mardi, 29 mai 2012

Cécité dans la Cité

A l'ordre du jour du Conseil Municipal de la Ville de Genève, mardi et mercredi prochain (mais il est vrai en queue d'ordre du jour... sauf urgence accordée au débat), on trouve une motion de l'Entente (PLR, PDC) élargie à l'UDC) exigeant notamment (outre les reprises de demandes faites dans des motions déposées par la gauche il y a trois semaines) du Conseil Administratif qu'il « stoppe immédiatement » ses « déclarations irresponsables » mettant « en péril la présence de multinationales sur le territoire de la Ville de Genève ». Ce n'est pas grand chose, une motion. C'est une demande faite à l'exécutif, sur laquelle ledit exécutif peut sommeiller longtemps, et de laquelle il peut ne strictement rien faire du tout. Mais celle-là, si convenu que soit son texte et insignifiants que puissent être ses effets, a tout de même quelque chose d'exemplaire : une sorte d'aveuglement, qui mérite qu'on s'y attarde un peu.

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14:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, développement, croissance, serono | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 octobre 2011

Sandrine Salerno met les pieds dans le Dies : Feu sur la socialiste !

Cette année, le Dies Academicus de l'Université de Genève s'est donné comme thème : « Maîtriser la croissance ». Et il a été ouvert par la contribution d'une invitée surprise : la Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno. Qui a précisément dit ce qu'elle pensait de la « croissance à la genevoise ». Et a mis toute la droite en un émoi dont les clameurs ont assourdi la République. Mais qu'est-ce qu'elle a bien pu dire, Sandrine Salerno, qui suscite une telle rage ? Elle a dit ce que tout le monde à Piogre peut constater : que le modèle de développement économique sur lequel se fondent les choix du gouvernement genevois a des conséquences calamiteuses.  Et du coup, les flingues à tirer dans les coins ressortent de tous les placards de droite : feu sur Salerno ! A propos de tout, de rien et de n'importe quoi. Mais qu'attendre d'autre qu'un écran de fumée d'une droite qu'on est capable de faire, d'un doigt, sortir de la salle du Conseil Municipal ?

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samedi, 13 juin 2009

La récession : qu'en faire ?

C'est officiel : on est en crise…

C'est officiel : au cas où vous ne l'auriez pas remarqué : la Suisse est en récession, à peu près en même temps que les pays de la zone euro (où le recul du PIB a été de 2,5 % en un trimestre, de 4,6 % en un an). Selon les derniers chiffres du Secrétariat d'Etat à l'Economie (Seco), publiés le 2 juin, le produit intérieur brut réel de l'Helvétie a reculé de 0,8 % en trois mois (de janvier à mars 2009) par rapport au trimestre précédent, où il avait reculé de 0,6 % par rapport au trimestre précédent, qui avait été marqué par un recul de 0,2 % par rapport au trimestre précédent. Et comme le label "récession" n'est accordé à ses heureux bénéficiaires qu'après trois croissances trimestrielles négatives consécutives, ça y'est, c'est bon, on est en récession. Le recul du PIB constaté au premier trimestre 2009 est même le plus important depuis 1992, et le recul annuel (du premier trimestre 2008 au premier trimestre 2009) le plus important depuis trente-trois ans, c'est-à-dire depuis la grande crise pétrolière du milieu des années septante.

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mercredi, 06 mai 2009

En finir avec le développement du râble

Plans de relance ou décroissance ?

Le 16 mai prochain, dans toute l'Europe, les syndicats et les partis de gauche manifesteront pour un " new deal social ". Les grandes organisations mondiales de protection de l'environnement militent quant à elles pour un " new deal vert " destiné à revitaliser l'économie mondiale et relancer l'emploi en accélérant la lutte contre le changement climatique, la dégradation environnementale et la pauvreté. " Sociale " ou " verte ", une relance fondée sur les fameux principes du " développement durable " nécessiterait au minimum un investissement d'un pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit environ 750 milliards de dollars (bien moins que les masses financières gigantesques englouties depuis des mois dans le sauvetage du système financier mondial), à investir dans les économies d'énergie, les énergies renouvelables, les transports collectifs, l'accès à eau douce, l'infrastructure écologique et l'agriculture " durable ". Mais il s'agit bien d'une " relance ", et non d'un changement. On fait repartir une machine, on ne renonce pas à celle tombée en panne.

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mercredi, 26 novembre 2008

Objection de croissance

Samedi 29 novembre : " Journée sans achat "

C'est le moment : la crise financière, la récession qu'elle pourrait provoquer, et même les milliers de milliards balancés dans les banques privées pour les sauver du naufrage, et sauver avec elles l'ensemble du système parasitaire (mais qu'on se refuse à réformer réellement, et donc profondément) pourraient, et devraient, susciter un changement des comportements individuels et collectifs de consommation. " Pourraient ", en réduisant les ressources consacrées à la consommation; " devraient ", en modifiant les modes et les critères de celle-ci. La " Journée sans achat " du 29 novembre est l'occasion, à quelques semaines des frénésies mercantiles de la fin d'année grégorienne, de s'interroger non seulement sur le sens de ces rites, mais aussi sur nos comportements le reste de l'année. Et sur ce qui provoque ces comportements : ni des besoins, ni même des désirs -mais des réflexes. De toute façon, rien ne ressemble plus à un chien de Pavlov que le consommateur occidental moyen.

Cresco quia absurdum…

Il faudrait aujourd'hui, déjà, trois planètes supplémentaires pour produire les ressources naturelles et stocker les déchets de la généralisation du niveau et du mode de vie moyens des Suisses à l'ensemble de la population du globe. Et si c'était le niveau et le mode de vie moyens des habitants des USA que l'on généralisait, ce seraient six planètes supplémentaires qu'il nous faudrait. Il se trouve en effet que si la " croissance " se voudrait continue à l'infini, le monde, lui, est contenu et fini. Or toute l'organisation économique et sociale de ce monde tourne autour du mythe de la croissance continue, et de l'objectif d'une croissance quantitative du produit intérieur brut, c'est-à-dire de la production, de la consommation et du gaspillage. Or, qu'est-ce que la " croissance " telle que la mesure le produit intérieur brut ? C'est, au sens littéral de l'expression, " n'importe quoi " : une amélioration du niveau de vie provoquant une dégradation de la qualité de vie; une augmentation des dépenses utiles autant que le coût d'une catastrophe naturelle ou humaine (une bonne guerre, ça peut vous relancer le PIB). Comme le rappelait Spinoza, on ne peut concevoir quoi que ce soit d'illimité (la " croissance ", par exemple…) dans un monde limité. Et notre monde est limité. Limité, et inégalitaire : un cinquième de la population mondiale consomme et gaspille plus des quatre cinquièmes des ressources du monde. Nous sommes de ce cinquième du monde, gras à lard érigeant autour de nos sociétés transformées en centres commerciaux de dérisoires barrières contre les quatre autres cinquièmes en priant qu'elles les retiendront, alors qu'elles ne font que nous y enfermer. Mais avec le Père Noël.

01:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : croissance, décroissance, consommation | |  Facebook | | | |