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  • Espionnage d'Attac par Nestlé, Sécuritas (et la police) : Taupes modèles

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    On s'en souvient (ou on devrait) : ATTAC-Vaud avait fait l'objet en 2005, et jusqu'en 2008 d'une opération d'infiltration, commanditée par Nestlé et exécutée par nos Pinkertons nationaux, Securitas. Nestlé craignait que les investigations d'Attac sur ses pratiques nuisent à son image et à ses affaires. L'opération d'infiltration avait fonctionné, une fausse militante altermondialiste payée par Securitas avait espionné le groupe d'Attac-VD travaillant sur les multinationales, et fliqué ses membres. Le procès pénal n'ayant pas pu avoir lieu, puisqu'un brave juge lausannois avait classé l'affaire, c'est un procès civil qui s'est tenu à Lausanne la semaine dernière, à l'initiative de plusieurs militant-e-s d'Attac victime de ce que par euphémisme on qualifiera d'atteinte inadmissible à la sphère privée et à la liberté d'association (et au droit de militer légalement dans une association légale usant, elle, de moyens légaux, et du débat public).

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  • Prolifération des taupes : Infiltrez-nous, bordel !

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    De " Sarah Meylan " à " Shanti Muller ", d'Attac au Groupe anti-répression, mais sans quitter Securitas : après la révélation de l'infiltration d'Attac par Securitas (sur mandat de Nestlé), la révélation de l'infiltration du Groupe antirépression de Lausanne par Securitas (sur mandat d'on ne sait pas encore qui) confirme le boom des taupinières privées (et sous-traitantes des polices publiques, puisque Securitas assure avoir transmis les infos que récoltaient ses taupes à la police). " Sarah Meylan " avait disparu de la circulation, " Shanti Muller " est toujours là. Mais apparemment pas en très bon état mental : " carrément paranoïaque " selon ses voisins, sympathisante (ou membre) de l'UDC selon la presse, elle avait été engagée en 1999 par Securitas. En 2002, elle commençait à infiltrer les réseaux alternatifs. Entre 2003 et 2005, pendant que " Sarah Meylan " fliquait Attac-Vaud, " Shanti Muller " fliquait le Groupe antirépression de Lausanne. Et la petite taupe qui rêvait d'une barboteuse l'a finalement obtenue : " Shanti Muller " est devenue cheffe du service d'investigations de Securitas. Tout cela rend d'autant plus légitime la motion déposée au Conseil municipal de la Ville de Genève par la gauche, et d'autant plus urgente son adoption. La motion demande à la Municipalité de mettre un terme à ses relations commerciales avec Securitas. C'est le moins que l'on puisse faire. Ou alors, on mandate Protectas pour infiltrer Securitas. Et on bat sa coulpe, toute honte bue de n'avoir pas mérité d'être infiltrés. Quoique, sait-on jamais ?

    Le blues du non-infitré

    Lorsque éclata l' " Affaire des fiches " et que les militants de gauche et d'extrême-gauche purent avoir accès aux dossiers constitués (ou non) sur eux par les polices municipales, cantonales et fédérales, un étrange sentiment s'empara desdits militants : avoir été fiché devint une fierté (mâtinée d'ailleurs d'amusement, à la lecture des âneries compilées dans les dossiers remis aux intéressés), ne pas avoir été fiché avait quelque chose de honteux. Alors quoi ? Tout mes copains étaient fichés et pas moi ? Je ne méritais pas l'attention de la police ? J'étais inoffensif ? On me méprisait ? Un quart de siècle plus tard, et le vent des privatisations ayant soufflé, ce sont des officines privées qui fliquent les mouvement sociaux. Mais pas n'importe lesquels : Securitas a infiltré Attac, le Groupe anti-répression, LausAnimalist, le centre alternatif de la Reithalle… mais pas, du moins que l'on sache, les partis politiques de gauche. On pue de la gueule ? ou alors, on est insignifiants ? C'est vrai, quoi, c'est vexant à la fin, d'apprendre qu'on ne fait plus peur à personne et qu'il n'y a plus que le MCG verniolan pour prendre les socialistes pour ce qu'ils ne sont plus depuis la Grève Générale de 1918…

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