lundi, 09 janvier 2017

Réforme de l'imposition des entreprises : Bonne rentrée, camarades !

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgDonc, le gouvernement genevois (puisque c'est lui qui, quoi qu'il s'en défende, est à l'origine de cette intéressante démarche) propose aux partis gouvernementaux (du MCG au PS en passant par le PLR, le PDC et les Verts) de n'être précisément plus que des partis gouvernementaux, sans autre autonomie de décision que celle consistant à décider de ne pas s'en servir pendant cinq ans. Le projet de convention soumis à ces partis (on peut le télécharger sur https://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/) les lierait non seulement au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises, à qui il s'agirait d'assurer "un soutien le plus large possible", mais également à un engagement de ne toucher ni à la taxe professionnelle communale, ni à l'imposition sur le lieu de travail, ni au bouclier fiscal, ni à l'évaluation fiscale de la valeur du patrimoine immobilier, ni à la déduction de la fortune investie dans une entreprise personnelle. Les partis invités à signer cet acte de désarmement politique sont partagés selon qu'ils sont à gauche ou à droite : à gauche, le comité directeur du PS propose à l'Assemblée générale du parti de refuser, ne serait-ce que parce que le projet de RIE III présenté par le Conseil d'Etat ne compense que très imparfaitement les pertes fiscales qu'il entraîne pour le canton et les communes. Les Verts ne semblent pas prêts non plus à signer. Certes, les trois partis de droite (PLR, PDC et MCG) y semblent, eux, disposés (encore qu'on nourrisse quelque doute sur leur capacité à respecter leur signature), leur réforme fiscale leur important plus que leur autonomie de décision, mais comme la validité de la convention  suppose l'accord de tous les partis gouvernementaux, il suffit qu'un seul  (disons, au hasard, le PS...) se refuse à se réduire au statut d'appendice du gouvernement, et de réduire ses députés au rôle que le "Canard Enchaîné" avait une fois pour toutes résumé par le terme de "godillots", pour que la convention finisse là d'où elle n'aurait jamais dû sortir. On le saura lundi 16 janvier, date de l'assemblée générale socialiste. D'ici là, et pendant encore le mois qui suivra, il s'agira de tout faire pour renvoyer à son expéditeur le projet fédéral de réforme (les sondage suggèrent un vote encore incertain, et même une majorité d'opposants en Suisse alémanique), et ses petits cadeaux à ceux qui n'en ont pas besoin. Bonne rentrée, camarades...

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mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

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lundi, 01 février 2016

Démission de Christiane Taubira : Hollande et Valls à poil

 
Taubira, Hollande, Valls, PS"Je quitte le gouvernement sur un désaccord majeur" (le projet d'inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir des Français de leur nationalité), a résumé Christiane Taubira, ministre de la Justice du gouvernement de Manuel Valls, et ultime caution de gauche de ce gouvernement, après les départs successifs des socialistes Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filipetti, et des Verts. "Je choisis d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, mes combats, mon rapport aux autres, à nous tels que je nous comprends", a-t-elle ponctué après sa démission. Les députés de gauche l'ont ovationnée. C'est beau. Il eût peut-être mieux valu qu'ils la soutinssent tout uniment  dans sa confrontation avec les tenants du virage à droite (toute) opéré par le président de la République et son Premier ministre. Le départ de Christiane Taubira laisse politiquement Hollande et Valls à poil. Et politiquement c'est pas beau à voir.
 

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lundi, 26 octobre 2015

La gauche socialiste et ses "fondamentaux" : A la recherche du socle perdu...

Où en sommes-nous, à gauche (et plus précisément au parti socialiste) de nos "fondamentaux", de leur respect, de leur révision, de leur oubli ? Qu'est-ce qui distingue la gauche de la droite démocratique (de l'extrême-droite, on espère bien  que la question n'ait même pas à être posée ? En d'autres termes, la gauche, aujourd'hui, c'est quoi ? Et ça veut dire quoi, "être socialiste" ? Faute d'un projet social et économique "alternatif", le PS occupe, et il a parfaitement raison et légitimité de le faire, le terrain sociétal (culturel, éducatif), celui des libertés individuelles, de la recomposition des modèles familiaux, de l'"ouverture", du "vivre ensemble", du "multiculturel" -tous thèmes qui lui assurent un ancrage dans les classes "moyennes" issues de l'université, mais ne lui permettent pas de retrouver dans les classes populaires (ouvrières, employées, chômeuses) l'ancrage perdu (en Suisse, le premier parti "ouvrier", au sens sociologique et politique du qualificatif, c'est l'UDC...), sans lequel ce parti, et la gauche en général, ne relève plus que d'un vague progressisme culturel, sans danger pour les maîtres du jeu social et économique -qui peuvent d'ailleurs même adhérer à ce "progressisme" irénique.

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16:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gauche, ps, corbyn | |  Facebook | | | |

mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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14:00 Publié dans élections, Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : portugal, ps, gauche | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 avril 2015

Elections départementales française : la gauche fait gagner la droite

front contre Front

101 Conseils généraux devenant Conseils départementaux (un par département sauf pour Paris et Lyon) ont été renouvelés (sauf en outre-mer), par une élection tenue dans 2054 cantons (deux fois moins qu'en 2013), chacun ayant deux représentants, obligatoirement un homme et une femme (présentés en binôme sur la même liste, ce qui a forcé les partis à présenter des candidates, alors que les femmes n'occupent que 13 % des sièges des actuels Conseils généraux). Pour les 4108 sièges disponibles dans les conseils départementaux, plus de 18'000 candidats se sont présentés.  Au premier tour (celui où l'on choisit, le deuxième tour étant celui de l'élimination...), la droite démocratique (UMP et alliés) était sortie en tête, devant le Front National et le PS, qui avait certes limité les dégâts mais ne pouvait guère se prévaloir que de cela. Dans environ 500 cantons, la gauche (au sens large) avait été éliminée au premier tour, et devait se résoudre à appeler soutenir les candidates et candidats de l'UMP ou d'une autre formation de droite, pour éviter l'élection d'un "binôme" frontiste. Dès lors, Naboléon a beau sauter (comme un cabri) sur tous les micros pour proclamer que l'"alternance est en marche et que rien ne pourra l'arrêter", ni elle, lui, le succès de sa formation (qu'il récupère à son profit exclusif) est dû en grande partie au "vote républicain" de la gauche, comme lors de la rééelection triomphale de Chirac devant Papy Le Pen... Ce fut donc front (républicain) contre Front (national). 
    

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21:26 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : départementales, ps | |  Facebook | | | |

lundi, 23 mars 2015

1er tour des élections départementales françaises : coups de mou

gluant.jpgMolle victoire et moindre défaite

Une droite démocratique (centre compris) autour de 37,5 % des suffrages (dont un peu moins de 30 % pour l'UMP de Sarkozy), une gauche (au sens large) autour de 36 % (dont un peu plus de 20 % pour le PS), une extrême-droite  autour de 24,5 % : tel est (selon des résultats pas encore définitifs) le rapport des forces électorales en France au soir du premier tour des Départementales. La droite démocratique devance la gauche, mais n'est majoritaire que si on lui adjoint l'extrême-droite, le Front National n'atteint pas son objectif de sortir en tête (alors que c'est lui qui présentait le plus de candidats dans le plus grand nombre de  cantons) et le PS fait un moins mauvais (mais mauvais tout de même) résultat qu'annoncé : « les candidats de la majorité ont réalisé des scores honorables », a estimé Manuel Valls -étranges définitions des mots « majorité » et « honorable », s'agissant d'une «majorité» qui ne rassemble plus qu'un tiers des suffrages, et d'un parti au pouvoir qui n'en rassemble plus qu'un cinquième. En face, même résultat mitigé : la victoire de la droite est molle comme est molle la défaite d'une gauche minoritaire mais où le PS ne subit pas la « déroute » annoncée.

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15:46 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections départementales, ps | |  Facebook | | | |

lundi, 16 mars 2015

ça veut dire quoi, « militer » ?

Mais qu'est-ce qu'on fait là, à vous demander de voter pour nous ?

élections, socialisme, PSSi on est dans un parti et pas dans un autre, c'est évidemment parce qu'on en soutient le programme, ce n'est pas forcément parce qu'on s'en contente. C'est en tout cas, pour l'auteur de ces lignes, qu'il ne voit pas dans quel autre parti il pourrait être -ni quel autre parti pourrait le supporter, que celui où il s'est retrouvé, et pas par hasard mais par choix : le choix d'un parti qui ne confond pas militant et militaire, mobilisation et conscription, engagement et encasernement -« militantisme », ça vous a en effet un petit côté désagréablement militaire... d'ailleurs, la racine des mots « militantisme » et «militaire» est la même. Or nous ne sommes pas soldats d'une armée mais militants d'un parti politique. Avec un vieux fonds antimilitariste, en plus. Et si la discipline fait paraît-il la force des armées, elle ne fait certainement pas leur intelligence. Et moins encore celle d'un parti politique. Alors, ça veut dire quoi, « militer » ?

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15:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : élections, socialisme, ps | |  Facebook | | | |

vendredi, 27 février 2015

Initiative socialiste contre les allégements fiscaux accordés aux multinationales : La parole sera au peuple...

Avant-hier soir, le PS genevois a décidé, en assemblée générale, de ne pas retirer son initiative populaire « Pas de cadeaux aux multinationales - pour la suppression des allégements fiscaux », lancée en septembre 2011 et qui avait abouti avec plus de 13'000 signatures. La majorité de droite du Grand Conseil avait tenté de l'annuler, le Tribunal fédéral l'a validée, à l'exception d'une disposition transitoire qui avait le défaut d'être rétroactive en proposant non seulement la fin des allègements fiscaux pouvant être accordée aux entreprises multinationales, mais aussi l'annulation de ceux déjà accordés. Reposant sur de solides principes de gauche et parfaitement cohérente des autres propositions socialistes en matière de fiscalité, l'initiative sera donc (mais quand ?) soumise au vote populaire, que le Conseil d'Etat et le Grand Conseil lui opposent ou non un contre-projet. Parole sera donc donnée au peuple.

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lundi, 23 février 2015

Dernières nouvelles du front français : passer en force ou en intelligence ?

Pour sauver la « loi Macron », du nom du frétillant ministre social-libéral chargé par François Hollande et Manuel Valls de déréglementer l'économie française, et pour mettre au pas les « frondeurs » socialistes (qui, eux, se désignent comme des «résistants»), le gouvernement français a usé de l'arme parlementaire lourde : l'article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte sans débat ni vote parlementaire, en engageant la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale, méthode vilipendée par le PS... quand il est dans l'opposition.  Ce 19 février, le 49.3 a donc pour la première fois été utilisé afin de faire taire l'opposition interne à la majorité.  La droite à qui au fond la « Loi Macron » convient, y a mécaniquement répliqué par une motion de censure qui n'a obtenu que les voix de l'UMP, du « centre », des deux députés du Front National et de la majorité des élus du « Front de Gauche », les « frondeurs » du PS  ayant pour ce moment (« merci pour ce moment » leur a sans doute dit Hollande...) posé leurs frondes. Manuel Valls a donc réussi à passer en force, mais son gouvernement est plus affaibli et la gauche plus divisée après le vote de la loi qu'avant, la politique requerrant en effet d'autres talents que ceux d'un sergent-major. Pas que de la force : un peu d'intelligence, aussi. L'épreuve de la première a été faite, on attend le test de la seconde.

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16:30 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, front républicain | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 janvier 2015

Syriza au pouvoir le 25 janvier ? Mauvaise Grèce

Toute la gauche de la gauche en Europe (y compris les gauches des partis socialistes et sociaux-démocrates) a les yeux rivés sur la Grèce : le soleil de la renaissance politique d'un mouvement de masse porteur d'un projet de rupture avec le capitalisme va-t-il se lever sur l'Olympe ? L'émergence de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne présage-t-elle de lendemains qui chantent l'« Internationale » en culbutant d'un même coup de pied au cul l'Union Européenne, la zone euro et le FMI ? Hellas, trois fois Hellas : D'une part, Syriza ne peut guère arriver au pouvoir que dans le cadre d'une coalition; d'autre part, elle ne propose plus ni que la Grèce sorte de l'Union Européenne, ni qu'elle sorte de la zone Euro. Enfin, le programme de Syriza est un vrai programme... social-démocrate de gauche...  Un succès de la « gauche de la gauche » grecque ne sera donc pas le séisme politique que feignent de conjurer les hiérarques européens et les gouvernants actuels de la Grèce.  Pour autant, il témoignera de l'essentiel : d'un refus de la résignation, et de la possibilité de dire ce refus autrement qu'en basculant à l'extrême-droite...

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mercredi, 17 décembre 2014

La « Charte des socialistes pour le progrès humain » : Un engagement ou un exorcisme ?

Les socialistes français ont adopté une nouvelle charte (la « Charte des socialistes pour le progrès humain ») pour rassembler les troupes après une succession de défaites électorales, rappeler ce qui constitue l'identité d'un parti socialiste après un « virage social-libéral » aux effets dissolvants, et  l'ancrer rhétoriquement à gauche après une série de décisions laissant planer un lourd doute sur la solidité de cet ancrage. « Ce n'est pas une révolution » programmatique, concède le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. En effet. Même pas une réforme, d'ailleurs. Un exorcisme, ou une piqûre de rappel, tout au plus, dans la fesse (gauche) d'un malade à qui il faut proclamer que « socialistes, nous sommes fiers de nos valeurs » parce qu'il doute de leur respect par ceux qui ont pour fonction de les incarner, et dont l'un (Manuel Valls) proposait au PS de changer de nom pour n'être plus qu'une sorte de rassemblement « de toutes les forces progressistes » -ce à quoi Michel Rocard avait répondu que « changer le nom du PS, c'est le couper de son histoire ». Ce qui suggère tout de même que de son histoire, il ne s'est pas encore coupé.

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mardi, 18 novembre 2014

PS français : Il va bien falloir choisir...

Levez-vous, orages nécessaires...

En France, le « virage » social-libéral désormais assumé par Hollande et Valls a réduit la base parlementaire et la base populaire de la présidence et du gouvernement en place à un tel (bas) niveau que seuls l'appel à la discipline de parti et le réflexe légitimiste des élus empêche encore l'éclatement du PS français. Et on dit bien l'éclatement, pas la dissolution : l 'éclatement entre un parti « démocratique » à l'italienne et un parti socialiste (ou social-démocrate, puisque quoique n'ayant jamais assumé cette filiation, le PS français a toujours été un parti social-démocrate, même quand il aimait jouer avec des références révolutionnaires). Un tel éclatement serait sans doute clarificateur du choix entre deux lignes que leurs tenant savent inconciliables, même s'ils se refusent à tirer les conclusions de cette certitude. Entre Hollande et Valls d'un côté, Montebourg, Veillon et Aubry de l'autre, il va pourtant bien falloir choisir. Avant ou après une défaite électorale ? Levez-vous, orages nécessaires !

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jeudi, 23 octobre 2014

Où en est la gauche française (et donc genevoise) ?

Miroir, mon beau miroir...

Nous poser la question  de savoir où en est la gauche française -de toute la gauche française, entre reconstruction, rénovation, redéfinition et déréliction,   c'est un peu (beaucoup) se poser la question de savoir où nous en sommes nous-mêmes, ici, dans ce coin de pays : on n'échappe pas à une proximité séculaire entre les débats d'un côté du Jura et les débats de l'autre, dans quelque sens que se fasse l'inspiration et que se donne l'impulsion (il fut en effet un temps où c'est de chez nous que partaient les étincelles qui faisaient les Lumières). Et comme il y a contiguïté et continuité de la France à la Romandie, et tout particulièrement entre la France et Genève, dans le miroir que nous tend la gauche française, c'est bien nous que nous reconnaissons...

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mercredi, 17 septembre 2014

« Vote de confiance » à Manuel Valls : Un garde-à-vous résigné

Manuel Valls, qui a promis qu'il  ne changerait « pas de cap », a sollicité et obtenu de l'Assemblée Nationale la « confiance » à son gouvernement, par 269 voix contre 244, moyennant l'abstention de 53 députés, dont 31 députés socialistes et les députés écolos. Si les « frondeurs » socialistes, au lieu de s'abstenir de lui accorder leur confiance la lui avaient refusée, Valls ne l'aurait pas obtenue, et la « fronde » aurait été une rupture. On n'y est pas, ou pas encore : l'abstention est peut-être le maximum de la dissidence autorisée dans un système comme le système français, où le chef du gouvernement est chef d'une majorité parlementaire caporalisée (et le chef de l'opposition, pour autant qu'il n'y en ait qu'un, est chef d'une minorité parlementaire à peine moins caporalisée), Quel sens donner dans ces conditions à un « vote de confiance » ? Dans une démocratie, le vote est libre, et de toute façon, démocratie ou non, la confiance ne s'accorde pas sous la contrainte -sous la contrainte ne peut s'obtenir que la résignation. Le «vote de confiance» arraché par Valls n'est ainsi qu'un garde-à-vous résigné, aussi étranger que possible à l'état réel de la société  et de l'opinion publique françaises : tout sauf confiantes -rageusement déprimées.

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mercredi, 03 septembre 2014

Le Régent, la Grande Duchesse, le Commis et le militant (fable socialiste française)

De Mollet à Valls, retour à la casse départ ?

Sur l'air de la Grande Duchesse de Gerolstein aimant les militaires, Manuel Valls a entonné l'autre jour, devant les patrons français réunis en leur "Université d'été", "Moi, j'aime l'entreprise, j'aime l'entreprise". L'amour, ça ne se commande pas, ça a des déraisons que la raison ignore. Les patrons français ont ovationné debout le patron du gouvernement français, et leur président, Pierre Gattaz, a salué son "discours de lucidité, de pragmatisme, de clairvoyance, de courage". Pas moins. Et plus encore si entente : c'était " le discours dont on avait besoin" (qui cela, "on" ? Le patronat...), et il y aura "peut-être un avant et un après"... Un "avant" et un "après" quoi ? Le politologue Roland Cayrol diagnostique une "crise de leadership et des idées" au PS. Comme avant la prise d'assaut de la vieille SFIO par Mitterrand, en somme. Cela fait bientôt quarante-cinq ans... le temps de passer de Mollet à Valls, de la droite de la gauche à la gauche de la droite, à moins que cela soit l'inverse -eppur si muove...

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lundi, 25 août 2014

Initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie : Une majorité populaire à (re)conquérir

Le 28 septembre, on votera sur l'initiative populaire fédérale pour une caisse publique d'assurance-maladie, lancée par le Parti socialiste, et contrairement aux précédents. le dernier sondage n'est pas très optimiste, sauf en Romandie et au Tessin. Or pour être adoptée, l'initiative doit non seulement obtenir une majorité dans l'électorat national, mais également une majorité dans une majorité de cantons. La première majorité populaire, nationale, sera difficile mais pas impossible à atteindre, puisque le sondage ne suggère qu'une majorité nationale rejetante de 51 %, avec seulement 9 % d'indécis, et que cette majorité ne tient qu'à un rejet à 59 % en Alémanie, contre une approbation à 55 % en Romandie et 53 % au Tessin. C'est sur cette (re)conquête d'une majorité populaire que va devoir s'atteler la campagne des partisans d'une proposition qui n'a rien d'excessif, et tout d'une bonne grosse vieille démarche social-démocrate, quoi qu'en dise le Conseiller fédéral socialiste qui combat au nom du gouvernement l'initiative de son propre parti...

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14:20 Publié dans Politique, Santé, médecine, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : assurance maladie, caisse unique, sécurité sociale, ps | |  Facebook | | | |

Initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie : Une majorité populaire à (re)conquérir

Le 28 septembre, on votera sur l'initiative populaire fédérale pour une caisse publique d'assurance-maladie, lancée par le Parti socialiste, et contrairement aux précédents. le dernier sondage n'est pas très optimiste, sauf en Romandie et au Tessin. Or pour être adoptée, l'initiative doit non seulement obtenir une majorité dans l'électorat national, mais également une majorité dans une majorité de cantons. La première majorité populaire, nationale, sera difficile mais pas impossible à atteindre, puisque le sondage ne suggère qu'une majorité nationale rejetante de 51 %, avec seulement 9 % d'indécis, et que cette majorité ne tient qu'à un rejet à 59 % en Alémanie, contre une approbation à 55 % en Romandie et 53 % au Tessin. C'est sur cette (re)conquête d'une majorité populaire que va devoir s'atteler la campagne des partisans d'une proposition qui n'a rien d'excessif, et tout d'une bonne grosse vieille démarche social-démocrate, quoi qu'en dise le Conseiller fédéral socialiste qui combat au nom du gouvernement l'initiative de son propre parti...

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vendredi, 16 mai 2014

Mouvement socialiste et mouvement syndical : Questions d'identité...

Mercredi soir, à Genève, des syndicalistes et des socialistes s'interrogeaient gravement dans un débat sur le thème des liens entre le parti et les syndicats, sur la nature de ces liens, la situation des uns et des autres (du parti et des syndicats). Avec, en filigrane, cette question : comment reconstituer une conscience et une identité de classe ? Une question posée surtout à l'organisation politique, menacée de se muer en une sorte de mouvement « attrape-tout » priorisant les enjeux sociétaux sur les enjeux économiques, élargissant la défense des travailleurs à celle de ces 99 % de la population dont les « indignés » nord-américains se veulent les hérauts. 99 %, c'est-à-dire tout le monde, sauf les plus puissants, les plus riches, l'oligarchie politico-économique ultra-minoritaire des « maîtres du monde » (les quelques maîtresses qui s'y retrouvent n'altérant guère la masculinité de la tribu). 99 %, presque tout le monde -autant dire aucun groupe, aucune classe, aucune strate en particulier.

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lundi, 14 avril 2014

Premier (et seul) tour de l'élection du procureur Général de Genève : Qui perd, gagne !

vignette Bayenet  merci.jpgBon, évidemment, le colonel procureur restera Procureur Général, mais au risque de lasser, on le répète : avant même que soit jouée son élection, nous avions déjà remporté trois victoires, la première en imposant cette élection contre la tentation de la cooptation clanique, la seconde en imposant un débat politique sur la justice et la prison contre le « silence dans les rangs », la troisième en imposant l'évidence des qualités du candidat que nous soutenions. Ces victoires, nous les avons remportées sur tous ceux et toutes celles qui ne voulaient ni d'une élection du Procureur Général (parce que la démocratie doit s'arrêter aux portes du Palais de Justice), ni d'un débat politique sur la justice et la prison (parce que la justice et la prison sont, l'une au-dessus et l'autre au-dessous de tout débat), ni d'un candidat de gauche au poste de Procureur Général (parce que le candidat sortant, de droite, convenait à la corporation judiciaire de gauche). Pierre Bayenet n'a pas été élu ? La démocratie, grâce à lui, l'a été.

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14:59 Publié dans Genève, Justice, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : élection, procureur général, bayenet, jornot, ps | |  Facebook | | | |