lundi, 14 mai 2018

Autodissolution de ETA : Dans le sens de l'histoire...

ETA, Espagne, Euzkadi, Pays Basque, Catalogne

Le 3 mai à Genève, puis le 4 à Combo-les-Bains, ETA a annoncé son autodissolution par le « démantèlement de toutes ses structures » et sa décision de mettre fin « à toute activité politique » : « ETA ne sera plus un acteur qui exprime des positions politiques, engage des initiatives ou interpelle d’autres acteurs », mais ses anciens membres pourront poursuivre la lutte « dans d’autres champs » que le militaire, pour un Pays Basque « réunifié, indépendant, socialiste, euskaldun (linguistiquement basque) et non patriarcal », et pour le droit du peuple basque d’en décider ainsi (ce qui suggère un référendum d’autodétermination, « à la catalane »). Cette décision, dans le sens de l'histoire (ETA n'avait plus aucune perspective réaliste) aurait été approuvée à 93 % par un vote interne. David Harland, directeur du Centre Henri-Dunant pour le dialogue humanitaire où l’annonce de la dissolution d’ETA a été faite, remercie l'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero pour ses efforts en faveur d'une cessation des actions violentes d'ETA, annonce « la fin du terrorisme européen » : « Bien sûr, il y a encore des attentats, mais ils sont le fait de groupes fondamentalistes religieux extérieurs ». Encore faudrait-il que des gouvernements comme celui de Madrid renoncent à jeter de l'huile sur d'autres feux que celui qui vient de s'éteindre...

Lire la suite

13:32 Publié dans Politique, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : eta, espagne, euzkadi, pays basque, catalogne | |  Facebook | | | |

lundi, 03 avril 2017

Journée internationale d’action pour Nekane Txapartegi

Nekane.jpgNekane Askatu !

Nekane Txapartegi, militante basque, est détenue depuis un an en Suisse, parce qu'accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l'organisation indépendantiste armée ETA (elle lui aurait fourni des faux passeports et rencontré à Paris des militant-e-s de l’organisation). En 1999, Nekane est arrêtée au Pays basque. Durant cinq jours, elle sera détenue à l’isolement, battue, électrocutée, torturée et violée par des agents de la Guardia civil, qui l'ont soumise à un simulacre d'exécution, rappelant celui auquel fut soumis Artur London en Tchécoslovaquie stalinienne (souvenez-vous de l'"Aveu"...). En 2008, elle est condamnée à 6 ans et 9 mois de prison. En violation de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies contre la torture, cette condamnation se fonde presque exclusivement sur les « aveux » que Nekane a exprimés sous la torture, ce qui ne semble guère avoir posé problème au Tribunal. Avant de connaître le jugement, Nekane avait pris la fuite pour finalement, depuis 6 ans, se retrouver à Zürich, avec sa fille. Elle y a été arrêtée le 6 avril 2016, et mise en détention, suite à la demande d’extradition formulée par l'Espagne. Le vendredi 24 mars, l’Office fédéral de la justice a autorisé l’extradition de Nekane vers l’Espagne, l'Etat dont les agents ont été ses tortionnaires... mais que la Suisse officielle considère comme un "pays ami et de confiance" qui, en tant que tel, ne saurait commettre des actes de torture. Raisonnement au terme duquel non seulement la demande d'extradition de l'Espagne a été acceptée, mais la demande d’asile de Nekane a été refusée. "La Suisse se couche devant l'Espagne", résume le collectif "Free Nekane"... Des recours contre les deux décisions sont lancés. En attendant, jeudi, on manifestera en Suisse, dont à Genève (18h Place Neuve), contre son extradition, pour sa libération et son droit d'asile politique : Nekane Askatu !

Lire la suite

14:49 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : nekane txapartegi, euzkadi, eta, espagne | |  Facebook | | | |