vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

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15:52 Publié dans élections, Histoire, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : internationalisme, mondialisation | |  Facebook | | | |

lundi, 24 octobre 2016

Quand la Wallonie fait hoqueter l'Europe...

 tigre.jpgTigre de papier...

On connait l'antienne (depuis le temps qu'on l'entend, il faudrait être sourd pour ne pas la connaître...) : l'Union Européenne est un monstre bureaucratique, un Léviathan totalitaire au service de la mondialisation capitaliste, un roc de mépris des peuples et de la démocratie... Et puis voilà qu'un accord de "libre-échange", le CETA,  négocié depuis sept ans (mais négocié par qui, au nom de qui et de quoi ?) entre le Canada et l'Union Européenne, et que tous les Etats membres de l'Union Européenne sont prêts à accepter, pourrait finalement être balancé dans les poubelles de l'histoire parce qu'une région de l'un des 28 Etats membres de l'UE refuse de l'accepter (du moins en son contenu sorti des négociations) et que dans l'Etat dont cette région est constitutive, l'accord des parlements régionaux est une condition de la signature d'un tel traité. Cet Etat, c'est la Belgique. Cette région, c'est la Wallonie. C'est pas gigantesque, la Wallonie. C'est trois millions et demi d'habitants  (deux fois la Romandie...), sur les 500 millions d'habitants des 28 Etats de l'Union Européenne. La Wallonie, c'est un caillou dans la chaussure, un grain de sable dans la machine -mais ça suffit pour faire claudiquer, et pour bloquer la machine. Peut-être bien que la Wallonie finira par céder aux pressions extraordinaire qu'elle subit de presque toutes parts (presque, puisque Attac, les Verts, la gauche de la gauche et les altermondialistes la soutiennent) pour qu'elle lève son veto. Mais même si elle devait finalement céder, elle aura au moins démontré par sa résistance une chose : Le Léviathan européen n'est qu'un tigre de papier...

 

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20:54 Publié dans Europe, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : wallonie, ceta, mondialisation, libre-échange, tisa, ttip | |  Facebook | | | |

jeudi, 02 juillet 2015

6-10 juillet 2015, Genève : SEMAINE DE MOBILISATION CONTRE LES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES

Stop Tisa.jpgDes dizaines de délégués de mouvements sociaux, d'organisations paysannes, de syndicats et de communautés en résistance convergent vers Genève pour défendre la nécessité d'un nouveau traité international contraignant pour mettre fin à l'impunité des violations de droits humains commises par les sociétés transnationales et faire entendre leurs propositions par rapport à son contenu lors de la première réunion du groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l'homme créé à cet effet.
Or au même moment se tient à la Mission d'Australie un nouveau round de négociations de l'Accord sur le commerce des services (TiSA) qui menace de provoquer une nouvelle vague de dérégulation, de libéralisation et de privatisation, notamment dans les services publics, et d'étendre encore l'emprise des entreprises transnationales sur notre société.
Il est temps que cela cesse!
Mobilisons-nous maintenant contre TISA et l'impunité des sociétés transnationales!

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21:20 Publié dans Economie, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tisa, mondialisation, multinationales | |  Facebook | | | |

vendredi, 05 juin 2015

Une menace pour la démocratie et les services publics : Les enjeux de l’accord TISA

mondialisation, libre-échange, TISADes négociations à huis clos entre une cinquantaine de pays dont les USA, les 28 Etats membres de l'Union Européenne... et la Suisse, se déroulent à Genève, pour conclure un accord sur « le commerce des services », plus connu sous l’acronyme anglo-saxon (forcément) « TISA ». Les termes mêmes qui dénomment cet accord en disent l'enjeu : «commercialiser» les services publics, procéder à leur privatisation massive dans tous les domaines et faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et les États-Unis. Le secret dont s'entourent ces négociations, secret parfois rompu par la publication de documents comme ceux que « Wikileaks » a divulgué cette semaine, est aussi une mesure de leur importance : celle d'une attaque généralisée contre le service public, mais aussi contre les droits démocratiques : les accords envisagés obligeraient les Etats signataires à s’engager dans une politique économique dont le cours ne pourrait plus ensuite être infléchi, et qui sers contrôlé par des tribunaux arbitraux privés aux ordres d'intérêts privés. Tiens, d'ailleurs, c'est curieux : on entend peu à ce sujet les habituels contempteurs des «juges étrangers»...

Le mensuel socialiste indépendant « Pages de gauche » organise Jeudi 11 juin 2015 à 19h00 au Café Gavroche (Bd James-Fazy) un débat public (suivi d'un apéro, y'a pas de raison de se laisser aller) sur «TISA», sur ses conséquences concrètes en Suisse, sur la résistance à ce danger. 

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16:53 Publié dans Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mondialisation, libre-échange, tisa | |  Facebook | | | |

lundi, 08 août 2011

Groupons-nous et demain, l'Inteeernationa-a-a-a-le sera le genre humain...

Il n'y a pas de réponse nationale à  la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à  la révolution industrielle : le repli à  l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. La critique de la globalisation capitaliste ne doit pas nous faire oublier que le mouvement socialiste a toujours eu pour projet le dépassement des limites nationales, et a dès l'origine rendu hommage au caractère révolutionnaire du capitalisme.

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14:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mondialisation, globalisation, internationalisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 juillet 2011

La mondialisation : le risque et la chance

La mondialisation que dénonce à l'envi la "gauche de la gauche" n'est rien d'autre que l'extension à l'ensemble de la planète d'activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social précis. En tant que telle, la mondialisation est non seulement dans la logique du capitalisme, mais elle est même constitutive de sa capacité à s'imposer, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme. Mais en même temps, elle le change : il n'est désormais plus nécessaire de transférer réellement des capitaux existants d'un pays, d'un espace ou d'un acteur économique à un autre pour opérer un échange financier, ni d'investir un capital dans une activité productive pour en tirer profit, mais il suffit désormais de transmettre une information douteuse sur un capital hypothétique pour qu'un capital réel soit constitué quelque part, et un travail réel dissout ailleurs. La mondialisation capitaliste aboutit à une économie de casino où le profit ne naît plus de l'investissement productif mais du jeu spéculatif, et où l'on gagne plus en supprimant des emplois qu'en en créant.

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13:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mondialisation, globalisation, capitalisme | |  Facebook | | | |

mardi, 25 janvier 2011

Forum Social Mondial (Dakar, du 6 au 11 février) : Irremplaçable ? en tout cas irremplacé...

Il y a dix ans se tenait à Porto Alegre, au Brésil, le premier Forum Social Mondial, et du 6 au 11 février prochain, à Dakar, se tiendra le huitième. Un FSM « étendu », permettant aux militantes et militants qui ne pourraient s'y rendre d'y participer tout de même, dans leur pays, dans leur ville -et donc dans la nôtre (on vous tiendra au courant). Le Forum Social Mondial n'est sans doute pas irremplaçable. Mais il est, à ce jour, irremplacé, comme espace, le plus important au monde, de rencontre, de débat, de confrontation même, sans enjeu de pouvoir (sa charte y veille), et ressemblant irresistiblement à la Première Internationale ouvrière, celle qui était capable de réunir toutes les tendances, tous les courants, toutes les cultures du mouvement ouvrier et socialiste naissant, du mouvement syndical aux partis politiques, en passant par les coopératives, les organisations culturelles et sportives et les organisations féminines... L'AIT n'était pas irremplaçable -mais elle n'aura été remplacée qu'au prix de sa scission et, progressivement, de sa réduction à des Internationales de partis politiques. De cette évolution, le FSM, jusqu'à présent, s'est préservé. Mais le danger le guette -et il vient de la gauche elle-même

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14:06 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fsm, dakar, altermondialisme, mondialisation | |  Facebook | | | |

vendredi, 26 décembre 2008

L'internationalisme contre la globalisation

Groupons et demain, l'Internationa-a-a-a-le sera le genre humain...

1

Telle que nous la concevons, l'internationalisation est un processus de décision élargi à la participation de toutes les nations ; elle est donc également, dès lors que nous ne concevons de mode de décision que démocratique et respectueux de l'égalité des droits (entre les peuples, entre les individus, entre femmes et hommes...) une participation de tous les peuples et de toutes les parties constitutives de toutes les sociétés à la prise des décisions qui les concernent. Un tel processus n'est évidemment pas, en tant qu'il est réellement démocratique, dans la logique de la globalisation et de la mondialisation capitalistes, mais il est constitutif de celle du socialisme -dont il est même la condition.

2
Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. La critique de la globalisation capitaliste ne doit pas nous faire oublier que le mouvement socialiste a toujours eu pour projet le dépassement des limites nationales, et a dès l'origine rendu hommage au caractère révolutionnaire du capitalisme.

3
Les termes en lesquels Karl Marx ou Rosa Luxemburg saluent l'effet de rupture de l'ordre ancien apporté par le capitalisme sont sans équivoque : " La Bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle essentiellement révolutionnaire "... Les principes fondateurs de la Première Internationale expriment la même reconnaissance à l'égard du rôle révolutionnaire joué par le capitalisme, et la même certitude que ce ne sera qu'à partir des acquis de la mondialisation capitaliste, et en les dépassant, non en les annulant, qu'un projet socialiste pourra voir le jour. Les résultats calamiteux des tentatives d'imposer le " socialisme dans un seul pays " (si grand soit-il) sont là pour dissiper tout doute à ce sujet : les Russes et les Chinois n'ont pas fini d'en payer les conséquences.

4
Même si, fondamentalement, le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions dont le moins que l'on puisse écrire est qu'elles furent fort éloignées de ces exigences . Ces conceptions nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.

5
A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme et l'internationalisation, c'est-à-dire l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme.

6
Et puis, enfin, soyons clairs : l'abolition du capitalisme socialisé entraînera une dégradation des conditions matérielles d'existence pour la majorité de la population de nos pays (cette majorité formée de la " classe moyenne " et de la " classe dirigeante "), mais elle est la condition du passage de la majorité de la population du monde, d'abord de la misère à la pauvreté, ensuite de la pauvreté à la couverture matérielle de l'exercice de tous les droits fondamentaux.

02:04 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (36) | Tags : mondialisation, internationalisme, protectionnisme | |  Facebook | | | |