lundi, 08 mai 2017

Présidentielle française : Macron élu sans surprise et sans enthousiasme

pas de victoire sans lutte.jpgLe vent du boulet

Au terme de la pire campagne électorale qu'ait connu la Ve République française, et de la plus faible participation électorale à une présidentielle depuis 1969 (quoiqu'une participation de 75 % ailleurs qu'en France, ce serait un tsunami électoral...) Emmanuel Macron a été élu à sa présidence. A une majorité très large, mais en trompe-l’œil : il n'obtient pas une majorité absolue du corps électoral (les 47 millions d'électrices et d'électeurs inscrit-e-s), compte tenu de l'abstention, des votes nuls et des votes blancs. Il atteint certes une majorité de presque deux tiers des suffrages exprimés, mais parce qu'en face, il y avait Le Pen. Ni contre Fillon, ni contre Mélenchon Macron n'aurait gagné avec une telle marge -peut-être même n'aurait-il d'ailleurs même pas gagné contre Mélenchon. Et n'importe lequel des "grands" candidats éliminés au premier tour aurait gagné contre Le Pen -mais sans doute avec une majorité moindre. L'élection de Macron est évidemment une défaite pour Le Pen ("une bonne claque aux mauvaises odeurs"), mais c'est qu'elle a fait campagne pour Macron : plus on la voyait et l'entendait, mieux on comprenait à qui et quoi on avait affaire. Elle a elle-même (était-ce involontaire ?) construit sa propre défaite. Il suffisait de la montrer pour qu'elle tombe, il suffisait pour éloigner la menace de son élection de laisser remonter, jusqu'au spectacle de l'ultime débat télévisé (où elle aura tout de même réussi à faire pire que Trump), tout le refoulé de l'extrême-droite française, submergeant la stratégie de "dédiabolisation" et la prétention de l'héritière d'être "la candidate du peuple". Au soir de sa défaite à la présidentielle, Le Pen s'est posée en cheffe de l'opposition à Macron ? Ce sera là encore le meilleur service qu'elle puisse lui rendre.
Reste que l'extrême-droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé lors d'une élection présidentielle française, et qu'il y tout de même de quoi s'interroger, et s'interroger sérieusement, rationnellement, politiquement, sur ce qui peut bien pousser un tiers des citoyennes et des citoyens d'un pays comme la France, avec l'histoire qu'elle a et la passion du politique qu'elle cultive, à voter pour ça... Le Pen était un boulet pour elle-même, mais on en a quand même senti le vent.

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mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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lundi, 24 avril 2017

1er tour de la Présidentielle française : Dégagismes en vrac

bris de verre.jpgEt la surprise, c'est qu'il n'y a pas de surprise : les deux favoris des intentions de vote depuis deux mois se retrouveront au deuxième tour, la grenouille de bénitier retourne dans son bénitier (la gueule tirée par ses partisans a illuminé notre soirée, dès lors qu'on ne pouvait considérer le fait que Le Pen ne sorte pas en tête comme une consolation suffisante de l'absence d'un candidat de gauche dans deux semaines) et Mélanchon capitalise l'essentiel des votes de gauche (dont l'essentiel des votes socialistes). Contre la "PRAF attitude" (pour "plus rien à foutre" de la politique), et la prédiction d'un taux d'abstention record, dépassant celui du deuxième tour de 1969 (30 %, mais le PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, était arrivé troisième avec 21 %  des suffrages, avait appelé à l'abstention), les Français se sont déplacés en masse pour voter. En râlant, mais en y allant. Ce qui confirme l'intérêt, même fort critique, pour la présidentielle au sein d'une population dont moins de 1 % est membre d'un parti politique, et où le taux de syndicalisation des travailleurs est l'un des plus bas d'Europe. Certes, le niveau de confiance des citoyennes et des citoyens à l'égard des "politiques" (qu'il s'agisse de la confiance en leur honnêteté et leur sincérité ou de la confiance en leur compétence) est fort bas (il est tout de même au-dessus de celui, rachitique, qu'on constate en Italie, en Espagne ou en Grèce), mais en même temps, l'attente à l'égard de la politique reste assez exceptionnellement élevée -à preuve, l'affluence aux meetings des cinq principaux candidats. Quant au résultat de ce premier tour, on en dira pour le moment que ceci : l'appel de Mélenchon au "dégagisme" a été entendu -mais au-delà de ses espérances, puisqu'il en a lui-même été victime. Il n'y aura donc, au second tour de la présidentielle, pour la première fois sous la Ve République,  aucun candidat issu d'un parti traditionnel de gouvernement, même si les candidats qui en étaient issus (Hamon, Fillon) ont fait de Macron leur candidat -mais par défaut.

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vendredi, 04 mai 2012

Présidentielle française : Entre deux fronts...

Tirer la chasse... et après ?

François Bayrou annonce qu'il votera pour François Hollande, ou plutôt contre Nicolas Sarkozy. Même s'il n'appelle personne à faire comme lui et ne donne que son choix personnel, ce choix, ajouté à celui de Marine Le Pen de voter blanc, favorise indubitablement le candidat socialiste. François Hollande n'est certes pas encore élu, mais rassembler de Mélenchon à Bayrou, contre la drague par Sarkozy de l'électorat du Front National, dans un « Front Républicain » façon « tripartite » des premiers gouvernements PC-SFIO-MRP de l'après guerre, c'est déjà une sorte de performance (même si Jacques Chirac avait fait encore mieux en 2002 en rassemblant de Sarkozy aux anars...). De toute façon, lundi, la France aura élu un nouveau président. Même si Sarkozy devait contre toute attente refaire son retard. Parce que le Sarko cuvée 2012 n'est plus le Sarko cuvée 2007 : il est pire. Dimanche, sauf énorme surprise, les Français auront tiré la chasse sur Sarkozy... mais au fond de la cuvette, le Front National sera toujours là...

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lundi, 23 avril 2012

Présidentielle française : rien n'est encore joué...

Il court, il court, le Sarko... après le FN...

François Hollande en tête, Nicolas Sarkozy premier président de la République a être battu au premier tour, le Front National à son plus haut niveau alors que la droite recule, la gauche qui avance malgré le score en demi-teinte du Front de gauche, le « centre » atomisé : le premier tour des présidentielles françaises rend certes optimiste pour le second tour, mais n'en présage en rien. Les intentions de vote au second tour donnent toujours l'avantage, avec huit point d'avance, à Hollande sur Sarkozy, mais rien n'est joué -et on s'attend à ce que Sarkozy fasse tout ce qu'il peut pour attirer à lui les électrices et les électeurs de Le Pen sans repousser celles et ceux de Bayrou... Dans son dernier numéro d'avant le premier tour, «Le Monde» titrait : « Nicolas Sarkozy, l'homme qui courait après les voix du FN ». Ces voix lui ont échappé, mais il va continuer pendant quinze jours à leur courir après.

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