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  • L'"Affaire Crypto", la neutralité suisse et la guerre froide

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    guerre froide.jpgNeutralité neutralisée

    La presse a longuement évoqué ces dernières semaines l'"affaire Crypto", cette sombre histoire d'appareils de codage de fabrication suisse, piratés par la CIA et son équivalent allemand, le BND, au vu et au su, et sans doute avec l'accord, des autorités politiques de notre neutre pays. On ne reviendra pas ici sur les détails (assez croustillants) de l'"affaire", mais il vaut la peine de la replacer dans son contexte historique : dans "Le Courrier", l'historien Matthieu Leimgruber rappelle que la neutralité suisse, pendant toute la guerre froide (de 1948 à 1989), n'était une vaste mystification et que la Suisse était clairement et profondément ancrée dans le "camp occidental", même si elle n'était pas membre de l'OTAN : elle respectait l'embargo technologique frappant les Etats communistes (embargo duquel les machines à crypter avait été exclues, puisqu'il, était utile que des Etats communistes en soient équipées puisqu'elles étaient vérolées, exportait des armes vers les Etats de l'OTAN, prenait "nettement position contre le communisme", pour reprendre les mots de l'époque du Conseiller fédéral Max Petitpierre. Emil Bührle, qui fournissait l'Allemagne nazie pendant la Guerre Mondiale, a fourni les Etats Unis ensuite, l'industrie horlogère fournissait des détonateurs aux Américains engagés au Vietnam, Kudelski a produit une version miniature de son Nagra pour la CIA, les PTT puis Swisscom acceptaient de travailler pour les services occidentaux... "Nous perdons nos illusions", déprime le chroniqueur du "Temps", Yves Petignat. Quelles illusions ? celles d'une Suisse absolument neutre, telle que feint de la rêver l'UDC ? Mais qui y croit encore, à cette neutralité ?

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