lundi, 30 octobre 2017

Catalogne : La tutelle contre l'indépendance

Cop de falç.jpgBon cop de falç ?

L'adoption par le parlement catalan d'une déclaration d'indépendance ne devrait surprendre personne, surtout pas à Madrid : elle n'est que le terme symbolique d'un processus engagé depuis cinq ans, et une étape dans celui, décidé par le même parlement, d'un "processus constituant" devant déboucher sur un "Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : la République catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne surprendra pas plus, tant elle était annoncée, et dans la droite ligne de toutes les réponses données à Madrid aux revendications catalanes depuis dix ans. La crise commence en 2006, lorsqu'un statut d'autonomie négocié entre Barcelone et Madrid, accepté par les parlements catalan et espagnol et ratifié par référendum, est saboté par une cour constitutionnelle instrumentalisée par le parti de droite aujourd'hui au pouvoir, et qui a refusé à la Catalogne ce qui avait été accordé au Pays Basque. La seule réalité qui empêche de comparer les dernières décisions du gouvernement de Rajoy (mise sous tutelle des institutions catalanes, destitution du gouvernement catalan, à commencer par son président, prise de contrôle de la police autonome, des finances, des télécommunications, des media publics, de l'enseignement... ) à celles d'Erdogan en Turquie après le putsch foireux de l'an dernier, c'est l'absence de moyens du premier de les concrétiser si les indépendantistes catalans décidaient d'y opposer une insoumission de masse, si pacifique qu'elle soit. Or c'est précisément ce à quoi ils appellent, par la voix de leur président (destitué par Madrid), Carles Puigdemont : "la meilleure manière de défendre les victoires obtenues jusqu'à ce jour est l'opposition démocratique" pour "construire un pays libre" de manière pacifique, et d'ores et déjà, des "comités de défense de la République" appellent, localement, à la "résistance pacifique" à la tutelle de l'Etat central.

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14:58 Publié dans Europe, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : catalogne, nation, indépendance | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 septembre 2014

Ecosse : l'indépendance à portée d'urnes

Breith ar Ecosse, référendum, SNP, indépendance, nationNáisiún ?*
 
*oui, d'accord, c'est approximatif, vu que c'est de l'irlandais, pas de l'écossais, mais on va pas chipoter : c'est quand même du gaëlique. Et ça veut dire "naissance d'une nation"...

Le "non" à l'indépendance de l'Ecosse est majoritaire, mais c'est le "oui" qui est vainqueur ? La politique n'est pas un dérivé de l'arithmétique, surtout au pays du whisky et du Loch Ness. 97 % de celles et ceux qui en avaient le droit s'étaient inscrits sur les listes électorales et plus de 80 % d'entre elles et eux ont voté (c'est  le plus haut taux de participation de tous les scrutins organisés en Grande-Bretagne depuis l'instauration du suffrage universel) : c'est une première victoire des partisans de l'Indépendance : ils ont forcé au débat, forcé à admettre la légitimité de leur projet. Pour arracher un "non" à l'indépendance, le gouvernement britannique et son opposition travailliste ont beaucoup promis en même temps qu'ils menaçaient beaucoup. Les menaces étaient de pure tactique, mais les promesses, il va bien falloir les tenir... Au pire, le vote écossais aboutira à une autonomie très élargie. Au mieux, à l'indépendance -mais non à une indépendance de bastion, d'isolement, de forteresse : le Parti national écossais n'a jamais eu l'intention de reconstruire le Mur d'Hadrien.

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15:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ecosse, référendum, snp, indépendance, nation | |  Facebook | | | |