lundi, 24 avril 2017

1er tour de la Présidentielle française : Dégagismes en vrac

bris de verre.jpgEt la surprise, c'est qu'il n'y a pas de surprise : les deux favoris des intentions de vote depuis deux mois se retrouveront au deuxième tour, la grenouille de bénitier retourne dans son bénitier (la gueule tirée par ses partisans a illuminé notre soirée, dès lors qu'on ne pouvait considérer le fait que Le Pen ne sorte pas en tête comme une consolation suffisante de l'absence d'un candidat de gauche dans deux semaines) et Mélanchon capitalise l'essentiel des votes de gauche (dont l'essentiel des votes socialistes). Contre la "PRAF attitude" (pour "plus rien à foutre" de la politique), et la prédiction d'un taux d'abstention record, dépassant celui du deuxième tour de 1969 (30 %, mais le PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, était arrivé troisième avec 21 %  des suffrages, avait appelé à l'abstention), les Français se sont déplacés en masse pour voter. En râlant, mais en y allant. Ce qui confirme l'intérêt, même fort critique, pour la présidentielle au sein d'une population dont moins de 1 % est membre d'un parti politique, et où le taux de syndicalisation des travailleurs est l'un des plus bas d'Europe. Certes, le niveau de confiance des citoyennes et des citoyens à l'égard des "politiques" (qu'il s'agisse de la confiance en leur honnêteté et leur sincérité ou de la confiance en leur compétence) est fort bas (il est tout de même au-dessus de celui, rachitique, qu'on constate en Italie, en Espagne ou en Grèce), mais en même temps, l'attente à l'égard de la politique reste assez exceptionnellement élevée -à preuve, l'affluence aux meetings des cinq principaux candidats. Quant au résultat de ce premier tour, on en dira pour le moment que ceci : l'appel de Mélenchon au "dégagisme" a été entendu -mais au-delà de ses espérances, puisqu'il en a lui-même été victime. Il n'y aura donc, au second tour de la présidentielle, pour la première fois sous la Ve République,  aucun candidat issu d'un parti traditionnel de gouvernement, même si les candidats qui en étaient issus (Hamon, Fillon) ont fait de Macron leur candidat -mais par défaut.

Lire la suite

14:46 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : macron, le pen, mélenchon, hamon | |  Facebook | | | |

mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

Lire la suite

13:15 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, hamon, mélenchon, valls, macron | |  Facebook | | | |

mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

Lire la suite

15:24 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : gauche, macron, mélenchon, hamon | |  Facebook | | | |