mardi, 31 janvier 2012
Espionnage d'Attac par Nestlé, Sécuritas (et la police) : Taupes modèles
On s'en souvient (ou on devrait) : ATTAC-Vaud avait fait l'objet en 2005, et jusqu'en 2008 d'une opération d'infiltration, commanditée par Nestlé et exécutée par nos Pinkertons nationaux, Securitas. Nestlé craignait que les investigations d'Attac sur ses pratiques nuisent à son image et à ses affaires. L'opération d'infiltration avait fonctionné, une fausse militante altermondialiste payée par Securitas avait espionné le groupe d'Attac-VD travaillant sur les multinationales, et fliqué ses membres. Le procès pénal n'ayant pas pu avoir lieu, puisqu'un brave juge lausannois avait classé l'affaire, c'est un procès civil qui s'est tenu à Lausanne la semaine dernière, à l'initiative de plusieurs militant-e-s d'Attac victime de ce que par euphémisme on qualifiera d'atteinte inadmissible à la sphère privée et à la liberté d'association (et au droit de militer légalement dans une association légale usant, elle, de moyens légaux, et du débat public).
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mardi, 20 décembre 2011
Généralisation de la vidéosurveillance : Dis bonjour à la 1358ème caméra...
Selon un rapport du Département de la sécurité, de la police et de l'environnement, pas moins de 1358 caméras filment les Genevoises et les Genevois (et les visiteurs de Genève), dans la rue, les véhicules des TPG, les parkings, à l'aéroport, à l'hôpital, à l'école, dans les musées, la prison, l'Hôtel de police etc... -bref, un peu partout. 169 de ces caméras filment la rue. 366 caméras surveillent le domaine public dans les communes, dont 215 en Ville de Genève... et 69 pour le seul Grand Saconnex, et 33 pour Cologny. « Il est difficile de se faire une idée sur l'utilité réelle des caméras », reconnaît le président MCG de la commission judiciaire du Grand Conseil, car on manque de statistiques comparatives de la délinquance dans les lieux surveillés par caméra et dans les autres. On ne manque pas, en revanche, de propositions d'augmenter le nombre de ces machins dont on ne sait pas précisément à quoi ils servent, sinon à arrondir le chiffre d'affaire de ceux qui les vendent.
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mardi, 07 juin 2011
Police Municipale genevoise : Osons !
Depuis des mois se tient à Genève un concours de démagogie sécuritaire, auquel diverses forces politiques, pas forcément toutes de droite ou d'extrême-droite, se livrent sans plus de retenue que de souci de la réalité. Exploitant le sentiment d'insécurité, et le renforçant dans la mesure même où elles l'exploitent, ces forces politiques réussissent à créer une sorte de mouvement perpétuel d'auto-alimentation comparable à ce que les spécialistes des troubles psychiques s'accordent à considérer comme l'un des symptômes de la paranoïa : se nourrissant d'elle-même, elle se conforte par les produits de ses propres hallucinations. S'agissant d'un discours politique, il y entre cependant une part de calcul rationnel : s'il ne s'agit nullement ne contribuer à « résoudre un problème », puisqu'il ne s'agit que d'en exploiter la perception, il s'agit toujours d'en tirer quelque profit électoral. Sous l'exploitation et l'alimentation des peurs pointe donc la recherche d'un gain politique, mais sans d'ailleurs que ceux qui l'attendent soient prêt-e-s à en assumer les conséquences puisque dans le même temps où ils proposent l'augmentation des effectifs de la police municipale, ils refusent le budget finançant cette augmentations. Et si, face à cette gesticulation hypocrite, nous osions un franc et massif retour au Guet, aux Chasse-Gueux, au pilori, au couvre-feu et aux murailles ?
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lundi, 07 mars 2011
Consensus sécuritaire à Genève ?
Gesticulations de droite, appendice de gauche
« Tous les partis misent sur l'ordre et la sécurité », titre « La Tribune de Genève » du 5 mars, avant que de commenter les résultats de l'analyse « Smartvote » des positions des candidates et candidats au Conseil Municipal de la Ville : plus de 96 % d'entre eux plebiscitent la proposition d'augmenter les effectifs de la police municipale. On est bien contents d'être dans les moins de 4 % de réfractaires. Même si la « Tribune » ajoute que « tout candidat doit aborder (les thèmes de l'ordre et de la sécurité s'il eut avoir une chance d'être élu » (à supposer qu'il cherche à tout prix à l'être). Mais « aborder les thèmes de l'ordre et de la sécurité » ne préjuge en rien de la méthode de l'abordage. Celle dont use abondamment la droite municipale relève en tout cas de la pure gesticulation, quand elle exige le renforcement des effectifs, des moyens et de l'équipement de la police municipale, mais refuse de voter le budget qui permettrait ce renforcement, l'engagement de policiers supplémentaires et l'amélioration des conditions salariales et sociales des policiers déjà en fonction.
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jeudi, 04 novembre 2010
Espace public, police privée ?
Dans les gazettes locales est parue une belle annonce d'offre d'emploi de la Ville : le Service de la sécurité et de l'espace publics recherche des agents et agentes de police municipale, pour « veiller à la sécurité de la population par des actions de prévention sur le territoire municipal », « créer des liens privilégiés avec les différents acteurs des quartiers afin d'assurer un service de proximité », faire respecter « les règlements de sécurité », la salubrité, la tranquillité et l'ordre public, ainsi que les prescriptions cantonales et fédérales sur la circulation routière. L'annonce est claire, explicite : la police municipale doit être présente « sur le territoire municipal », et pas seulement sur le domaine public de ce territoire; elle est chargée de faire respecter la sécurité, la salubrité, la tranquillité et l'ordre public, pas de déléguer cette tâche à des entreprises privées; elle doit « assurer un service de proximité », pas le faire assurer par des agents de sécurité privés. Cette proclamation du rôle et du champ d'action de la police municipale est bienvenue, mais sa réalité sur le terrain le serait encore plus.
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dimanche, 25 juillet 2010
Les fiches, le retour...
De la longévité des fouines
Vous vous souvenez de l' « affaire des fiches » ? C'était il y a vingt ans. En 1989, une commission d'enquête parlementaire avait révélé que 700'000 personnes étaient fichées et espionnées en Suisse, sans base légale, par les polices fédérale et cantonales. Ce scandale avait abouti à une refonte de la loi, censée permettre un «contrôle qualité systématique » du fichage des personnes suspectes. Il s'avère aujourd'hui que ce « contrôle qualité » n'est que de la poudre aux yeux, que le ficheur en chef, Urs von Däniken, a menti comme un arracheur de fiches en annonçant des contrôles qui n'ont jamais eu lieu, que les ministres successifs en charge du problème, Christophe Blocher et Ruth Metzler, s'en sont contrefoutu, que le fichage arbitraire continue, que des données sont récoltées de manière illégale, que des données obsolètes ont été simplement transférées d'un fichier à l'autre au lieu d'être supprimées, que des personnes sont fichées au hasard, parce qu'elles connaissent quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui pourrait peut-être avoir été ou pouvoir être, un jour, éventuellement, dangereux pour la sécurité intérieure de notre petit paradis.
On vous invite vivement à demander à qui de droit si vous êtes fichés par les fouines fédérales (honte à vous si vous ne l'êtes pas !), et pourquoi, en utilisant la lettre type que vous pouvez télécharger www.droitsfondamentaux.ch/index_f.shtml
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mardi, 15 juin 2010
Opération policière à Genève : Figaro ci, Figaro là...
La police genevoise avait lancé le 19 avril une opération « Figaro » supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants. La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonçait le « déploiement massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare. Ce qui a repoussé les petits délinquants « harcelés » (en particulier les dealers) dans les quartiers circonvoisins et a quelque peu « dégarni » la présence policière dans le reste du canton. La cheffe de la police le savait parfaitement, qui annonçait : « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces ». Dès lors, autant faire semblant de ne rien avoir constaté, ce qui évite de changer de tactique et d'avouer, sinon l'échec, du moins la très relative efficacité de celle employée. C'est donc un premier bilan forcément « globalement positif » qui a été tiré de l'opération, avec une logique diminution (de 10 %, dans les zones « figarisées ») des vols et du deal, lequel s'est simplement redéployé ailleurs, non moins logiquement, puisqu'une opération de ce genre ne réduit ni le nombre, ni les besoins, des consommateurs.
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mercredi, 31 mars 2010
Insécurité et gesticulations policières
Figaro ci, Figaro là...
La police genevoise a annoncé le lancement, dès le 19 avril, d'une opération « Figaro » (pourquoi « Figaro » pour nous barber ?) supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonce le déploiement « massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare, tout en poursuivant, voire en renforçant, la chasse aux mendiants. Ce qui devrait surtout avoir pour effet de repousser les petits délinquants ainsi « harcelés » dans les quartiers avoisinants et de dégarnir la présence policière dans le reste du canton. « Les habitants et commerçants de Cornavin, des Pâquis, de Rive et des Eaux-Vives peuvent se réjouir », commente GHI. Ceux de la Servette, de Sécheron et de Saint-Jean (en attendant Champel ?) n'ont qu'à bien se tenir. La cheffe de la police le sait parfaitement, qui annonce que « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces » et à pratiquer une sorte de nomadisme policier circulaire. De toute façon, en fait de « déploiement massif », on ne nous annonce guère que celui d'une ou deux quinzaines de policiers pour chaque opération. Ben oui, faut faire avec les effectifs qu'on a, vu qu'il faut faire avec les budgets qu'on a... Il est vrai que l'important n'est pas l'efficacité de ce genre d'opérations sur le terrain, mais le bruit médiatique qu'on fait autour. Pendant quelques semaines.
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vendredi, 12 février 2010
Un député policier est-il un député comme un autre ?
Poulets en batterie parlementaire
Un projet de loi visant à rendre la fonction effective de policier incompatible avec un mandat de député au Grand Conseil a été déposé par le député socialiste Roger Deneys (qui a reçu pour le déposer l'aval du Comité directeur du parti, ce projet n'étant donc pas une proposition individuelle mais bien une proposition du PS, quoi qu'en veuillent faire croire certains socialistes). Les policiers pourraient toujours être candidats, ils pourraient toujours être élus, mais en ce cas ils devraient choisir entre leur mandat politique et leur fonction policière, quitte à être mis en disponibilité de celle-ci ou à être muté dans un autre service de l'Etat. Du coup, les libéraux ressortent du tiroir où, inconsolables de l'abolition de la plupart des incompatibilités, il l'avait remisé, le projet de les rétablir pour tous les fonctionnaires, comme s'il n'y avait aucune différence entre le rôle et le statut de policier et ceux d'instituteur ou d'infirmière. Et en oubliant soigneusement au passage d'évoquer le cas de ces députés porte-valises de milieux professionnels et économiques (les milieux immobiliers, par exemple, et au hasard) usant de leur fonction de député pour empêcher, retarder ou saboter, la mise en oeuvre de décisions contraires aux intérêts de leurs mandants...
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samedi, 05 décembre 2009
Justice, police et manifs : chouette, c'est Rochat qui s'y colle !
On a trouvé à qui refiler la patate chaude
Aucun des " anciens " conseillers d'Etat n'en voulait, on l'a donc refilée à une nouvelle. Et comme les libéraux, à la remorque de l'UDC et du MCG, avaient fait campagne sur le thème de la " tolérance zéro " à l'égard des délinquants (sauf s'ils sont fils de potentats libyens), il était assez logique que ce soit la libérale qui s'y colle : la police genevoise a une nouvelle ministre, la cheffe de la police une nouvelle cheffe et Zavatta une nouvelle autorité politique en face de lui.Tout cela, au passage, nous arrange : de nous en prendre régulièrement au camarade Moutinot, on commençait à fatiguer. On va donc voir ce qu'on va voir. C'est-à-dire vraisemblablement pas grand chose, puisqu'une fois dissipées les fumerolles des déclamations électorales, la triste et lourde réalité va tristement et lourdement s'imposer : celle d'une ville qui ne peut plus redevenir le village qu'elle était il y a 2000 ans, d'une ville frontière qui ne peut ni déplacer ni fermer sa frontière, d'une ville contemporaine qui ne peut être ni épurée ni purgée de ce qui la démange (mendiants, dealers, cambrioleurs, petits délinquants), et d'une République qui pourra couvrir son territoire de nouvelles prisons sans que jamais l'ombre d'une solution au problème de la surpopulation carcérale n'émerge de cette frénésie geolière. Mais ça tombe bien : la nouvelle ministre de la justice, de la police et des prisons était jusqu'à présent maire de la future cité carcérale de Genève : Thônex.
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jeudi, 12 novembre 2009
Scènes de chasse aux Pâquis
Quand un échevin radical et un prévôt communiste donnent une leçon de défense du service public à un ministre socialiste
Après que le Conseil d'Etat, collectivement, et le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot, personnellement, aient accepté la demande de commerçants des Pâquis de mandater des des vigiles privés pour " patrouiller " aux Pâquis, faute de présence policière (cantonale ou municipale) suffisante, le Conseiller administratif radical Pierre Maudet, en charge de la police municipale genevoise, a dénoncé une " capitulation de l'Etat ". Position également exprimée par son homologue lausannois, mais popiste celui-là, Marc Vuilleumier. Pour Maudet, la décision cantonale d'autoriser des vigiles à faire semblant de faire le boulot du Guet " s'apparente à un abandon du terrain et à une capitulation de l'Etat ", donne le signe " que la sécurité sur le domaine public peut s'acheter sur le marché ", et qu'on doit " monnayer sa sécurité ". Le discours de Maudet est un discours de gauche -et c'est d'ailleurs le même que tient Vuilleumier " la sécurité s'inscrit dans une optique de service public ". Les seuls qui pourraient trouver dans ce débat tout le comique, sans doute involontaire, qu'il recèle sont les 200 ou 300 emmerdeurs qui zonent du côté des rues de Fribourg et de Neuchâtel, et que les " patrouilles " des vigiles privés repousseront peut-être d'une, deux ou trois rues pendant une semaine..
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mardi, 27 octobre 2009
Sous le regard d'ISIS (et de quelques taupes)
Flicages au nom de la sécurité intérieure (et de quelques intérêts privés)
Fin août 2009, plus de 118'000 personnes (dont seulement 6000 ressortissants suisses, la subversion indigène n'étant plus ce qu'elle était) étaient enregistrées dans la base de donnée des services suisses de sécurité intérieure. C'est 18 % de plus (soit 18'000 personnes supplémentaires) que trois ans et demi auparavant. Explication du " Service d'analyse et de prévention " (SAP) : le développement du système de traitement des données relatives à la protection de l'Etat (ISIS) est largement responsable de cette inflation. ISIS a pour mission de réunir des informations concernant le terrorisme, l'espionnage, l'extrémisme violent, le matériel nucléaire et le trafic d'armes. Le responsable de la gestion des données d'ISIS, Philipp Kronig, assure (on a de la peine à le croire sur parole) qu'il ne s'agit pas d'une " banque de données de suspects " et qu'un tiers des entrées sont effacées après un contrôle de pertinence. Effacées, vraiment, ou archivées " au cas où " ? Pour surveiller ISIS, nous faudra-t-il créer OSIRIS ?
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jeudi, 14 mai 2009
Opérations " coup de poing " ou " pet dans l'eau " ?
Rafles médiatiques aux Pâquis
Deux ou trois rafles pâquisardes à grand spectacle (tout étant cependant relatif aux ambitions des producteurs) ont égayé Genève la semaine dernière. 100 ou 150 interpellations ont été effectuées, qui n'ont abouti qu'à trois ou quatre arrestations : à l'ouest, rien de bien nouveau. Et rien de bien efficace -mais cherchait-on à l'être ? A vrai dire, le terrain que l'on voulait occuper semble moins avoir été celui des Pâquis que celui des media. Bref : la campagne électorale est lancée. Dans la boue, mais elle est lancée. Et la concentration de la presse se poursuit, la " Tribune de Genève " ayant apparemment racheté le " Pilori ", ou du moins repris son ton, le temps d'une rafle.
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lundi, 27 avril 2009
Pétition pour l'égalité de l'arroi du Guet de la République et des Chasse-gueux de la Commune
L'alternative municipale de gauche au Taser cantonal de centre-gauche :
Vive le Morgenstern !
En décidant de doter le groupe d'intervention de la gendarmerie de pistolets à électrochoc (" Taser "), le Conseil d'Etat creuse une inégalité inacceptable entre une police cantonale équipée du dernier cri (de douleur) de la technologie policière, et une police municipale devant se contenter de médiocres " bâtons tactiques " et d'interventions à peine épicées de sprays au poivre. Nous devons rétablir l'équilibre entre la Commune et la République, cet équilibre dût-il prévaloir dans la connerie gadgétophile à défaut de pouvoir s'affirmer sur des terrains plus fondamentaux, s'il en est -après tout, la puissance publique ne se manifeste-t-elle pas par le monopole de la violence physique ? Nous lançons donc à cette noble fin une pétition, que vous trouverez en annexe et sur la toile : dans la course au ridicule, une municipalité de gauche ne peut sans faillir se laisser distancer par un gouvernement de centre-gauche. La police du second a droit au Taser ? celle de la première a droit au Morgenstern.
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vendredi, 24 avril 2009
Le raisonnement du bon docteur Guillotin
A République moderne, technologie de pointe, le progrès est en marche, nos chasse-gueux ont l'électricité et la maison Taser une jolie référence dans ses dossiers : la police genevoise va être branchée sur 50'000 volts. Le Conseil d'Etat a validé un " ordre de service interne " dotant le groupe d'intervention de la gendarmerie de trois pistolets à électrochoc (" Taser "), pour une utilisation dont le gouvernement et la police promettent qu'elle sera restrictive (seuls les membres du groupe d'intervention pourront s'en servir), très ciblée (mais la cible est large : forcenés, suicidaires, déments, détenus agités...), réglementée (validation préalable de l'usage du machin par un officier de police, échelon d'appui sanitaire, rapport ultérieur) et même filmée. Laurent Moutinot assure que le but de l'introduction du Taser " n'est pas d'aggraver les moyens de contrôle dont dispose la police, mais d'éviter l'usage de l'arme à feu ou de la force physique ". L'électrochoc comme alternative au coup de feu, c'est un argument qui a sa logique : celle du bon docteur Guillotin, présentant sa machine à couper le crime comme le moyen d'éviter la décapitation à la hache, la pendaison, le garrot et autres pratiques salissantes, inesthétiques et peu fiables. Le condamné ne sentira " qu'un léger souffle sur le cou ", assurait le bon docteur. Et une décharge de 50'000 volts ne fait pas mal, poursuivent ses disciples genevois.
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jeudi, 16 avril 2009
Référendum contre les mesures d'éloignement : Flop unitaire
Le référendum lancé contre les " mesures d'éloignement " par le Parti du Travail, et soutenu, plus ou moins activement, par les syndicats, solidaritéS, le PS et les Verts, n'a pas abouti. Il manque en gros 2000 signatures pour que soit soumise au vote populaire la disposition législative votée par la droite parlementaire, et renforçant le pouvoir de la police de décréter des mesures d' " interdiction de périmètres ", non seulement contre les dealers, leurs clients et les mendiants (ce qui était déjà possible avant la modification de la loi), mais contre toute personne ou groupe de personnes soupçonnées de pouvoir troubler l'ordre public -un ordre public dont la définition est de plus en plus restrictive, au fur et à mesure que s'approchent les élections et que le prurit sécuritaire s'aggrave. Le référendum a donc échoué. Il est vrai qu'il était mal parti, parti trop tard, et sans dynamique unitaire. Son échec est donc à partager entre tous ceux qui l'ont soutenu : une défaite dont les concepteurs sont si nombreux ne peut pas rester orpheline.
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vendredi, 27 mars 2009
Du juste prix du poulet
Rapports contradictoires sur la police genevoise
Deux rapports successifs sont tombés ces derniers jours sur la police genevoise, l'un rendu par l'ancien Conseiller d'Etat bernois Mario Annoni, et l'autre par la Cour des Comptes. Ces deux rapports font le même constat (un système de rémunération byzantin, des horaires absurdes, des heures supplémentaires pléthoriques) mais en tirent deux conclusions différentes : pour Annoni, la police est en sous-effectif; pour la Cour des Comptes, la police ne manque pas d'effectifs mais " si elle était mieux gérée, nous n'en serions pas là ". Si elle était mieux gérée, sans doute. Mais plus sûrement encore, si on s'abstenait de lui faire faire n'importe quoi. " Comparer notre travail aux autres cantons n'est pas cohérent car Genève a de nombreuses spécificités sécuritaires ", estime le syndicat des gendarmes. Au nombre de ces " spécificités sécuritaires " qui plombent les disponibilités policières, faut-il évoquer la chasse aux mendiants et aux squatters, pour ne rien dire du délire sécuritaire de l'Eurofoot 2008 ?
Trop chère, la police genevoise ?
Les policiers genevois sont bien payés, certes : un gendarme sur deux coûterait aussi cher, si l'expression et la comparaison ont un sens, qu'un directeur d'école ou le médecin cantonal, et en moyenne 20 % de la rémunération d'un policier ressortirait de primes, d'indemnités, d'avantages spécifiques ou de compensations d'heures supplémentaires… Mais en rester à ces constats serait en rester à un exercice arithmétique; or le statut de la police relève d'abord de choix politiques, parce que définir le rôle de sa police est (hélas) l'un des choix politiques les plus importants qu'une collectivité publique ait à faire. Si les pandores genevois accumulent les heures supplémentaires et collectionnent les primes et indemnités, est-ce parce qu'ils ne sont pas assez nombreux, comme le suggère Mario Annoni, que le système produit artificiellement des heures supplémentaires, comme le suggère la Cour des comptes, ou parce qu'on les charge d'actions dont les unes ne devraient pas être de leur ressort, et les autres ne sont que les conséquences de gesticulations pré-électorales, dans un canton où l'on est constamment en période pré-électorale ? " La moitié des interventions (de la police) ne relève pas du travail de la police (et) est à ranger dans l'ordre du social ", commentait Laurent Moutinot, après la publication du " diagnostic local de sécurité 2007 " évaluant la perception que la population a du travail de la police. Mais quelle part de la moitié restante du travail policier est " à ranger dans l'ordre de la démagogie électorale " ? La police n'a pas décidé elle-même de s'en aller racketter les mendiants Rroms, et ça n'est pas elle non plus qui a choisi de faire de Piogre une " ville-hôte " de l'Eurofoot. Les policiers genevois sont bien payés -mais bien payés pour faire le travail d'une police du XXIe siècle ou le travail des chasse-gueux du XVIème ?
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mercredi, 25 mars 2009
" Mesures d'éloignement " : un référendum tardif, mais légitime
Contre la politique du " casse-toi, tu pues "
Le Parti du Travail a lancé un référendum contre la modification, votée le 19 février par le Grand Conseil, de la loi cantonale sur la police. En cause : les mesures d'éloignement, déjà possibles pour les dealers (et dont l'effet le plus tangible est de les repousser d'un quartier à l'autre, les dealers de Cornavin se retrouvant à Saint-Jean et ceux des Eaux-Vives à Plainpalais), La loi permettrait désormais d'appliquer ces mesures pendant un jour à trois mois, dans un périmètre variant d'un pâté de maison à tout le canton, à toute personne ou tout groupe de personne susceptibles (au gré de l'appréciation policière) de " menacer l'ordre ou la sécurité publique " tels que la droite, les conçoit. C'est " la porte ouverte au délit de faciès et aux abus d'autorité ", commente avec raison le président du PdT, Jean-Luc Ardite. Le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot était d'ailleurs du même avis : la loi pouvant s'appliquer à n'importe qui, " au mieux elle est un placebo, au pire, un risque pour les libertés publiques ". Le principe de précaution suggérant de se préparer au pire, on n'a rien à perdre à signer le référendum. Et on y gagnera au moins l'occasion de dire " non " à la paranoïa sécuritaire.
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samedi, 23 août 2008
Mais que fait la polis ?
Dans un " papier de position " aussi formellement calamiteux que fondamentalement douteux, un groupe de travail du Parti socialiste suisse propose au congrès du parti, en octobre prochain à Aarau, une politique sécuritaire reprenant au compte des socialistes la vision paranoïaque d'une Suisse ravagée par la violence criminelle et de villes mises en coupe réglée par des bandes de jeunes étrangers. Il peut survenir que des positions inacceptables soient camouflées par une rhétorique habile. On saluera donc la franchise des auteurs du texte proposé au congrès socialiste : la nullité de sa forme exprime ouvertement celle de son fond. Il y a des textes qui ne portent bonheur que quand on marche dessus.
Ce n'est qu'un débat, continuons le confus !
Le consternant " papier de position " sur la politique de sécurité publique que la direction du PSS propose au congrès du parti, rencontrera une opposition : les Femmes socialistes, la Jeunesse socialiste, la majorité des délégués romands et une bonne partie des grandes sections urbaines devraient le refuser, ou tenter de l'amender suffisamment pour qu'à l'arrivée, la position du parti ressemble le moins possible à celle qui lui était suggérée au départ. Et ensuite ? Le débat sécuritaire va se poursuivre, au sein de la gauche comme au sein de l'ensemble de la société, dans la même confusion qui le marque depuis des années. Confusion entre la réalité et sa perception, confusion entre la délinquance et la criminalité, confusion entre l'incivilité et la violence, confusion entre les causes et les effets, et confusion, surtout, entre la posture médiatique et la réponse politique, et entre les exigences d'une telle réponse et les calculs électoraux. Parce qu'enfin, il faudrait que l'on précise clairement si la fonction d'un programme politique est d'exprimer une politique ou de promouvoir des candidatures. Fût-ce au Conseil fédéral ou au Conseil d'Etat zurichois.
00:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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