vendredi, 19 décembre 2008

A défaut de changer le monde, changeons Noël


Ne mettons plus nos souliers sous le sapin, mais dans la gueule des potentats

Muntazer al-Zaidi, le journaliste irakien qui a jeté ses chaussures à la tête du président américain George W. Bush a été remis à l'armée irakienne après avoir interrogé par la sécurité irakienne. Il a fini à l'hôpital avec un bras et des côtes cassées, des blessures à un oeil et à une jambe, sans que l'on sache où, quand et par qui il a été tabassé. Il risque jusqu'à deux années de prison. Deux ans de prison, c'est un peu cher payé pour un coup de pied au cul,  surtout s'il n'y avait pas de pied dans la godasse et qu'elle n'a pas atteint le trou du cul qu'elle visait. N'empêche que le geste, télévisé, de Muntazer al-Zaidi a eu un énorme écho et que le lanceur de godasse est devenu un héros. Et qu'on préfère ce genre de héros aux kamikazes lançant leur camion bourré d'explosif sur un marché.

Godasses d'atout

L'extraordinaire écho médiatique du geste de Mountazer al-Zaïdi, nous change heureusement de la litanie des attentats aveugles commis au nom d'une " résistance " qui se noie elle-même dans le sang.  Il est à saluer, ce geste parce qu'il n'est peut-être de plus sûr moyen de radicaliser le changement et d'en hâter le moment, que celui qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, et dans le moindre spectacle officiel, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement grotesque. Nous avons à mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Jouer avec les normes, détourner les structures, laisser dériver librement les volontés de changement, et dériver nous-mêmes dans nos actes, hors des vues balisées : telles sont peut-être les plus sûrement subversives des méthodes par lesquelles nous  pouvons agir. Ridiculiser le pouvoir -tout pouvoir, quel qu'il soit- c'est  le délégitimer. Rire du pouvoir, c'est déjà s'en affranchir. Certes, il y avait trop de colère dans le geste de Mountazer al-Zaïdi pour que lui-même en rie. Mais l'humour, tout de même, en sort. La révolution est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, faisons-le en riant. De nous, autant que des autres.

P.S. Rejoignez le groupe Facebook de la "Fédération Internationale du Lancer de Chaussure dans la Gueule"…

04:18 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : souliers, bush, irak, muntazer al-zaidi | |  Facebook | | | |