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  • Sécurité, insécurité et gesticulations politiques : Maudet et Jornot sont dans un bateau...

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    Grande nouvelle à Genève : le ministre PLR de la Sécurité et le Procureur général PLR sont d'accord de travailler ensemble, et ont promis de faire appliquer la loi. Et les cris de satisfaction poussés à cette nouvelle en disent plus que des pages d'analyse où on en était avant que les deux responsables de la sécurité publique genevoise aient assuré qu'ils allaient faire leur boulot, le faire ensemble, et pour comble, en respectant la loi. Que faisaient donc leurs prédécesseurs, PLR elle et lui aussi, Rochat et Zappelli ? Reste que ces belles déclarations énamourées ne changent strictement rien aux données lourdes du problème « sécuritaire » genevois : « A l'avenir, il y aura une intensification de la violence », avait prévenu la cheffe de la police genevoise, s'adressant en décembre dernier au public de la « Cité Seniors ». Et de préciser qu'« on a affaire à des gens qui n'ont rien à perdre », à des « multirécidivistes qui vivent de leurs activités criminelles » et que la perspective de passer des mois ou des années en prison n'effraie pas plus que la peine de mort n'effrayait leurs homologues des siècles passés.

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  • Vidéosurveillance : Rassurer le bon peuple

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    L'aimable Conseil Municipal de l'aimable Ville de Genève a longuement (deux heures de débat...) traité hier d'une pétition de l'aimable parti démocrate-chrétien (qui aurait préféré en faire une initiative mais y avait échoué au stade de la récolté de signatures), en faveur d'un développement de la vidéo-surveillance dans l'espace public de Piogre -cela même à quoi Lucerne appelle à renoncer, pour cause d'inefficacité... Pourquoi cette demande à Genève de ce dont on s'apprête à renoncer à Lucerne, sur proposition de la municipalité elle-même ? Pour lutter contre la délinquance et l'insécurité ? Mais filmer des délinquants en train de se livrer à leurs coupables activités, ce n'est évidemment pas réduire la délinquance, si c'est, peut-être, en accélérer la répression -qui par définition n'intervient qu'une fois l'acte répréhensible commis, et n'empêche donc nullement sa commission. Surtout lorsqu'il s'agit de récidivistes qui se tamponnent le casier judiciaire d'être une fois de plus alpagués... Alors, la vidéosurveillance, pourquoi ?

    vidéosurveillance, sécurité, Big Brother


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  • Conseil Municipal de la Ville de Genève : Vous reprendrez bien un doigt de démagogie ?

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    Conseil Municipal de la Ville de Genève, lundi soir : après une heure d'un débat inutile sur une demande superfétatoire de traiter en urgence une motion démagogique (du MCG sur la présence de dealers aux abords des écoles des Pâquis), le Conseil Municipal passe au vote. L'urgence est acceptée, à deux oppositions (de gauche) près. Les deux outrecuidants, qui ne voyaient pas l'urgence qu'il pouvait y avoir à enfoncer des portes ouvertes, se font accuser par les trépanés d'en face d'être « actionnaires des dealers », le nervi MCG y ajoutant une grotesque mise en garde : « on a des amis dans la police » (ce qui n'est pas à l'honneur de cette dernière, même si nous aussi on a eu le temps, en quarante ans de militantisme, de s'en faire, « des amis dans la police »). La soudaine et incontrôlable raideur du majeur de la dextre d'un des deux dissidents achevant de mettre en fureur les excités d'extrême-droite, le tout s'est comme à l’accoutumée conclu par une suspension de séance...

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  • Payer des délinquants étrangers pour qu'ils rentrent chez eux ?

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    L'idée pas idiote d'Isabel Rochat

    La cheffe du Département qu'on persistera ici à le dénommer  « de justice et police », Isabel Rochat, a proposé et commencé de mettre en oeuvre un  « projet pilote » consistant, pour le résumer, à payer les délinquants récidivistes étrangers inexpulsables (parce que ressortissants de pays comme l'Algérie, avec lesquels la Suisse n'a pas passé d'accords de « réadmission »), pour qu'ils acceptent de rentrer volontairement chez eux et y suivre une formation professionnelle. Cette proposition a fait jaser et hoqueter, à gauche, mais surtout à droite et à l'extrême-droite. Et pourtant, elle est la meilleure, ou la moins idiote, qui ait été faite depuis longtemps pour tenter de répondre à une délinquance importée à laquelle les rodomontades populistes n'ont pu, ne peuvent et ne pourront jamais répondre autrement que comme une connerie répond à une autre connerie...

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  • Généralisation de la vidéosurveillance : Dis bonjour à la 1358ème caméra...

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    Selon un rapport du Département de la sécurité, de la police et de l'environnement, pas moins de 1358 caméras filment les Genevoises et les Genevois (et les visiteurs de Genève), dans la rue, les véhicules des TPG, les parkings, à l'aéroport, à l'hôpital, à l'école, dans les musées, la prison, l'Hôtel de police etc... -bref, un peu partout. 169 de ces caméras filment la rue. 366 caméras surveillent le domaine public dans les communes, dont 215 en Ville de Genève... et 69 pour le seul Grand Saconnex, et 33 pour Cologny. « Il est difficile de se faire une idée sur l'utilité réelle des caméras », reconnaît le président MCG de la commission judiciaire du Grand Conseil, car on manque de statistiques comparatives de la délinquance dans les lieux surveillés par caméra et dans les autres. On ne manque pas, en revanche, de propositions d'augmenter le nombre de ces machins dont on ne sait pas précisément à quoi ils servent, sinon à arrondir le chiffre d'affaire de ceux qui les vendent.

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  • Rroms, police, prisons, élections : Rentrée des crasses

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    On retrouve Genève, la Suisse, l'Europe, le monde (on vous épargne la galaxie) à peu près dans l'état où on les avait laissés, à un Kadhafi déboulonné et un DSK relaxé près, il y a deux mois, lorsque s'est ouverte la longue période des vacances d'été : racisme ordinaire, démagogie sécuritaire, prolifération carcérale, fonds de poubelles électorales... Et la proximité des élections fédérales n'arrange rien : Lüscher dépasse Nydegger sur la droite, Rochat annonce des centaines de policiers en plus dans la rue sans en avoir la queue d'un à disposition, Zappelli dit n'importe quoi et Chevrolet ouvre sa poubelle facebook pour s'étonner ensuite de ce que ses « amis » (n'a-t-on pas ceux que l'on mérite ?) viennent y déposer leurs ordures.  C'est la rentrée. Mais c'est par où, la sortie ?

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  • Police Municipale genevoise : Osons !

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    Depuis des mois se tient à Genève un concours de démagogie sécuritaire, auquel diverses forces politiques, pas forcément toutes de droite ou d'extrême-droite, se livrent sans plus de retenue que de souci de la réalité. Exploitant le sentiment d'insécurité, et le renforçant dans la mesure même où elles l'exploitent, ces forces politiques réussissent à créer une sorte de mouvement perpétuel d'auto-alimentation comparable à ce que les spécialistes des troubles psychiques s'accordent à considérer comme l'un des symptômes de la paranoïa : se nourrissant d'elle-même, elle se conforte par les produits de ses propres hallucinations. S'agissant d'un discours politique, il y entre cependant une part de calcul rationnel : s'il ne s'agit nullement ne contribuer à « résoudre un problème », puisqu'il ne s'agit que d'en exploiter la perception, il s'agit toujours d'en tirer quelque profit électoral.  Sous l'exploitation et l'alimentation des peurs pointe donc la recherche d'un gain politique, mais sans d'ailleurs que ceux qui l'attendent soient prêt-e-s à en assumer les conséquences puisque dans le même temps où ils proposent l'augmentation des effectifs de la police municipale, ils refusent le budget finançant cette augmentations. Et si, face à cette gesticulation hypocrite, nous osions un franc et massif retour au Guet, aux Chasse-Gueux, au pilori, au couvre-feu et aux murailles ?

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  • Consensus sécuritaire à Genève ?

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    Gesticulations de droite, appendice de gauche

    « Tous les partis misent sur l'ordre et la sécurité », titre  « La Tribune de Genève » du 5 mars, avant que de commenter les résultats de l'analyse « Smartvote » des positions des candidates et candidats au Conseil Municipal de la Ville : plus de 96 % d'entre eux plebiscitent la proposition d'augmenter les effectifs de la police municipale. On est bien contents d'être dans les moins de 4 % de réfractaires. Même si la  « Tribune » ajoute que  « tout candidat doit aborder (les thèmes de l'ordre et de la sécurité s'il eut avoir une chance d'être élu » (à supposer qu'il cherche à tout prix à l'être). Mais « aborder les thèmes de l'ordre et de la sécurité » ne préjuge en rien de la méthode de l'abordage. Celle dont use abondamment la droite municipale relève en tout cas de la pure gesticulation, quand elle exige le renforcement des effectifs, des moyens et de l'équipement de la police municipale, mais refuse de voter le budget qui permettrait ce renforcement, l'engagement de policiers supplémentaires et l'amélioration des conditions salariales et sociales des policiers déjà en fonction.

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  • Initiative socialiste contre la violence des armes : L'adieu aux armes, pas aux larmes

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    armalamaison.jpgLe 13 février prochain, l'initiative socialiste « pour la protection face à la violence des armes », lancée en 2007, sera soumise au vote populaire, entre autres objets (dont à Genève une amnistie fiscale assez crapuleuse). Le parlement et le Conseil fédéral appellent à rejeter l'initiative du PS, qui vise à interdire la détention d'armes militaires (ainsi que de toute arme automatique et de fusils à pompe) à la maison, à restreindre le droit de port d'arme et à créer un registre national des armes à feu. La droite avait tiré à rafales, et se prépare à rouvrir le feu, contre un texte qui s'attaque à deux bovins sacrés : le mythe du citoyen-soldat et le « tir sportif ». Que les mesures proposées par l'initiative permettraient d'éviter nombre de tueries, domestiques ou non, opérées par des frapadingues à l'aide de leur arme militaire, peu chaut à la droite : ses pulsions sécuritaires s'arrêtent devant l'armoire où le mâle helvétique a rangé son flingue, son livret de soldat et son fouet de Hornuss. Quant à la nouvelle Conseillère fédérale socialiste, elle a commencé à faire le boulot que la droite attendait d'elle en l'élisant : elle a appelé à repousser l'initiative socialiste qu'en tant que parlementaire elle avait soutenu.  « Il faut se plier à l'exercice », soupire Christian Levrat.  « En tant que parti minoritaire, nous avons l'habitude », soupire en écho Maria Roth-Bernasconi. Quelqu'un pourrait-il essayer d'expliquer à nos camarades que mêmes les mauvaises habitudes peuvent se perdre, et qu'à force de se plier, on se courbe ?

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  • Opération policière à Genève : Figaro ci, Figaro là...

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    La police genevoise avait lancé le 19 avril une opération « Figaro » supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants. La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonçait le « déploiement massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare. Ce qui a repoussé les petits délinquants « harcelés » (en particulier les dealers) dans les quartiers circonvoisins et a quelque peu « dégarni » la présence policière dans le reste du canton. La cheffe de la police le savait parfaitement, qui annonçait : « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces ». Dès lors, autant faire semblant de ne rien avoir constaté, ce qui évite de changer de tactique et d'avouer, sinon l'échec, du moins la très relative efficacité de celle employée. C'est donc un premier bilan forcément « globalement positif » qui a été tiré de l'opération, avec une logique diminution (de 10 %, dans les zones « figarisées ») des vols et du deal, lequel s'est simplement redéployé ailleurs, non moins logiquement, puisqu'une opération de ce genre ne réduit ni le nombre, ni les besoins, des consommateurs.

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  • Petit exercice radelibe de surf sur le sentiment d'insécurité

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    Un ectoplasme en guise de programme

    Quatre conseillères d'Etat radicales-libérales (plus une Conseillère nationale, en prime) ont tenu conférence de presse lundi dernier pour présenter leurs propositions « pour une Suisse plus sûre » : renforcement de l'arsenal pénal, en particulier à l'égard des mineurs, vidéosurveillance, expulsion plus rapide des demandeurs d'asile déboutés... bref, le paquet habituel d'emplâtres sécuritaire sur une jambe de bois, avec un petit emballage actualisé à propos de l'alcoolisme des jeunes (histoire de changer du discours convenu sur la toxicomanie ?) et le hooliganisme (qui-n'a-rien-à-voir-avec-le-sport-qui-est-un-vecteur-d'intégration-sociale). De la bouillie pour les chats d'appartements (les chats de gouttière n'en ont rien à cirer). Des discours venteux pour un programme ectoplasmique. Bref, une tentative politicienne de surf sur un sentiment persistant d'insécurité. Un exercice dans lequel les radelibes n'auront jamais le talent de l'UDC, et se condamneront eux-mêmes à n'être jamais que de pâles copies et d'improbables doublures de leur concurrents de droite.

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  • Rapport sur la politique suisse de sécurité : Cultiver des mythes bouffés aux mites

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    Renvoyé par deux fois à son expéditeur, le rapport sur la politique de sécurité proposé par Ueli Maurer a finalement été, par lassitude, résignation ou désintérêt, accepté et publié par le Conseil fédéral à la mi-avril. Et ce texte a pratiquement fait l'unanimité contre lui, à force d'accumulation de lieux communs bouffés aux mites depuis la fin de la guerre froide, d'absence de priorités, de contradictions insurmontables et d'allergies inguérissables. Au bout du compte, le seul parti politique a avoir réussi à trouver quelque intérêt au pensum d'Ueli der Soldat a été... le « parti bourgeois démocratique », issu d'une scission du parti de Maurer. Un rapport creux à force de se vouloir consensuel, donc. Mais la médiocrité même de l'exercice a son utilité, paradoxale : le rapport de sécurité du Conseil fédéral dresse un diagnostic -non pas tant de la politique de sécurité, mais de l'incapacité politique et intellectuelle d'en concevoir une qui ait un sens à partir d'un instrument dont on ne veut pas se défaire : l'armée. Ueli Maurer aura décidement plus fait pour l'abolition de l'armée en trois ans de présence au Conseil fédéral que le GSsA en vingt ans d'activisme antimilitariste.

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  • « Renvoi des criminels étrangers » : Gesticulations

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    Le PDC et les radelibes, qui ne veulent ni l'un ni les autres de l'initiative UDC sur le « renvoi des criminels étrangers », et surtout pas laisser l'UDC s'ébrouer seule sur le terrain sécuritaire, proposaient chacun un contre-projet à l'initiative. Les deux partis se sont finalement coalisés pour faire adopter par le Conseil des Etats, où ils détiennent ensemble la majorité, un contre-projet pour « l'expulsion des criminels étrangers dans le respect de la Constitutution », manière de dire que si la forme de l'initiative UDC leur déplaît, sur le fond, ils sont sur la même ligne qu'elle. Démo-chrétiens et radelibes considèrent, au contraire d'Amnesty International qui en avait demandé l'ivalidation, que l'initiative ne viole pas le droit international impératif, mais n'en recommandent pas moins son rejet au profit de leur contre-projet, qui prévoit le renvoi de tout étranger condamné pour toute une série de délits et de crimes qui n'ont en commun que de figurer sur un inventaire à la Prévert suisse qui va de l'« abus de prestation sociale » au crime de sang. Initiative et contre-projet ont non seulement en commun l'essentiel de leur contenu, mais surtout l'essentiel de leur démarche : celle d'une gesticulation démagogique. On peut d'ores et déjà prendre les paris sur le résultat du vote : initiative et contre-projet seront probablement tout deux acceptés, la seule incertitude portant sur leurs scores respectifs. Quant à leur effet sur le taux de criminalité, on sait déjà qu'il sera nul. Et que cela n'importe ni aux auteurs de l'initiative, ni à ceux du contre-projet.

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  • Insécurité et gesticulations policières

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    Figaro ci, Figaro là...

    La police genevoise a annoncé le lancement, dès le 19 avril, d'une opération « Figaro » (pourquoi « Figaro » pour nous barber ?) supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonce le déploiement « massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare, tout en poursuivant, voire en renforçant, la chasse aux mendiants. Ce qui devrait surtout avoir pour effet de repousser les petits délinquants ainsi « harcelés » dans les quartiers avoisinants et de dégarnir la présence policière dans le reste du canton. « Les habitants et commerçants de Cornavin, des Pâquis, de Rive et des Eaux-Vives peuvent se réjouir », commente GHI. Ceux de la Servette, de Sécheron et de Saint-Jean (en attendant  Champel ?) n'ont qu'à bien se tenir. La cheffe de la police le sait parfaitement, qui annonce que « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces » et à pratiquer une sorte de nomadisme policier circulaire. De toute façon, en fait de « déploiement massif »,  on ne nous annonce guère que celui d'une ou deux quinzaines de policiers pour chaque opération. Ben oui, faut faire avec les effectifs qu'on a, vu qu'il faut faire avec les budgets qu'on a... Il est vrai que l'important n'est pas l'efficacité de ce genre d'opérations sur le terrain, mais le bruit médiatique qu'on fait autour. Pendant quelques semaines.

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  • Moins de Weber, plus de Spinoza

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    Il y a, plus ancienne que les idéologies du XIXe et du XXe siècles que mettent à mal les crises (sociales, économiques, politiques, culturelles) que nous avons traversées et traversons encore, plus ancienne donc que le libéralisme moderne, que le marxisme et que leurs succédanés, une tradition philosophique et politique radicale qu'il est urgent de redécouvrir -une tradition qui conjugue les exigences d'égalité et de liberté sans accepter de renoncer à l'une des deux au nom de l'autre : la tradition dont font partie les Spinoza, La Boëtie, Diderot, Sade même... De cette tradition, nous ne tirerons aucune recette politique, mais une méthodologie, une attitude de doute souverain face à tout ce qui nous est présenté comme incontestable, comme une donnée des faits à laquelle nul ne pourrait se soustraire sans être insensé. Ainsi de la « sécurité » et du « sentiment d'insécurité ».

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  • Opérations " coup de poing " ou " pet dans l'eau " ?

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    Rafles médiatiques aux Pâquis

    Deux ou trois rafles pâquisardes à grand spectacle (tout étant cependant relatif aux ambitions des producteurs) ont égayé Genève la semaine dernière. 100 ou 150 interpellations ont été effectuées, qui n'ont abouti qu'à trois ou quatre arrestations : à l'ouest, rien de bien nouveau. Et rien de bien efficace -mais cherchait-on à l'être ? A vrai dire, le terrain que l'on voulait occuper semble moins avoir été celui des Pâquis que celui des media. Bref : la campagne électorale est lancée. Dans la boue, mais elle est lancée. Et la concentration de la presse se poursuit, la " Tribune de Genève " ayant apparemment racheté le " Pilori ", ou du moins repris son ton, le temps d'une rafle.

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  • Sécurité publique : La droite se coule un Bronx

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    " Les Pâquis, c'est le Bronx ", ont donc proclamé, tout uniment, des radicaux et des libéraux genevois dont on se permettra charitablement de supposer, vu l'imbécillité de la comparaison, qu'ils n'ont jamais mis les pieds dans le Bronx, ni dans n'importe quel autre quartier-ghetto du même genre. S'appuyant sur les papiers sensationnalistes publiés cet été par des quotidiens soucieux de rattraper par le fond de la culotte les lecteurs fuyant vers les " gratuits ", nos libéraux-radicaux locaux ont tenu une conférence de presse pour représenter, réchauffées, les propositions sécuritaires couinées depuis des mois.

    Pâquis le tour ?

    Ça sent la campagne électorale. Celle, un peu molle, pour la Constituante, celles, déjà, et déjà plus dures, pour le Grand Conseil et le Conseil d'Etat, l'année prochaine, celles, même, pour les municipales et les fédérales de 2011 (ou libéraux et radicaux veulent se présenter unis sur une même liste, genre " À Droite Toute "). Et donc, on nous réchauffe les pitances sécuritaires déjà servies : extension de la prison, extension des mesures d' " exclusion de zone " frappant les dealers, et dont le seul effet est de les faire migrer vers d'autres zones. Et on y ajoute une petite sauce milicienne : la garde des ambassades confiée à des sociétés privées de sécurité. Bonne idée, d'ailleurs, si ça peut faire sortir les taupes. Mais comme on n'en est qu'au début d'une campagne électorale permanente sur le thème de la " sécurité ", qu'en touillant le sentiment d'insécurité on le renforce, et que son renforcement amène à surenchérir sur les propositions sécuritaires, on peut s'attendre de la part de la droite à une élévation continue du niveau de démagogie. Le sentiment d'însécurité rentre à la niche ? Faisons l'en sortir, à grands coups de trompettes médiatiques et pâquisardes -ou alors la droite libérale-radicale qui suit l'extrême-droite comme un petit chien avec le secret espoir de pouvoir un jour la précéder, devrait trouver autre chose pour maintenir son magot électoral à l'abri du MCG et de l'UDC. Quoi d'autre ? Le rétablissement de la peine de mort, des châtiment corporels à l'école, du pal, de l'amputation de la main droite des voleurs (et de la main gauche des voleurs gauchers), l'édification d'un mur à la frontière ? D'ici là, on pourra toujours rouvrir la chasse aux Rroms. La meute est prête, elle aboie déjà, et les rabatteurs s'ébrouent dans les pages de la " grande presse ".

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  • Mais que fait la polis ?

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    Dans un " papier de position " aussi formellement calamiteux que fondamentalement douteux, un groupe de travail du Parti socialiste suisse propose au congrès du parti, en octobre prochain à Aarau, une politique sécuritaire reprenant au compte des socialistes la vision paranoïaque d'une Suisse ravagée par la violence criminelle et de villes mises en coupe réglée par des bandes de jeunes étrangers. Il peut survenir que des positions inacceptables soient camouflées par une rhétorique habile. On saluera donc la franchise des auteurs du texte proposé au congrès socialiste : la nullité de sa forme exprime ouvertement celle de son fond. Il y a des textes qui ne portent bonheur que quand on marche dessus.

    Ce n'est qu'un débat, continuons le confus !
    Le consternant " papier de position " sur la politique de sécurité publique que la direction du PSS propose au congrès du parti, rencontrera une opposition : les Femmes socialistes, la Jeunesse socialiste, la majorité des délégués romands et une bonne partie des grandes sections urbaines devraient le refuser, ou tenter de l'amender suffisamment pour qu'à l'arrivée, la position du parti ressemble le moins possible à celle qui lui était suggérée au départ. Et ensuite ? Le débat sécuritaire va se poursuivre, au sein de la gauche comme au sein de l'ensemble de la société, dans la même confusion qui le marque depuis des années. Confusion entre la réalité et sa perception, confusion entre la délinquance et la criminalité, confusion entre l'incivilité et la violence, confusion entre les causes et les effets, et confusion, surtout, entre la posture médiatique et la réponse politique, et entre les exigences d'une telle réponse et les calculs électoraux. Parce qu'enfin, il faudrait que l'on précise clairement si la fonction d'un programme politique est d'exprimer une politique ou de promouvoir des candidatures. Fût-ce au Conseil fédéral ou au Conseil d'Etat zurichois.

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