lundi, 26 juin 2017

Le Brexit et ses dommages collatéraux

Belfast 1970.jpgRéveil d'un spectre irlandais

Une année après le vote de la majorité des Britanniques pour la sortie de l'Union Européenne, le "Brexit" commence donc réellement à être négocié, entre un gouvernement britannique affaibli par l'échec des conservateurs aux élections qu'ils avaient eux-mêmes provoquées, et une Union européenne revigorée par une succession d'élections perdues par les europhobes, culminant avec le triomphe d'Emmanuel Macron. Le Brexit avait pris l'Europe par surprise, alors qu'elle était en pleine crise, la négociation de ses conditions signe, écrit "Le Monde", le "retour en force du politique". On ne sait évidemment rien de ce qui sortira des négociations entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Rien, sinon que la Grande-Bretagne (et l'Irlande du nord) ne conservera pas les droits que lui accordait son statut de membre de l'Union. Les négociations vont sans doute durer les deux ans que le traité de Lisbonne leur accorde. Et il est peu vraisemblable que lors de leur conclusion, Theresa May soit toujours Premier Ministre à Londres. D'autant que si le spectre d'un éclatement du Royaume-Uni par la séparation de l'Ecosse s'éloigne, celui d'une reprise du conflit nord-irlandais pointe le bout de son suaire -et c'est bien le Brexit qui l'a réveillé...

Lire la suite

15:04 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brexit, grande-bretagne, irlande du nord, irlande, ulster | |  Facebook | | | |

mardi, 30 août 2016

Après le "Brexit", quoi ?

chapeau-cerveau.jpgBoucher les trous de la construction européenne...
  
Un peu de temps passé depuis le vote populaire sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne permet d'y voir un peu plus clair sur les raisons de ce vote, mais pas vraiment sur ses conséquences. Sinon qu'il n'y aura pas de nouveau vote pour éventuellement annuler celui d'il y a deux mois : ainsi a a décidé la nouvelle cheffe du gouvernement, Theresa May, qui s'opposait au Brexit mais a déclaré qu'il fallait en assumer les conséquences : "Brexit signifie Brexit", et pas sortie à moitié et maintien à moitié : vous avez voulu sortir, nous sortirons. Quand, comment, à quel prix ? Nul n'en sait rien : ni ceux qui voulaient sortir, ni ceux qui voulaient rester, ni l'Union Européenne elle-même. Alors, après le Brexit, quoi ?  "Il faut arrêter de pleurer" plaide Daniel Cohn-Bendit, qui considère qu'il faut utiliser l'opportunité du départ du Royaume-Uni pour relancer la construction européenne sur des bases démocratiques, avec un contenu et des ambitions plus larges que celui d'un marché et celle de son extension. Bel enjeu, car l'UE telle qu'elle est n'est pas défendable (d'où le vote "europhobe" d'une partie importante des classes populaires), mais elle ne prend pas le chemin de sa réforme : 27 gouvernements, dont chacun dispose d'un droit de veto, vont négocier entre eux et avec le Royaume-Uni les modalités du Brexit. Le résultat de ces négociations sera forcément un compromis, plus ou moins solide ou boîteux, mais faisant l'impasse sur les questions de fond. On va donc assister à une gigantesque distribution de rustines pour boucher les trous de la construction européenne, sur fond de montée des populismes europhobes.

Lire la suite

14:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brexit, grande-bretagne | |  Facebook | | | |

mardi, 15 septembre 2015

Election de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste britannique : Fin (enfin) du blairisme ?

 

Corbyn, Blair, Labour, Grande-Bretagne

 

Au risque, parfaitement assumé, d'une déperdition électorale, et convaincus qu'il vaut mieux, pour exister politiquement, affirmer ce qu'on est au risque de perdre, que de se perdre soi-même pour ne pas effrayer le "centre", les membres et les sympathisants du Parti Travailliste britannique ont élu triomphalement (au premier tour, avec près de 60 % des suffrages, quarante points devant son plus proche concurrent) Jeremy Corbyn, représentant emblématique de l'aile gauche du parti à leur tête. Toute la "gauche de la gauche" européenne a chaleureusement salué la victoire du "gauchiste" britannique... en oubliant opportunément que ce n'est pas en créant un  nouveau parti, ou en rassemblant dans une coalition fragile, forcément fragile, les morceaux épars d'une "gauche radicale" toujours plus prompte à la division qu'à l'unité, que Jeremy Corbyn et ses partisans ont renforcé cette fameuse "alternative de gauche à la social-démocratie"... mais en prenant la tête de la social-démocratie, au nom de ce qu'elle était et avait renoncé à être pour se liquéfier dans le "social-libéralisme" à la Tony Blair.

Lire la suite

15:33 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corbyn, blair, labour, grande-bretagne | |  Facebook | | | |

mardi, 12 mai 2015

Elections britanniques : la gauche au nord du mur, la droite au sud...

Mémoires d'Hadrien

Un parti travailliste qui souffre, non sans qu'il y ait quelque justice à l'en faire souffrir, des années de dérives blairistes et de son alignement sur les conservateurs lors du référendum écossais, et un parti conservateur qui triomphe, mais dont la base électorale se concentre de plus en plus dans une partie congrue de la Grande-Bretagne, laissant l'Ecosse, le Pays de Galles, le nord ouvrier et la plupart des grandes villes à l'opposition travailliste ou "séparatiste" écossaise ou galloise : Le Mur d'Hadrien est un mur politique -la gauche au nord du mur (le parti national écossais est le plus à gauche des grands partis en lice), la droite au sud du mur (et même au sud du sud). Et les travaillistes ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes de leur défaite, et de la victoire, non pas conjointe, ni partagée, mais parallèle, de leurs adversaires conservateurs et de leurs concurrents écossais : ils n'ont pas convaincu de leur capacité d'être redevenus une alternative de gauche aux premiers, et ils paient leur opposition aux seconds lors du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, gagné par Londres grâce au Labour. Résultat : le grand vainqueur des élections est le Parti National Ecossais, le Premier ministre conservateur est reconduit dans ses fonctions sans majorité populaire et les chefs des trois partis défaits, les travaillistes, les libéraux et les europhobes, ont rendu leur tablier, chargé de trop de vestes...

Lire la suite

15:24 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ecosse, grande-bretagne, snp, travaillistes, labour | |  Facebook | | | |

mercredi, 10 avril 2013

Mort de la baronne Thatcher de Kesteven : Remember...

BobbySands.jpegPremier ministre de Grand-Bretagne (et d'Irlande du nord, hélas) pendant onze ans, de 1979 à 1990, morte lundi à l'âge de 87 ans, mais absente au monde depuis dix ans, Margaret Thatcher aura « marqué son époque », répètent à satiété les nécrologues. Marqué son époque, en effet. Mais comment, et par quoi ? Par une seule bonne action -et encore fut-elle involontaire : avoir provoqué la chute des militaires fascistes argentins en envoyant son armée récupérer les Malouines. Pour le reste... Le cercle des potentats retraités ou déchus accable sa dépouille d'hommages, et les potentats en place font chorus : c'est l'une de leurs qui vient de mourir, et c'est sur leur destin à eux aussi qu'ils pleurent, pendant que nous nous souvenons d'un certain Bobby Sands...

Lire la suite

13:51 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : thatcher, angleterre, grande-bretagne, irlande du nord, sands, bobby sands, ira | |  Facebook | | | |