jeudi, 24 avril 2014

Encore la prison ? Eh oui, la prison, encore...

Deux pour mille...

La prison, encore ? Eh oui, la prison, encore : en France, le syndicat des gardiens de prisons organise depuis plusieurs semaines des manifs devant les tôles pour dénoncer la surpopulation carcérale et le manque de moyens et de personnel pour y faire face. Surpopulation carcérale ? On a atteint le niveau de 60'000 détenus en France, soit, en gros, un pour mille de la population résidente. A Genève, on en est à plus du double : deux pour mille de la population résidente réside... à Champ-Dollon. Plus toutes celles et ceux qui résident dans d'autres lieux de détention. Pierre Maudet, dans « Le Temps » du 30 octobre 2012 déjà, détaillait, tout frais élu, son programme : « Mon ambition pour Genève : plus de prisons et des mesures de suivi ». Enfin... surtout plus de prisons, avec un objectif quantifié dans le flou : « doter le canton de Genève de capacités carcérales proportionnelles à la taille de sa population et adaptées à l'évolution de la criminalité ». Or Genève est déjà dotée de « capacités carcérales » triples de celles d'il y a 25 ans...  la population aurait-elle triplé en une génération sans qu'on s'en aperçoive ?

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mercredi, 02 avril 2014

Pâques électorales judiciaires genevoises : Ponce Pilate candidat...

Retrouver Ponce Pilate à Pâques a quelque chose d'assez logique, du moins dans une Passion (comme celle de Matthieu, donnée samedi au Victoria Hall). Mais retrouver le Procurateur de Judée candidat à la Procurature de Genève ? L'élection du Procureur Général de la Cité de Calvin nous offre ainsi ce pieux raccourci menant en 2000 ans d'une protestation d'irresponsabilité dans la condamnation à mort d'un trublion vers une revendication d'irresponsabilité sur la prison. Avec dans les deux cas, pour argument, celui d'agir comme l'opinion publique veut que l'on agisse. Le slogan du Procurateur de Genève pour sa réélection, c'est bien « compétence et fermeté » ?

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mercredi, 19 mars 2014

Prisons genevoises : de Saint-Antoine à Champ-Dollon : « Je me souviens »

prison-st-antoine.jpgPour une fois, « on » va écrire à la première personne du singulier. « Je  me souviens », non pas « on se souvient » ou « nous nous souvenons ». Ce n'est pas qu'« on » se prenne pour Georges Perec, c'est que même partagée par des milliers de personnes en même temps, des millions et des millions depuis le temps qu'elle sévit, la prison est une expérience aussi singulière qu'elle est collective, et que la mémoire qu'« on » peut en garder elle aussi est singulière : « on » n'y est pas entré pour des raisons impersonnelles, mais pour des actes commis -en toute connaissance de cause ou non- ou dont « on » est suspecté -à tort ou à raison. Et cette expérience singulière (e n'y étais ni par hasard ni par erreur) l'est dans la mesure ou chacun d'entre nous l'est aussi, singulier : la prison se vit personnellement. Et donc, parce que les derniers soubresauts de Champ-Dollon me remettent en mémoire à la fois les derniers temps de Saint-Antoine et les premiers temps de Champ-Dollon : « Je me souviens »...

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lundi, 03 mars 2014

Prison en crise et Tartuffes sereins : Cachez ce sang que je ne saurais voir !

cocotteminute.jpgLe Tribunal Fédéral a jugé que les conditions de détention dans la prison de Champ-Dollon étaient illicites et dégradantes, mais Maudot et Jornet, nos deux gardiens de la loi et l'ordre, se contrefoutent de l'avis de la plus haute instance juridique suisse : que pèsent, en effet, quelques juges fédéraux face à des milliers d'électrices et d'électeurs que les conditions de détention dans une prison préventive devenue silo de stockage des fauteurs de désordre social préoccupent aussi peu, tant que cela ne coûte rien, que l'avis du Tribunal fédéral préoccupe nos deux shérifs... La prison genevoise a pourtant été le théâtre de très violents affrontements (près de 40 blessés) la semaine dernière -mais cette délinquance contenue dans les murs de la prison ne fait de victimes qu'à l'intérieur de la prison, chez les détenus et chez les gardiens. L'opinion publique ne s'en émeut guère, et nos Tartuffes peuvent continuer à tartuffer : « cachez ce sang que je ne saurais voir »... On attend le premier mort pour mettre le nez des Tartuffes dans la réalité de la prison que l'un bourre et l'autre gère ?

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mardi, 14 mai 2013

Une prison bourrée de gens qui n'ont rien à y faire : Champ dolent

535821_10200477848260781_133771011_n.jpgFin 2010 déjà, 800 personnes étaient détenues à Genève dans les divers lieux voués à cette haute fonction : Champ-Dollon, la Pâquerette, le quartier cellulaire de Belle-Idée, Favra, le Vallon, Riant-Parc. la Brenaz, Villars, Montfleury, Frambois et les « violons » du Palais de Justice. Deux ans et demi plus tard, ce nombre total de détenus dans toutes les prisons genevoises était dépassé par la seule prison de Champ-Dollon.... et le bâtonnier de l'Ordre des avocats genevois, François Canonica, constate comme nous qu'une partie des personnes qui se trouvent à Champ-Dollon n'ont « rien à y faire ». De l'aveu même du département de la Sécurité, un détenu de Champ-Dollon sur huit (12 % du total des détenus) est entré en prison en avril pour le seul motif de «séjour illégal» en Suisse. Autrement dit, pour punir quelqu'un de séjourner illégalement en Suisse, on l'oblige à séjourner légalement à Genève. L'intelligence de la politique carcérale genevoise saute aux yeux, quand Champ-Dollon devient un champ dolent.

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mardi, 26 mars 2013

On voudrait pas lasser, mais... Encore les prisons ?

Encore les prisons ? Mais c'est une obsession, chez vous... Non, pas une obsession, mais, outre quelques moments de notre modeste vie personnelle,  une sorte de devoir :  ceux qui veulent couvrir Genève de geôles ne se lassent pas, eux, de faire de leurs pulsions pénitentiaires la colonne vertébrale de la politique pénale de la République. Quitte à tordre les statistiques afin de faire diminuer artificiellement le taux d'occupation de Champ-Dollon pour que l'on cesse de les accuser de « bourrer la tôle » par une politique du  « tout sécuritaire » que  l'ancien Procureur général Bernard Bertossa dénonce comme un leurre, et une incitation à la désignation de l'étranger comme une menace en soi, alors qu'il y a une criminalité locale qui n'a rien à voir avec l'immigration, et que la désignation de la criminalité  « importée » comme la menace principale repose sur une perception bancale de sa réalité :  les mendiants rrons menacent moins la sécurité à Genève que les oligarques, mais ce sont le premiers que l'on pourchasse : les seconds, on les cajole...

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14:49 Publié dans Genève, Justice, Politique, Sécurité, insécurité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : prison, champ-dollon | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 octobre 2012

Prendre du champ...

On va faire un truc de bobo : prendre des vacances en octobre.
On enverra des cartes postales, parce que cela ne se fait plus et qu'on aime ce qui ne se fait plus. On ira écouter des Salve Regina dans des églises corses parce qu'on ne croit pas en Dieu et qu'on n'est pas Corse.
On reviendra avec des tas de trucs inutiles parce que l'utilitaire nous gave et que l'utile nous casse. Ce n'est pas que l'on se sente inutile, c'est qu'on veuille l'être. Etre inutilisable, pour ne pas être utilisé
On part, on ne quitte pas. On part en emportant ce qui nous importe. Des livres, des musiques, quelques idées, quelques visages.
On part pour prendre du champ, reprendre du souffle. Pour revenir avec un peu plus que ce que nous avions en partant. Un peu plus de livres, de musiques, d'idées, de visages.  Un peu plus de champ, un peu plus de souffle.
A dans dix jours...

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mercredi, 18 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 18 juillet

18 juillet, de lui


Nous avons tous les droits, puisque nous en acceptons le prix. Un vieux Romain déjà le disait, avant de se suicider sur ordre de son tyran à lui : celui qui méprise sa vie est maître de la vie des autres. Mais l’inverse serait une ignominie. Il faut mépriser sa propre vie pour avoir le droit d' attenter à celle de l’autre, même si l’autre est le tyran et que nous pourrions nous dire qu’après tout, tuer un tyran ce n’est pas tuer un homme, c’est tuer la tyrannie, et que nous n’avons rien à payer pour cela, qui devrait au contraire nous être récompensé. Non : c’est parce que nous sommes prêts à mourir que nous nous donnons le droit de tuer. Vous êtes prêts à mourir, je le sais. Vous pouvez donc sans déchoir à vos propres yeux vous accorder le droit de tuer le Maître. Quant à moi, puisqu’ici je meurs, même à plus petit feu que vos camarades, j’ai ce même droit. Je me l’accorde. Et vous m’accordez même au surplus celui de choisir entre ma libération et votre tyrannicide. Grand merci de cet honneur…


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mardi, 10 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 10 juillet

10 juillet, de lui

Alors quoi ? J'en suis toujours au même point d'interrogation...
Me faire sortir, il faut que cela en vaille la peine, sinon, autant rester là où je suis. Non que j'y sois bien -mais où pourrais-je être « bien » ?

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00:13 Publié dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison | |  Facebook | | | |

vendredi, 06 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 6 juillet

6 juillet, d'elle


Zassoulitch.jpgIl est vrai, nous fûmes soulagés d'apprendre ta fuite, après le meurtre du frère. Ton acte était odieux, et il nous était pesant. Mais le temps a passé : le temps de ton exil, de ton arrestation, de ta livraison fers aux pieds à nos maîtres, le temps de ton enterrement vivant... Si nous étions encore chrétiens, puisque nous le fûmes dans une autre vie, un autre monde, un autre temps, nous dirions que tu a expié.
Peu importe aujourd'hui ce que tu as fait : c'est ce que tu peux encore faire qui importe.
Peu importe ce que tu étais, c'est ce que tu peux être demain qui importe. Et ce que nous pouvons t'aider à être.
Te satisfais-tu donc de ce que tu as fait de toi, et de ce que nos ennemis en ont parfait ? D'être une ombre dans un trou ?
Choisis...
V.

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vendredi, 15 juillet 2011

Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre...

Je retrouve dans mes archives un texte que j'avais rédigé en octobre et novembre 1999 à Champ-Dollon (Genève). Je n'y apporte que peu de modifications. Je n'en retranche rien. : "Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre..."

Se retrouver en prison, ce n’est pas se retrouver hors du monde, mais en son centre, avec ce qu’il produit de pire (dealers, pédophiles, violeurs) mais aussi de plus commun, de plus conforme, au fond, à ses vraies règles et ses vraies lois : gardiens, assistants sociaux, infirmiers. aumôniers, flics et bureaucrates, évidemment, mais aussi chauffards, voleurs d’occasion, pratiquants du fétichisme de la propriété privée puisque s’appropriant celle d’autrui, petits ou gros commerçants de marchandises provisoirement interdites de commerce, ou dont l’Etat se réserve le monopole- meurtriers ordinaires (cocus vexés, jaloux frustrés, possessifs éconduits, cambriolés fauteurs de bavures...), immigrés clandestins en instance d’expulsion... le commun des mortels, en somme. Bref, se retrouver en prison, c’est se retrouver dans une Cour des Miracles gérée par l’Etat social, et d’où les miracles, par conséquent, se sont enfuis. Dans ce chaudron, les bruits du monde nous parviennent sans que nous puissions répondre à l’urgence qu’ils requièrent. Du moins avons nous le temps de les entendre, et d’en chercher le sens. Nous entendons, nous lisons, nous voyons -mais ne pouvons guère réagir, et moins encore agir. Au fait, le pouvons-nous réellement, lorsque nous croyons le faire « dehors », et que nous le faisons dans les règles ? Un mois, ou un an de prison, c’est un mois, ou un an, sans manifestations, sans réunions, sans séances de travail ; pour autant, est-ce un mois, ou un an, politiquement vide ? Là où le monde dont nous voulons changer se révèle le plus clairement à nous, c’est là où il croit nous priver le plus sûrement de toute possibilité d’agir sur lui -et à plus forte déraison, contre lui.

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samedi, 01 novembre 2008

Frambois, station terminus

Des mesures de contrainte à la contrainte sans mesure

Deux hommes incarcérés à Frambois en attente de leur expulsion ont tenté, fin septembre, de se suicider -l'un en s'immolant par le feu, l'autre en se pendant. Le premier avait été débouté de l'asile, la demande d'asile du second avait été frappée d'une non-entrée en matière. Les deux hommes ont été reconduits en prison, apès un bref séjour en hôpital psychiatrique. La Ligue suisse des droits de l'Homme voit dans ces deux tentatives de suicide la marque de la détérioration constante des conditions de détention dans la " prison pour étrangers " de Frambois. On y verra aussi la conséquence directe d'une détérioration non moins constante : celle de la politique d'asile de la Suisse. Station terminus du processus de refus d'asile, Frambois en est le dépotoir, et le symbole.


Autodestruction

La Ligue des droits de l'Homme exhorte les autorités à renforcer l'encadrement médical, et en particulier l'encadrement psychiatrique à Frambois. La Ligue demande en outre que les mesures de contrainte ne soient pas utilisées contre des personnes souffrant de troubles mentaux ou d'un état de santé particulièrement dégradé. Ça devrait en effet être le minimum exigible d'un Etat de droit -mais les déboutés de l'asile ont-il encore des droits ? A Frambois sont stockés avant expulsion des gens qui sont le plus souvent dans la plus grande incertitude sur à leur sort. Quelques trafiquants, certes, mais surtout des immigrants clandestins et des travailleurs au noir, punis avec bien plus de sévérité que ceux qui les exploitaient. Ces hommes vont être expulsés, lorsque des accords de réadmission ont été conclus, vers des pays qu'ils s'empresseront de fuir à nouveau. Certains ont déjà été expulsés trois fois de Suisse. Ceux-là sont prêts à tenter autant de fois leur chance, ou leur malchance, qu'il faudra. Aucune mesure de " dissuasion " ne les dissuadera, aucune prison ne les retiendra, aucune interdiction d'entrée ne les empêchera d'entrer. Ils sont le signe même de la profonde imbécillité des politiques d'immigration restrictives -qui ne réduisent l'immigration légale qu'en multipliant l'immigration illégale, et de la gestion policière et bureaucratique du droit d'asile. De tout cela, Frambois est le concentré, et les suicides à Frambois, le prix. Après la destruction du droit d'asile en Suisse par les majorités gouvernementale, parlementaire et populaire de ce pays, il ne restait plus, pour parfaire une politique nauséabonde, qu'à attendre l'autodestruction des requérants d'asile. On y est.

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vendredi, 24 octobre 2008

La prison ? Brisons-la !

" La privation de liberté (est) le plus sûr moyen d'insulter à l'être, de l'abaisser pour l'atteindre dans son âme, dans ce qu'il a d'unique et de singulier "
(Julien Green)

Dans un discours de 1847 à propos de la loi sur les prisons, Victor Hugo adjurait les parlementaires : " Dans le temps où nous sommes, on flatte beaucoup le peuple. Messieurs, ne le flattons pas, aimons-le "... Du temps où l'on " flatte le peuple ", pour mieux l'abêtir, nous ne sommes pas sortis : c'est au nom du " peuple " qu'on réclame l'agrandissement des prisons existantes, la construction de prisons nouvelles, d'établissements spécialisés pour les jeunes prisonniers, les prisonnières, les prisonniers souffrant de troubles psychiatriques, les prisonniers en instance d'expulsion vers des prisons pires que les nôtres -celles des pays qu'ils ont fui. C'est au nom du " peuple " qu'on réclame l'imprescriptibilité de certains crimes, l'enfermement à vie de certains criminels, quand ce n'est pas purement et simplement le rétablissement de la peine de mort, faute sans doute de pouvoir réclamer celui de la torture.

Le vol du temps
Là où le monde dont nous sommes, et voulons changer se révèle le plus clairement à nous, c'est là où il croit nous priver le plus sûrement de toute possibilité d'agir sur lui -et à plus forte déraison, contre lui. Sommes nous si sûrs de ce que nous faisons habituellement, qu'il nous faille en prendre le deuil lorsque nous ne pouvons plus le faire ? si efficaces " dehors " que nous serions impuissants " dedans " ? si libres dans la rue, au travail, en famille, dans nos organisations, que la prison serait l'ombre de cette lumière ? De quoi la prison nous ampute-t-elle ? De temps. Lorsque vous aurez dépouillé la prison de tout ce qu'elle a de stupidement, d'inutilement, de sadiquement vexatoire, et que vous serez débarrassés du fatras de prétextes politiques la recouvrant pour mieux en celer la réalité, vous la rendrez visible pour ce qu'elle est : la plus efficace et la plus formidable machine à voler le temps des hommes et des femmes qu'on y enferme. Pour le reste, la prison n'est pas un monde hors du monde : elle est la caricature du monde qui la produit, et ses tares sont celles de la société qui l'a instituée comme un lieu de mise à l'écart, un lieu de surveillance et un lieu de punition, et qui prétend encore contre toute évidence en faire un lieu de rééducation, de resocialisation et d'amendement -prétentions que la simple observation des faits suffit à rendre risible. Instrument de l'Etat de Droit, elle laisse les droits derrière sa porte, et le droit du plus fort et du plus riche régner en ses murs, en y produisant plus de violence encore que celle dont elle prétend préserver la société. La prison est une survivance d'âges obscurs dont nous peinons à nous défaire. Post tenebras lux ou Post tenebras semper tenebrae ?


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