mercredi, 15 février 2017

Forta : la Vachette à lait a eu son fourrage

 

La route sur son rail

La route à donc son fonds à elle, comme le rail : un fonds pérenne de plus de 3 milliards dès 2018, inscrit dans la Constitution fédérale. Et elle est bien contente, la route (même si "Les 38,1% de NON au FORTA sont un "succès d'estime" pour l'ATE) de s'être fait un rail à trois milliards. Le fonds FORTA a été accepté par le bon peuple des automobilistes, des cyclistes, des piétons et des usagers des transports publics, le même bon peuple qui avait refusé l'initiative dite "Vache à lait" du lobby routier, et qui a accepté le fonds "Vachette à lait" et son mode de financement. La gauche appelait à voter "non" au FORTA (soutenu par toute la droite) -mais sans faire réellement campagne, et en comptant dans ses rangs des partisans du projet : un comité romand de gauche appelait ouvertement à voter "oui", en expliquant privilégier le pragmatisme à des "postures militantes" : pour eux (Manuel Tornare, Daniuel Brélaz, Nuria Gorerite, entre autres), le retard des investissements routiers en Suisse romande n'autorisait pas à refuser purement et simplement le FORTA, même si son financement est critiquable : 650 millions puisés dans la caisse fédérale, en effet, c'est beaucoup, même si un dixième du fonds pourra être affecté à des projets d'agglomération, et même si la taxe sur les huiles minérales a été augmentée -mais elle pouvait l'être sans douleur, puisqu'elle n'avait pas été adaptée au renchérissement. Augmenter de 4 centimes la taxe sur le litre d'essence est une mesure totalement indolore, là où s'imposerait une augmentation bien plus importante, et dont le produit serait affecté en bien plus grande part que le FORTA le prévoit à la "mobilité douce".

 

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jeudi, 09 février 2017

FORTA : Le piège

cul-de-sac2.jpgRépondre à la "pendularité" ou l'encourager ?

A quelques jours du verdict des urnes sur le projet de fonds routier FORTA (un vote dont on n'attend d'ailleurs pas qu'il complaise à nos attentes), il n'est peut-être pas inutile (et quand bien même ce serait...) de dire la raison fondamentale qui nous fera voter "non". Certes, son financement est déséquilibré (il pompe 650 millions de francs dans les caisses fédérales et ne demande qu'un effort insignifiant aux automobiles) et ce qu'il promet d'allouer à la mobilité douce est dérisoire comparé à ce qu'il allouera effectivement aux autoroutes. Mais surtout, il est la traduction concrète d'un choix politique qui porte non seulement sur la politique des transports mais aussi sur l'aménagement du territoire, la politique du logement et la politique économique, celui d'encourager à la "pendularité" entre des lieux d'habitation et des lieux de travail de plus en plus éloignés les uns des autres. On dira que la politique des transports dont témoigne FORTA répond à l'accroissement de cette "pendularité" ? En fait, elle n'y répond pas : elle la crée, l'encourage, l'étend et en allonge les temps et les distances. Elle rend possible un éloignement des lieux de travail et des lieux d'habitat, avec les coûts que cela implique, et avec la double désocialisation que cela provoque, sur chacun de ces lieux : celles et ceux qui désormais travaillent loin de là où ils habitent ne sont plus complètement socialisés dans aucun de ces lieux, et ne les connaissent plus en profondeur : "on devient mobile géographiquement, mais pas mentalement", résume le sociologue Vincent Kaufmann. Déplacé, pas inséré.

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mercredi, 01 février 2017

FORTA : "Vache à lait" écrémé

Financer les routes ou la mobilité ?

vachefolle.jpgLe 12 février, le bon peuple des villes, des banlieues, des campagnes et des montagnes -le peuple suisse, quoi- est appelé à voter sur ses routes. Ou pour être plus précis, sur un fonds routier de durée illimitée, le FORTA, dont le gouvernement assure qu'il va, d'un coup de baguette magique, quoique bétonnée, éliminer les bouchons sur les autoroutes et fluidifier le trafic dans les villes. Le fonds est doté de 3 milliards de francs par année, assurés par les moyens actuels de financement des routes nationales et par une surtaxe sur les huiles minérales (avec à la clef une  hausse de 4 centimes du prix de l'essence). Ce financement, réservé au fonds, va priver la caisse fédérale de 650 millions de francs de recettes annuelles (on prévoit de les compenser comment ? Par des zéconomies, pardi ! Et où les faire, les zéconomies ? Dans la formation, la culture, l'agriculture et la solidarité internationale). Ainsi constitué, le fonds  doit assurer le développement et l'entretien des routes (400 kilomètres de routes cantonales vont devenir fédérales). Il avait été présenté comme une alternative à l'initiative populaire du lobby automobile, l'initiative "vache à lait", qui voulait affecter à la route la totalité de l'impôt sur les carburants. L'initiative ayant été balayée par le peuple et les cantons, c'est au projet du FORTA qu'on a désormais affaire. Une sorte de "vache à lait écrémé". Le lobby automobile qui le trouvait insuffisant s'y est rallié (un tiens vaut mieux que deux tu ne l'as pas eu) après que son financement été revu. Seule la gauche (pas unanime, puisque des élus fédéraux socialistes  et verts appellent à voter "oui") est réticente, voire opposée à ce qui, tout de même, reste plus un cadeau à la route et au transport automobile individuel et privé qu'un financement de la mobilité.

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