jeudi, 28 février 2013

Plan directeur cantonal : Genève envie (de quoi ?)

Une nouvelle mouture du plan directeur cantonal supposé « fixer et définir les grandes orientations et les conditions de mise en oeuvre » de la politique d'aménagement cantonal jusqu'en 2030, a été rendue publique le 20 février; elle rectifie celui qu'avait présenté Mark Muller fin 2011, et qui avait suscité une désapprobation presque générale (à l'exception notable de la Ville de Genève). Les deux tiers des communes avaient émis un préavis négatif, et la perspective que Genève ait à construire 50'000 logements en quinze ou vingt ans avait ravivé la polémique sur le maldéveloppement du canton, et même de toute la région. Du coup, si le nouveau plan évoque toujours ce chiffre de 50'000 logements, il n'en fait plus un objectif, mais tout au plus un souhait. La version « tout public » du plan directeur s'intitule «Genève envie». Envie de quoi, au juste ? De nier les évidences ?

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lundi, 19 décembre 2011

Et la « Grande Genève » naquit

La « région franco-valdo-genevoise », c'est du passé...

La Chambre genevoise de Commerce et d'Industrie, la Banque cantonale genevoise et le canton de Genève ont eu, ensemble (il fallait bien qu'elles et il se mettent ensemble pour en accoucher) une idée géniale : ne plus parler de «région franco-valdo-genevoise »  mais de « Grand Genève» pour désigner l'ensemble formé du canton de Genève, du district de Nyon et de la partie des départements de Haute-Savoie et de l'Ain dont le développement est déterminé par Genève. « Grand Genève », donc, pour la région. Même si, comme la plupart des noms de villes, Genève est un nom propre féminin. Devra-t-on désormais parler de « moyenne Genève » pour désigner le canton, et de « petite Genève » pour désigner la Ville ?

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lundi, 16 mai 2011

Déclassement de terrains agricoles, mobilité douce : 58ha de ville vivable en plus...

Le déclassement des terrains agricoles de la plaine de l'Aire accepté assez nettement et la mobilité douce acceptée, de justesse, grâce au vote de la Ville et des grandes communes : nos propres pronostics craintifs ont été heureusement déjoués par les votes genevois de ce week-end. Si on y ajoute les bons résultats vaudois (acceptation des allocations complémentaires pour personnes à faibles revenus, presque acceptation du revenu minimum), on aura finalement vécu un dimanche référendaire assez heureux. Reste que ce n'est pas parce qu'un déclassement, ou une loi sur la mobilité, ont été acceptés que les actes politiques les concrétisant vont suivre comme par miracle. Gagner un vote, c'est affaire de rapport de force. Le faire respecter aussi : les logements sociaux n'ont pas encore poussé dans la plaine de l'Aire, et les bagnoles n'ont pas encore quitté la ville... N'empêche : 58 hectares de ville en plus, et d'une ville que la mobilité douce va rendre plus vivable, c'est toujours ça de pris, qui fera du bien par ou ça passera...

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vendredi, 13 mai 2011

Qui, des légumes ou des humains, logera-t-on dans la plaine de l'Aire ?


Kolkhoze toujours...


Quel qu'en soit le résultat (et si on devait se risquer à un pari, tout en espérant vivement le perdre, ce serait plutôt celui d'un refus du déclassement des 58 hectares de Cherpines-Charrottons) le vote de dimanche ne réglera rien par lui-même.. Certes, en cas d'acceptation du déclassement, on pourra s'atteler à la négociation d'un projet sérieux permettant de réduire l'écrasante pression à la concentration de l'habitat sur un territoire dont une part excessive est affectée à autre chose qu'au logement des humains. Ce sera affaire de rapports de force politique, comme dans le cas du projet Praille-Acacias-Vernets. Mais que tombe sur la plaine de l'Aire, au début de l'après-midi dominicale un  « oui » ou un  « non »  à la proposition d'y loger autre chose que des légumes, la ville continuera d'avancer, la zone agricole d'être grignotée et englobée. Il en subsistera toujours bien assez pour qu'elle joue son rôle -mais si le « oui » l'emporte, on aura simplement cessé de la sanctuariser.  Pour le reste : Kolkhoze toujours...

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vendredi, 06 mai 2011

Métèques humains et légumes indigènes

Métèques humains et légumes indigènes

Il faut bien l'avouer : si on n'avait pas des copains planteurs de cardons, des camarades récolteurs de carottes, des parents grignoteurs des légumes des Charottons, on se serait bien, à gauche, contrefoutu du sort tragique de ces 58 hectares de la plaine de l'Aire, qu'on nous propose de déclasser, et sur le déclassement desquels on vote dimanche prochain. 58 hectares, dans une zone déjà partiellement urbanisée, coincée entre l'autoroute de contournement et la route de base qui depuis vingt ans arrosent les légumes des Cherpines de leurs effluves d'essences et de leurs particules de pneus. Il ne manquait guère qu'un argument dans la campagne pour la préservation de cette zone agricole : l'argument xénophobe. Il n'a pas manqué longtemps, et il est venu de là où il devait venir. Nous le voilà donc servi par l'UDC (entre autres) : la crise du logement est due à l'immigration, si on bloque l'immigration, y'a plus de crise du logement, et plus besoin de construire des logements, et plus besoin de toucher à la zone agricole. Si on bloque les naissances aussi, notez bien...

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lundi, 11 avril 2011

Municipales genevoises, dernier round, J-6 : C'est pas le moment de mollir !

A vaincre sans péril, triomphera-t-on sans gloire aux Municipales genevoises ? Nous vous serinons depuis des semaines ce slogan péremptoire :  « L'Alternative, qui d'autre ? », puisqu'en face, à droite, il n'y a plus personne, ou des girouettes, ou les fonds de tiroir de la brocante politique locale. Mais à trop compter sur les erreurs de ses adversaires et la nullité de ses ennemis, on risque de s'endormir sur des lauriers qu'on n'aura même pas pris la peine de gagner. On risque surtout de ne pas prendre conscience de ses propres faiblesses, de ses propres contradictions. Et donc, de n'y pas pouvoir remédier. En attendant dimanche prochain, et en y espérant une victoire qu'on aura méritée par notre propre mobilisation, nous avons vu, hier, la victoire de l'UDC à Lucerne et un raz-de-marée leghiste au Tessin, on se dit que ce n'est pas avec la France qu'il faudrait renforcer la frontière, mais avec la Suisse, et qu'à Genève, c'est pas le moment de mollir...

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lundi, 28 mars 2011

Loger les humains ou les légumes ?

Loger les humains ou les légumes ?

A Genève, le taux de vacance des appartements (autrement dit : le taux de logements disponibles) est dix fois inférieur à celui qui serait nécessaire pour seulement équilibrer l'offre et la demande de logements, on construit chaque année 1000 logements de moins qu'il faudrait pour seulement répondre à l'augmentation de la population et maintenir la crise à son niveau actuel, et ce déficit est cumulatif d'une année sur l'autre. Les loyers grimpent (de 60 % en dix ans), les « congés-ventes » réapparaissent, la spéculation immobilière produit des plus-values gigantesques... Quant à la logique du développement régional, elle consiste à exporter la population à la périphérie et à importer les emplois au centre, en multipliant les mouvements pendulaires entre l'une et l'autre -et donc en aggravant la circulation automobile et son cortège de nuisances. Le vote cantonal genevois du 15 mai prochain sur le déclassement de terres agricoles dans la Plaine de l'Aire s'inscrit dans ce contexte de crise du logement et de crise du développement régional : que faire des espaces disponibles, notamment des zones agricoles qui occupent la moitié du territoire genevois ? Y loger les humains, ou les légumes ?

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jeudi, 10 mars 2011

Le maldéveloppement genevois : Changer ou étouffer

La région genevoise se développe. Mais n'importe comment, et au prix d'un déséquilibre croissant entre son centre genevois et sa périphérie française : les emplois ici, les logements là. Et des flux de « pendulaires » entre les deux. On prévoyait 200'000 habitants de plus en vingt-cinq ans, on en déjà gagné 65'000 en cinq ans... dont la moitié se sont installés en France faute de logements disponibles à Genève, alors que dans le même temps et le même espace le nombre de places de travail s'est accru de 36'000 (soit en cinq ans le tiers de ce qu'on prévoyait en vingt-cinq ans) -mais essentiellement à Genève, et sans faire reculer le chômage ni à Genève, ni en France voisine. Les déséquilibres régionaux auxquels le projet d'agglomération voulait remédier se sont donc encore accentués, et c'est désormais la question du type de développement économique qui se pose -du type de développement, ou d'une décroissance maîtrisée.

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jeudi, 30 septembre 2010

Cherpines-Charottons : Des cardons, du logement, quoi d'autre ?

Le référendum contre le déclassement du secteur des Cherpines, à Plan-les-Ouates, est lancé, à l'initiative de la coopèrative des Jardins des Charrotons. Face au projet du Conseil d'Etat (ou de Mark Muller tout seul, on ne sait pas trop), les référendaires affirment vouloir défendre l'agriculture de proximité (les terres de la Plaine de l'Aire sont, paraît-il, excellentes), contestent l'impact du projet sur la crise du logement et refusent un déclassement voté alors qu'on attend toujours que se concrétisent des projets déjà acceptés  (Communaux d'Ambilly, Vergers, Chapelle). Le projet voté par le Grand Conseil souffre d'une densification insuffisante (l'espace à déclasser pourrait, même en préservant les terres agricoles, accueillir plus de logements que le projet en prévoit), et envisage de gaspiller deux hectares et demi pour un centre sportif (agrémenté de l'inévitable « event center » et du non moins inévitable parking) dont le destin pourrait bien être celui du funeste stade de la Praille. Le référendum s'appuie sur une ébauche de contreprojet préservant la zone agricole tout en permettant la construction de 2500 logements. Les socialistes, qui ont posé au parlement des conditions (dont la densification, en faveur de logements sociaux) à leur soutien au projet, se prononceront lundi soir sur le référendum, prise de position qui quelle qu'elle soit, ne devrait préjuger nullement de leur mot d'ordre final, lorsque le référendum aura abouti : il faudra bien, à ce moment là, sortir de la confortable ambiguité en laquelle nous nous sommes lovés comme des cardons dans la bonne terre de la Plaine de l'Aire.

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mardi, 18 mai 2010

Fusion des fondations immobilières de droit public : Rationalisation ou bureaucratisation ?

Quatre fondations immobilières de droit public* gèrent à Genève plus de 6000 logements sociaux bon marché (HBM). Le Conseiller d'Etat Mark Muller veut les fusionner en une seule (dite « Habitat ») et, en s'appuyant sur un vieil avis de la Cour des comptes (qui ne se préoccupait ni du contenu, ni des méthodes de la politique du logement), dégèle un projet de loi mis au frais, faute de majorité pour l'adopter, en 2008. Au prétexte de «rationalisation » (au sens le plus bureaucratique du terme) et d'« économies » plus apparentes que réelles, il s'agirait surtout de prendre le contrôle direct des quatre fondations existantes, fondues en une seule dirigée par un Conseil nommé en totalité par le Conseil d'Etat. Cette fondation, ainsi soustraite à tout contrôle démocratique, ne se mêlerait plus des « aspects opérationnels incombant aux régies », à condition qu'on les paie pour cela, mais s'acquitterait uniquement d'une mission « stratégique ». En clair, et pour reprendre le résumé fait du projet mullérien par la Conseillère administrative socialiste et onésienne Carole-Anne Kast : « mettre une armée de fonctionnaires à la solde du Conseiller d'Etat » en cassant « l'approche humaine que les représentants de milice » (les membres actuels des Conseils de fondation) ont développées avec les communes qui concentrent l'habitat « bon marché ».


* Les fondations Camille-Martin, Jean-Dutoit, Emile-Dupont et Emma-Kammacher

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vendredi, 05 décembre 2008

Logement comme des arracheurs de dent

Une pénurie qui s'aggrave

C'était promis, juré, on allait construire du logement. Le Conseil d'Etat en général, Mark Muller en particulier, les milieux immobiliers et l'ASLOCA main dans la main, allaient se mettre au boulot, on allait voir ce qu'on allait voir. Et bien, on voit : alors qu'il faudrait au moins 1600 logements nouveaux par année, et que le Conseil d'Etat annonçait vouloir en construire 2500 par année, on n'en a " mis sur le marché " que 750 dans les neuf premiers mois de 2008. Et sur ces 750, une bonne partie ne seront pas loués, mais vendus (en 2007, la moitié des logements nouveaux étaient des villas ou des appartements en propriété par étage).

Des logements ou des prisons ?

L'année 2008 risque fort d'être celle au cours de laquelle le nombre de nouveaux logements aura été le plus bas depuis des lustres : si la tendance des neuf premiers mois se poursuit, ce nombre devrait être inférieur à mille. Alors que la population du canton a crû de 3500 personnes en neuf mois, et le nombre d'emplois de 5400 dans la même période. Et que rien, pas même la récession, ne permet d'attendre un relâchement de la pression démographique sur la ville, le canton et la région. La Communauté genevoise d'action syndicale, une année après la signature de l'accord " historique " supposé sortir Genève de la crise du logement, avait accusé le Conseil d'Etat (ou du moins sa majorité) de bloquer sciemment le développement de nouveaux projets en s'accrochant à la préservation de la zone agricole et à la priorité donnée au développement du site de la Praille-Acacias-Vernets, où seuls 6000 à 9000 nouveaux logements sont prévus dans un délai minimum de dix ans, soit un nombre insuffisant de logements, dans un délai trop long, et dans le cadre d'un projet urbanistique contestable. Enfin, Mark Muller n'a aucune intention de faire quoi que ce soit pour que les 410 logements vides dénombrés dans le canton (dont 272 en Ville) cessent de l'être. Et surtout aucune intention de faire usage du droit que lui donne la loi de les réquisitionner pour y loger des gens qui ne trouvent pas de logement, ce que précisément le Conseil municipal de la Ville lui demandait de faire. Mais bon, vous savez ce que c'est, appliquer toutes les lois, c'est dur. Alors on choisit. Et c'est quand même plus facile de déloger des squatters que des propriétaires. Comme il est apparemment plus facile d'agrandir la prison, et d'en construire de nouvelles, que de construire des logements sociaux. Ou d'utilité publique, comme on voudra.

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jeudi, 13 novembre 2008

Le retour des clapiers

Logement social :
Le retour des clapiers


Le nombre de logements sociaux est en chute libre à Genève depuis dix ans : il y en avait 10'000 en 1998, il en reste la moitié aujourd'hui. Des 3000 logements sociaux votés par le Grand Conseil en 1991, aucun n'a vu le jour. Et si l'accord sur le logement signé fin 2006 prévoit de constituer 15 % du parc locatif en " logements d'utilité publique ", on commence à comprendre qu'en fait son utilité publique consiste à en revenir aux clapiers pour nécessiteux. Mark Muller a donné le ton : " les riches et les pauvres ne s'achètent pas les mêmes voitures ", il n'y a donc aucune raison pour que les logements des une respectent les mêmes normes que ceux des autres. Pour économiser (l'Etat ayant réduit de moitié son apport de fonds propres aux fondations HLM), on va " offrir un standing inférieur " aux logements dont les loyers sont plus bas. Se poser la question des coûts de construction n'est pas illégitime; en revanche, se la poser comme Muller  la pose, ça sent puissamment le projet de ghetto social.

Logements asociaux

On va donc " offrir un standing inférieur " aux habitants des logements sociaux. Ça veut dire quoi, un " standing inférieur " ? concrètement, ça veut dire des plafonds plus bas (les pauvres sont petits), des chiottes dans la salle de bain (les pauvres n'ont qu'à couvrir les odeurs de merde par celle des bains moussant M-budget), pas de balcons (de toutes façons, les pauvres, ça manque pas d'air), et pas de parkings en sous-sol (les pauvres n'ont qu'à garer leurs bagnoles de pauvres devant leurs immeubles de pauvres dans leurs quartiers de pauvres). Et, signale la Tribune, on envisage de considérer les couloirs comme des pièces. Un trois pièces vaudois, c'est trois pièces plus une cuisine. Dans un trois pièces genevois, la cuisine compte pour une pièce. Demain, c'est le couloir entre la cuisine et la pièce unique qu'on comptera pour une pièce. Et pour un quatre pièces, on comptera le placard à balais. Aujourd'hui, il est difficile à Genève de faire de visu la différence entre un logement social et un logement " libre " récents. Il était temps de mettre fin à cette confusion, qu'on sache enfin, rien qu'en regardant la gueule d'un immeuble, qui habite dedans : la plèbe, les petits bourges ou la Genève friquée.

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