jeudi, 28 avril 2016

Revenu de base inconditionnel : Débat nourri à gauche

A deux contre un, les socialistes suisses, réunis en Assemblée des délégués, ont décidé d'appeler à voter "non" le 5 juin à l'initiative pour un revenu de base inconditionnel. Ce mot d'ordre (dont on fera ce qu'on veut, d'autant que le PS genevois a, lui, appelé, à la quasi unanimité d'une assemblée générale, à voter "oui" au RBI, et que le Conseil communal de Lausanne a demandé à la Municipalité d'étudier la mise en place d'une "expérience pilote" de RBI) n'est pas franchement une surprise, et on peut même être assez satisfait qu'un tiers des délégués du  PSS soutiennent une initiative qui remet radicalement en cause quelques solides réflexes socialistes (ou du moins sociaux-démocrates) et syndicaux. A gauche, d'ailleurs, le débat est nourri, d'attentes autant que de craintes : ainsi, dans "Gauche Hebdo" du 1er avril, Jean-Marie Meilland reprochait au revenu de base inconditionnel de n'être qu'une forme de "légalisation résignée d'une société à deux vitesses". Comme si on en était encore à une "société à deux vitesses" et qu'elle avait besoin d'être "légalisée"... de "vitesses", la société actuelle en a quatre, et bien lourdement légalisées : la vitesse des maîtres du monde (ceux qui dirigent la société et la conduisent), la vitesse de la classe dominante (celle qui, sans forcément diriger ni conduire la société, arrive aisément à suivre son cours), la vitesse des classes dominées (celles qui rament pour suivre, sans y arriver) et la vitesse, qui n'en est même plus une, des largués, des marginaux, des exclus. Rien que pour ceux-là et celles-là, de plus en plus nombreux, laissés pour compte du travail, du salariat et du filet social, et pour qui, tout de même, la gauche est supposée se battre, un RBI s'imposerait...

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16:43 Publié dans Suisse, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : rbi, revenu minimum, salariat | |  Facebook | | | |

vendredi, 29 juin 2012

ça sent les vacances...

Se refaire, se défaire...

On prend donc des vacances. Des quoi ? La vacance, étymologiquement, c'est le vide, l'absence, le manque. Les vacances, depuis un siècle, c'est le moment accordé aux travailleurs pour se refaire -c'est dire que leur travail les avait défait... La vacance, c'est le manque ? On ne sait pas (on en doute...) si on va vous manquer, mais on sait déjà qu'il ne tient qu'à nous que nos vacances soient un moment de vacuité béate ou de liberté curieuse, et que nous ne serons finalement absents que de quelques lieux, de travail ou de militance, que nous hantons sans trop savoir si nous y servons à quelque chose et à quelqu'un.

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16:30 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vacances, temps libre, salariat | |  Facebook | | | |

jeudi, 12 avril 2012

Initiative populaire pour un « revenu de base inconditionnel » : c'est parti !

Le droit aux moyens de vivre

Le texte de l'initiative populaire fédérale pour « un revenu de base inconditionnel » (autrement dit, pour un revenu égalitaire, individuel, accordé à tout résident sans autre condition que sa résidence, et couvrant ses besoins essentiels : le logement, la nourriture, les soins, les déplacements) est paru dans la Feuille fédérale. L'initiative est donc officiellement lancée. Et elle fait déjà débat à gauche, en particulier au sein du Parti socialiste (on peut écouter un petit débat entre camarades téléchargeable sur
http://t.co/ZiXHAA64). Nous soutenons cette initiative et vous invitons à la soutenir.  Pour plus d'infos : http://bien-ch.ch/fr

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14:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : revenu, salaire, assistance, travail, salariat | |  Facebook | | | |

dimanche, 07 août 2011

Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front

Le Dieu laborieux du Livre, créant l'Homme à  son image, lui a paternellement octroyé un jour de repos sur sept -et encore :afin qu'hommage Lui soit rendu, à  Lui, Patron de tous les patrons. Il nous faut remettre le travail sur ses pieds, et Dieu dans ses limbes : au travail (tripalium, travail lié, travail non choisi) on peut bien condescendre à  consacrer quelques heures par semaine (et que cette semaine soit une décade nous conviendrait fort bien). Mais pas plus. Et si possible moins.

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14:54 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : salariat | |  Facebook | | | |

dimanche, 31 juillet 2011

A propos du salariat (et de la prostitution)

Changer la vie reste notre ambition -une ambition plus haute que celle, bien commune, de changer de mode de vie. Changer la vie, c'est changer le contenu de la vie -ce qui ne peut sans trahison se réduire à en changer l'emploi. Or la vie du plus grand nombre est scandée par le travail salarié -le salariat étant non le paiement du travail mais celui du temps passé au pouvoir de qui fait travailler. Changer la vie n'est donc possible que si l'on admet comme nécessaire l'abolition du salariat.

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14:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salariat, prostitution | |  Facebook | | | |

dimanche, 17 juillet 2011

Que nul ne travaille plus, mais que tous oeuvrent

Hier, on parlait du temps. Et si on parlait de ce à quoi on le consume, du "travail" ?

Par le mot de « travail », il a toujours été formulé deux réalités différentes : d’une part, celle de l’activité, constitutive de l’humanité en tant qu’on peut la différencier de l’animalité) de transformation de la réalité donnée : le travail est ce qui transforme le monde, en transformant un peu du monde -du silex que l’on taille à la tour que l’on construit. Et d’autre part, l’esclavage -l’activité contrainte, la mise des uns au travail par les autres, pour leur profit ou leur subsistance.

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15:15 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : travail, salariat | |  Facebook | | | |

samedi, 16 juillet 2011

A la recherche du temps vendu

Le temps est une force de production -sans doute la plus importante, et donc celle dont l’appropriation est, socialement et politiquement, la plus déterminante, la plus porteuse de pouvoir. S'approprier le temps des autres, c'est s'approprier les autres. Or cette appropriation est constitutive du salariat. Le salariat est le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, par l’échange illusoire de ce temps contre de l’argent (illusoire dès lors que l’on ne peut jamais recouvrer le temps vendu, et que ce temps vendu est toujours, irrémédiablement, du temps perdu).

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14:18 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : temps, salariat | |  Facebook | | | |