prévoyance

  • Défendre les rentes, et après ?

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    Le référendum contre la baisse des rentes du 2ème pilier a abouti

    Le référendum contre la baisse des rentes du 2e pilier a abouti, et largement, avec trois fois plus de signatures (150'000) qu'exigé. A elle seule, Unia a récolté 60'000 signatures (et aurait donc pu faire aboutir le référendum sans ses alliés -le PS, l'USS, le PdT, l'Avivo). La majorité du Parlement fédéral en avait décidé : à terme, le " taux de conversion LPP " devrait passer de 7% Ã 6,4%. Traduction : les rentes futures du 2ème pilier devraient baisser, d'ici 2015, et pour la seconde fois, d'environ 10 %. Cette mesure s'ajouterait à d'autres, du même genre : le taux de rendement minimum LPP a été diminué de 50 % entre 2004 et 2009, passant de 4 à 2 %, avec un effet cumulatif sur l'ensemble de la période de cotisation, une baisse de 2 point du taux de rendement aboutissant à une perte de capital d'un tiers après 35 ans de cotisation. Cette baisse du capital des assurés correspond à une hausse du profit pour les actionnaires des assurances privées, et des rémunérations de leurs dirigeants millionnaires. On votera donc sur la baisse des rentes du Deuxième pilier. Cela dit, on aimerait bien que les Suisses-ses se mobilisent aussi massivement lorsqu'il s'agit de défendre les droits démocratiques, ou le droit d'asile, que lorsqu'il s'agit de défendre leurs rentes personnelles.

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  • La bourse plombe les retraites : Quel bon usage de la crise ?

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    Entre 30 et 60 milliards de francs de retraites capitalisées dans les caisses de pension publiques ou privées se sont évaporés, tels une " courte, légère et aérienne " constitution libérale genevoise. Ces caisses (elles sont 2670, dont 2500 privées) gèrent 650 milliards de francs, placés pour une part en actions -et les actions ont plongé de 20 % en un an, en Suisse. Aujourd'hui, une caisse privée sur six et deux caisses publiques sur trois ne disposent pas d'une couverture financière équivalant à leurs obligations. Le fonds de compensation de l'AVS a perdu près de deux milliards en 2007 sur ses placements. Et tout cela sur fond de vieillissement de la population, un vieillissement que ne compense pas une immigration qu'on s'obstine à vouloir freiner. Comme dirait Léon Nicole, " les perspectives sont plus belles que jamais ".

    Le retour de la vengeance des retraites populaires

    Dans les années soixante (ou était-ce au début des années septante ?), le Parti du Travail et l'AVIVO avaient lancé et fait aboutir une initiative populaire fédérale pour des " retraites populaires ", qui proposait une alternative solidaire à ce qui allait devenir le " Deuxième pilier ". Cette initiative, lâchée par le PSS et les syndicats, avait succombé en votation populaire. Et on est donc passé à la construction de ce fameux " Deuxième pilier ", forme doucereuse d'épargne forcée et d'investissement obligatoire (sans que les cotisants sachent où ce qu'on leur a forcé d'épargner a été investi), et surtout conception particulièrement inégalitaire de la prévoyance sociale : chacun cotise pour soi-même, les riches auront des retraites de riches, les pauvres des retraites de pauvres, chacun à sa place, les torchons avec les torchons et les serviettes avec les serviettes. Et voilà qu'à la faveur d'une nouvelle crise financière (ni la première, ni la dernière), on se demande si les caisses de retraite ont perdu trente ou soixante milliards… Si cette crise, et les menaces pesant sur le financement des rentes du " Deuxième pilier " pouvaient inciter à revoir le plus fondamentalement possible le système des retraites, nous aurions trouvé de la crise un bon usage, et répondu aux menaces. Mais sur quelles forces s'appuyer aujourd'hui pour un tel changement de politique sociale ? La droite, évidemment, fera tout pour l'éviter. Mais la gauche, qui devrait tout faire pour le provoquer, y est-elle prête ? Le PSS et l'USS ont accepté un système fondamentalement contradictoire de toute justice sociale. Comment s'en dépêtreront-ils ? Et ont-ils seulement le projet de s'en dépêtrer ?

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