses petites mains, sa petite pelle et son petit seau, creusé dans le FC Servette un trou de 17 millions entre l'été 2004 et le début 2005. Il aurait fait preuve d'une " ambition démesurée et hasardeuse sur l'avenir du club " (il n'était pas le seul), se serait montré beaucoup trop optimiste sur le sponsoring et sur le nombre de spectateurs attirables dans le stade (est-ce qu'on pourrait nous rappeler le nom de tous les vendeurs de savonnettes qui nous assuraient qu'un stade de 30'000 places, c'était ce dont Genève avait besoin ?). Roro risque sept ans de gnouf (il en a déjà fait presque deux en préventive). Ceux qui lui ont refilé Servette, et ceux qui ont imposé à Genève un stade inutile et bouffeur de millions, ne risquent en revanche rien du tout. Sauf le ridicule, qui ne tue plus personne depuis longtemps. Surtout politiquement. Ce sont eux, pourtant, qui ont creusé l'essentiel du trou et laissé à Roger, pour un franc symbolique, un club en état de faillite. Mais ceux-là, les Luscher et les Carrard affirment hautement leur incompétence : " on s'est fait avoir par le Marseillais, putaing cong ! ". Une fois le procès terminé, et Roro condamné d'avance (on ne va jusqu'en Espagne rechercher un bouc-émissaire pour le relâcher ensuite dans la nature), il se passera quoi ? Rien que de très rituel. On ne prend pas forcément les mêmes, mais on recommence les mêmes conneries : main dans la main pour " sauver le Servette et le stade ", alors que c'est au Servette de se sauver tout seul et que le stade n'est pas sauvable, Manu et Mediamark sonnent le branle-bas. Mais quitte à donner dans la sonnerie, c'est le glas qui devrait s'imposer.

00:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : servette, football, praille, stade, roger | |  Facebook | | | |