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  • Crier d'abord pour pouvoir ensuite parler

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    Il nous a peut-être fallu, pour être entendus -à  supposer que nous souhaitions l'être- parler plus fort qu'il ne faudrait, et peut-être plus violemment -exprimer une pensée plus simplifiée que celle qui nous vient. Le murmure ambigu par lequel se dit le mieux l'état du monde, le projet de le changer et le contenu de ce changement, resterait inaudible, submergé par le bruit de la connerie marchande, s'il n'était introduit par le fracas d'un discours d'autant plus péremptoire que sa clarté sera faite du refus de l'apparente tolérance pluraliste du champ médiatique -tolérance apparente, puisque derrière cette polyphonie on retrouve toujours la même vieille ligne mélodique, monodique, qui fait office de critère de sélection de ce qui méritera d'être relaté, diffusé, et de ce qu'il conviendra de taire et de celer. Ce mouvement ne déplace aucune ligne, et surtout pas celle qui sépare les dominants des dominés, les compétents des exécutants, le pouvoir de ceux sur qui il s'exerce. Qu'on ne nous reproche pas d'être péremptoires : nous ne le sommes que pour pouvoir ne plus l'être une fois franchi le mur du silence qui enterre les pensées du changement. Dans ce monde, il faut d'abord crier, pour pouvoir ensuite parler.


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  • Algérie : Les « citoyens journalistes » des syndicats autonomes

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    Briser le silence

    Contrairement à la Tunisie, à l'Egypte, au Yemen, à la Syrie, l'Algérie n'est pas entrée en insurrection. Elle a encore sur le coeur les 200'000 morts et disparus qui ont, en vingt ans plombés, suivie la brève éclaircie démocratique de la fin des ann'es '80, après les émeutes de 1988 et la chute, pour un temps, du système de parti unique, le parti n'étant d'ailleurs lui-même que le paravent de la police politico-militaire. Sous l'éteignoir policier, militaire et politique, toutefois, la révolte gronde  Le pouvoir a fait les concessions qui lui coûtent le moins (la levée de l'état d'urgence, par exemple, mais après vingt ans...), mais tient ferme sur l'essentiel : la mainmise sur les ressources économiques, le contrôle du champ politique... et du champ médiatique. Pour échapper à ce contrôle, les syndicats autonomes ont mis sur pied un réseau de « citoyens journalistes », pour informer les Algériennes et les Algériens des luttes menées par les mouvements sociaux, et mobiliser la population pour la défense de ses droits et de ses libertés. Le SOLIFONDS appelle à soutenir ce projet des syndicats autonomes : www.solifonds.ch

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