mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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vendredi, 24 mars 2017

Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?


gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

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jeudi, 16 mars 2017

Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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13:56 Publié dans élections, France, politique, constitution, JS, constituante, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche | |  Facebook | | | |

mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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15:21 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche | |  Facebook | | | |

mercredi, 19 octobre 2016

La gauche en Europe : D'où viens-je, où cours-je ?

Excellent documentaire français, sur la deuxième chaîne télé romande, dimanche soir : une histoire de l'anarchisme. Toujours bon à prendre, un travail de mémoire, surtout quand il porte sur l'un des courants fondateurs du socialisme, que les autres courants non moins, mais pas plus, fondateurs n'ont eu de cesse de faire oublier. On a donc vu passer les incontournables (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta), les maudits (Ravachol, Bonnot), les héroïques (Durutti, Makhno), de grandes figures révolutionnaires au féminin (Louise Michel, Emma Goldman), et tous et toutes les autres. Et surtout, un formidable mouvement à la fois politique et social. Dont il semblait pourtant qu'il ne subsistait plus grand chose, sinon quelques nostalgies et quelques irréductibles. Mais de le voir passer sans qu'il ait trépassé, increvable, ça fait du bien. Surtout en un moment où, réfugié ou non dans des organisations (et même des partis) traditionnels de gauche, on contemple avec consternation l'état de la gauche en Europe... Avec consternation, mais sans renoncement : ce qui qui défaille peut être ranimé. Et de savoir d'où l'on vient aide à savoir où l'on est, et à décider où on veut aller.

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16:05 Publié dans Histoire, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 septembre 2016

1er Vendémiaire, jour du raisin. Et de l'Ethernité.

gauche, dugongd, gauche dugong Bonne et heureuse année !

Bonne et heureuse année ! Nous sommes en effet le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An (qui est aussi, dans le calendrier pataphysique, le jour de l'Ethernité, 15ème jour du mois de l'absolu), nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ici, non sans rappeler toutefois la genèse de ce qui, à n'en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire.

Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques locales, régionales, nationales, continentales, mondiales et galactiques rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... et la seule... vous en voyez une autre, vous ?

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16:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, dugongd, gauche dugong | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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jeudi, 04 février 2016

Taubira, la "gauche morale" et les "murmures à la jeunesse" : Cent pages utiles

Il y a deux jours est arrivé dans les librairies françaises un petit livre d'une centaine de pages. Son titre, poétique : "Murmures à la jeunesse". Son auteure : Christiane Taubira -dont le murmure, pourtant, n'est pas la forme la plus habituelle de son éloquence. Son propos ? Un peu le même que celui de Stéphane Hessel en 2010 ("Indignez-vous !). "Il faut refuser, malgré les intimidations, de capituler intellectuellement". Et on ajoutera "politiquement". Un propos qui tombe à pic, en plein débat sur la proposition du gouvernement Valls d'inscrire dans la constitution la possibilité de déchoir des binationaux de leur nationalité française (et des mononationaux des droits civiques attachés à leur unique nationalité française). Une proposition qui, en soi, pose moins de problème que l'argumentation développée pour la justifier. 

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lundi, 26 octobre 2015

La gauche socialiste et ses "fondamentaux" : A la recherche du socle perdu...

Où en sommes-nous, à gauche (et plus précisément au parti socialiste) de nos "fondamentaux", de leur respect, de leur révision, de leur oubli ? Qu'est-ce qui distingue la gauche de la droite démocratique (de l'extrême-droite, on espère bien  que la question n'ait même pas à être posée ? En d'autres termes, la gauche, aujourd'hui, c'est quoi ? Et ça veut dire quoi, "être socialiste" ? Faute d'un projet social et économique "alternatif", le PS occupe, et il a parfaitement raison et légitimité de le faire, le terrain sociétal (culturel, éducatif), celui des libertés individuelles, de la recomposition des modèles familiaux, de l'"ouverture", du "vivre ensemble", du "multiculturel" -tous thèmes qui lui assurent un ancrage dans les classes "moyennes" issues de l'université, mais ne lui permettent pas de retrouver dans les classes populaires (ouvrières, employées, chômeuses) l'ancrage perdu (en Suisse, le premier parti "ouvrier", au sens sociologique et politique du qualificatif, c'est l'UDC...), sans lequel ce parti, et la gauche en général, ne relève plus que d'un vague progressisme culturel, sans danger pour les maîtres du jeu social et économique -qui peuvent d'ailleurs même adhérer à ce "progressisme" irénique.

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mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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lundi, 05 octobre 2015

Election du Conseil des Etats : Liliane et Robert, qui d'autre ?

Le parlement fédéral qu'on va réélire dans deux semaines était, dans sa composition sortante, formé de 62 élues et élus de l'UDC (dont six Conseillers aux Etats) y compris 2 léghistes, un èmecégiste et un sans parti, 57 socialistes (dont onze ...), 44 démo-chrétiens et évangéliques (dont treize...), 41 libéraux-radicaux (dont onze...), 17 Verts (dont deux...), 14 Verts libéraux (dont deux...) et 17 bourgeois-démocratiques (dont une). Le PDC se retrouve devant le PLR grâce à sa forte représentation au Conseil des Etats, et le PS à seulement cinq sièges de  l'UDC pour la même raison.  A Genève, la gauche détient sept des treize sièges attribués au canton dans les deux Chambres du parlement fédéral -une majorité absolue qu'elle obtient en détenant depuis huit ans, à la grande fureur de la droite, les deux sièges genevois au Conseil des Etats  Son objectif est de les garder les sept.La droite, qui ne s'est jamais consolée de s'être fait virer du Sénat, veut y revenir, et récupérer un siège au Conseil national. Or elle ne peut y arriver que si nous l'y aidons, en gaspillant nos voix...


        

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mardi, 22 septembre 2015

Bonne année !

1er Vendémiaire, jour du raisin 
             
          

Nous sommes donc le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An, nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ci-dessous. Rappelons toutefois la genèse de ce qui, à n'0en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire. Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques (et les élections municipales à venir) rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... vous en voyez une autre, vous ?

Allez, bonne année à vous toutes et tous...

 

gauche, gauche dugong, calendrier républicain

 

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lundi, 27 avril 2015

Conseils municipaux genevois : les enseignements d'un rapport de forces

Une seule composante nous manque, et...

Les élections municipales genevoises ont renouvelé les parlements et vont renouveler les exécutifs de 45 communes qui ensemble forment le canton de Genève, mais qui ensemble ne regroupent que la moitié de la population de la Genève réelle (la fameuse « grande Genève »), moins du quart de sa superficie et à peine plus s'un cinquième de l'ensemble de ses communes. Peut-être est-ce là, aussi, l'une des explications possibles de la faible participation électorale : l'impression que l'on pourvoit à la représentation dans des instances politiques administrant un espace légal totalement insuffisdant à rendre compte de l'espace réel. C'est pourtant cet espace politique local, celui des communes, qui constitue la trame de cet espace politique réel, celui de 200 communes genevoises, vaudoises et françaises. Cela posé, revenons sur ces élections, sur le rapport de force qu'elles signalent entre la gauche (toute la gauche) et la droite (toute la droite) -et sur ce dont ce rapport de force est le symptôme : celui d'une absence... Une seule composante (de la gauche) vous manque, et tout est déséquilibré...

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mercredi, 22 avril 2015

Election de la Municipalité de Genève : désolés, on est rassemblés...

Le PS a fait dimanche en Ville de Genève son meilleur résultat depuis plus d'un demi-siècle (depuis 1963, très exactement, où, "effet Chavanne" aidant, il avait obtenu 25 % des suffrages et 21 sièges), mais la légère euphorie que cela peut susciter ne doit pas nous empêcher de passer à autre chose. Au "rassemblement des forces de gauche" -bref, à la liste commune de l'Alternative pour la Municipalité de Genève. Avec les quatre magistrats sortants. La "Tribune de Genève" et "Le Temps" avaient entendu que "dans les rangs socialiste, on susurre préférer travailler avec un libéral-radical plutôt qu'avec le franc-tireur Pagani, complètement imprévisible et a-collégial" ? ça devait pas "susurrer" assez clairement, alors, parce que c'est à l'unanimité que l'Assemblée générale du PS de la Ville a décidé de confirmer une position déjà prise depuis six mois, celle de la liste commune avec les Verts et "Ensemble à Gauche". Et donc avec Pagani... Désolés, on est unis.

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lundi, 20 avril 2015

Elections Municipales genevoises : et d'un tour de passé. Ouf !

gauche,ville de genève,municipalesEt alors ? Et oualà !

On ne s'était risqué à aucun pronostic sur le résultat du premier tour des Municipales genevoises : avec deux tiers d'abstentionnistes en Ville et dans les grandes communes, toute prévision tient de la prédiction cartomancienne... L'enjeu de ce premier tour des élections, en Ville de Genève, était d'abord de savoir si la gauche allait ou non regagner une majorité au Conseil Municipal : là encore, quand chaque siège gagné ou perdu l'est pour quelques bulletins et que la majorité se joue à un, deux ou trois sièges, une élection avec 35 % de participation se joue quasiment à pile ou face. Pile la gauche, face la droite... Aujourd'hui, c'est face : malgré la progression du PS, la gauche perd deux sièges du fait du recul des Verts et d'« Ensemble à Gauche », et la droite devient réellement majoritaire. Maintenant, place au deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux : dans le système genevois, ce sont eux, en réalité, qui détiennent l'essentiel du pouvoir local...

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mercredi, 04 février 2015

La gauche, toute la gauche, et même au-delà, sous l'effet grec : Tous plus Syriza les uns que les autres !

Le triomphe de Syriza lors des législatives grecques n'a pas (encore) changé la politique européenne, s'il a déjà changé la politique grecque, mais il a généré, à gauche (mais pas seulement : même Marine Le Pen a embrayé...) une sorte d'euphorie si contagieuse que toutes ses composantes se sont mises à tenter de la récupérer à leur profit. C'est à qui serait le plus syriza-compatible : « Syriza, ici, c'est moi »... « non, c'est moi »... « pis d'abord, chuis plus syriza que toi »... « c'est même pas vrai, et de toute façon j'étais syriza avant toi »... Le PS en oublie la déculottée du Pasok, les communistes (et chez nous le Parti du Travail) la congélation du PC grec, la « gauche de la gauche » française (et genevoise) sa propre fragmentation et ses querelles de pouvoir et d'image...

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mardi, 27 janvier 2015

Syriza, l'éthique de vérité et l'éthique de responsabilité

Tsipras.jpgLe Risorgimento, et après ?


Ce qui s'est produit en Grèce, dimanche, n'est pas une révolution, mais une renaissance : celle de la démocratie, en tant qu'elle s'impose à l'économie et à ses maîtres. La tradition de gauche, en Grèce, est fort ancienne, et c'est l'électorat de gauche qui, désertant un Pasok effondré sur son dernier carré clientéliste, a fait la victoire de Syriza. Car Syriza, c'est toute la gauche, en Grèce, où le PS (PASOK) est en mort clinique (il l'a d'ailleurs bien méritée) et où le parti communiste est fossilisé dans le sectarisme stalinien (on comptera pour rien le nouveau parti de Papadopoulos III, d'une absolue insignifiance, en sus de ne rien avoir qui permette de le qualifier de parti de gauche). Désormais, Syriza gouverne (avec un petit parti de droite comme appoint) la Grèce. Et le 12 février, au Sommet européen, c'est Alexis Tsipras qui représentera son pays, et la volonté de plus de 36 % de ses électrices et électeurs : Syriza dépasse de près de dix points le parti historique de la droite démocratique, de plus de 30 points l'extrême-droite d'"Aube dorée" (devenue "crépuscule glauque"), et renvoie feu le parti socialiste (PASOK) dans les poubelles de l'histoire de ses propres reniements... La victoire historique de Syriza sonne comme une résurrection, non seulement de la gauche grecque, mais de la volonté de faire prévaloir les choix politiques sur la résignation aux dogmes économiques. Et c'est la suite qui va être passionnante : Le Risorgimento, certes, et après ?

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