lundi, 13 juin 2016

La loi, et après ?

Bandeau asile.jpg

ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

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lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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mardi, 29 mars 2016

Révision de la loi sur l'asile : dilemme...

asile, droit d'asile, réfugiésQue faire d'une loi qui nous déplaît, combattue par qui nous déplaît plus encore ? C'est le dilemme de la gauche suisse face à la révision de la loi sur l'asile, combattue par l'UDC, mais soutenue par les villes, les cantons, le Conseil fédéral et la majorité du parlement, coalisés pour la promouvoir.  La dernière votation fédérale sur une question liée au droit d'asile date de trois ans et s'était soldée par une lourde défaite de la gauche : en juin 2013, plus des trois quarts des votantes et tants acceptaient des mesures urgentes que nous combattions. Cette année, c'est l'UDC et ses satellites qui combattent la révision proposée. Pour deux raisons principales : l'octroi d'une assistance juridique gratuite aux requérants, et la possibilité d'exproprier des particuliers ou des communes pour créer des centres d'accueil, si la situation l'exige (une possibilité qui cependant existe déjà, et n'a encore jamais été utilisée). Dire "oui" à une loi qu'en d'autres temps nous aurions reprouvée, ou "non" comme le disent des forces qu'en ce temps nous combattons et qui nous combattent ?

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vendredi, 02 octobre 2015

La "Cité du Refuge" et ses miasmes...

Meeting électoral parlementaire de l'extrême-droite genevoise

A la demande d'une trentaine de députés cornaqués par le MCG, une session spéciale du Grand Conseil genevois est convoquée pour aujourd'hui, vendredi dès 17 heures, sur le thème (électoralement porteur pour les xénophobes -c'est en tout cas ce qu'ils espèrent) de la "crise des réfugiés" (et de leur accueil). Le but de l'exercice auquel va se livrer l'extrême-droite de Piogre (on n'ose pas dire "de la Cité du Refuge"...) est évidemment de se faire mousser, à quatre semaines des élections fédérales. La Coordination contre l'exclusion et la xénophobie invite à un rassemblement devant l'Hôtel-de-Ville dès 16 heures 30 pour manifester à la fois un refus de l'exploitation, de plus en plus ouvertement raciste, de l'exode des populations fuyant les guerres pour trouver un refuge en Europe, et une solidarité concrète avec celles et ceux qui, arrivant chez nous démunis, ont besoin, d'une aide matérielle des plus élémentaires : des chaussures et des habits (le "Vestiaire social" les collectera sur le lieu du rassemblement : n'hésitez pas à en apporter). La "Cité du refuge" sera dans la rue, devant le parlement où celle du refus du refuge exhalera ses miasmes. 

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mercredi, 09 septembre 2015

Jeûne Genevois en temps d'exils : Passer de l'affliction à la solidarité

 

asile, réfugiés, migrants

 

Demain, jeudi, c'est le Jeûne Genevois. Un jour férié depuis 1966, célébré pour la première fois par les Genevois en octobre 1567 pour témoigner de leur affliction (et de leur solidarité avec les victimes) après un massacre de huguenots lyonnais, puis à nouveau, et pour les mêmes raisons et le même témoignage, le 3 septembre 1572, lorsque fut connu à Genève le massacre de la Saint-Barthélémy. Historiquement, ce jeûne est confessionnel -mais qui, aujourd'hui, dans feue la Rome Protestante, déguste sa tarte aux pruneaux par adhésion calviniste ? Le Jeûne était marque d'affliction et de solidarité ? Il peut l'être toujours -les raisons d'être affligés et les causes, et les gens, avec qui être solidaires ne manquent pas. Nous pouvons l'être avec ceux qui par centaines de milliers frappent aux portes de l'Europe quand ils y arrivent vivants. Cette élémentaire solidarité, on aura l'occasion de la manifester à Genève (la "Cité du Refuge", donc...)  le surlendemain du Jeûne : samedi, à 15 heures, dans le cadre d'une journée d'action internationale pour l'ouverture des frontières, pour une Europe disant "bienvenue" aux réfugiés. Les larmes devant la photo du petit cadavre d'Aylan, l'indignation à l'annonce de la découverte de 70 réfugiés morts étouffés dans un camion frigorifique, la consternation devant la récurrence des naufrages en Méditerranée, ne sont qu'impuissantes tant qu'on ne sera pas allé au-delà de l'émotion. Qu'on ne sera pas passé de l'affliction à la solidarité.

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mercredi, 17 juin 2015

Cachez ces immigrants qu'on ne saurait voir...

Mondo Cane...

Sur les côtes italiennes et grecques, les naufragés survivants de l'exode africain s'échouent, jour après jour, par centaines, laissant derrière eux, au fond de la mer, des centaines de leurs camarades. A Vintimille, les polices française et italienne se renvoient les réfugiés comme des colis indésirables. Mondo Cane... A Genève, les autorités cantonales, dont on sait que le projet est de faire de Genève le « hub » romand des expulsions de requérants d'asile déboutés, tout en parsemant la république de prisons diverses et variées dont l'une au moins serait réservée à ces indésirables métèques, se livrent à un déplacement forcé ayant toutes les apparences d'un véritable enlèvement, des hommes célibataires du foyer des Tattes (où un incendie à tué un réfugié il y a quelques mois) pour les installer (on dira plutôt : les stocker) dans un abri souterrain. Depuis lundi, avec l'accord de la Ville de Genève, des migrants et des militants occupent le centre culturel du Grütli pour protester contre l'enfouissement des requérants d'asile. Ce soir encore, à 18 heures, un rassemblement se tiendra devant le centre culturel) du Grütli pour les soutenir dans leur combat pour un lieu d'hébergement durable, vivable... et à la surface terrestre.

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lundi, 10 juin 2013

Nouvelles restrictions du droit d'asile plébiscitées. Et ça fait trente ans que ça dure...

Les nouvelles restrictions au droit d'asile ont donc été massivement acceptées par le peuple souverain. Aucune des restrictions précédentes n'avait fait la preuve de son efficacité (le nombre de demandeurs d'asile est produit par des situations de crise et de conflits sur lesquelles la loi suisse n'a aucune prise), on est déjà à peu près certains que la dernière en date ne sera pas plus efficace que les précédentes, mais c'est ainsi dans ce pays que se mène le débat sur le droit d'asile : on constate une situation difficile, on postule qu'elle l'est parce qu'on a donné trop de droits aux requérants d'asile, on ne vérifie nullement la véracité de ce postulat, on réduit donc les droits des requérants, sans vérifier non plus l'efficacité de cette restriction, et on finit par constater qu'on est toujours dans une situation difficile, et c'est reparti pour un tour de restrictions aussi injustes et inefficaces que les précédentes. Et ça dure depuis trente ans.

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mercredi, 03 avril 2013

On vote le 9 juin sur le droit d'asile : L'« urgence » au prix des droits ?

afficheAsile.jpgLa Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, pour défendre les «mesures urgentes en matière d'asile » soumise au vote populaire le 9 juin assure qu'«on ne peut pas parler de durcissement de la Loi sur l'asile. Le projet soumis en votation ne restreint pas la notion de réfugié». Non, il ne fait que restreindre la possibilité de se réfugier... Ces « mesures urgentes » ne consistent pas seulement à pouvoir ouvrir des centres d'hébergement fédéraux et à pouvoir utiliser pour cela, sans demander l'autorisation des cantons et des communes, des installations existantes : elles consistent aussi à ne plus reconnaître la désertion et l'objection de conscience comme motif suffisant d'obtention de l'asile politique et à rendre impossible le dépôt d'une demande d'asile dans les ambassades suisses... toutes mesures sur lesquelles Simonette passe comme chatte sur braises. Il est vrai que son parti (le nôtre) combat désormais les mesures qu'elle défend... « Le Conseil fédéral et le parlement veulent des procédures d'asile équitables et des décisions rapides », explique la ministre. Equitables, vraiment ?
Et rapides à quel prix ? au prix du droit d'asile ?

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mercredi, 30 janvier 2013

Holocauste : L'amnésie d'Ueli Maurer

Si c'était un homme...

ghetto.jpgDimanche, à l'occasion de la Journée mondiale de commémoration des victimes de l'holocauste, le président de la Confédération, Ueli Maurer, n'a évoqué que le rôle de « refuge » de la Suisse durant la Guerre Mondiale. Un refuge, certes, pour quelques milliers de personnes fuyant la guerre, sans compter les militaires (français, polonais, russes) internés en Suisse. Un refuge aussi pour une petite partie des victimes désignées du génocide entrepris par les nazis. Mais par pour toutes celles et tous ceux que les bateliers politiques de la Suisse ont refoulé et remis aux mains de leurs bourreaux, en ayant proclamé que leur « barque est pleine », et en sachant le destin que le IIIe Reich réservait à celles et ceux dont il avait décidé qu'ils et elles étaient des êtres inférieurs dont il fallait purger son « espace vital ». « Nous savions » : c'est ce qu'aurait dû dire le président de la Confédération Suisse,
Et c'est ce qu'il aurait dit,  « si c'était un homme » ...

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lundi, 17 septembre 2012

Politique d'asile : Adoucir le durcissement...

En juin dernier, le Conseil national, contre l'avis du Conseil fédéral, avait décidé (par une coalition majoritaire de la droite et de l'extrême-droite, et sur proposition du président du PLR) de supprimer toute aide sociale à tous les requérants d'asile, y compris ceux qui n'ont pas été déboutés de leur demande. Cette décision a cependant été contestée par une décision inverse du Conseil des Etats, inquiet des coûts supplémentaires qu'elle entraînerait pour les cantons, et également inquiet du risque de voir une partie des requérants, privés de toute aide autre qu'une aide d'urgence, basculer dans la délinquance. Mais pour le reste, le Sénat ayant confirmé toutes les décisions du Conseil National, il n'a en somme qu'adouci sur un seul point le nouveau durcissement de la politique d'asile de la Suisse.

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samedi, 10 juillet 2010

Fonds de tiroir

Le nombre global de demandeurs d'asile dans les pays industrialisés était stable en 2009, selon les statistiques publiées en mars par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sur les niveaux et tendances de l'asile dans les pays industrialisés. « La notion selon laquelle on observe un afflux de demandeurs d'asile dans les pays les plus riches est un mythe », a indiqué le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. « Malgré ce que prétendent certains populistes, nos statistiques montrent que les chiffres sont restés stables», a-t-il ajouté. Par rapport à 2008, le nombre global des demandeurs d'asile est resté presque inchangé avec quelque 377.000 requêtes, malgré des disparités régionales significatives : la région des pays nordiques a enregistré une augmentation de 13% avec 51'100 nouvelles demandes d'asile, soit le chiffre le plus élevé en six ans, alors que le nombre de demandes d'asile dans le sud de l'Europe a diminué de 33% avec 50'100 demandes et des baisses significatives en Italie (-42%), en Turquie (-40%) et en Grèce (-20%). Les Afghans étaient les plus nombreux à demander l'asile avec 26.800 requêtes, soit une augmentation de 45% par rapport à 2008. Les Irakiens arrivent en deuxième place avec quelque 24'000 demandes d'asile, les Somaliens se placent en troisième position avec 22.600 demandes d''asile. Parmi les principaux pays d'origine on trouve également la Russie, la Chine, la Serbie et le Nigéria. Les Etats-Unis demeurent le pays le plus sollicité par les requérants d'asile avec 13% de l'ensemble des demandes dans les pays industrialisés, soit environ 49.000 nouvelles requêtes soumises en majorité par des Chinois.  Le second pays de destination a été la France, le pays ayant reçu 42.000 nouvelles demandes d'asile en 2009, soit une hausse de 19% par rapport à 2008, du fait de l'augmentation du nombre de demandes d'asile déposées par des citoyens serbes originaires majoritairement du Kosovo. Le Canada, arrive en troisième position parmi les pays de destination avec 33.000 demandes et on trouve ensuite le Royaume-Uni et l'Allemagne. Ces cinq pays ont reçu 48% du total des demandes d'asile enregistrées en 2009. En termes de région d'origine, près de la moitié du total des 377.000 requérants d';asile sont originaires de l'Asie et du Moyen-Orient (45%), suivis par l'Afrique (29%), l'Europe (15,5%) et les Amériques (9%).

Les radicaux genevois proposent d'utiliser des conteneurs comme prison. Quelques semaines auparavant, un socialiste avait eu, lui, l'idée d'utiliser des conteneurs pour créer des logements pour étudiants. Faut vous coordonner, les gars. Comme ça, si un étudiant logé dans un conteneur dérape et délinque, on n'a plus qu'à charger le conteneur (et l'étudiant) sur un camion et hop, direction les abords de Champ-Dollon.

La Suisse a été critiquée par l'ONU pour sa pratique de refoulement d'étrangères victimes de violences conjugales, et sa loi extrêment restrictive, qui conduit des étrangères violentées par leurs conjoints à devoir choisir entre l'expulsion ou les coups. L'Office fédéral des migrations, cynique, explique que la violence conjugale doit revêtir « une certaine intensité »  pour être considérée comme un motif d'octroi d'un permis de séjour.  L'idéal est sans doute que la victime en meure, de la  « certaine intensité » de la violence conjugale qu'elle subit. On le lui accordera, alors, son permis de séjour. Dans un cimetière. 

Le Conseiller national jurassien d'extrême-droite Dominique Baettig, soutenu par son parti, l'UDC, a des démangeaisons expansionnistes : il a déposé une motion parlementaire demandant au gouvernement, qui s'y refuse, de créer un cadre légal permettant d'intégrer à la Suisse des «régions limitrophes dont une majorité de la population en ferait la demande ». Baettig verrait bien l'annexion à la Suisse de la Savoie ou du Val d'Aoste. Alors bon, on veut bien. Mais alors, à charge de réciprocité : que notre canton puissent aussi quitter la Suisse des Baettig et de l'UDC.

On a assez fréquemment entendu dire, comme réponse à ceux qui se demandaient pourquoi diable la Suisse était le pays qui comptait la plus forte proportion de 4x4 dans son parc automobile, que c'était normal, dans un pays montagneux. Mais on apprend que selon une étude réalisée pour le WWF, 87 % des 4x4 de plus de 2 tonnes, et 91 % de ceux de plus de 2,5 tonnes, circulent en plaine, à moins de 700 mètres d'altitude et qu'à Cologny, plus de 10 % du parc automobile est constitué de 4x4. ça peut pas être de la pure connerie, quand même, pas à Cologny. Ou alors, c'est sûrement à cause de la rampe du coteau.

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vendredi, 14 novembre 2008

L'Exode des uns, les jérémiades des autres

Panique en Suisse : depuis juillet, le nombre de requérants d'asile en provenance d'Afrique sub-saharienne, vie l'Italie, augmente, alors que les places d'accueil ont été réduites sur consigne de l'Office des migrations (ODM). Lors du troisième trimestre 2008, les demandes d'asile ont été supérieures de 40 % à ce qu'elles étaient au début de l'année. A Genève, pour les dix premiers mois de l'année, l'augmentation est de 48 % -mais on a diminué de 30 % le personnel d'encadrement Certains cantons, comme Vaud, ont lancé un appel à l'aide auprès des gérances immobilières et des communes. Des locaux militaires devaient être mis à disposition, mais le " partenariat " avec l'armée a été abandonné car elle ne pouvait " honorer ses engagements ". Pour une fois qu'elle aurait servi à quelque chose d'utile... Pendant ce temps, en Méditerranée, en Mer Rouge et dans le Golfe d'Aden, les émigrants se noient par centaines, dans l'indifférence générale.

Harragas

Le nombre de Harragas, ces migrants qui s'embarquent au péril de leur vie pour fuir la guerre ou de la misère, est en hausse dans le golfe d'Aden, dans la mer Rouge et en Méditerranée, confirme le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés Dans les dix premiers mois de cette année, près de 30.000 harragas sont arrivés sur les côtes italiennes, soit 11'000 de plus en dix mois que pendant toute l'année précédente. En dix mois, 509 personnes sont mortes ou portées disparues, soit déjà plus que pendant toute l'année 2007. Les arrivées en Espagne continentale, dans les îles Canaries et à Malte à la fin du mois d'octobre 2008 sont également plus élevées dans les dix premiers mois de 2008 que pendant toute l'année 2007. Au cours des premiers 10 mois de l'année 2008, plus de 38 000 personnes ont effectué le voyage d'exil en bateau depuis la Somalie vers le Yémen. C'est dix mille de plus que pendant toute l'année 2007. Plus de 600 personnes sont mortes ou portées disparues dans le golfe d'Aden en dix mois. Le 9 novembre, plus de 40 personnes ont été contraintes de sauter par dessus bord en pleine mer au large des côtes du Yémen. Des centaines de milliers de personnes sont prêtes à tout risquer, y compris leur vie, pour atteindre l'Europe. Des milliers mourront. Des dizaines de milliers traverseront Et nous atteindront. Que les portes de la " forteresse " européenne (et du donjon suisse) soient ouvertes ou non. Combien de temps, et de morts, nous faudra-t-il pour admettre qu'aucun rétrécissement de nos politiques d'asile et d'immigration ne retiendra jamais aucun harraga de tenter le tout pour le tout, et qu'à nier la réalité des migrations et l'inéluctabilité de l'immigration, on ne produit que de la migration suicidaire et de l'immigration clandestine ?

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samedi, 01 novembre 2008

Frambois, station terminus

Des mesures de contrainte à la contrainte sans mesure

Deux hommes incarcérés à Frambois en attente de leur expulsion ont tenté, fin septembre, de se suicider -l'un en s'immolant par le feu, l'autre en se pendant. Le premier avait été débouté de l'asile, la demande d'asile du second avait été frappée d'une non-entrée en matière. Les deux hommes ont été reconduits en prison, apès un bref séjour en hôpital psychiatrique. La Ligue suisse des droits de l'Homme voit dans ces deux tentatives de suicide la marque de la détérioration constante des conditions de détention dans la " prison pour étrangers " de Frambois. On y verra aussi la conséquence directe d'une détérioration non moins constante : celle de la politique d'asile de la Suisse. Station terminus du processus de refus d'asile, Frambois en est le dépotoir, et le symbole.


Autodestruction

La Ligue des droits de l'Homme exhorte les autorités à renforcer l'encadrement médical, et en particulier l'encadrement psychiatrique à Frambois. La Ligue demande en outre que les mesures de contrainte ne soient pas utilisées contre des personnes souffrant de troubles mentaux ou d'un état de santé particulièrement dégradé. Ça devrait en effet être le minimum exigible d'un Etat de droit -mais les déboutés de l'asile ont-il encore des droits ? A Frambois sont stockés avant expulsion des gens qui sont le plus souvent dans la plus grande incertitude sur à leur sort. Quelques trafiquants, certes, mais surtout des immigrants clandestins et des travailleurs au noir, punis avec bien plus de sévérité que ceux qui les exploitaient. Ces hommes vont être expulsés, lorsque des accords de réadmission ont été conclus, vers des pays qu'ils s'empresseront de fuir à nouveau. Certains ont déjà été expulsés trois fois de Suisse. Ceux-là sont prêts à tenter autant de fois leur chance, ou leur malchance, qu'il faudra. Aucune mesure de " dissuasion " ne les dissuadera, aucune prison ne les retiendra, aucune interdiction d'entrée ne les empêchera d'entrer. Ils sont le signe même de la profonde imbécillité des politiques d'immigration restrictives -qui ne réduisent l'immigration légale qu'en multipliant l'immigration illégale, et de la gestion policière et bureaucratique du droit d'asile. De tout cela, Frambois est le concentré, et les suicides à Frambois, le prix. Après la destruction du droit d'asile en Suisse par les majorités gouvernementale, parlementaire et populaire de ce pays, il ne restait plus, pour parfaire une politique nauséabonde, qu'à attendre l'autodestruction des requérants d'asile. On y est.

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