vendredi, 27 novembre 2015

Grèves à Genève : La DMEDD reprend le travail...

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"Il faut savoir terminer une grève" (Maurice Thorez). Ou la reprendre (la fonction publique genevoise) 
   
Cela fait bien trois mois que nous (la gauche) sommes prêts à étudier le projet de budget 2016 de la Ville de Genève, et qu'on attend que la DMEDD (Droite municipale élargie, distendue et dilatée) se déclare prête, elle aussi, à faire son boulot et à nous laisser faire le nôtre. Et ouf ! ça y'est : la DMEDD a accepté d'entrer en matière sur le projet de budget. On peut commencer à bosser. Ou plutôt : les membres de la commission des finances du Conseil municipal peuvent commencer. Quant à ceux des autres commissions, dites "spécialisées", ils devront s'organiser eux-mêmes, entre eux : le projet n'est pas renvoyé à leurs commissions. Pas le temps. Trop de temps perdu à attendre que la DMEDD mette fin à la grève qu'elle avait entamée fin août. Trois mois de grève, dis donc... la fonction publique cantonale peut en prendre de la graine. Nul doute, dès lors, que la droite municipale sera la première à soutenir la reprise de la grève de la fonction publique genevoise. Il y a septante ans, Maurice Thorez lançait aux travailleurs français son fameux "il faut savoir terminer une grève". La droite municipale a mis septante ans à l'apprendre, mais au moins, c'est fait. Et ne soyons pas mauvais joueurs : la droite municipale a du même mouvement, fût-ce sans le vouloir, reconnu la légitimité du droit de grève et celle du droit à la paresse, proclamé il y a bientôt un siècle et demi par le camarade Paul Lafargue, et nous saluons ce ralliement. Non sans rester quelque peu suspicieux : que la droite municipale
ait fini par accepter de faire son travail ne signifie pas encore qu'elle va le faire intelligemment.

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jeudi, 12 novembre 2015

Grèves de la fonction publique et de la construction : Belles couleurs genevoises d'automne

grève, fonction publiqueLes couleurs de cet automne sont belles, à Genève  : Le mouvement est considérable, quantitativement, par le nombre des grévistes et des manifestants, et qualitativement, par leur détermination et par la rencontre des travailleurs de la fonction publique et de ceux de la construction. La grève de la fonction publique genevoise, entamée mardi, poursuivie mercredi, reconduite aujourd'hui, est un indéniable succès, qu'on le mesure par le pourcentage de grévistes, le nombre de manifestants (10'000 mardi, autant mercredi)... les commentaires furieux, et souvent insultants, déféqués sur les réseaux sociaux... alors même que cette grève, est moins une grève pour la défense de droits acquis par et pour le personnel des services publics qu'une grève pour le maintien des prestations à la population, de leur qualité et de leur accessibilité -autrement dit : une grève pour les habitantes et les habitants de Genève, y compris celles et ceux qui conchient la grève et les grévistes.

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mercredi, 18 février 2015

Aujourd'hui, Journée d'action mondiale en défense du droit de grève

Le dernier des droits quand on a perdu tous les autres ?

A l'appel de la Confédération syndicale internationale, aujourd'hui est une une journée d’action mondiale en défense du droit de grève. Un droit si fondamental qu'il est le dernier des droits collectifs dont on puisse user pour résister lorsque tous les autres ont été abolis et qu'on ne s'est pas encore résolu à la lutte armée, et qu'il est aussi le premier que les dictatures abolissent et qu'en démocratie, les tentatives de le rogner, le conditionner, le soumettre à autorisation, le monnayer, même. Entre 17h et 18h, à l'appel de la Communauté genevoise d'action syndicale et du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat, un rassemblement de défense du droit de grève se déroulera au Parc Saint-Jean, à côté du siège de la Fédération des entreprises romandes (un rassemblement avec le même objectif est organisé pour les salariés des organisations internationales, à midi, place des Nations). Les syndicats entendent ainsi protester contre les attaques au droit de grève perpétrées, localement, par le patronat genevois (et relayées par ses porte-flingues politiques habituels, ou plus récents, comme le MCG) et, internationalement, par les représentants du patronat (et de certains Etats) au sein de l'Organisation Internationale du Travail.    

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jeudi, 04 décembre 2014

Grève (ou pas) des Transports Publics Genevois : Efficace, en plus d'être légitime...

TPG, grève

Un accord*a été trouvé entre les syndicats des TPG et les employés de la régie d'une part, le Conseil d'administration et la direction d'autre part : La grève annoncée des Transports Publics Genevois pour aujourd'hui n'aura pas lieu -les employés en ont décidé cette nuit). La grève de la semaine dernière et la menace de grève de cette semaine ont été couronnées de succès, après des négociations provoquées par la grève elle-même -et c'est sans doute ce que ceux qui depuis dix jours accablent les syndicats et les employés des TPG d'injures et de menaces vont le moins bien digérer : la grève, en plus d'être légitime, c'est efficace. Quand c'est bien organisé, et que ça intervient à temps, c'est-à-dire avant que les décisions combattues soient prises, pas après, quand c'est trop tard, comme à la Boillat ou à Merck Serono... La grève des TPG était préventive ? oui. Et elle a prévenu. Et même si rien n'est encore joué (la question, éminemment politique, des moyens à allouer aux TPG pour compenser la baisse des tarifs décidés par le peuple, moyens que les majorités parlementaires et gouvernementales refusent de leur allouer), la grève et la menace de grève sont porteuses d'enseignements -à commencer par celui-ci : un rapport de force, ça se construit avant la confrontation, pas après, quand on a déjà perdu et qu'on ne peut plus négocier que le prix de la défaite et le nombre des victimes. 
Cet après-midi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville,
à l'appel de tous les syndicats genevois, on se rassemblera pour soutenir toutes les actions de défense du service public et de leur personnel. 
   
* L’accord prévoit l’absence de licenciement pour la période 2015-2018, le maintien des mécanismes salariaux statutaires, le maintien des effectifs pour 2015 sur la base de l’effectif en vigueur au 31 décembre 2014. Pour les autres années du contrat de prestations, l’évolution des effectifs sera discutée chaque année. L’entreprise et les syndicats s’engagent à analyser l’offre, les temps de parcours et les horaires de conduite avec pour objectif une adaptation dès avril 2015. L’entreprise s’engage aussi à intervenir auprès de la caisse de pension pour que les retraités bénéficient pour les deux prochaines années de 700 fr. en guise de remerciement pour les services accomplis. Pour 2017, l’entreprise s’engage à mettre en place un fonds de solidarité.
De leur côté, les syndicats s’engagent à négocier un service minimum dès janvier 2015.
 

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mercredi, 03 décembre 2014

Transports publics genevois, fonction publique, budget du canton : SchwarzPeter in Genf

touche pas a mes TPG.JPGDemain, comme nul en Romandie ne peut l'ignorer, les Transports Publics Genevois devraient être en grève, malgré un début de commencement de négociation «  encourageant », selon les syndicats. « Qui pilote le droit de grève dans les services publics et aux TPG ? », s'interrogentla Communauté genevoise d'Action Syndicale et le Cartel Intersyndical des services publics. Réponse : personne. Les syndicats négocient, organisent la grève, exercent le droit de grève -mais leurs interlocuteurs,à commencer par le gouvernement,, jouent à propos de la grève comme à propos du financement du service public, au très vieux jeu du « SchwarzPeter », où il s'agit de se débarrasser le plus vite possible d'une carte (le « Pierre noir ») en la refilant au voisin. Le gouvernement renvoie les syndicats au Conseil d'administration des TPG, ou à leur direction qui les renvoie au Conseil d'administration, avec qui les syndicats négocient mais qui les renvoie quand il peut au parlement ou au gouvernement qui les renvoie au parlement qui les renvoie au gouvernement. Lequel est lui aussi, dans ce conflit comme dans d'autres, en grève. Mais depuis un an. Et sans aucun service minimum.
Demain jeudi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville, à l'appel de tous les syndicats genevois, on se rassemblera pour soutenir la grève des TPG et les actions de défense du service public. Y'a urgence.

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vendredi, 21 novembre 2014

Au lendemain de la grève des Transports Publics Genevois : Gueule et langue de bois (de justice) à droite

 

TPG, grève

C'est fou ce que ça peut être révélateur, une grève réussie -et on ne parle pas là de la capacité des travailleurs et de leurs syndicats à l'organiser, et de la gauche à la soutenir, mais des réactions qu'elle suscite à droite. La « Tribune de Genève » de mardi annonçait le « chaos » -mais « chaos » il n'y eut point. Sinon dans la masse de déclarations à la mord-moi-le-tram qui ont salué la « grève à la française ». Toute déçue de ce que les syndicats opposés à la grève n'aient pas pour autant accepté de la casser, que la police ne soit pas intervenue contre les piquets et que le chaos annoncé ait fait défaut, la droite nous fait un gros caca nerveux : Pour le PLR, la grève est « scandaleuse et totalement anti-démocratique »... Antidémocratique, l'usage d'un droit constitutionnel  ?  C'est vrai que dans la constitution libérale de 1815, y'avait pas le droit de grève. Mais bon, deux cent ans et deux constitutions plus tard, faut vous y faire, les gars : la démocratie a progressé. Avec le droit de grève.

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jeudi, 06 décembre 2012

Aujourd'hui, grève de la fonction publique genevoise

Ah, la (pas) belle escalade !

On se souvient que l'intention de nombreux enseignants de ne pas organiiser de fêtes de l'Escalade* dans les Cycles d'Orientation, pour protester contre les «économies»  budgétaires proposées par le Conseil d'Etat (et les coupes proposées par la droite) a fait hurler au scandale, au crime de lèse-majesté, à la prise en otage de nos chères têtes blondes pour des raisons (beuark) politiques ou (pfff...) syndicales. Or cet après-midi, les acteurs de ce boycott seront dans la rue, et feront cortège, avec d'autres travailleurs et travailleuses de la fonction publique. Ce cortège ne sera pas un cortège de l'Escalade mais contre l'escalade. Mettez une majuscule ou une minuscule à un mot, et son contenu change : demain, ce n'est pas un cortège DE l'Escalade avec un E majuscule qui se rassemblera à 16 heures 15, à la place de Neuve. C'est un cortège CONTRE l'escalade avec un e minuscule. Contre l'escalade des propositions de coupes budgétaires irrationnelles et des propositions délirantes (comme celle de multiplier par quinze le montant de la taxe personnelle payée par chaque contribuable, y compris celles et ceux dont le revenu est si bas qu'il n'est même pas imposable et que les huissiers de l'Office des Poursuites n'y trouvent plus rien à saisir...), Un cortège pour le service public, c'est-à-dire pour ce qui garantit l'exercice réel des droits sociaux de la population...

*pour les allogènes, précisons que l'Escalade est la fête « nationale » genevoise, célébrant (pour résumer) la victoire des pasteurs français sur les mercenaires espagnols du Duc de Savoie...

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jeudi, 21 juin 2012

Merck Serono confirme la fermeture de son site genevois . « Consternation » ou solidarité ?

La direction de Merck Serono n'a rien lâché : la consultation du personnel, c'est fini. Et au terme de cette consultation, on en est quasiment, à quelques détails près, au même point qu'à son lancement : on ferme ! Le siège genevois de Merck Serono sera fermé, celui de Coisins aussi, 500 postes administratifs, de recherche et de développement sont supprimés, ainsi que 80 postes de production, et 750 collaborateurs se voient proposer un déplacement en Allemagne, aux Etats Unis ou en Chine. Rien en Corée du Nord ou en Somalie ? Le Conseil d'Etat genevois exprime sa « colère et sa consternation » ? Nous pourrons, aux côtés des Seronos, exprimer nous aussi notre colère, avec moins d'hypocrisie et moins de consternation, et plus de solidarité, dans la rue avec la manifestation prévue à 14h depuis le site Merck Serono (Sécheron) jusqu’à l’Hôtel de Ville...

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jeudi, 17 novembre 2011

Licenciements, délocalisations, démantèlements, austérité budgétaire... : Faire face ensemble ou tomber séparément ?

Plus de 2000 personnes ont manifesté samedi dernier à Nyon pour défendre le maintien du site et des emplois de Novartis à Prangins. «Vasella, t'es pas là, les indignés sont tous là», scandait-on dans le cortège. « Tous là », vraiment ? Dans tous les mouvements de résistance aux licenciements, aux délocalisations, aux démantèlement qui se succèdent, ce qui frappe, c'est plutôt l'extrême fragmentation, locale et sectorielle, de ces résistances. Novartis, Bopst, Kudelski, et demain les mobilisations pour le renouvellement des conventions collectives dans la construction, puis la métallurgie, puis La Poste et Swisscom, puis contre les mesures d'austérité budgétaires cantonales et municipales : un clou chasse l'autre, un combat succède à un autre, mais sans mobilisation générale, sans résistance globale, sans mouvement unifiant. Or nous le savons : nous ferons face ensemble, ou nous tomberons séparément.

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mercredi, 20 janvier 2010

Bagagistes de l'aéroport de Genève : Les leçons d'une grève

Après dix jours de grève, les bagagistes de l'aéroport de Genève ont fait plier leur employeur (Swissport), contraint le gouvernement à intervenir, et mis en lumière les conséquences des politiques d'entreprise et de site menées par l'Aéroport, les entreprises privées qui y agissent et les autorités cantonales, politiques qui se résument en un mot, à la fois invocation religieuse et mot d'ordre politique : la concurrence. Les grévistes n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient, mais ils ont obtenu beaucoup plus que ce que prétendait leur laisser leur employeur, et le syndicat croupion qu'il avait hérité de Swissair -et utilisait comme Swissair : une nouvelle convention collective de travail, la suppression des réductions de salaire en cas de maladie, 190 francs d'augmentation de traitement pour les portefaix et quarante francs pour tous les autres employés de Swissport. Qui se plaint : c'est un million de plus à débourser par an. Pour une entreprise multinationale dont le chiffre d'affaire se situe autour des deux milliards, et dont on se doute bien que les patrons gagnent bien plus en un an que le million que les 300 employés genevois de Swissport vont, modestement, se partager.

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vendredi, 08 janvier 2010

Le gouvernement, l’aéroport, la grève : Courage, fuyons !


Il aura donc fallu six jours de grève des bagagistes de l'aéroport (la première longue grève à Cointrin) pour que l'autorité politique de tutelle, le Conseiller d'Etat François Longchamp, consente à intervenir, après avoir adopté pour mot d'ordre, comme d'ailleurs la direction de l'aéroport, un piteux « courage, fuyons ! », agrémenté d’un non moins piteux « c’est pas notre problème ». Pour intervenir dans ce conflit, Longchamp avait pourtant un large choix de casquette : en bon radical cumulard, il est président du Conseil d'Etat, il est ministre de la solidarité et de l'emploi, il est président de l'Aéroport, il est chef de la Chambre des relations collectives de travail. C'est le poids de ces casquettes qui l'immobilisait ? Quel que soit son issue,  l’une des beautés de la grève fut contraindre à la fois les chefs politiques à faire leur boulot de chefs politiques, et les chefs et les cadres de Swissport à faire autre chose que les chefs et les cadres, et à comprendre leur douleur et remplaçant, brièvement, les grévistes au chargement des avions -il n'en fallut pas plus pour qu'ils envisagent l'achat de machines pour alléger la tâche... La grève, c’est l’arme des travailleurs pour éduquer les patrons et les politiciens…

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vendredi, 19 septembre 2008

Dis Papy, raconte-moi la Grande Grève…

Il y a 90 ans, la Grève Générale :
Dis Papy, raconte-moi la Grande Grève…


Dans deux mois, on commémorera (peut-être) le seul et unique mouvement de grève générale que la Suisse ait connu. Un mouvement déclenché à la fin de la Grande Guerre, pour protester à la fois contre la paupérisation massive de la classe ouvrière des villes, et les innombrables entraves à l'exercice des droits démocratiques qu'à la faveur de la Grève, le Conseil de fédéral (tout entier de droite), le patronat et les chefs de l'armée (très germanophiles, le général étant lui-même lié à la famille Bismarck) avaient multipliées. De cette unique grève générale suisse, les héritages sont nombreux : elle a imposé l'élection du Conseil national à la proportionnelle (il est vrai que ça arrangeait les petits partis de droite), mis le droit de vote et d'éligibilité des femmes au centre d débat politique (il faudra cependant près de soixante ans pur que la Suisse s'y résigne)… mais aussi paradoxaux : la " Paix du Travail ", vingt ans après la Grève générale, et la " concordance ", vingt-cinq ans après, en sont aussi issues.

La grève, c'est larme des travailleurs ?

On ne sait pas comment se commémorera dans deux mois la Grève Générale de 1918, mais on sait comment elle fut digérée, après avoir été férocement réprimée : par la Paix du Travail, d'abord, signée vingt ans plus tard entre des syndicats soulagés de n'avoir plus à faire l'effort d'organiser un mouvement national de rupture et un patronat littéralement terrorisé par le mouvement et l'éventualité de sa réédition ; par la concordance politique, ensuite, et l'intégration du PSS au Conseil fédéral, scellée un quart de siècle après la grève. Le mouvement de 1918 avait été lancé par un Comité rassemblant le Parti socialiste et les syndicats (le Comité d'Olten), sous pression de la base ouvrière et des gauches socialiste et syndicale toutes émoustillées par la Révolution russe et la chute des trois empires (allemand, austro-hongrois et russe -auxquels on ajoutera l'ottoman) qui écrasaient toute l'Europe centrale et orientale. De quel mouvement comparable les socialistes et les syndicats, aujourd'hui, seraient-ils capables ? Et sur quelles revendications ? Et sur pression de quelle base, et de quelles gauches ? La classe moyenne consumériste protestant contre l'augmentation du prix des I-pod ?


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