jeudi, 14 mars 2013

François Ier, évêque de Rome : Habent Papam... et alors ?

Le paradoxeBergoglio, Videla, François Ier est toujours amusant, d'écrire sur un sujet dont on n'a a priori pas grand chose à cirer : or donc, un jésuite argentin a été coopté evêque de Rome, devient Pape de ce fait, et son passé commence à faire débat : que faisait-il, que disait-il, lorsque régnait sur l'Argentine le talon de fer des militaires fascistes ? En Argentine, on l'accuse d'avoir été complice, au moins par son silence,  de l'enlèvement de prêtres, mais également de bébés, enfants de militantes de gauche arrachés à leur mère pour être remis à des familles de militaires. Il est en tout cas fort  vraisemblable que s'il avait été du côté des prêtres partisans de la Théologie de la Libération, il ne serait pas Pape aujourd'hui. Ni même sans doute encore vivant. Cela dit, la seule question qui vaille peut-être d'être posée n'est pas de savoir ce qu'a fait ou pas fait François Ier, évêque de Rome, avant d'être Pontife, mais pourquoi diable les chrétiens catholiques ont-ils besoin d'un pontife ? Habent papam, et alors ?

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13:34 Publié dans Monde, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : pape, bergoglio, argentine, françois ier | |  Facebook | | | |

samedi, 21 mars 2009

Ratzinger ratiocine

Après avoir " recommunié " quatre évêques intégristes et avoir fait approuver l'excommunication d'une mère et d'une équipe médicale brésiliennes coupables d'avoir permis à une fille de neuf ans, violée et mise enceinte par son beau-père, d'interrompre sa grossesse, le pape s'est illustré par une nouvelle manifestation de son infaillibilité, en déclarant que l'usage du préservatif " aggravait le problème " du sida, " problème " ne pouvant être résolu selon lui que par la chasteté ou la fidélité. Surtout la fidélité au dogme. Où il se confirme que la non-assistance à millions de personnes en danger d'être infectées par le VIH n'est pas considérée par le Vatican comme une faute. 30 millions d'Africaines et d'Africains sont atteints du sida, deux millions et demi en sont morts en 2008, au moins autant en mourront en 2009.

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01:48 Publié dans religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sida, pape, ecône, église, catholiques | |  Facebook | | | |

mardi, 16 septembre 2008

Retour politique du religieux : Gott mit euch

Dans un discours prononcé devant quelques centaines de " personnalités du monde de la culture " française, Benoît Seize, ci-devant pape, a proclamé (une fois de plus, mais on ne s'en lasse pas) que " ce qui a fondé la culture de l'Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L'écouter, demeure aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable ". En suggérant (modestement, puisque athées et donc hors de " toute culture véritable ") à Papy de lire l'Enyclopédie (après 250 ans, il serait temps), on lui rappellera que le " fondement " réel de la culture européenne est gréco-latin, et donc païen (sans oublier d'ailleurs que ce fondement repose lui-même sur des héritages non moins païens), que l'apport de l'athéisme et de l'agnosticisme à la culture européenne est incontestable, et qu'à vouloir exclure de la " culture véritable " les Lumières et l'affirmation d'une Raison autonome de la foi, on s'interdit de comprendre même ce qu'est la culture européenne. Il est vrai cependant que le Pape n'est pas le seul à s'arrimer comme un champignon aux " racines chrétiennes " de " notre civilisation " : dans notre petit coin de terre, la liste " évangélique " pour la Constituante genevoise fait de même, et les partisans de l'interdiction des minarets en Suisse itou.

Racines

La floraison de discours sur les " racines " religieuse de " notre civilisation ", cette obstination suspecte à vouloir réduire ces " racines " à la chrétienté (ou à la judéo-chrétienté, ou, dans le meilleur des cas, au Livre) et donc " nôtre civilisation "à la religion, commencent sérieusement à nous courir sur le haricot. Et tous ces bons apôtres truffiers à nous bassiner, qui nous somment de graver dans les textes (les constitutions, par exemple) ce qui leur paraît être une évidence, mais qui ne l'est qu'en raison de leur myopie historique : que les " racines " de notre " civilisation européenne " seraient chrétiennes, que les " racines " de toute civilisation seraient religieuses. Il se trouve que les seules religions historiquement supportables sont celles qui ont secrété les acides qui les ont détruites comme institutions incontestables : c'est le grand mérite du christianisme que cette sécularisation, et c'est la grande faiblesse de l'islam, que de n'y être encore parvenu qu'à la marge, faute peut-être d'institutions centrales à combattre frontalement. Mais en chrétienté aussi, la nostalgie du règne religieux se cultive, de Sarah Palin à Benoît XVI. Or le christianisme s'est diffusé comme culture dans le temps même où il se dissolvait comme puissance politique, et à la condition de cette dissolution. Pourquoi dès lors vouloir à toute force remettre un dieu là d'où on a eu tellement de peine à l'extirper : au cœur de la politique ? Sans Calvin, il n'y aurait certes pas de République de Genève… mais si les arbres tiennent par leurs racines, nous ne sommes pas des arbres et nous tenons par nos têtes. A vouloir s'enraciner, on n'arrive qu'à s'immobiliser.

02:56 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : religion, pape, politique | |  Facebook | | | |