jeudi, 06 décembre 2012

Aujourd'hui, grève de la fonction publique genevoise

Ah, la (pas) belle escalade !

On se souvient que l'intention de nombreux enseignants de ne pas organiiser de fêtes de l'Escalade* dans les Cycles d'Orientation, pour protester contre les «économies»  budgétaires proposées par le Conseil d'Etat (et les coupes proposées par la droite) a fait hurler au scandale, au crime de lèse-majesté, à la prise en otage de nos chères têtes blondes pour des raisons (beuark) politiques ou (pfff...) syndicales. Or cet après-midi, les acteurs de ce boycott seront dans la rue, et feront cortège, avec d'autres travailleurs et travailleuses de la fonction publique. Ce cortège ne sera pas un cortège de l'Escalade mais contre l'escalade. Mettez une majuscule ou une minuscule à un mot, et son contenu change : demain, ce n'est pas un cortège DE l'Escalade avec un E majuscule qui se rassemblera à 16 heures 15, à la place de Neuve. C'est un cortège CONTRE l'escalade avec un e minuscule. Contre l'escalade des propositions de coupes budgétaires irrationnelles et des propositions délirantes (comme celle de multiplier par quinze le montant de la taxe personnelle payée par chaque contribuable, y compris celles et ceux dont le revenu est si bas qu'il n'est même pas imposable et que les huissiers de l'Office des Poursuites n'y trouvent plus rien à saisir...), Un cortège pour le service public, c'est-à-dire pour ce qui garantit l'exercice réel des droits sociaux de la population...

*pour les allogènes, précisons que l'Escalade est la fête « nationale » genevoise, célébrant (pour résumer) la victoire des pasteurs français sur les mercenaires espagnols du Duc de Savoie...

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jeudi, 21 juin 2012

Merck Serono confirme la fermeture de son site genevois . « Consternation » ou solidarité ?

La direction de Merck Serono n'a rien lâché : la consultation du personnel, c'est fini. Et au terme de cette consultation, on en est quasiment, à quelques détails près, au même point qu'à son lancement : on ferme ! Le siège genevois de Merck Serono sera fermé, celui de Coisins aussi, 500 postes administratifs, de recherche et de développement sont supprimés, ainsi que 80 postes de production, et 750 collaborateurs se voient proposer un déplacement en Allemagne, aux Etats Unis ou en Chine. Rien en Corée du Nord ou en Somalie ? Le Conseil d'Etat genevois exprime sa « colère et sa consternation » ? Nous pourrons, aux côtés des Seronos, exprimer nous aussi notre colère, avec moins d'hypocrisie et moins de consternation, et plus de solidarité, dans la rue avec la manifestation prévue à 14h depuis le site Merck Serono (Sécheron) jusqu’à l’Hôtel de Ville...

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jeudi, 17 novembre 2011

Licenciements, délocalisations, démantèlements, austérité budgétaire... : Faire face ensemble ou tomber séparément ?

Plus de 2000 personnes ont manifesté samedi dernier à Nyon pour défendre le maintien du site et des emplois de Novartis à Prangins. «Vasella, t'es pas là, les indignés sont tous là», scandait-on dans le cortège. « Tous là », vraiment ? Dans tous les mouvements de résistance aux licenciements, aux délocalisations, aux démantèlement qui se succèdent, ce qui frappe, c'est plutôt l'extrême fragmentation, locale et sectorielle, de ces résistances. Novartis, Bopst, Kudelski, et demain les mobilisations pour le renouvellement des conventions collectives dans la construction, puis la métallurgie, puis La Poste et Swisscom, puis contre les mesures d'austérité budgétaires cantonales et municipales : un clou chasse l'autre, un combat succède à un autre, mais sans mobilisation générale, sans résistance globale, sans mouvement unifiant. Or nous le savons : nous ferons face ensemble, ou nous tomberons séparément.

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mercredi, 20 janvier 2010

Bagagistes de l'aéroport de Genève : Les leçons d'une grève

Après dix jours de grève, les bagagistes de l'aéroport de Genève ont fait plier leur employeur (Swissport), contraint le gouvernement à intervenir, et mis en lumière les conséquences des politiques d'entreprise et de site menées par l'Aéroport, les entreprises privées qui y agissent et les autorités cantonales, politiques qui se résument en un mot, à la fois invocation religieuse et mot d'ordre politique : la concurrence. Les grévistes n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient, mais ils ont obtenu beaucoup plus que ce que prétendait leur laisser leur employeur, et le syndicat croupion qu'il avait hérité de Swissair -et utilisait comme Swissair : une nouvelle convention collective de travail, la suppression des réductions de salaire en cas de maladie, 190 francs d'augmentation de traitement pour les portefaix et quarante francs pour tous les autres employés de Swissport. Qui se plaint : c'est un million de plus à débourser par an. Pour une entreprise multinationale dont le chiffre d'affaire se situe autour des deux milliards, et dont on se doute bien que les patrons gagnent bien plus en un an que le million que les 300 employés genevois de Swissport vont, modestement, se partager.

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vendredi, 08 janvier 2010

Le gouvernement, l’aéroport, la grève : Courage, fuyons !


Il aura donc fallu six jours de grève des bagagistes de l'aéroport (la première longue grève à Cointrin) pour que l'autorité politique de tutelle, le Conseiller d'Etat François Longchamp, consente à intervenir, après avoir adopté pour mot d'ordre, comme d'ailleurs la direction de l'aéroport, un piteux « courage, fuyons ! », agrémenté d’un non moins piteux « c’est pas notre problème ». Pour intervenir dans ce conflit, Longchamp avait pourtant un large choix de casquette : en bon radical cumulard, il est président du Conseil d'Etat, il est ministre de la solidarité et de l'emploi, il est président de l'Aéroport, il est chef de la Chambre des relations collectives de travail. C'est le poids de ces casquettes qui l'immobilisait ? Quel que soit son issue,  l’une des beautés de la grève fut contraindre à la fois les chefs politiques à faire leur boulot de chefs politiques, et les chefs et les cadres de Swissport à faire autre chose que les chefs et les cadres, et à comprendre leur douleur et remplaçant, brièvement, les grévistes au chargement des avions -il n'en fallut pas plus pour qu'ils envisagent l'achat de machines pour alléger la tâche... La grève, c’est l’arme des travailleurs pour éduquer les patrons et les politiciens…

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vendredi, 19 septembre 2008

Dis Papy, raconte-moi la Grande Grève…

Il y a 90 ans, la Grève Générale :
Dis Papy, raconte-moi la Grande Grève…


Dans deux mois, on commémorera (peut-être) le seul et unique mouvement de grève générale que la Suisse ait connu. Un mouvement déclenché à la fin de la Grande Guerre, pour protester à la fois contre la paupérisation massive de la classe ouvrière des villes, et les innombrables entraves à l'exercice des droits démocratiques qu'à la faveur de la Grève, le Conseil de fédéral (tout entier de droite), le patronat et les chefs de l'armée (très germanophiles, le général étant lui-même lié à la famille Bismarck) avaient multipliées. De cette unique grève générale suisse, les héritages sont nombreux : elle a imposé l'élection du Conseil national à la proportionnelle (il est vrai que ça arrangeait les petits partis de droite), mis le droit de vote et d'éligibilité des femmes au centre d débat politique (il faudra cependant près de soixante ans pur que la Suisse s'y résigne)… mais aussi paradoxaux : la " Paix du Travail ", vingt ans après la Grève générale, et la " concordance ", vingt-cinq ans après, en sont aussi issues.

La grève, c'est larme des travailleurs ?

On ne sait pas comment se commémorera dans deux mois la Grève Générale de 1918, mais on sait comment elle fut digérée, après avoir été férocement réprimée : par la Paix du Travail, d'abord, signée vingt ans plus tard entre des syndicats soulagés de n'avoir plus à faire l'effort d'organiser un mouvement national de rupture et un patronat littéralement terrorisé par le mouvement et l'éventualité de sa réédition ; par la concordance politique, ensuite, et l'intégration du PSS au Conseil fédéral, scellée un quart de siècle après la grève. Le mouvement de 1918 avait été lancé par un Comité rassemblant le Parti socialiste et les syndicats (le Comité d'Olten), sous pression de la base ouvrière et des gauches socialiste et syndicale toutes émoustillées par la Révolution russe et la chute des trois empires (allemand, austro-hongrois et russe -auxquels on ajoutera l'ottoman) qui écrasaient toute l'Europe centrale et orientale. De quel mouvement comparable les socialistes et les syndicats, aujourd'hui, seraient-ils capables ? Et sur quelles revendications ? Et sur pression de quelle base, et de quelles gauches ? La classe moyenne consumériste protestant contre l'augmentation du prix des I-pod ?


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