lundi, 04 juin 2018

Chute du gouvernement de droite espagnol

Rajoy.jpgSegur que tomba, tomba, tomba...

La gauche italienne a de quoi être un peu envieuse de la gauche espagnole : à un jour près, l'extrême-droite italienne alliée aux populistes arrivait au pouvoir et son chef s'installait au ministère de l'Intérieur en promettant de faire la vie dure aux immigrants (réfugiés compris), et la gauche espagnole, alliée aux indépendantistes catalans et basques, renversait le gouvernement de droite. Les vents soufflent contraires, au sud de l'Europe. L'Espagne tourne une page lamentable, mais sans que la page suivante ait été écrite. C'est peut être une chance : rien n'étant donné, tout peut être inventé. A commencer par une nouvelle constitution, tirant un trait sur celle d'une "transition" qui n'a plus de raison d'être, plus de 40 ans après la mort de Franco... et sur une monarchie déconsidérée par les monarques eux-mêmes.

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mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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lundi, 21 décembre 2015

Espagne : vers la "deuxième transition"...

Espagme, Podemos, PSOEUne "nouvelle Espagne" ?

Soyons sérieux : l'événement politique du week-end, ce n'est pas la manif de diversion casseuse de samedi, à Genève (on vous en écrira demain, tout de même), mais les élections en Espagne, où comme annoncé par les sondages, les législatives ont accouché d'un parlement sans majorité. Le Parti Populaire (droite) arrive certes en tête, mais, avec 122 sièges, loin de la majorité absolue de 176 sièges, et en faisant l'un de ses plus mauvais résultat historique, tout comme le Parti socialiste (PSOE), lui aussi en lourd recul. A eux deux, PP et PSOE, qui ont dominé la vie politique espagnole et alterné au pouvoir depuis des décennies, ne totalisent plus que la moitié des suffrages (28,6 % pour le PP, 22,3 % pour le PSOE). Les deux formations nouvelles, Podemos (20,6 % des suffrages et 69 sièges) à gauche et Ciudadanos (13,7 % des suffrages 40 sièges) à droite, leur taillent des croupières électorales et s'affirment comme indispensables à toute coalition gouvernementale, qu'elle soit de gauche ou de droite. Les gauches régionalistes ou indépendantistes basque et catalane obtiennent quant à elles 11 sièges. La "deuxième transition espagnole", pour reprendre l'expression du "Manifesto", est ainsi ouverte (la première était celle du franquisme à la démocratie selon les canons européens), sur fonds de crise institutionnelle, sociale et économique.

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mardi, 22 novembre 2011

Elections espagnoles : une défaite méritée

L'opposition pour les uns, l'austérité pour tous

La droite espagnole (et espagnoliste) du Parti Populaire (PP) a donc remporté, largement, les législatives, en obtenant son meilleur résultat depuis que des élections démocratiques lui sont imposées (elle n'avait en effet pas trop de soucis à se faire pendant les quarante années de franquisme...). Pour les socialistes du PSOE, la sanction est lourde, et sans doute méritée : quand les socialistes font une politique de droite, à quoi cela peut-il bien servir de voter pour les socialistes ? Mais ce n'est pas le PSOE qui va payer le plus lourd prix de sa défaite (lui va pouvoir se refaire une santé, une ligne et une cohérence dans l'opposition) : ce sont toutes les Espagnoles, et tous les Espagnols. Y compris la plupart de celles et ceux qui ont voté pour la droite : la cure d'opposition du PSOE lui sera moins dure, et bien plus profitable, que la cure d' « austérité » que la droite va imposer à l'Espagne.

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