jeremy corbyn

  • Brexit : Theresa May change de camp

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    May-Corbyn.jpgLe spectre de Corbyn

    Elle y aura mis deux ans, mais Theresa May a changé de camp : elle lâche les "hard brexiters", partisans d'une rupture complète avec l'Union Européenne, pour rejoindre celui des "soft brexiters", partisans d'un arrangement avec l'Union. Et du coup, elle se met à la recherche d'un compromis avec l'opposition travailliste -mais pas avec les opposants au Brexit, partisans d'un nouveau référendum. Excluant un "no deal", une rupture sans accord, qui entrerait en vigueur vendredi prochain, elle a rencontré Jeremy Corbyn, chef eurosceptique d'un Parti travailliste opposé au Brexit pour tenter de trouver avec lui et son parti un projet crédible à présenter aux Européens mercredi, pour obtenir d'eux un nouveau report (au 22 mai, ce qui éviterait aux Britanniques de devoir organiser des élections européennes) du délai pour le départ du Royaume "Uni" de l'Union -mais pas forcément du marché unique ou de l'union douanière. Corbyn, lui, est certes partisan d'une sortie négociée de l'UE (il avait d'ailleurs voté contre l'adhésion du Royaume Uni à la Communauté européenne, en 1975), et du maintien dans une union douanière pour limiter les dégâts économiques et sociaux du Brexit et respecter les règles environnementales et sociales européennes, mais il veut surtout provoquer de nouvelles élections, qu'il pourrait gagner tant la gestion du Brexit par le gouvernement en place (mais aussi par la Chambre des Communes) est chaotique : la Première Ministre a essayé trois fois de trouver une majorité au parlement sur le projet d'accord qu'elle avait négocié avec l'UE, elle a échoué trois fois (la dernière fois le 29 mars, par 344 voix contre l'accord et 286 pour), et aucune solution "alternative" à cet accord n'a trouvé non plus de majorité, la seule majorité se dessinant étant celle constituée des "brexiters durs" trouvant l'accord trop conciliant avec l'Union et des proeuropéens voulant revenir sur le Brexit. Et comme May refuse à la fois de sortir de l'Union sans accord et d'organiser un second référendum, elle n'a d'autre solution que d'essayer une quatrième fois de trouver une majorité aux Communes -et de négocier avec l'opposition pour la trouver.  Sans quoi, il ne resterait plus que quatre solutions théoriques, mais dont aucune ne paraît pouvoir recueillir une majorité parlementaire : renoncer purement et simplement au Brexit, sortir de l'UE sans accord, l'accord déjà conclu et déjà refusé par le parlement, ou le plan de Jeremy Corbyn -que refusent les conservateurs les plus droitiers, pour qui le chef de la "très fidèle opposition de Sa Majesté" (le titre officiel de Corbyn) est un "marxiste notoire". Et donc, comme dirait Marx, "un spectre plane" sur le Royaume-Uni  : "Le spectre de Corbyn nous donnant des leçons dans une attitude ressemblant à celle d'un Premier ministre me glace le sang et me fait peut pour mon parti et mon pays", fulmine l'ancien leader conservateur Iain Duncan Smith.

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    Lien permanent Catégories : Europe, Politique 1 commentaire
  • Elections législatives britanniques : A qui perd, gagne

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    8626622.jpgDes législatives, les françaises, en ont chassé d'autres, les britanniques, aux places de choix des media, mais on peut tout de même revenir à celles qui ont ouvert les feux -elles sont tout aussi intéressantes, à leur manière : en Grande-Bretagne, on a voté à qui perd gagne, quand en France on a voté pour renforcer encore les chances de victoire de ceux dont on annonçait déjà la victoire. Donc, les conservateurs de Theresa May ont perdu la majorité absolue à la Chambre des Communes et sont contraints de passer alliance avec l'extrême-droite nord-irlandaise pour rester au pouvoir, mais ils demeurent le premier parti du Royaume-Uni, avec 42,4 % des suffrages (enfoncés, les "Marcheurs" macroniens). En face, les travaillistes de Jeremy Corbyn progressent de manière spectaculaire pour atteindre plus de 40 % des suffrages et gagner 29 sièges), mais restent minoritaires (à une quarantaine de sièges des conservateurs) et ne pourraient former un gouvernement qu'en s'alliant aux nationalistes (de gauche) écossais et irlandais, et aux libéraux. Ainsi, ceux qui ont perdu les élections gardent le gouvernement, et ceux qui les ont gagnées restent dans l'opposition. Et tout cela affaiblit considérablement la Grande-Bretagne dans sa négociation avec l'Europe sur les conditions du Brexit, que Theresa May promettait "dur". Mais là, avouons-le, une certaine Schadenfreude nous titille.

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