gouvernement

  • Joseph Déjacque (1821-1864) : A bas les chefs !

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    anarchisme, pouvoir, gouvernementOn ne lit plus Joseph Déjacque, ouvrier, poète, publiciste, insurgé en 1848, emprisonné, exilé, est le créateur du néologisme « libertaire », par opposition à libéral. On ne le lit plus, et on a tort. Alors on vous le fait lire. C'est bon pour la tête, dans quelques heures c'est le week-end, vous avez le temps de vous cultiver et de titiller vos fondamentaux.

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  • Un vieux projet socialiste récupéré par l'UDC : Que le peuple élise son gouvernement !

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    Le jeu politique s'étant joué comme à l'accoutumée, le nouveau président de la Confédération s'appelle... Ueli Maurer. L'unique UDC du gouvernement, l'homme qui trimballe assez de casseroles accrochées à ses basques pour laisser croire qu'il représente non l'UDC mais Girard Aux Grottes, le Ministre de la Défense qui a plus fait pour l'abolition de l'armée que le GSSA... a été élu par les Chambres fédérales sans la plupart des voix de la gauche, mais avec celles de son parti, et presque toutes celles du PDC et du PLR. Et cela a suffi. La droite démocratique a donc voté pour un homme qu'elle croit incapable d'exercer la fonction à laquelle elle va l'élire, pour sauvegarder ses propres intérêts et éviter de donner un argument supplémentaire à l'UDC pour promouvoir son initiative en faveur de l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Par 128 voix contre 45, le Conseil national, après le Conseil des Etats, a refusé de soutenir cette initiative. Qui, soit dit en passant, reprend une vieille revendication socialiste... Mais la faute à qui, si l'UDC récupère un vieux projet de gauche ? A l'UDC qui le dessert, ou à la gauche qui l'abandonne ?

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  • Election du Conseil fédéral par le peuple : Elire les chefs ou en hériter ?

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    Le Conseil fédéral appelle le parlement à refuser l'initiative populaire de l'UDC pour l'élection du gouvernement par le peuple, et à appeler à son tour le peuple et les cantons à refuser ladite initiative. S'ajoutant à l'appel au refus de l'initiative populaire visant à soumettre obligatoirement tous les accords internationaux importants au verdict populaire, cette prise de position du Conseil fédéral sied parfaitement à l'UDC, et au rôle qu'elle prétend jouer d'avocate des droits populaires face aux « élites » et aux pouvoirs en place (dont elle-même fait partie, et aspire à faire plus encore partie). Mais elle devrait rappeler aux socialistes (et plus généralement à la gauche) que l'élection des gouvernants par les gouvernés reste, tant qu'on a pas trouvé le moyen de se débarrasser de tout gouvernement, le moins mauvais mode de contrôle de nos chefferies politiques : les élire, pour ne pas devoir se contenter d'en hériter...

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  • Succession de Mark Muller : Gominator candidat

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    Ze chaud meuste gohonne

    Bon, voilà, c'est fait, Mark Muller a démissionné du gouvernement genevois. C'est un peu dommage, on aurait bien aimé l'entendre traîner ses casseroles pendant encore un an et demi, mais on comprend que pour lui, pour son parti et pour ses collègues, cette petite musique pouvait avoir quelque chose de lassant. Quel choix lui restait-il, lâché par le PLR, le Conseil d'Etat et les media, à peine encore soutenu par la Chambre genevoise immobilière  comme le pendu par sa corde ? La démission de MàD Mark à peine annoncée, Gominator a annoncé sa candidature à sa succession. Pour restaurer la sécurité. Avec la même crédibilité, l'auteur de ces lignes pourrait présenter sa candidature pour restaurer les finances publiques... Qu'on en juge :

    www.youtube.com/watch?v=X_33KRtYZr8&feature=youtu.be

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  • La Suisse a un nouveau gouvernement... le même que l'ancien...

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    Nous avons reçu (comme tous les membres du PS), sous le coup de midi, un gentil petit mot d'Alain Berset qui se conclut par « je te remercie d'ores et déjà pour le suivi critique que tu ne manqueras pas d'accorder à l'exercice de mon futur mandat ». Où l'on constate avec plaisir qu'il sait déjà sur qui, et pour quoi, il peut compter,  notre nouveau ministre. En attendant, on relèvera que le commentaire le plus pertinent, le plus judicieux, que nous ayons entendu sur son élection (et celle de l'ensemble du gouvernement) est venu d'une partisane d'Alain Berset, attendant sans angoisse excessive son élection : « ce qui devait se passer s'est passé »...  Mektoub ! On saluera donc avec d'autant plus d'admiration les efforts considérables, faits par la télé et la radio de service public pour tenter d'intéresser le bon peuple à ce qui se tramait en son nom.

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  • Les socialistes dans l'opposition ? Le congrès du PSS tranchera. Une fois de plus.

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    La Jeunesse socialiste et la gauche du parti ont mis à l'ordre du jour du congrès du PSS, ce week-end, la question récurrente de la participation des socialistes au gouvernement fédéral, en proposant de soumettre à des conditions politiques dont chacun comprendra qu'elles ne sont de loin pas réunies et qu'elles ne le seront pas avant longtemps : pas de privatisations de services publics, plus de durcissement de la politique d'asile, plus de cadeaux fiscaux aux riches, plus de centrales nucléaires et plus de réductions des prestations sociales. La « Tribune » d'hier nous annonce donc que le PS (suisse) est  « tenté d'entrer dans l'opposition »... Ouais...quelque chose nous dit que le grand parti de la gauche suisse saura, une fois de plus, résister héroïquement à cette tentation...

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  • Les socialistes dans l'opposition ? Le congrès du PSS tranchera. Une fois de plus.

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    La Jeunesse socialiste et la gauche du parti ont mis à l'ordre du jour du congrès du PSS, ce week-end, la question récurrente de la participation des socialistes au gouvernement fédéral, en proposant de soumettre à des conditions politiques dont chacun comprendra qu'elles ne sont de loin pas réunies et qu'elles ne le seront pas avant longtemps : pas de privatisations de services publics, plus de durcissement de la politique d'asile, plus de cadeaux fiscaux aux riches, plus de centrales nucléaires et plus de réductions des prestations sociales. La « Tribune » d'hier nous annonce donc que le PS (suisse) est  « tenté d'entrer dans l'opposition »... Ouais...quelque chose nous dit que le grand parti de la gauche suisse saura, une fois de plus, résister héroïquement à cette tentation...

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  • Après le rapport sur la gestion de la crise UBS par le Conseil fédéral...

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    Tant qu'à avoir un gouvernement...

    Le Conseil fédéral ne sort pas grandi du rapport parlementaire sur sa gestion de la crise UBS. Et tous les commentateurs politiques en font le même résumé : le gouvernement n'a rien gouverné. La Suisse, pas gouvernée ? La belle affaire... d'ailleurs elle l'est, gouvernée : par les pouvoirs financiers... Veut-on qu'elle le soit par des politiques ? Lesquels, désignés par qui ? L'élection du Conseil fédéral par le peuple est une vieille revendication socialiste, portée deux fois par initiative populaire, par deux fois repoussée par le peuple. Que l'UDC l'ait réchauffé ne devrait donc pas nous déplaire. Au nom de quoi d'ailleurs la refuser ? Au nom de l'équilibre institutionnel, de la collégialité, du consensus, tous bibelots dont nous n'avons plus grand chose à faire ? L'UDC s'y attaque ? grand bien lui fasse -et nous fasse, puisque son projet prévoit une élection au scrutin majoritaire rendant impossible l'élection d'un UDC romand et très improbable celle de deux UDC, et favoriserait plutôt l'élection d'un ou d'une conseiller-e fédéral-e vert-e, avec l'appui du PS, en sus de deux conseillers fédéraux socialistes. Une telle configuration changerait-elle radicalement la politique de ce pays ? évidemment non. Mais tant qu'à avoir un gouvernement, et tant que la majorité s'y résignera, autant qu'il soit élu par le peuple. Même si c'est aujourd'hui l'UDC, après le PS hier, qui le propose...

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  • Burkwaller élu contre Schwallhalter

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    Tout ça pour ça ? Ben oui…

    Elu faute de mieux, par défaut et pour ne pas bouger les lignes, Didier Burkhalter succèdera donc à Pascal Couchepin Les parlementaires fédéraux avaient le choix, exaltant, entre le charisme de Burkhalter, la compétence de Lüscher et la latinité de Schwaller ; il leur fallut quatre tours pour finalement élire celui qui avait été présenté, avant même d'être candidat, comme le candidat " naturel " à la succession de Couchepin. L'UDC (avec l'apport indispensable, mais pas forcément désintéressé, de quelques socialistes et de quelques Verts) a donc sauvé le deuxième siège radical, et, paraît-il, la " concordance " -mais de quoi diable a-t-elle été sauvée, la concordance ? Et la concordance de quoi, sur quoi, et pourquoi ? La concordance parce que ?

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  • Election au Conseil fédéral : Shakespearien ? de rien…

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    L'un des ultimes sondages parus avant la nuit bernoise des longs couteaux politiciens suggère que si l'élection du Conseil fédéral se faisait par le peuple au lieu que de se faire par le Parlement, le démo-chrétien Schwaller serait élu devant les radelibes Burkhalter et Lüscher, mais avec une proportion massive de " je ne sais pas " et autres " je m'en fous ". Et seul un " sondé " sur quatre estimait que le siège de Couchepin devait rester radical ou libéral, une majorité (52,6 %) l'attribuant plutôt à un autre parti, et les autres 20,1 % s'en battant les flancs. Du côté des media " lourds ", on a fait ce qu'on a pu pour allumer une lueur d'intérêt au fond de l'œil du citoyen de base, mais rien n'y a fait : le dramaturgie de l'événement n'éveillait qu'une attention à peine polie. Et quand nos commentateurs évoquaient le dilemme " cornélien " des grands électeurs, le bon peuple, lui, avait plutôt tendance à trouver la pièce shakespearienne. Mais pas du Shakespeare de " Macbeth ": du Shakespeare de " beaucoup de bruit pour rien ".

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  • Succession Couchepin : Schwalhalter ou Burkwaller ?

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    Après deux mois et demi d'une précampagne qui n'a guère passionné les foules (un Suisse sur trois se fout de savoir qui va succéder à Couchepin, à en croire un sondage paru dans " l'Hebdo "), les libéraux-radicaux ont formé leur " ticket "(toc) pour l'élection du Conseil fédéral et désigné deux candidats pour un siège : un candidat pour attirer des voix de centre-gauche (Burkhalter), un candidat pour caresser l'UDC dans le sens du poil (Lüscher). Broulis et Brunschwig-Graf sont écartés, Pelli est prié de rester tranquille à sa présidence. Ce sont les suffrages des radicaux alémaniques, globalement plus à droite que les Romands, qui ont placé Lüscher sur le " ticket ", après que Pelli ait, pour faire bon poids, affirmé que l'âge des capitaines devait être un critère prépondérant. Résultat : 22 voix pour Lüscher et 13 pour MBG, au troisième tour. Ça a dû lui faire tout drôle, à MBG, d'être considérée comme trop à gauche...


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  • Brun bonnet, bonnet brun

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    Succession de Samuel Schmid : Blocher ou Maurer ?

    L'UDC a donc décidé de ne pas tuer le père mais de laisser le parlement fédéral le faire à sa place : à la succession de Samuel Schmid, elle présente un " ticket " formé de Blocher et de Maurer. Blocher n'a en principe aucune chance (mais la procédure d'élection d'un membre est pleine de surprise) et continue de se considérer comme le " Numéro un " de l'UDC (la majorité de l'UDC le soutenant d'ailleurs dans cette prétention). Autant dire que si Maurer (ou un autre que Blocher) est élu au Conseil fédéral, il aura toujours Blocher sur le dos, la faiblesse de la présidence du parti par Toni Brunner laissant toute la place au vice-président Blocher. l'UDC " qualité suisse " tient ainsi plus de la Corée du Nord que de la mythologie waldstätten : quand on tient un Grand Leader Bien-Aimé, on ne le lâche pas. Même si les positions politiques du Grand Leader Bien Aimé et celles du Fils Spirituel du Grand Leader Bien Aimé sont les mêmes...

    Kim Il Blocher ou Kim Jong Maurer ?

    Blocher ou Maurer, quelle différence ? Ueli Maurer, présenté comme " acceptable " par les partis gouvernementaux (y compris, avec réticences, par le PS), n'a jamais dit autre chose que ce que Blocher disait et a été le maître d'œuvre des campagnes ordurières de l'UDC depuis une dizaine d'années. Il est candidat à un gouvernement favorable aux bilatérales et à leur élargissement alors qu'il y est opposé, et il est favorable à l'interdiction de la construction de minarets alors que le gouvernement y est opposé... Et puis, la question ne se pose pas seulement de savoir quel UDC sera élu pour reprendre le siège initialement UDC de Samuel Schmid, mais aussi de savoir à quel ministère cet UDC sera attribué. Logiquement, ce devrait être celui de la Défense. Mais l'UDC rejette la quasi-totalité du programme gouvernemental dans ce domaine : elle est contre la réduction des effectifs, contre les engagements à l'étranger, contre la coopération internationale... le seul point sur lequel elle soutient le Conseil fédéral, c'est l'achat de nouveaux avions de combat. Du coup, plutôt que de coller à la tête d'un ministère quelqu'un qui serait opposé à ce qu'on veut faire faire à ce ministère, on se demande si on pourrait pas déplacer les maroquins et confier la Défense à Pascal Couchepin pour laisser l'UDC de service gérer (à droite toute) le dossier de l'AVS, ou confier celui-ci à la PDC Leuthard pour laisser alors le nouvel élu gérer le démantèlement des protections agricoles... Dans tout ce mic-mac, où se situent et de quel poids pèsent les grands choix politiques ? Nulle part, et pas un gramme. L'insoutenable légèreté des combinaisons gouvernementales se conjugue parfaitement à l'insoutenable pesanteur de l'absence de débat politique.

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  • I'm a poor lonesome agrarian…

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    Démission de Samuel Schmid :
    I'm a poor lonesome agrarian…


    Samuel Schmid, que plus grand monde ne soutenait (fût-ce pour emmerder l'UDC), mais que tout le monde (même l'UDC) fait semblant de pleurer, a donc démissionné de son poste de Conseiller fédéral. Une démission qui ne va pas changer grand chose au paysage politique suisse, sinon qu'un Conseiller fédéral ex-UDC sera, selon toute vraisemblance, remplacé par un Conseiller fédéral UDC, nul à l'exception des Verts (et le PS pas plus que la droite) ne faisant semblant de remettre en cause une " concordance " gouvernementale sans autre programme que celui d'additionner au Conseil fédéral des représentants des principaux partis politiques (sauf, encore, les Verts). Le PDC annonce d'un côté (Schwaller) qu'il votera, le cas échéant, pour le second couteau de Blocher, Ueli Maurer, et de l'autre côté (Darbellay) qu'il ne votera que pour un candidat qui défendra " pleinement " les bilatérales, alors que tel n'est pas précisément le cas de Maurer. Les radicaux font observer que le parlement est " libre d'élire qui il veut ". Les Verts envisagent certes de présenter une candidature, mais leurs chances sont à peu près nulles, et le PDC ne menace de présenter un candidat que si l'UDC ne présente que Blocher seul. Quant au président du PS, Christian Levrat, il déclare que " le candidat doit se reconnaître dans l'Etat de droit, respecter scrupuleusement la séparation des pouvoirs, les engagements internationaux et les règles du jeu ". De quel jeu ?  Celui d'une " concordance " dont on n'avait pas perçu qu'elle soit si avantageuse pour le PS qu'il lui faille s'y accrocher et y accrocher ses adversaires.

    Parricide mou

    Tout le monde (ou presque, les Verts faisant tache) est d'accord : l'UDC a le " droit arithmétique de briguer la succession de Samuel Schmid ", comme dit Christian Levrat. Qu'est-ce qu'un " droit arithmétique " vient faire dans ce qui devrait relever d'un choix politique ? Le " droit arithmétique ", c'est ce dans quoi on se réfugie quand on est incapable de faire un choix. Un seul homme peut donc apparemment éviter le retour de l'UDC au Conseil fédéral : Christoph Blocher. En présentant sa candidature, et en la faisant accepter comme candidature unique par un parti à sa botte, il manifesterait clairement la volonté de l'UDC de camper dans la forteresse " oppositionnelle " dans laquelle elle s'est réfugiée. Ou son incapacité d'en sortir D'ailleurs, le groupe parlementaire UDC l'a si bien compris qu'il a refusé en septembre dernier de faire du Pithécanthrope son unique candidat à la succession de Schmid. N'est pas le chaînon manquant qui veut. De toutes façon, un (ou une ?) UDC sera élu(e), ne serait-ce que pour féliciter l'UDC d'avoir enfin réussi à résoudre son complexe d'Oedipe. En " tuant le père ". Dans un parricide mou, bien helvétique, qui fera plaisir à tout le monde en ne changeant rien à rien, ni à la politique du gouvernement, ni à celle de l'UDC.

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  • Infarctus gouvernemental : Un système politique aux soins intensifs ?

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    Qu'un ministre des Finances fasse une crise cardiaque après une semaine de crise financière est certes un drame personnel, mais pas franchement une incongruité; que l'accident cardio-vasculaire d'un ministre, fut-il des Finances, et vice-président de la Confédération, secoue les institutions, est en revanche plus original. C'est qu'on ne forme pas en Suisse un gouvernement en fonction des enjeux, des besoins ou d'un programme politique, mais qu'on le forme comme on compose l'échantillonnage d'un sondage. Et que quand un morceau de l'échantillon manque, c'est tout le sondage qui foire.

    Le cœur du pouvoir…

    Ça n'est pas la première fois, et ça ne sera pas la dernière, que la santé d'un ministre défaille. Mais il nous semble bien que, depuis des décennies en tout cas, c'est la première fois que les fibrillations cardiaques d'un ministre sèment un tel trouble politique. Que Merz puisse rester ou non au Conseil fédéral ne devrait guère avoir d'importance que pour lui, s'il n 'était qu'un ministre. Mais, comme ses collègues, il est aussi, et sans doute surtout, l'élément d'un échantillonnage politique : il est l'un des deux ministres du parti radical. Et ce n'est pas tant le siège de Merz qui est en jeu que l'un des deux sièges radicaux -et donc, la composition du gouvernement d'un pays qui forme son gouvernement comme on mitonne une ratatouille. Si Merz devait démissionner, son siège resterait-il radical ? ou serait-il récupéré par le PDC (qui avec une force électorale équivalente à celle du parti radical ne dispose que de la moitié de sa représentation gouvernementale) ? ou par l'UDC (que sa posture oppositionnelle commence à fatiguer) ? ou par les Verts (que leur progression et leur force électorales rendent " gouvernementables ") ? Nous devrions nous en contrefoutre. Et nous nous contentons de nous y intéresser comme on peut s'intéresser au tirage d'une loterie à laquelle un proche a joué. Le cœur de Merz a lâché, pas (hélas) le cœur du pouvoir. Pas seulement parce que le pouvoir n'a pas de cœur -cela, on le sait depuis Machiacel- mais parce que que le pouvoir n'est pas au Conseil fédéral. Et qu'il n'y aura bientôt plus que les Conseillers fédéraux et leurs partis (le nôtre compris) qui l'ignorent.

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