mercredi, 06 octobre 2010

La « meilleure armée du monde » en modèle réduit

Encore 80'000 hommes de trop...

Le Conseiller fédéral Ueli Maurer veut, pour la Suisse, « la meilleure armée du monde » ? Il l'aura. En modèle réduit, d'un tiers. Le Conseil fédéral a décidé que l'armée suisse ne comprendra plus que 80'000 hommes (dont quelques femmes, qui militairement sont presque des hommes comme les autres, l'égalité progresse à grands pas cadencés) au lieu de 120'000 actuellement. Tout va se réduire dans cette armée Märklin : le nombre de brigades de défense (qui passent de neuf à deux), le niveau d'équipement de la troupe, le nombre de soldats pouvant être engagés à l'étranger, les jours de service, le nombre de places d'armes et de sites militaires, le budget... Le parti d'Ueli Maurer, l'UDC, estimait déjà que passer de 120'000 à 95'000 hommes relevait quasiment de la haute trahison. Maintenant qu'on descend encore un peu plus bas, à quelle sauce les udécistes vont-ils apprêter cette couleuvre ? Ueli der Soldat, lui, reste droit dans ses bottes rapiécées : « nous devons avoir et aurons un jour la meilleure armée du monde ». Meilleure, même, si tout va bien, que la Garde Suisse du Vatican et la Compagnie 1602. Nous, on est d'accord. A une nuance près cependant : réduire l'armée suisse d'un tiers et la limiter à 80'000 hommes, c'est bien, mais seulement comme premier pas. Parce que c'est encore 80'000 hommes de trop.

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mardi, 27 avril 2010

Rapport sur la politique suisse de sécurité : Cultiver des mythes bouffés aux mites

Renvoyé par deux fois à son expéditeur, le rapport sur la politique de sécurité proposé par Ueli Maurer a finalement été, par lassitude, résignation ou désintérêt, accepté et publié par le Conseil fédéral à la mi-avril. Et ce texte a pratiquement fait l'unanimité contre lui, à force d'accumulation de lieux communs bouffés aux mites depuis la fin de la guerre froide, d'absence de priorités, de contradictions insurmontables et d'allergies inguérissables. Au bout du compte, le seul parti politique a avoir réussi à trouver quelque intérêt au pensum d'Ueli der Soldat a été... le « parti bourgeois démocratique », issu d'une scission du parti de Maurer. Un rapport creux à force de se vouloir consensuel, donc. Mais la médiocrité même de l'exercice a son utilité, paradoxale : le rapport de sécurité du Conseil fédéral dresse un diagnostic -non pas tant de la politique de sécurité, mais de l'incapacité politique et intellectuelle d'en concevoir une qui ait un sens à partir d'un instrument dont on ne veut pas se défaire : l'armée. Ueli Maurer aura décidement plus fait pour l'abolition de l'armée en trois ans de présence au Conseil fédéral que le GSsA en vingt ans d'activisme antimilitariste.

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mercredi, 07 octobre 2009

A l'ost, rien de nouveau

Dissoudre l'armée ou la laisser moisir ?

Un petit morceau de l'armée suisse va probablement être dissout : le DRA-10 (détachement de reconnaissance de l'armée, composé de 40 hommes), dont le sort était suspendu à la décision des Chambres fédérales de lui donner pour mission de participer à la mission " Atalante " (la protection des navires dans la zone de piraterie au large de la Somalie). Or le Conseil National a refusé, par une majorité hétérogène (UDC, Verts, une partie des socialistes -contre Micheline Calmy-Rey) d'autoriser l'envoi des soldats professionnels du DRA-10 dans ces eaux dangereuses. Pour les opposants de droite (UDC), l'armée suisse n'a rien à faire à l'étranger. Pour les opposants de gauche, elle a mieux à faire des moyens financiers dont elle dispose pour des opérations dans l'est africain (ou le sud arabique) que les consacrer à financer une opération de police internationale : ces moyens, elle doit les consacrer à l'appui humanitaire, économique et politique aux populations. Du coup, le Conseiller fédéral Ueli Maurer, pour qui l'existence même d'une troupe comme le DRA-10 est contestable, devrait le dissoudre, ou le fusionner avec le détachement ad hoc de la police militaire. Et un petit morceau d'armée en moins, un…

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vendredi, 12 décembre 2008

Nativité par la voie basse

Entre le boeuf et l'âââne gris...

Ben voilà, c'est Maurer. " La moins pire des mauvaises solutions ", selon Christian Levrat. A une voix de majorité, au troisième tour, après le retrait de Recordon et de Blocher, et contre un autre UDC qui n'était pas officiellement candidat, et qui était menacé, s'il acceptait une éventuelle élection, d'exclusion du parti. L'UDC revient donc au Conseil fédéral. Elle supportait mal sa cure d'opposition, que le système politique fédéral, lui, supportait beaucoup mieux -mais les radicaux et la droite du PDC avaient trop besoin dans les cantons des suffrages udécistes pour risquer de se mettre les blochériens à dos. Une nativité gouvernementale par la voie basse pour éviter une césarienne électorale, c'est assez tendance, en ce moment.

Office de l'Avent

Le petit peuple de la crèche fédérale a donc rétabli la " concordance " arithmétique à laquelle une majorité d'élus fédéraux semble attachés comme un bambin à son doudou. Au départ, Ueli Maurer ne pouvait compter que sur une centaine de voix. Il lui en manquait un peu plus de vingt, il les a eues. Il aurait pourtant suffi qu'un-e PDC votât pour son concurrent (UDC lui aussi, mais de l'espèce agrarienne) au lieu de voter pour lui, et le résultat eût été exactement inverse. Les voies du Seigneur étant impénétrables, et celles du PDC passablement tortueuses, l'UDC sera donc représentée par son ancien président au gouvernement. La gauche, les Verts, une petite moitié du groupe PDC quelques radicaux n'en voulaient pas, tant pis pour eux. Pour le PS, Maurer n'avait " pas l'envergure " d'un Conseiller fédéral… ça se mesure à quoi, au juste, l' " envergure d'un Conseiller fédéral " ? Et s'il l'avait eue, Maurer, cette envergure, ça aurait changé quoi à ses positions politiques à droite de la droite de droite ? Le PDC et les radicaux ont fait l'élection de Maurer -les premiers par incapacité de choisir, les seconds par suivisme. De toute façon, l'épisode ne fait guère que rétablir, sur le fond, le rapport des forces au Conseil fédéral tel qu'on le connaissait quand Blocher y sévissait. Autant dire qu'on a tourné en rond pendant un an. Et que le parlement a fait à l'UDC le cadeau de noël qu'elle espérait, après un "passage dans l'opposition" qui, après avoir tenu de la menace, avait plutôt suscité la rigolade. " Vous avez voir ce que vous allez voir ", beuglaient les hérauts udéciistes au soir du 12 décembre de l'année dernière; on a vu : rien d'autre que ce qu'on voyait déjà avant. Quant à la " concordance ", disons, en cette période de l'Avent, qu'elle est comme la nativité : un mythe, d'abord; une mystification, ensuite.

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jeudi, 11 décembre 2008

A la recherche d'un UDC fréquentable...

Election du successeur de Samuel Schmid
C'est donc hier10 décembre, jour de célébration du 60 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qu'on a élu l'ancien président de l'UDC suisse au Conseil fédéral. Le paradoxe est amusant, si on goûte l'ironie de l'histoire et qu'on se souvient que le Grand Leader Bien Aimé de l'UDC, alors encore Conseiller fédéral, était aller dégueuler à Ankara le " mal de ventre " que provoquait chez lui les lois suisses réprimant l'expression du racisme et du négationnisme, et que l'élu du 10 décembre est le fidèle second du lourdé de l'an passé; Maurer, qui n'a finalement fait qu'échanger sa vêture de chef de parti pour un costard de ministre… Le miracle de l'Avent n'a pas eu lieu. Il est vrai qu'il était improbable : que le PDC ait du courage deux fois de suite...

Concordance des canards

Il n'est guère de parti représenté au parlement, ni de commentateur des jeux politique, qui n'ait eu constamment à la bouche et à la plume le mot de " concordance " : il faut (version centriste) " sauvegarder la concordance ", ou (version UDC) la " restaurer ", ou encore (version PS) la " rénover " Mais de quelle " concordance " parle-t-on ? De celle qui consiste à aligner sept représentants de partis comme autant de noix sur un bâton, pour former un gouvernement comme on constitue un échantillon de sondage, avec pour seul critère celui, arithmétique, du dernier résultat électoral fédéral ? Cette " concordance "-là avait déjà été brandie comme argument suprême pour justifier l'élection du Pithécanthrope au Conseil fédéral… on connaît la suite. Aucun parti n'a " droit " à sièger au Conseil fédéral. Pas plus l'UDC que le PS, les radicaux ou le PDC. Ou les Verts. L'exemple du PS est d'ailleurs éloquent : il a été le premier parti du pays sans être au Conseil fédéral, il n'est entré au Conseil fédéral, en 1943, que parce que le choix politique en avait été fait par la majorité de droite, qui s'était rendu compte que l'Allemagne nazie allait perdre la guerre, que l'Union Soviétique allait la gagner, et qu'il fallait dissoudre l'image détestable de germanophilie que la Suisse donnait depuis 1940; et le PS, qui avait quitté le Conseil fédéral, en claquant la porte, en 1956, n'y est revenu, avec un siège de plus, en 1959, que parce que le choix politique a été fait de réintégrer la social-démocratie au gouvernement -pour la désarmer. C'est le même type de choix, politique et non arithmétique, qui se pose à propos de l'UDC : Est-elle si dangereuse dans l'opposition qui faille l'en faire sortir ? a-t-on besoin d'elle au gouvernement ? Et pour mener quelle politique ? La sienne, celle de la droite libérale, celle du " centre " ? certainement pas celle du PS, en tout cas...

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mardi, 02 décembre 2008

Brun bonnet, bonnet brun

Succession de Samuel Schmid : Blocher ou Maurer ?

L'UDC a donc décidé de ne pas tuer le père mais de laisser le parlement fédéral le faire à sa place : à la succession de Samuel Schmid, elle présente un " ticket " formé de Blocher et de Maurer. Blocher n'a en principe aucune chance (mais la procédure d'élection d'un membre est pleine de surprise) et continue de se considérer comme le " Numéro un " de l'UDC (la majorité de l'UDC le soutenant d'ailleurs dans cette prétention). Autant dire que si Maurer (ou un autre que Blocher) est élu au Conseil fédéral, il aura toujours Blocher sur le dos, la faiblesse de la présidence du parti par Toni Brunner laissant toute la place au vice-président Blocher. l'UDC " qualité suisse " tient ainsi plus de la Corée du Nord que de la mythologie waldstätten : quand on tient un Grand Leader Bien-Aimé, on ne le lâche pas. Même si les positions politiques du Grand Leader Bien Aimé et celles du Fils Spirituel du Grand Leader Bien Aimé sont les mêmes...

Kim Il Blocher ou Kim Jong Maurer ?

Blocher ou Maurer, quelle différence ? Ueli Maurer, présenté comme " acceptable " par les partis gouvernementaux (y compris, avec réticences, par le PS), n'a jamais dit autre chose que ce que Blocher disait et a été le maître d'œuvre des campagnes ordurières de l'UDC depuis une dizaine d'années. Il est candidat à un gouvernement favorable aux bilatérales et à leur élargissement alors qu'il y est opposé, et il est favorable à l'interdiction de la construction de minarets alors que le gouvernement y est opposé... Et puis, la question ne se pose pas seulement de savoir quel UDC sera élu pour reprendre le siège initialement UDC de Samuel Schmid, mais aussi de savoir à quel ministère cet UDC sera attribué. Logiquement, ce devrait être celui de la Défense. Mais l'UDC rejette la quasi-totalité du programme gouvernemental dans ce domaine : elle est contre la réduction des effectifs, contre les engagements à l'étranger, contre la coopération internationale... le seul point sur lequel elle soutient le Conseil fédéral, c'est l'achat de nouveaux avions de combat. Du coup, plutôt que de coller à la tête d'un ministère quelqu'un qui serait opposé à ce qu'on veut faire faire à ce ministère, on se demande si on pourrait pas déplacer les maroquins et confier la Défense à Pascal Couchepin pour laisser l'UDC de service gérer (à droite toute) le dossier de l'AVS, ou confier celui-ci à la PDC Leuthard pour laisser alors le nouvel élu gérer le démantèlement des protections agricoles... Dans tout ce mic-mac, où se situent et de quel poids pèsent les grands choix politiques ? Nulle part, et pas un gramme. L'insoutenable légèreté des combinaisons gouvernementales se conjugue parfaitement à l'insoutenable pesanteur de l'absence de débat politique.

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