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  • Quand la Ville seule assume l'hébergement d'urgence

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    soupirail.jpgOtages sans-abris

    On avait plutôt pris l'habitude, et s'était fait sinon une raison, du moins une résignation, de ce que la droite du Conseil municipal de Genève ferraille contre toute tentative de la Ville de mener une politique sociale, et toute proposition du Conseil administratif de donner des moyens (financiers et humain) à une telle politique. La droite municipale s'était opposée à ce que la Ville accorde des allocations complémentaires aux allocations cantonales versées aux retraités et aux invalides les plus modestes. Elle s'était opposée à ce que la Ville accorde une allocations de rentrée scolaire aux familles les moins argentées -puis avait réussi à transformer cette allocation, versée sur un compte postal ou bancaire comme toute allocation, en octroi d'une carte de débit valable seulement dans certains commerces. On ne boudera donc pas notre soulagement à la voir se préoccuper du sort des sans-abris vivant dans les rues, sur les places, dans les sous-sols de la ville -et ils sont des centaines. Les prochaines élections municipales n'y sont pas pour rien ? Qu'importe : on votera (après l'avoir étudiée en commission) sa proposition d'un crédit de 1,8 million de francs. Reste que cet engagement supplémentaire de la Ville dans l'hébergement des sans-abris pose un problème politique : celui du désengagement des autres communes et du canton de cette responsabilité. Un désengagement qui fait de la Ville et des sans-abris les otages d'une non-répartition de la tâche de répondre à une urgence sociale.

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  • Genève : Pauvreté visible, pauvreté invisible

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    mendiant.jpgLes trous du filet social

    A Genève, il n'y a guère que les mendiants et quelques sdf récalcitrants à être hébergés dans les abris PC ou à l'Armée du Salut, qui témoignent visiblement de la présence d'une population pauvre dans une ville riche. Il y a certes une pauvreté volontaire, assumée, revendiquée, proclamée : c'est celle de l'ascète, celle de Diogène, celle du mendiant. Celle du refus de l'aliénation laborieuse et marchande. Celle du refus de la norme sociale. Celle-là n'est pas méprisée, elle est crainte. Parce qu'elle est subversive. Or la plus grande part de la population genevoise pauvre ne se voit pas comme telle, ne serait-ce que parce qu'elle ne se montre pas comme telle. Ou qu'on la cache, parce qu'elle fait tache, et qu'elle montre à la Cité les trous de son filet social. Cette pauvreté-là est celle de dizaines de milliers de personnes. Ainsi, le canton détient-il le record de la rente AVS moyenne la plus basse, et de la plus haute proportion de retraités ayant besoin de prestations complémentaires à l'AVS pour survivre : ils et elles sont un-e sur trois dans ce cas. Et les dépenses consenties par le canton pour ces prestations ont augmenté de 15 % entre 2010 et 2016, et vont continuer d'augmenter, si suspicieuses et tatillonnes que soient les vérifications du droit à les demander. En Suisse, 14 % des retraités sont en situation de pauvreté. S'y ajoutent, dans la même situation, les centaines de milliers de "travailleurs pauvres" et de familles monoparentales recevant (ou non) une aide sociale. Dans le canton de Vaud, par exemple, une personne sur vingt âgées de 26 à 65 ans est en situation de pauvreté. Une pauvreté invisible, mais, à l'aune de cantons et d'un pays riches, considérable, dans tous les sens du terme, à commencer par le premier : est considérable ce qui doit être considéré.

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion 2 commentaires