jeudi, 24 mai 2012

Demande udéciste de dissoudre Mesemrom : Une démarche idiote et minable

L'UDC genevoise demande au Conseil d'Etat de solliciter du procureur général (Jornot)  la dissolution de Mesemrom, l'association de défense des Rroms, coupable de contester, en toute légalité, les amendes infligées aux mendiants rroms au nom de la loi dont le même Jornot, alors député, fut l'un des fauteurs, et dont Mesemrom, aggravant son cas, demande par voie de pétition l'abrogation, compte tenu de son caractère discriminatoire et de son absolue inefficacité. A quoi rime au juste la démarche idiote et minable de l'UDC genevoise ?

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14:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : roms, mesemrom, udc, mendiants, mendicité | |  Facebook | | | |

vendredi, 25 septembre 2009

La mendiante et le businessman (fable genevoise)

La chasse aux Rroms entravée ?


Une mendiante roumaine, disposant d'un passeport, d'une carte d'identité et d'un domicile légal, avait été condamnée à dix jours de prison pour n'avoir pas répondu dans les délais à une notification d'amende (pour mendicité) parue dans la " Feuille d'Avis Officielle " genevoise, publication certes remarquable mais dont la Roumaine, par ailleurs analphabète, ignorait l'existence. Le Tribunal d'application des peines et mesures (Tapem)  constatant que la mendiante avait un domicile en Roumanie, c'est-à-dire dans l'Union Européenne, et que la notification aurait dû, selon la loi, lui être communiquée à cette adresse,  avait remis la mendiante en liberté, après qu'elle ait tout de même passé six jours en prison. Pas content de se voir désavoué, le Parquet avait fait appel, en expliquant que les Rroms vivant souvent de manière itinérante, on pouvait les considérer comme des SDF… A quoi la défense de la Roumaine avait répliqué que dans ces conditions, " tout businessman doit également être considéré comme SDF ". Pour le procureur (ou son substitut), peu importent la réalité des situations et la lettre de la loi, il faut faire un exemple. A n'importe quel prix : " c'est un cas test car beaucoup de procédures sont en attente de la décision ". Manière de dire au Tribunal : ne respectez pas trop le droit, ça entraverait la chasse aux mendiants rroms à laquelle nous nous livrons depuis que la droite genevoise l'a ouverte.

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mardi, 28 octobre 2008

" Langage du peuple " ou conneries de bistrot ?

Congrès du Parti socialiste suisse :
" Langage du peuple " ou conneries de bistrot ?


Après deux jours de débats parfois laborieux, le Parti socialiste a donc adopté un " positionpapier " (en tudesque dans le texte) sur la " sécurité ". On se souvient que la première version, ouvertement social-xénophobe, de cette proposition de prise de position avait suscité, outre les ricanements d'une UDC, assez satisfaite de voir ses obsessions légitimées par son principal adversaire politique, une levée de boucliers en Romandie et dans la gauche du parti, et une avalanche d'amendements destinés à corriger le tir. La seconde version du texte, intégrant une bonne partie de ces amendements, corrigeait effectivement le tir -mais sans pour autant renoncer à l'ambition exprimée de récupérer un électorat " populaire " en tenant ce qu'un délégué alémanique au congrès a désigné comme étant " le langage du peuple ". Exercice qui a essentiellement consisté à reformuler en dialecte politiquement correct les conneries entendues au bistrot. Au final, le PSS a produit un texte bancal, contradictoire, nappant de références " de gauche " des propositions franchement de droite.

S'en prendre aux mendiants plutôt qu'aux banquiers ?

Le parti socialiste cherche ses marques, parce qu'il les a perdues, et qu'elles se sont dissoutes dans des stratégies carriéristes personnelles, couronnées de succès électoraux non moins personnels (ceux des Daniel Jozitch, Chantal Galladé ou Simonetta Sommaruga, par exemple) sur fond de défaites électorales collectives. Les Romands, la Jeunesse socialiste, les Femmes socialistes ont tenté, sans grand succès, d'extirper du texte " sécuritaire " du parti les relents de xénophobie, de paranoïa, de populisme graveleux, qui y étaient resté. Et qui y ont été maintenus, à l'exemple de ces passages du texte légitimant la " double peine " (prison plus expulsion) pour les " étrangers délinquants ", la vidéosurveillance et la répression de la mendicité. Qu'est-ce qu'un paragraphe sur la lutte contre la mendicité fait dans un texte socialiste sur la sécurité ? Est-ce que les mendiants menacent la sécurité ? Est-ce que la mendicité est un facteur d'insécurité ? Est-ce que la pauvreté est un crime, dont il faille punir les pauvres ? De quels mendiants parle le PSS ? De ceux qui nous dépouillent de près de 70 milliards pour sauver l'UBS, ou de ceux qui nous demandent un franc à l'entrée de la poste ou de la Migros ? Il a largement été fait allusion lors du congrès socialiste à la vieille métaphore libérale de la " main invisible " organisant spontanément le marché. La main des mendiants, elle, est visible. Contrairement à la main des pickpockets puisant dans les fonds publics pour nous faire payer à tous le prix de leur arrogance et de leur incompétence. Et c'est aux mendiants que le PS devait s'en prendre ?

(voir dans les commentaires le texte de l'intervention genevoise à propos des mendiants)

02:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ps, mendiants, roms | |  Facebook | | | |