racisme

  • Combattre les racismes tels qu'ils se manifestent

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    Negrophobie


    Hier soir, le Conseil municipal de Genève a accepté une proposition d'accorder un modeste crédit de soutien à la lutte contre le racisme "anti-noir" (on parlera de "negrophobie"...). Cette proposition a été imposée par la gauche et le PDC au PLR, au MCG et à l'UDC, qui n'en voulaient pas, arguant que l'antiracisme doit être global, général, indistinct, et qu'il ne convient pas de lutter contre tel ou tel racisme. Il ne conviendra donc pas de lutter contre la negrophobie. Pas plus que contre 'antisémitisme (au sens de la bonne vielle judéophobie) ? La Ville subventionne pourtant déjà des associations et des actions de lutte contre tel ou tel racisme spécifique. Comme, s'agissant de l'antisémitisme, la CICAD (qui a pourtant tendance à confondre antisémitisme et antisionisme). Y'a-t-il des racismes moins condamnables que d'autres ? Le racisme "anti-noir" est-il un fantasme ? La réalité, largement documentée, le dément. Et puisqu'il existe, l'antiracisme exige de le combattre. Comme tous les autres.

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  • La liberté d'expression au risque du négationnisme : Le droit de tout dire ?

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    La Cour européenne des droits de l'Homme a donné gain de cause à un négationniste turc du génocide arménien, au nom de la liberté d'expression, et en considérant que la négation du génocide, en tant que telle, ne pouvait être sanctionnée si elle ne s'accompagnait pas de propos haineux, d'appels à la violence ou d'autres comportements du même genre, répréhensibles en tant que tels. Cette position de la CEDH est cohérente de la ligne suivie par la Cour depuis presque sa création : toute restriction à la liberté d'expression doit être contenue dans des limites très congrues, et cette liberté n'a de sens, de réalité, que si elle vaut aussi pour des opinions choquantes, qu'il s'agisse ici de la négation d'un génocide ou, dix mois plus tôt, à Paris, d'un blasphème. Avouons-le : sur le principe, cette position nous convient -comme celle de Pierre Vidal-Naquet, pour qui le débat face aux révisionnistes doit être un débat politique, historique, un débat d'idées -pas un débat judiciaire.

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  • Semaine genevoise contre le racisme : Un voile de confusions

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    Jusqu'à dimanche se déroule une « Semaine genevoise contre le racisme»  affichant cette profession de foi : « la diversité, une valeur suisse ». Comme si la « diversité » était une «  valeur » en soi, plutôt que la définition même de la société par opposition à la communauté, et comme si cette « valeur »  était particulièrement « suisse ». La «semaine genevoise contre le racisme» s'est ouverte par une exposition sur « le voile dans tous ses états », avec pour objectif celui de «replacer dans une perspective historique et anthropologique la polémique (..) sur le voile porté par les femmes appartenant à certaines communautés musulmanes ». Et nous voilà face à une confusion entre ce qui relève du racisme et ce qui relève du constat des diversités culturelles et religieuses. Une confusion doublée d'un amalgame entre la stigmatisation, condamnable, des « musulmans », et le refus, indispensable, d'admettre le primat de traditions religieuses ou culturelles sur les principes de la citoyenneté.

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  • L' « Identité nationale », dernier masque du racisme ?

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    Détournement de nation

    En France, où les Sarkozy, Besson, Hortefeux, Guéant voulaient en faire un thème de débat prioritaire, histoire de brouter sur les pâturages du Front National (ce qui n'a finalement engraissé que celui-ci) l' « identité nationale »  est devenue la dernière excuse de la xénophobie, une machine à désigner l'allogène comme ennemi de l'intérieur, et à trier les indigènes en bons et mauvais Français. Et la droite suisse, elle aussi à la traîne de l'extrême-droite, n'est pas loin de faire le même usage du même concept, tordu, battu et retordu dans tous les sens jusqu'à n'en plus prendre aucun. La nation, dressée par les révolutionnaires contre les identités religieuses et communautaires vaut pourtant bien mieux que l'usage qu'on est en train d'en faire, et qui la réduit à l'ethnie.

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  • Judéophobie et islamophobie : Les habits neufs de l'antisémitisme

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    La « Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation » a répertorié 153 actes  « antisémites »  en Suisse en 2009. La CICAD ne se préoccupant pas plus de la version islamophobe de l'antisémitisme que Dieudonné de sa version judéophobe, on ne s'étonnera pas de ne trouver dans sa liste aucun acte islamophobe, pas même l'interdiction des minarets et les affiches udécistes, reprenant contre les musulmans la rhétorique graphique des affiches antijuives des années trente. La CICAD est d'ailleurs assez aventureuse en considérant comme une manifestation d'antisémitisme « le fait de dresser des comparaisons entre la politique israélienne et celle des nazis ». Or si de telles comparaisons relèvent du crétinisme historique, elle ne relèvent pas de l'antisémitisme. A force de crier au loup sans que le loup y soit, plus personne ne prête l'oreille au cri lorsque le loup y est : dénoncer de l'antisémitisme là où il n'est pas finit par empêcher de le combattre là où il est, ici et maintenant, non plus seulement dans le persistance de l'antijudiaïsme mais dans la progression de l'ismamophobie. L'antisémitisme n'a pas disparu, il a seulement changé de  « sémites » .

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  • « Identité nationale » et défouloirs racistes

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    Un refus politicien du politique

    Annonçant l'organisation en Italie, l'automne prochain, d'une « Conférence internationale sur la ville interethnique », le sous-secrétaire d'Etat italien aux Affaires étrangères, Enzo Scotti, proclame dans la « Tribune de Genève » que  l'Italie « montre le chemin vers la cité interethnique ». Un chemin que même un sous-fifre de Berlusconi devrait connaître : « interethniques », les villes le sont depuis qu'elles existent. Mais le sous-secrétaire d'Etat italien n'est pas seul à touiller la marmite identitaire : En France, le débat sur l'« identité nationale » tourne au défouloir raciste, et on sait l'usage que font des nostalgies tribales nos propres identitaires rupestres. Regarder le monde social à travers des lunettes raciales, ethniques, identitaires, c'est toujours refuser de le voir tel qu'il est, en même temps que refuser de se voir soi-même tel qu'on est. La « race », l'« ethnie », l'« identité », la religion, sont des réalités construites, parfaitement arbitraires mais fort utiles, non à la compréhension de la réalité, et moins encore à son changement, mais à son déni. En somme, c'est le contraire de la politique, si on admet de la politique la définition qu'en donnait Hannah Arendt : « ce qui traite de la communauté et de la réciprocité d'être différents  ».

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  • Ahmadinedjad aboie, le consensus passe

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    Mahmoud Ahmadinejad a donc fait exactement ce qu'on savait qu'il allait faire, dès lors que sa venue à la Conférence de l'ONU contre le racisme avait été annoncée : il a tenu un discours provocateur, au prétexte d'antisionisme. Et tout le monde en " Occident " de jouer les vierges effarouchées, et de dénoncer le " nouveau dérapage " du président iranien. Tu parles d'un dérapage : contrôlé, prémédité, et même annoncé, le dérapage… Ahmadinejad est en campagne électorale pour sa réélection, et l'Iran en campagne permanente (depuis mille ans) pour le leadership sur le " monde musulman ". Quoi de plus tentant pour Iznogoud qu'une tribune onusienne pour faire parler de soi et de son califat ? Le président iranien ayant tenu son rôle, les représentants européens ayant adopté la posture outragée qu'ils avaient prévu d'adopter, la conférence pouvait aboutir là où il était prévu qu'elle aboutisse : à une résolution consensuelle. Et chacun repart de Genève avec les certitudes qu'il avait amené dans ses bagages et la satisfaction, sinon du devoir accompli, du moins du rôle joué.

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  • Conférence de suivi " Durban II "

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    La conférence sur le racisme (dite " Durban II " puisqu'il s'agit du " suivi " de la chaotique conférence de Durban en 2001) s'est donc ouverte aujourd'hui, jour de la commémoration de la Shoah. " Il est important que le nom de Genève ne soit pas associé à un échec " de la conférence, a plaidé notre Conseillère fédérale préférée… Qu'elle se rassure : si échec de la conférence il devait y avoir, nul participant, et la Suisse pas plus qu'un autre, ne s'en sentira responsable. Mais on aura toujours quelque peine à se convaincre de la réussite d'une conférence qui n'accoucherait, après quelques polémiques, d'une déclaration finale consensuelle tenant en deux points :
    1. Le racisme, c'est pas beau
    2. Le raciste, c'est l'autre

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  • Dur, dur, Durban II

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    Genève accueille dès le 20 avril une Conférence mondiale contre le racisme, devant dresser le bilan des mesures engagées depuis la conférence de Durban (Afrique du Sud), en 2001. Parallèlement, un Forum de la société civile et des ONG se réunira. La Conférence de Genève semblait assez mal partie : le Canada, Israël, l'Australie et les USA refusaient de participer à un sommet que nombre de pays arabes voulaient transformer en un procès du seul Israël, et auquel l'Organisation de la conférence islamique voulait proposer une déclaration finale condamnant la " diffamation des religions ". On s'acheminait vers un dialogue de sourds et un jeu de chaises musicales vides, quand un nouveau projet de déclaration finale a été présenté pour faire consensus. Mais consensus sur quoi ? Et acquis au prix de quels compromis ? " Aucune barrière de taille ne devrait plus entraver un résultat couronné de succès ", a déclaré la Haut Commissaire. Sans doute. Surtout si le succès d'une conférence se mesure à l'adoption finale d'un texte acratopège.

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  • A vue de nez, ils sont 4 %

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    Le Fonds national de la recherche scrute l'extrême-droite et enfonce des portes ouvertes

    Or donc, selon une étude du Fonds national (1), un-e Suisse sur cinq est antisémite au sens traditionnel du terme (judéophobe, donc), un-e Suisse sur trois islamophobe, un-e Suisse sur deux xénophobe et un Suisse sur deux et demi franchement sexiste. L' " extrémisme de droite " serait la " niche " politique de 4 % de la population, soit en gros 300'000 personnes (le double de l' " extrémisme de gauche "), un niveau tout à fait dans la moyenne européenne... Les groupes d'extrême-droite compteraient environ 1200 membres (essentiellement des jeunes), auxquels une centaine d'incidents violents pourraient être attribués chaque année, sans pour autant qu'on puisse les considérer comme une " menace aiguë pour la Suisse ". Nous voilà rassurés : nos fachos sont trop cons pour être dangereux. Pour l'instant.

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  • Observer la xénophobie ordinaire pour la combattre

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    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers a besoin de soutien


    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers (ODAE) est né suite à la votation du 24 septembre 2006, lorsque le peuple suisse a accepté la révision de la loi sur l'asile (LASI) et la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr). Les autorités avaient alors assuré qu'elles appliqueraient la loi avec " mesure " et " humanité ". Dans les faits, cependant, l'O.D.A.E a relevé de nombreux cas d'applications tatillonnes, arbitraires et chicanières de la loi, conduisant à des décisions violant parfois les droits humains. Lutter contre cette xénophobie ordinaire et légale exige des moyens. Accordons-les à l'ODAE.

    Faire tenir aux autorités les promesses qu'elles ont faites

    Pour faire admettre en 2006 un nouveau durcissement de sa politique d'immigration et d'asile, le gouvernement avait multiplié les promesses. Il avait ainsi assuré que l'autorité entrerait en matière sur des demande d'asile même lorsque le requérant ne pourrait pas présenter de papiers d'identité, parce que son pays d'origine les lui refuserait ou que des indices de persécution requerraient " des investigations supplémentaires ". Mais dans les faits, l'absence de papiers d'identité est utilisée comme argument d'un refus d'entrer en matière malgré l'existence de tels " motifs excusables ". De manière générale, la barre de la " vraisemblance des faits " est placée de plus en plus haut : on exige des preuves souvent impossibles à fournir. De plus, les autorités omettent souvent d'examiner les situations sous l'angle de la Convention relative aux droits des enfants. Enfin, il n'existe aucun organe de contrôle chargé de veiller au bon déroulement des expulsions bien que celles-ci se déroulent parfois de manière brutale. Cette situation et ces pratiques rendent indispensable l'existence d'un observatoire indépendant, et d'une observation régionale et nationale, et pas seulement locale des pratiques des autorités. L'ODAE, créé à Genève sous l'impulsion de la Coordination contre l'exclusion et la xénophobie, doit élargir sa présence et son action à toute la Romandie, et sa collaboration avec les observatoires alémanique et tessinois, ce qui implique des moyens supplémentaires. Un appel de fonds est lancé pour obtenir ces moyens Nous ne saurions trop vous inviter à y répondre favorablement.

    ADRESSEZ VOS DONS À:
    Observatoire du droit d'asile et des étrangers - Genève
    CCP 10-747881-0.


  • "Réflexions sur la question étrangère"

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    Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.