nation

  • Mais qu'est-ce qu'on fête, aujourd'hui ?

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    Grutli.jpgPremière route...

    Que diable célèbre-t-on, aujourd'hui ? le "serment du Grütli" ? la fondation de la Suisse ? le premier "pacte fédéral" ? Evidemment que non : le 1er août n'est la fête nationale de la Suisse que depuis 1891, et la Suisse elle-même n'existe comme Etat que depuis 1798. Ce qu'on célèbre le Premier Août est une première route : la volonté du jeune Etat fédéral suisse né de la révolution radicale de se constituer comme l'expression d'une nation. Parce qu'on est, précisément, au XIXe siècle, et que la nation, héritage de la Révolution française, se constitue après-elle, un peu partout. Le "printemps des peuple" la fait fleurir aussi en Suisse : il n'y avait pas de nation suisse avant lui, elle se construira pendant et après lui.

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  • Catalogne : La tutelle contre l'indépendance

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    Cop de falç.jpgBon cop de falç ?

    L'adoption par le parlement catalan d'une déclaration d'indépendance ne devrait surprendre personne, surtout pas à Madrid : elle n'est que le terme symbolique d'un processus engagé depuis cinq ans, et une étape dans celui, décidé par le même parlement, d'un "processus constituant" devant déboucher sur un "Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : la République catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne surprendra pas plus, tant elle était annoncée, et dans la droite ligne de toutes les réponses données à Madrid aux revendications catalanes depuis dix ans. La crise commence en 2006, lorsqu'un statut d'autonomie négocié entre Barcelone et Madrid, accepté par les parlements catalan et espagnol et ratifié par référendum, est saboté par une cour constitutionnelle instrumentalisée par le parti de droite aujourd'hui au pouvoir, et qui a refusé à la Catalogne ce qui avait été accordé au Pays Basque. La seule réalité qui empêche de comparer les dernières décisions du gouvernement de Rajoy (mise sous tutelle des institutions catalanes, destitution du gouvernement catalan, à commencer par son président, prise de contrôle de la police autonome, des finances, des télécommunications, des media publics, de l'enseignement... ) à celles d'Erdogan en Turquie après le putsch foireux de l'an dernier, c'est l'absence de moyens du premier de les concrétiser si les indépendantistes catalans décidaient d'y opposer une insoumission de masse, si pacifique qu'elle soit. Or c'est précisément ce à quoi ils appellent, par la voix de leur président (destitué par Madrid), Carles Puigdemont : "la meilleure manière de défendre les victoires obtenues jusqu'à ce jour est l'opposition démocratique" pour "construire un pays libre" de manière pacifique, et d'ores et déjà, des "comités de défense de la République" appellent, localement, à la "résistance pacifique" à la tutelle de l'Etat central.

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  • Catalogne : l'indépendance comme volonté

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    imagesQADXNQAW.jpg"Nous constituons la République catalane, Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : La majorité du parlement catalan a adopté hier soir une déclaration d'indépendance, immédiatement suspendue par le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pour laisser du temps au dialogue avec le gouvernement espagnol. Un appel auquel personne n'attend vraiment que Madrid réponde autrement que par un refus de dialoguer avec la Generalitat en tant qu'institution, et Puigdemont en tant que personne.  A Barcelone a ainsi été proclamé l'indépendance de la Catalogne non comme un état de fait, mais comme une volonté. A laquelle s'oppose (ou s'opposait, jusqu'à aujourd'hui) une autre volonté : celle du gouvernement espagnol, du parti au pouvoir, de ses alliés de droite et d'une partie du PS(OE) de s'arrimer à la constitution de 1974 comme Moïse à son décalogue, quitte à y puiser le fameux article 155 qui permettrait au pouvoir central de suspendre purement et simplement l'autonomie de la Catalogne. Et d'en revenir ainsi, au nom de la constitution de la "transition démocratique", à la situation qui prévalait sous le franquisme que cette constitution et cette transition voulaient dépasser. On a beaucoup ces derniers jours un "dialogue de sourds" entre Madrid et Barcelone, mais il n'y avait en fait qu'un seul sourd dans ce dialogue jusque là impossible. allô Madrid, ici Barcelone : on existe !

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  • Quand le gouvernement espagnol veut faire taire les Catalans , ou l'arroseur arrosé

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    Espagne, Catalogne, nationLe 1er octobre, en Catalogne, se tiendra un référendum d'autodétermination dont le gouvernement espagnol ne veut pas, dont il nie la légalité et même la légitimité, mais dont selon les sondages 70 à 80  % des Catalans veulent qu'il se tienne, la majorité d'entre eux exprimant l'intention d'y voter contre l'indépendance, et pour le maintien dans l'Espagne. On se retrouve donc dans cette situation paradoxale, due à la seule stupidité du gouvernement central espagnol : un référendum lors duquel les Catalans pourraient manifester leur volonté de rester espagnols est interdit par le gouvernement espagnol, qui met en examen les maires qui garantiront les conditions matérielles du scrutin, fait saisir le matériel de vote, utilise le chantage financier et les menaces judiciaires et policières.  Les autorités catalanes, indépendantistes, organiseront tout de même un référendum, auquel n'iront majoritairement voter que les partisans de l'indépendance, et dont le résultat sera donc, vraisemblablement, un "oui" massif au projet de République catalane, alors que résultat d'un référendum que Madrid autoriserait serait un "non" à ce projet -et donc un "oui" à la Catalogne espagnole. Comment traduit-on "l'arroseur arrosé", en catalan ?

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  • Ecosse : l'indépendance à portée d'urnes

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    Breith ar Ecosse, référendum, SNP, indépendance, nationNáisiún ?*
     
    *oui, d'accord, c'est approximatif, vu que c'est de l'irlandais, pas de l'écossais, mais on va pas chipoter : c'est quand même du gaëlique. Et ça veut dire "naissance d'une nation"...

    Le "non" à l'indépendance de l'Ecosse est majoritaire, mais c'est le "oui" qui est vainqueur ? La politique n'est pas un dérivé de l'arithmétique, surtout au pays du whisky et du Loch Ness. 97 % de celles et ceux qui en avaient le droit s'étaient inscrits sur les listes électorales et plus de 80 % d'entre elles et eux ont voté (c'est  le plus haut taux de participation de tous les scrutins organisés en Grande-Bretagne depuis l'instauration du suffrage universel) : c'est une première victoire des partisans de l'Indépendance : ils ont forcé au débat, forcé à admettre la légitimité de leur projet. Pour arracher un "non" à l'indépendance, le gouvernement britannique et son opposition travailliste ont beaucoup promis en même temps qu'ils menaçaient beaucoup. Les menaces étaient de pure tactique, mais les promesses, il va bien falloir les tenir... Au pire, le vote écossais aboutira à une autonomie très élargie. Au mieux, à l'indépendance -mais non à une indépendance de bastion, d'isolement, de forteresse : le Parti national écossais n'a jamais eu l'intention de reconstruire le Mur d'Hadrien.

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  • Quand Blocher blochérise sur les Welches : La nation ou la tribu ?

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    Vertueuse indignation et concours de jérémiades patriotiques dans toute la presse romande après les déclarations de Christoph Blocher dans son quotidien bâlois : « les Romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible ».Une conscience nationale de quoi ? de la Suisse ? Mais la Suisse n'est pas une nation... Plus faible que qui ? que les Alémaniques ? Mais toutes les plus grandes villes alémaniques ont voté avec les Romands contre son initiative à la con... Plus faible que celle de Blocher lui-même ? Mais la sienne n'est pas une conscience « nationale », c'est une conscience tribale. « De quel droit osez-vous mettre en doute le patriotisme des Romands », s'étrangle le rédac'chef de la « Tribune »... avant d'adresser cette quenelle à Blocher : « vous n'avez pas le monopole identitaire ». Parce qu'il nous faudrait revendiquer notre part de ce tropisme ?

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  • La longue patience des Palestiniens

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    Soixante-cinq ans plus tard...

    Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale de la toute jeune ONU avait adopté une résolution (la 141) préconisant un partage de la Palestine sous mandat britannique en deux Etats, un « Etat juif » et un « Etat arabe ». 65 ans plus tard, le 29 novembre dernier, ce jour ayant été décrété « Journée internationale de solidarité avec la Palestine » (un de ces grands moments d'hypocrisie autocongratulatoire que s'offre le système onusien), l'Assemblée Générale de la même ONU, augmentée de tous les Etats décolonisés et de tous les Etats issus de la désagrégation des empires, a accordé à l'Autorité Palestinienne un statut d'« Etat observateur », par 138 voix (dont celle de la Suisse) contre 9 (dont celles d'Israël et des Etats-Unis) et moyennant 41 abstentions. Qu'est-ce que le statut d'« Observateur » ? « Un peu plus qu'un strapontin, beaucoup moins qu'un siège », résume judicieusement « Le Monde ».

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  • L' « Identité nationale », dernier masque du racisme ?

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    Détournement de nation

    En France, où les Sarkozy, Besson, Hortefeux, Guéant voulaient en faire un thème de débat prioritaire, histoire de brouter sur les pâturages du Front National (ce qui n'a finalement engraissé que celui-ci) l' « identité nationale »  est devenue la dernière excuse de la xénophobie, une machine à désigner l'allogène comme ennemi de l'intérieur, et à trier les indigènes en bons et mauvais Français. Et la droite suisse, elle aussi à la traîne de l'extrême-droite, n'est pas loin de faire le même usage du même concept, tordu, battu et retordu dans tous les sens jusqu'à n'en plus prendre aucun. La nation, dressée par les révolutionnaires contre les identités religieuses et communautaires vaut pourtant bien mieux que l'usage qu'on est en train d'en faire, et qui la réduit à l'ethnie.

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