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  • Urgences sociale et climatique contre lenteurs démocratiques

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    Laisser trop de temps au temps ?

    L'urgence politique, quelle qu'elle soit, se heurte à la lenteur des processus institutionnels en démocratie. Il faut être en Chine pour pouvoir construire un hôpital de 2000 places en dix jours. L'urgence climatique et l'urgence sociale (qu'un projet écosocialiste veut relever ensemble) sont ainsi confrontées chez nous aux délais imposés par les lois et les constitutions, par les rapports de force politique et les possibilités de recours judiciaires, par les droits démocratiques eux-mêmes. Il faudrait, pour répondre à l'urgence climatique, prendre aujourd'hui des mesures radicales contre la consommation d'énergies fossiles, le relâchement de CO2 dans l'atmosphère, l'extraction de ressources minières -mais il faut des années à la plus prudente des lois ne faisant que s'engager dans cette voie  pour faire le parcours de sa proposition à sa réalisation. Et si l'on veut des exemples plus bitume à bitume et plus locaux, on n'en manque pas.  L'urgence sociale souffre de la même contradiction avec le rythme institutionnel : il faudrait aujourd'hui instaurer un revenu minimum,  mais pour l'instaurer, il faut modifier la constitution, puis élaborer des lois d'application de cette modification, passer l'étape des recours et du référendum... comptez des années, si ce n'est plus -il aura fallu trente ans pour instaurer l'AVS. Il faut "laisser du temps au temps", susurrait  Mitterrand. Sans doute, mais il est des urgences qui commanderaient de n'en point trop perdre -sauf à renoncer à y répondre.

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  • Institutions et citoyenneté : les termes d'un débat

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    En marge de la foirade constituante genevoise
    Institutions et citoyenneté : les termes d'un débat


    Nos institutions politiques nous viennent d'un temps qui, s'ils furent de naissance de la démocratie (ou plutôt : d'une certaine forme, tronquée, de démocratie) furent aussi ceux de la contention de la démocratie dans des limites qui ne furent pas fixées par les citoyens (et moins encore par les citoyennes), ou par les peuples, mais par les pouvoirs politiques eux-mêmes. Ces institutions (l'Etat et ses appareils, la nation et ses idéologies) sont d'une démocratie vieillie, partielle, amputée ; d'une démocratie fondée sur la nation par crainte du peuple, sur  le territoire par crainte de l'étranger et sur l'Etat par crainte des citoyens (et plus encore, sans doute, des citoyennes). Ces institutions sont de fermeture. A l'égard des étrangers, d'abord (les droits politiques restent pour l'essentiel le privilège d'un indigénat déterminé par la naissance et le territoire, ou l'octroi à bien plaire de la nationalité par naturalisation -il n'est d'ailleurs pas sans ironie que le même terme signifie l'octroi de la nationalité et la taxidermie des cadavres) ; à l'égard des jeunes et des femmes ensuite ; des marges sociales, culturelles et politiques, enfin. Et des pauvres, surtout, de ces  « classes dangereuses  » que par mille moyens l'on tenait éloignées de l'exercice des droits que l'on proclamait par ailleurs.

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