mercredi, 08 mars 2017

Journée internationale DES DROITS des femmes : Une longue, longue marche

Man_Ray_Noire_et_blanche.jpgEntre la Journée internationale de la radio et de la télévision pour les enfants (avant-hier) et la Journée internationale de l'audition (après-demain), il y a, aujourd'hui la Journée internationale des Femmes, dans le titre que lui donnent les Nations-Unies, la Journée internationale des Droits des Femmes dans celui que lui donnent la gauche et les féministes. Dans le calendrier républicain, c'est le jour du mouron. Et dans le calendrier pataphysique, le jour du Sabbat. Tirez-en les conclusions que vous voudrez : ici, on en tirera celle d'un jour dédié à un combat permanent, à une longue, longue marche, avec des arrêts, des errances, des détours, des retours en arrière, des impasses. En Suisse, les femmes ne votent nationalement que depuis 1971, 53 ans après qu'une Grève Générale ait revendiqué ce droit pour elles aussi (il fallut d'ailleurs une autre grève, celle des femmes en 1991, pour que le prédicat constitutionnel de l'égalité, vieux de dix ans, accouche d'une loi), ne peuvent voter cantonalement et communalement dans toute la Suisse que depuis 1990 (à Genève même, il fallut s'y prendre à cinq fois pour qu'un vote des hommes ouvre le vote aux femmes), et ne peuvent ouvrir un compte en banque sans avoir à demander l'autorisation de leur mari que depuis 35 ans...

voir aussi le numéro du journal socialiste genevois "Causes Communes", consacré au féminisme : http://www.ps-geneve.ch/causes-communes/

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15:12 Publié dans Femmes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : féminisme, journée des femmes | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 mars 2013

Journée internationale des droits des femmes : Les fleurs du mâle

feminisme.jpgNous sommes le 8 mars. Le jour ou tout le monde est féministe. Même le roi d'Arabie Saoudite, le pape et Christophe Blocher. Au prix, évidemment, d'une légère distorsion rhétorique : ne plus célébrer la journée internationale des femmes (il est vrai que son origine, une proclamation de la Deuxième Internationale en hommage à une grève d'ouvrières et à toutes les femmes en lutte, devait être encombrante), mais la journée de LA femme. Pas une journée des femmes réelles, mais une journée de LA femme mythique. La femme des hommes, donc. Une généralisation sémantique qui est aussi une réduction politique. Qui fait bien notre affaire, à nous autres, hasardeux couillus : on va pouvoir s'offrir, entre la Saint-Valentin, le Salon de l'Automobile et la Fête des Mères, un jour d'hommage à LA femme. Quant à la solidarité avec les luttes DES femmes... « Ce qui est, est. Le reste, faut voir ».

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mardi, 09 octobre 2012

Vivent les salopes ! (et les salopiots...)

Plusieurs centaines de femmes (et quelques dizaines d'hommes) ont participé samedi à la première  « marche des salopes » (slutwalk, en sabir mondialisé) organisée en Suisse, pour dénoncer les violences sexuelles dont sont victimes les femmes, et dont elles sont elles-mêmes rendues coupables lorsqu'à l'instar du flic canadien dont la parole fut à l'origine de la première « slutwalk », on leur dit que pour éviter les agressions sexuelles, elles ne devraient pas « s'habiller comme des salopes ». C'est quoi, s'habiller « comme une salope » ? C'est s'habiller comme on en a envie ? Pour aller sans risquer l'agression sexuelle là où on a envie d'aller, à l'heure où on a envie d'y aller ? Eh oui. Comme peuvent le faire les hommes.

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jeudi, 08 mars 2012

Aujourd'hui, « Journée des femmes » : La dernière ruse du paternalisme ?

Le 8 mars a été proclamé (par l'Internationale Ouvrière et Socialiste, et par Clara Zetkin) Journée des Femmes. Cette proclamation, qui fut de combat, est désormais de rituel. «La femme est l'avenir de l'homme», bêtifia Aragon dans l'un de ses plus mauvais poèmes, et chanta Ferrat, dont ce ne fut pas la plus belle chanson, à quoi ce vieux macho romantique de Brel répondit en chantant son doute -non que la femme soit l'avenir de l'homme, puisqu'elle en est aussi le passé et le présent, mais de la sincérité de la posture féministe d'Aragon. Comme de celle à laquelle nous sacrifions un jour par an. Et c'est aujourd'hui. Restent 364 jours et 364 nuits (365 cette année bissextile)... La Journée des femmes ne serait-elle pas, sous le masque de la repentance, la dernière ruse du paternalisme ?

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mardi, 08 mars 2011

8 mars, Journée de LA femme ?

Les mots pour ne pas le dire

« Fête du travail » le 1er Mai au lieu de  « Fête des travailleurs » , Journée internationale de LA femme le 8 mars au lieu de Journée internationale des femmes : les mots ont un sens. Ce ne sont pas les travailleurs que fêtent ceux qui parlent de  « fête du travail », ce ne sont pas aux femmes qu'est dédié le 8 mars par ceux (et celles...) qui en font la  « journée de la femme » (même la Mairie de Genève s'y met, à cette réduction rhétorique d'une journée dédiée aux femmes réelles en une journée accordée à « la »  femme, à la « femme en soi », à la femme abstraite... Le 8 mars, les sociétés démocratiques, développées et bien-pensantes mettent LA femme sur un piédestal. LA femme, pas les femmes. On statufie pour ne plus être encombré, en somme. Le pas suivant mènera sans doute de la Journée de « la femme » à une  journée de la « féminité » définie par les hommes comme l'on est passé de la fête des travailleurs à la fête du travail défini par les patrons.

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vendredi, 13 novembre 2009

Le miracle des minarets

Quand l'UDC devient féministe…

Une femme empaquetée dans une burqa, sur fonds de drapeau suisse transpercé par sept minarets très, très pointus : l'affiche du comité d'initiative pour l'interdiction des minarets a été interdite d'affichage sur les panneaux publics de Bâle, Fribourg et Lausanne, mais autorisée sur ceux de Zurich, Saint-Gall, Lucerne et Genève. Peu importe d'ailleurs aux initiants que leur affiche soit ou non interdite puisque leur objectif est atteint : faire parler d'eux, se poser en victimes d'une interdiction alors même qu'ils en proposent une. Mais au passage, c'est un véritable miracle que manifeste la campagne des partisans de l'interdiction des minarets : la conversion au féminisme de l'UDC, de l'UDF, des " identitaires ", des intégristes chrétiens et de toute l'extrême-droite suisse… Conversion toute de façade, ou de parvis, évidemment : Qu'en ont ils à faire, nos islamophobes, du statut des femmes en Iran, en Arabie Saoudite ou en Afghanistan ? A un voile ou une burqa près, il ressemble comme deux gouttes de schnaps à celui qu'ils rêvent de ressusciter ici... Avec la peine de mort et la castration des homosexuels.

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mercredi, 01 avril 2009

Quand la légitimité naît de la rareté

Listes électorales : de l'utilité de la parité des genres

Les Verts genevois ont dû reporter à fin avril la confection de leur liste pour l'élection du Grand Conseil, faute d'avoir reçu assez de candidatures féminines pour pouvoir à la fois respecter le principe de parité des genres sur les listes et satisfaire leur envie de présenter, comme la plupart des autres partis, une liste pléthorique (de 40 candidates et candidats). Ce qui pose, utilement, deux problèmes en même temps, qu'ont à résoudre, et de la peine à résoudre, autant les socialistes que les Verts : celui de la parité des genres, et celui de l'excès de candidatures -le second problème empêchant de résoudre le premier, puisque si la parité des genres peut sans grand effort à gauche être respectée sur des listes correspondant à peu près aux espérances électorales des partis qui les présentent, elle est difficile à atteindre sur des listes " fourre-tout " présentant deux, trois ou cinq fois plus de candidatures qu'on espère obtenir de sièges. Dans ces conditions, la rareté relative des candidatures féminines a au moins un effet positif : en imposant un " plafond " au nombre de candidatures masculines -et donc, parité oblige, au nombre de candidatures tous genres confondus, elle oblige à effectuer un choix, peut-être désagréable puisqu'il est éliminatoire, mais qui octroie à celles et ceux qui sont choisie-s une légitimité politique qu'elles et ils n'auraient pas si leur seule candidature à la candidature suffisait pour figurer sur une liste.


Comment dissoudre la subversion dans le lobbysme
" Imposer l'égalité ne suffit pas à remplir une liste électorale ", observe pertinemment la rédac'cheffe adjointe de la Julie. Non, ça ne suffit pas. Mais ça n'est pas le but. D'abord parce qu' " imposer l'égalité " est un but en soi et non le moyen de " remplir une liste électorale " ; ensuite parce que " remplir une liste électorale " n'est un but que tant qu'on mesure la qualité d'une liste au nombre de candidatures qu'elle propose. On ne fait pas avancer d'un pouce l'égalité des droits en confrontant sur des listes pléthoriques des candidates nouvelles à des candidates et des candidates disposant de relais, d'un électorat déjà constitué, de lobbies actifs ou d'une notoriété acquise. Cette parité là est celle de la couleur des fleurs en pot sur le rebord de la fenêtre. Elle n'a rien à voir avec l'égalité, ni avec un projet politique. Elle n'est que le sacrifice à un rite de correction politique auquel on satisfera d'autant plus facilement qu'il ne menacera aucune position personnelle acquise. Il n'est plus de discours de gauche qui n'intègre à son contenu quelque référence au féminisme, d'autant plus aisément que cette référence exprimera ce que le féminisme aura de moins subversif : les quotas, ou la parité, tant qu'ils ne posent aucun problème à aucun-e notable et n'entravent aucune stratégie électorale personnelle. Ainsi se tient-on quitte de tout effort de changement social en ayant laissé, non pas les femmes mais des femmes s'ébrouer dans l'espace social qu'on s'est résigné à leur concéder, mais qu'on est à tout moment prêt à leur reprendre : celui de l'ascension sociale et de la chasse aux postes, selon les bonnes vieilles règles du carriérisme masculin. Le mouvement féministe était dangereux, socialement, culturellement et politiquement, parce qu'il était fondamentalement subversif et que ses revendications étaient une remise en cause radicale de quelques unes des règles fondatrices du jeu social : ce même mouvement devient inoffensif une fois réduit à ne plus être qu'un lobby. Rien n'aura été changé des fonctionnements sociaux, aucune institution menacée, aucune hiérarchie remise en cause, mais des femmes y auront été intégrées, et se retrouveront comme les hommes prises dans leurs rets.

01:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : politique, élections, parité, féminisme | |  Facebook | | | |