mardi, 14 octobre 2014

Contingentement, libre circulation, bilatérales : C'est où, la sortie de l'impasse ?

C'est nouveau, ça vient de sortir, et ça confirme que personne, pas même les initiants, ne sait comment sortiur de l'impasse dans laquelle le vote du 9 février sur l'initiative udéciste contre l'« immigration de masse » a coincé la Suisse : Christoph Blocher est prêt à renoncer à exiger le retour aux contingents, et à admettre une autre solution (tout aussi xénophobe d'ailleurs, mais qui permettrait de ne pas casser les accords bilatéraux) : taxer les immigrants. Toute une série d'autres propositions diverses et contradictoires, venant d'à peu près tous les partis politiques représentés au parlement fédéral, font leur petit tour de piste médiatique pour tenter de concilier l'inconciliable (le vote du 9 février et les bilatérales) et ouvrir des « portes de sortie » (ou des itinéraires de contournement) de l'impasse du 9 février. En oubliant seulement qu'on ne peut sortir d'une impasse par une autre issue que celle par laquelle on y est entré. Et que c'est même la définition de l'impasse, que de ne pouvoir en sortir qu'en reculant. Et on vous fait grâce des rimes de la chanson paillarde que cela nous inspire.

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mardi, 25 mars 2014

Application de l'initiative « contre l'immigration de masse » : Le dilemme et le souk

bilatérales, libre circulationDilemme (plus cornecul que cornélien)  : faut-il respecter strictement la « volonté populaire » et appliquer rigoureusement l'initiative contre l'« immigration de masse » en cassant les bilatérales et en se retrouvant à l'égard de l'Union Européenne « Etat tiers », au rang du Monténégro ou de la Biélorussie (mais plus de l'Ukraine, désormais associée à l'UE ), ou ruser, en trahissant la « volonté populaire » et en n'appliquant de l'initiative que ce qu'elle a d'« eurocompatible », c'est-à-dire pas grand-chose ? Car l'initiative restera lettre morte tant qu'une loi d'application n'aura pas été votée, non seulement par le parlement, mais peut-être par le peuple, puisqu'un référendum est possible quel que soit le cas de figure : si la loi applique l'initiative, on aurait un référendum de gauche, et si elle ne l'applique pas, on aurait un référendum xénophobe. En attendant l'issue de ce dilemme, c'est déjà le souk entre secteurs économiques et entre cantons  pour obtenir, au cas où ils seraient mis en vigueur, la plus grosse part possible des contingents d'immigrants...

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mercredi, 29 janvier 2014

De quoi parle-t-on quand on parle de "libre circulation" ?

libre circulationDu beau principe à la réalité

De quoi parle-t-on quand on parle de "libre circulation" ? de "libre circulation" des personnes ou de "libre circulation" des travailleurs ? Ce qui est en cause dans le vote du 9 février sur l'initiative udéciste, ce n'est pas la "libre circulation", mais ce que les accords passés et les politiques menées en font, et qu'on nomme "libre circulation des travailleurs" alors que chacun des mots de cette expression est, dans la réalité, mensonger. Libre, la circulation ? Non : elle ne s'applique (et encore, avec des restrictions pour certains) qu'aux ressortissants de l'Union Européenne (ou aux pays avec lesquels des accords spécifiques ont été passés).  S'agit-il de "circulation" ? Non :  il s'agit, pour la Suisse, d'importation de main d'oeuvre. S'agit-il de "libre circulation des personnes" ? Non, il s'agit de "libre circulation" des travailleurs utiles à l'économie du pays.  On a donc d'abord une discrimination entre les Européens et les autres : La "libre circulation" n'est pas libre. On a ensuite une discrimination entre les travailleurs, et entre les travailleurs et les autres : la "libre circulation" est utilitariste. On a enfin un droit fondamental (la libre circulation) réduit à une politique spécifique de l'emploi. Bref,
la "libre circulation des travailleurs" n'est pas libre, n'est pas une circulation, est discriminatoire et utilitariste. Tromperie sur la marchandise...

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lundi, 09 décembre 2013

Menaces sur la « libre circulation » et les « bilatérales » : De l'utilité et de la légitimité

L'Ambassadeur de l'Union Européenne à Berne, faisant écho au gouvernement suisse, prévient (il ne menace pas, il prévient...) : si les Suisses devaient accepter le 9 février l'initiative de l'UDC contre l'«immigration de masse», la Suisse devrait révoquer l'accord de libre circulation, ce qui impliquerait la résiliation de l'ensemble des accords bilatéraux. On voit mal en effet pourquoi l'UE accepterait que soit remis en cause l'un de ses principes fondamentaux par un Etat qui, sans être membre de l'Union, a plus que les membres de l'Union, profité de ces accords. Quant à l'immigration, selon une étude commanditée par le patronat helvétique, elle serait productrice d'un tiers de la croissance nationale, sans l'être d'une «immigration de masse». Et de toute façon, pour nous, la question n'est pas de l'utilité de la libre circulation pour la croissance, mais de sa légitimité en termes de droits fondamentaux : dès lors que nous la revendiquons pour nous, cette légitimité doit être incontestable pour les autres aussi. Dès lors, les inquiétudes du patronat et les avertissements de l'Union Européenne, on s'en bat les francs...

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14:03 Publié dans Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : libre circulation, bilatérales, udc, votation | |  Facebook | | | |

lundi, 21 octobre 2013

Dix ans de « Libre circulation » : Daemon ex machina ?

On a célébré il y a quelque temps les vingt ans de l'échec de l'adhésion à l'«Espace Economique Européen», mais on n'a pas célébré l'année dernière les dix ans des « accords bilatéraux I », qui, pris ensemble, vont plus loin dans l'intégration européenne de la Suisse que l'aurait fait son adhésion à l'EEE. Plus loin, sauf dans un domaine : celui de la participation à la prise des décisions européennes que la Suisse va être, du fait de sa situation géographique et de ses rapports économiques, tenues d'appliquer sans avoir pu vraiment peser sur leur contenu.  De ces accords bilatéraux, le plus important, et le plus décrié au point d'être rendu responsable de tous les maux du moment, est sans doute celui sur la « libre circulation » des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse. On va donc s'offrir le plaisir pervers, sinon de chanter les louanges de cet accord, du moins de le défaire de cette fonction, trop commode pour être honnête, de daemon ex machina, à exorciser par le culte fétichiste de la frontière.

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lundi, 29 avril 2013

Contingentement de l'immigration en Suisse de travailleurs européens : Le lac des signes

Le 1er mai, fête internationale des travailleuses et des travailleurs, entrera en vigueur en Suisse un contingentement de l'immigration de travailleuses et travailleurs européens, décidé par le Conseil fédéral, qui a activé la « clause de sauvegarde » des accord bilatéraux pour « donner un signe » aux xénophobes et europhobes (de droite et de gauche) dans la perspective de votations à risques : sur l'élargissement de la libre circulation des personnes à la Croatie, sur l'initiative de l'UDC contre « l'immigration de masse » et sur celle des écoxénophobes d'Ecopop. C'est un signe de quoi, que nous donne ainsi un gouvernement mué en sémaphore ? Qu'on nous prend tous pour des cons (disons : des canards crétins du lac des signes). Parce que le Conseil fédéral lui-même sait, et admet à demi-mot, que le contingentement qu'il a décidé ne sert à rien. Et n'est que de la bouillie pour les chats mélangée à de la poudre de perlimpinpin et servie derrière un écran de fumée.

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vendredi, 20 avril 2012

Placebo migratoire : Le Conseil fédéral active la clause de sauvegarde des apparences


Le Conseil fédéral a décidé d'« activer » la « clause de sauvegarde » prévue dans l'Accord passé avec l'Union Européenne sur la libre circulation, et d'imposer dès le 1er mai, pour un an renouvelable une fois, des contingents d'immigrants pour les ressortissants polonais, hongrois, tchèques, slovaques, slovènes, lettons, estoniens et lituaniens. Le gouvernement suisse justifie cette mesure, critiquée par l'Union européenne, par la pression démographique exercée sur le pays, le dumping salarial qu'entraînerait l'immigration et la concurrence exercée par de « faux indépendants » venant des pays désormais contingentés. Or la mesure prise ne répond à aucun de ces problèmes, ne concerne que 6 %, tout au plus, de l'immigration en provenance de l'Union Européenne, et, comme le Conseil fédéral lui-même le sait, son remède n'est qu'un placebo...

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13:21 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : immigration, étrangers, europe, libre circulation | |  Facebook | | | |