mardi, 01 septembre 2009

Bon anniversaire, Mouammar !

Il y a quarante ans, Kadhafi prenait le pouvoir... ça se fête, non ?

Ce 1er septembre, il y aura quarante ans qu'à la tête d'un petit groupe d'officiers de la petite armée libyenne, Kadhafi, Jalloud et leurs copains renversaient le vieux roi Idriss. Même s'il récuse la fonction de chef d'Etat et, avec l'âge, se comporte de plus en plus en chef de clan, Kadhafi est aujourd'hui l'un des plus anciens dirigeants politique en exercice. Quarante ans de pouvoir, ça se fête. La Suisse n'a pas manqué l'occasion : son cadeau d'anniversaire à Kadhafi, Hans-Rudolf Merz l'a amené à Tripoli il y a une semaine -un cadeau de bon goût, le genre de présent qui fait toujours plaisir : la police genevoise, joliment emballée dans un " accord " portant création d'un " tribunal arbitral ", dont l'arbitrage a été préjugé et qui n'aura guère à se prononcer que sur la couleur de la sauce à laquelle les flics genevois vont être bouffés.

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jeudi, 27 août 2009

Lécher des bottes pour rouvrir des marchés

Se prosternant aux pieds, augustes, mais virtuels (puisque représentés par ceux d'un sous-fifre) du colonel Kadhafi, le président de la Confédération agissant sans mandat du Conseil fédéral, dans le dos de la diplomatie suisse et à l'encontre des avis des experts consultés, a conclu un accord à la fois humiliant pour la Suisse, injurieux pour Genève, et inapplicable en droit. Tout cela pour quoi ? Pour hâter la " libération d'otages " (qui n'étaient déjà plus en fait qu'assignés à résidence, l'un à son domicile professionnel et l'autre à l'ambassade de Suisse à Tripoli) ou la réouverture d'un marché juteux qui avait été fermé aux entreprises suisses ? Les milieux d'affaire sont d'ailleurs les seuls (avec le régime libyen et ses avocats genevois, les Poncet et autres Lüscher) à se réjouir de l'obséquiosité merzienne : elle leur rapporte. Au sens le plus trivial, pour ne pas écrire le plus crapuleux, de l'expression.

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mercredi, 24 septembre 2008

Infarctus gouvernemental : Un système politique aux soins intensifs ?

Qu'un ministre des Finances fasse une crise cardiaque après une semaine de crise financière est certes un drame personnel, mais pas franchement une incongruité; que l'accident cardio-vasculaire d'un ministre, fut-il des Finances, et vice-président de la Confédération, secoue les institutions, est en revanche plus original. C'est qu'on ne forme pas en Suisse un gouvernement en fonction des enjeux, des besoins ou d'un programme politique, mais qu'on le forme comme on compose l'échantillonnage d'un sondage. Et que quand un morceau de l'échantillon manque, c'est tout le sondage qui foire.

Le cœur du pouvoir…

Ça n'est pas la première fois, et ça ne sera pas la dernière, que la santé d'un ministre défaille. Mais il nous semble bien que, depuis des décennies en tout cas, c'est la première fois que les fibrillations cardiaques d'un ministre sèment un tel trouble politique. Que Merz puisse rester ou non au Conseil fédéral ne devrait guère avoir d'importance que pour lui, s'il n 'était qu'un ministre. Mais, comme ses collègues, il est aussi, et sans doute surtout, l'élément d'un échantillonnage politique : il est l'un des deux ministres du parti radical. Et ce n'est pas tant le siège de Merz qui est en jeu que l'un des deux sièges radicaux -et donc, la composition du gouvernement d'un pays qui forme son gouvernement comme on mitonne une ratatouille. Si Merz devait démissionner, son siège resterait-il radical ? ou serait-il récupéré par le PDC (qui avec une force électorale équivalente à celle du parti radical ne dispose que de la moitié de sa représentation gouvernementale) ? ou par l'UDC (que sa posture oppositionnelle commence à fatiguer) ? ou par les Verts (que leur progression et leur force électorales rendent " gouvernementables ") ? Nous devrions nous en contrefoutre. Et nous nous contentons de nous y intéresser comme on peut s'intéresser au tirage d'une loterie à laquelle un proche a joué. Le cœur de Merz a lâché, pas (hélas) le cœur du pouvoir. Pas seulement parce que le pouvoir n'a pas de cœur -cela, on le sait depuis Machiacel- mais parce que que le pouvoir n'est pas au Conseil fédéral. Et qu'il n'y aura bientôt plus que les Conseillers fédéraux et leurs partis (le nôtre compris) qui l'ignorent.

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