constitution

  • Droits démocratiques et Droit « supérieur » :Quadrature du cercle

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    Le Conseil fédéral a mis deux projets en consultation pour « améliorer la compatibilité du droit international et des initiatives populaires » et tenter de résoudre une quadrature du cercle : ne pas réduire les droits populaires tout en tenant compte du droit international, lorsqu'il est contraire à ce que proposent des textes acceptés par le peuple. Un Etat démocratique peut-il s'autoriser à ne pas respecter une décision populaire et un Etat de droit ne pas respecter ses propres engagements internationaux (souvent ratifiés par décision populaire) ? Et si la Suisse devait s'accorder à elle-même, au nom du respect de la volonté populaire, l'autorisation de ne pas respecter le droit qui lui est « supérieur » (le droit international), au nom de quoi la Confédération interdirait-elle aux cantons de ne pas respecter le droit fédéral si le peuple d'un canton adoptait une initiative lui étant contraire ? Si la Suisse peut interdire les minarets (dont par ailleurs nous nous foutons comme de notre premier clocher) en violation du droit international, pourquoi Genève ne pourrait-elle pas les autoriser en violation du droit suisse ?

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  • Constitution : Ne pas tourner la page, la réécrire !

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    Les lendemains d'hier ont certes été difficiles pour certains, et les rancœurs peinent peut-être encore à se dissiper, mais il n'est tout de même pas trop tôt pour essayer à la fois de comprendre ce qui s'est passé, pourquoi cela s'est passé, et ce qu'il convient de faire maintenant  - d'autant que dans le camp du « non de gauche » comme dans celui du « oui mais », ce qui prévaut désormais, au moins publiquement, est bien l'attitude qui convient :se remettre au travail, lancer les propositions qui intégreront dans la nouvelle constitution ce qui y manque, en expurgeront ce qui la dépare et y reformuleront ce qui mérite de l'être. Il s'agit donc moins de tourner la page que de la réécrire. En attendant, comme l'assassin, paraît-il, revient toujours sur les lieux de son crime, il convient que le traître revienne sur ceux de sa traîtrise, ne serait-ce que pour en savourer les quelques effets positifs (moins déterminants qu'espérés, mais tout de même... ). Et ce regard retrospectif posé, Judas pourra s'en aller se ressourcer sur une terre où règne un débat politique apaisé, serein, portant sur de grands enjeux rationnellement analysés et incitant à des actes militants porteurs d'espérance et d'alternative. En Corse, donc.

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  • Genève : Molle adoption d'une constitution molle...

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    Constitution, Genève, DaliEt d'une ! (reste l'autre...)

    Verre à moitié vide ou à moitié plein ? On pariait, ici, sur le rejet de la nouvelle constitution -pari perdu : elle a été acceptée. On pariait sur une abstention de l'ordre des deux tiers, pari gagné : on y est, largement. On voulait des votes blancs plus nombreux que la différence entre les « oui » et les « non », on y est en Ville de Genève mais pas au plan cantonal (où la proportion de votes blancs est tout de même trois fois supérieure à l'habituelle)... Il y avait deux constitutions auxquelles faire le sort qu'elles méritent : l'une était en vigueur, l'autre était proposée pour remplacer la première. On ne pouvait les refuser les deux, on devait en accepter ou en confirmer une, et refuser ou accepter l'autre. C'est fait : la constitution proposée a été acceptée, la constitution en place transférée aux archives et la dépouille de James Fazy enfin laissée à la paix des dépouilles.

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  • Constitution genevoise : Un choix à 55 % de 35 % de 50 % ?

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    Hier soir, on en était à 22,6 % de participation au vote sur la constitution, à trois jours de la clôture du scrutin. Si la tendance se poursuit, on se situera quelque part autour des 35 % de participation -et des 65 % d'abstention. On ne risque donc pas le tsunami démocratique sur cet enjeu dont on nous clame pourtant qu'il est dé-ci-sif.  Il vous reste jusqu'à demain pour voter par internet, et de dix heures à midi dimanche matin pour voter, à l'ancienne, dans un local de vote, en déposant dans une urne un bulletin propre sur lui. Parce que c'est bô, un bulletin de vote virginal, immaculé, préservé des grafitis... Gardez donc le vôtre dans son innocence, ne le mélangez pas à ceux de l'UDC et du MCG ni à ceux du PLR et du PDC, n'y mettez pas de croix (les croix, c'est bon pour les cimetières), laissez-le aussi propre que vous l'avez reçu : VOTEZ BLANC !



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  • Constitution genevoise : Ce n'est qu'un débat, continuons le confus !

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    Constitution, constituante, politique, votationOn s'était promis de ne pas y revenir pendant une semaine, et puis voilà, mille excuses, mais on craque. Parce que le débat constitutionnel genevois commence sérieusement à nous gonfler. Non par ce qui devrait être son objet et son enjeu, mais par la forme qu'il prend. Celle, qu'on nous pardonne la vulgarité de la métaphore, d'un débat de merde, mené à coup d'invectives, et de procès d'intentions, de caricatures des enjeux et de prédictions paranoïaques. ça pleurniche d'un côté, ça agonit de l'autre, et ça nous pompe l'air des deux.


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  • Constitution genevoise : A cambiare, radicalmente e da capo

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    vignette Constitution23.jpgLe moins que l'on puisse écrire est que le projet de nouvelle constitution genevoise a du plomb dans l'aile (surtout dans l'aile gauche, mais l'aile droite est également touchée), et qu'il serait vraiment fort surprenant qu'il soit accepté dans deux semaines par la majorité de la petite minorité de Genevoises et de Genevois qui non seulement auront le droit de voter, mais auront consenti à en user. Après quelques semaines d'attente précautionneuse, et ayant pris le temps de humer le vent pour déterminer sa direction, les résistants de la dernière heure sont sortis du bois et, à visage découvert, flinguent désormais sans risque le texte de la Constituante et le dernier carré (héroïque : les chants désespérés sont les chants les plus beaux) de ses défenseurs. Bref, tout indique que le 15 octobre, Genève se retrouvera avec la même constitution  que l'avant-veille. Et qu'il faudra remettre l'ouvrage (car il en a besoin) sur le métier. Mais cette fois, notre ouvrage, sur notre métier. Radicalmente e da capo.

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  • Ouverture du mois du blanc : Ecrivez votre propre constitution !

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    Lors de leur conférence de presse de lancement de campagne, les opposants au projet de nouvelle constitution genevoise nous ont balancé un argument massue: « on nous soumet un paquet ficelé, ce qui est antidémocratique ». On aurait donc du voter séparément sur chacun des 240 articles du projet ?   imaginez la polémique entre les partisans du oui-non-non-oui-non-oui-non-non non-oui-non-blanc (etc...) et ceux du oui-oui-non-non-oui-blanc-non-oui-oui-non-non-oui... Une constitution se vote toujours en bloc, s'accepte ou se refuse en bloc, et se rabote et se complète ensuite. Autre argument tartouille, mais cette fois pour nous faire voter le projet de nouvelle constitution, « dire non, c'est accepter de jeter les 15 millions que l'exercice aura coûté par la fenêtre, sans aucune garantie qu'un nouvel exercice fera mieux ! » ... Depuis quand la valeur politique d'un projet se mesure-t-elle au coût de sa présentation ? Quant à l'absence de « garanties qu'un nouvel exercice fera mieux », on  ne va tout de même pas voter un projet simplement parce qu'il aurait pu être pire... Bref, le débat vole bas et ce rase-motte nous lasse...

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  • campagnes sur le projet de nouvelle constitution : Enfumages

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    Heureuses citoyennes et heureux citoyens que vous êtes, vous avez le choix :  ça y'est, le débat sur la nouvelle constitution genevoise est lancé, par ses partisans sur le mode de l'éloge du consensus et de la «politique des petits pas», et par ses opposants sur le mode de la caricature :  leur conférence de presse d'avant-hier fut en effet un grand moment de rhétorique fossilisée, de réflexions ligneuses et de déni de lecture du texte soumis à l'approbation du bon peuple. Quant aux partisans du projet, présentant hier leur coalition, c'est en le posant comme « rassembleur, moderne et novateur » qu'ils tentent de le vendre. Rassembleur ? Il ne l'est déjà plus. Moderne ? la modernité a toujours été une forme politique creuse, dans laquelle on peut mettre n'importe quoi. Novateur ? il faut le dire vite... Entre appel au consensus mou et falsification des textes, le débat commence dans l'enfumage.

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  • Projet de nouvelle constitution : que la fête commence !

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    Le 14 octobre, on fêtera le refus d'un texte de constitution. On ne sait pas encore lequel, du texte en vigueur ou du texte proposé, mais on sait déjà que l'un des deux passera à la trappe. Forcément. Et comme aucun des deux ne nous sied, on votera blanc, comme nous y invite  la Jeunesse Socialiste (http://www.js-ge.ch/?page_id=1414)

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  • Projet de nouvelle constitution genevoise : Chaud, chaud, chaud, le débat sera chaud !

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    Hier soir,  le PS et les Verts se sont prononcés sur le projet de nouvelle constitution genevoise, issu des travaux de l'Assemblée Constituante -un prononcement qui vaut mot d'ordre pour le vote d'octobre prochain. Les socialistes appellent, par 32 voix contre 18, à soutenir ce projet, les Verts le soutiennent également, à une majorité moindre (45 voix contre 11), les deux groupes au sein de la Constituante l'ayant préalablement accepté.  Mais jeudi dernier, la Communauté genevoise d'action syndicale (une Genferei dont nous pouvons être heureux, puisqu'il s'agit d'un regroupement de tous les syndicats du canton, à une temporaire bouderie du SSP près) a quant à elle appelé, à l'unanimité de son assemblée des délégués, au refus du projet de nouvelle constitution, pour sanctionner la méthode de la droite consistant à imposer un rapport de force pour pondre un avant-projet inacceptable pour la gauche, mais aussi pour dénoncer les manques du texte, notamment l'abandon du droit d'éligibilité des étrangers et la restriction du droit de grève. SolidaritéS et l'AVIVO appelant également à refuser le projet que soutiennent socialistes et verts, le débat à gauche va être plus chaud que le texte tiède dont il est l'enjeu...

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  • Constituante : les jeux sont faits, rien ne va plus ?

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    Impairs, impasses et manques

    Comme l'annonçait, sans grand risque de se tromper,  « Le Temps », la Constituante genevoise  « ne déclenchera pas de révolution » avec son projet de nouvelle constitution cantonale. Un projet de constitution «  sans audace »  après que le choix ait été fait du  « raisonnable », selon le mot de la coprésidente verte de l'assemblée, Marguerite Contat Hickel. Le choix du « raisonnable » ou le calcul délibéré du terne, pour assurer au texte une majorité, même plus résignée qu'enthousiaste, lorsqu'il sera soumis au vote populaire, en octobre prochain ? Les fronts sont déjà presque dessinés pour ce vote : la droite démocratique, le PS, les Verts appelleront à voter « oui », solidaritéS et l'AVIVO à voter  « non  »  et on n'a plus guère d'incertitudes, mesurées, que sur le prononcement de l'extrême-droite et des associations. Mais quelque mot d'ordre que l'on finisse par donner, la question qui se posera est bien  : « A quoi bon cet exercice de réécriture ? »...  Et donc à quoi bon l'accepter ? Et même : à quoi bon le refuser ?


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  • Projet de nouvelle constitution genevoise : Tout ça pour ça ?

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    La troisième débat sur le projet de nouvelle constitution genevoise est terminé et l'Assemblée constituante lance une campagne d'information pour sensibiliser la population à ses travaux et à leur (glorieux) résultat en vue de la votation populaire du 14 octobre prochain. Six « soirées thématiques » sont donc prévues pour permettre aux constituants de rencontrer la population (au nom de qui ils ont pondu leur texte) et à la population d'apprendre leur existence et de rencontrer les constituants qu'elle a élus, ou, plus majoritairement, laissé élire. Les deux premières de ces soirées sont organisées à Genève : la première, hier soir, la seconde, le 23 mai, à la Maison de retraite du Petit-Saconnex. Vu la composition générationnelle de la Constituante, directement du producteur au consommateur.... Mais on n'ironisera pas plus, c'est pas notre genre, sur le choix du lieu. Ce genre d'ironie n'est d'ailleurs plus de notre âge.

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  • Le projet de nouvelle constitution genevoise en deuxième lecture : Bricolages et rabotages

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    L'Assemblée Constituante genevoise « construit la future constitution », annonce la dernière livraison de la « Lettre de la Constituante ». C'est au pied du mur qu'on reconnaît le maçon : en septembre dernier, l'entrée en matière sur l'avant-projet avait été acceptée, et l'assemblée a entamé ce mois la deuxième lecture du projet de nouvelle Constitution. Et elle l'a entamé par une polémique sur le statut de « déclarations interprétatives » dont des constituants souhaitent garnir le projet au prétexte de clarifier les intentions de ses auteurs (c'est-à-dire d'eux-mêmes). Le problème, c'est que ces déclarations, qui ne devraient avoir aucune valeur n'étant pas votées par le peuple, ni même sérieusement débattues par la Constituante, ont tout de même un poids et pourraient servir de référence au Tribunal fédéral pour jauger du respect ou non de telle ou telle disposition constitutionnelle. Bref, les bricolages continuent. Et le rabotage des belles intentions initiales, notamment en termes de droits démocratiques sociaux, aussi...

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  • Au prétexte du naufrage annoncé de la Constituante genevoise

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    Le lien politique : adhésion ou contrat ?

    Ce qui est en cause dans tout débat sur la réforme des institutions politiques, et ce que la Constituante genevoise, si elle avait fait son boulot, aurait du s'attacher à réformer,  est la nature du lien ou du contrat politiques, et l’identité de qui le tisse ou le conclut. Qui est le Souverain ? Sur quoi s’exerce sa souveraineté ? Le choix se fait entre l’adhésion et le contrat: l’adhésion qui se fait à ce qui déjà existe, et le contrat qui créée ce qui sans lui n’existerait pas et avant lui n’existait pas. De la nature de ce choix découle la nature du lien politique, le type d’institutions matérialisant ce lien, l’étendue des droits et des libertés des individus formant le corps politique.

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  • Une Constitution ou un travail de séminaire ?

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    Consultation sur l'avant-projet de nouvelle constitution genevoise
    Une Constitution ou un travail de séminaire ?


    La Constituante ayant consenti à demander leur avis aux citoyennes et citoyens avant de leur balancer un projet de nouvelle constitution, son avant-projet est soumis à consultation jusqu'au 25 mars. Elle fera du résultat de cette consultation ce qu'elle veut, le peuple faisant lui-même du projet final ce qu'il voudra. Autant dire que si l'exercice consultatif n'est pas décisif, ni, compte tenu d'une certaine platitude du texte, franchement jouissif, on ne perd pas grand chose, sinon un peu de temps, à y participer... On attendait une nouvelle constitution ? On doit pour l'instant se contenter d'un travail de séminaire de droit constitutionnel. Qu'on nous demande de noter. Bah, pourquoi pas ?

    (les documents utiles sont disponibles sur http://www.ge.ch/constituante, et on peut répondre en ligne à la consultation sur http://www.link.ch/constituante).

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  • Constituante genevoise : Chouette, on est consultés !

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    Le 5 février prochain s'ouvrira la consultation (la seule et unique) organisée pour soumettre à l'appréciation de qui aura quelque chose à en dire l'avant-projet de nouvelle Constitution issue des travaux de la Constituante, outre un questionnaire plus général. Cette consultation (qui comprendra des stands dans la rue et des soirées débats) se terminera le 25 mars. En d'autres termes, elle se déroulera parallèlement aux élections municipales, sans que l'on puisse prédire laquelle des deux campagnes parasitera l'autre, ou sera submergée par elle... L'avant-projet de constitution genevoise est disponible sur internet (www.ge.ch/constituante/doc/constitution/avant_projet_130111_version_finale.pdf), comme d'ailleurs les thèses refusées et acceptées par la Constituante, et les rapports des 5 commissions thématiques. Quitte à le comparer à ce qu'aurait pu être une constitution de gauche (www.perso.ch/troubles/constitution.pdf) ou aux bonnes intentions des partis désireux de participer à l'exercice constituant (par exemple : www.ps-ge.ch/constituante), On ne saurait trop vous inciter à lire cet avant-projet, et à participer à la consultation (tout le monde peut le faire, sans condition d'âge ou de nationalité, puisqu'une constitution s'applique à tout le monde sur le territoire qu'elle norme).

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  • Le glas de la Constituante

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    La Déconstituante genevoise propose le retour de l'énergie nucléaire

    La Constituante genevoise a achevé, jeudi soir, le plombage de ses propres travaux en proposant, contre l'avis de la commission concernée, de revenir sur le bannissement de l'énergie nucléaire, inscrit dans l'actuelle constitution depuis 1986. Trois projets de nouvelles centrales nucléaires ont été déposés en Suisse, et la droite a placé Doris Leuthard à la tête du ministère concerné pour favoriser leur acceptation : Le vote de la Constituante genevoise, en faveur d'une disposition remplaçant l'interdiction du nucléaire par une recommandation creuse de d'essayer de s'en passer, est un signal dans cette même direction, mais aussi le premier son d'un glas : celui du service funèbre du projet de nouvelle constitution genevoise. Il n'y a vraisemblablement plus rien à attendre de cette assemblée, sinon qu'elle nous fasse le cadeau d'aggraver encore son cas en farcissant son texte d'autres dispositions rédhibitoires, et en facilitant notre travail le jour où il faudra dire, en votation populaire, « NON » à un texte qui, sur la plupart des points que nous jugions fondamentaux, menace de n'être qu'un véritable manifeste de régression sociale et politique.

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  • La Constituante genevoise, en marche arrière toute...

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    Arrêter la déconstitution ?

    Des centaines de personnes ont manifesté jeudi dernier, devant l'Hôtel-de-Ville, leur refus des manoeuvres de la majorité de droite de l'assemblée constituante, et de la volonté de cette majorité d'imposer un projet de constitution faisant revenir la République deux siècles en arrière, au temps béni de la Constitution de 1815, pondue par les représentants de l'Ancien Régime revenus au pouvoir dans les fourgons des armées de la Saint-Alliance. Le 25 mai, cette droite du XXIe siècle pensant comme celle du XIXe avait réussi à faire refuser par la Constituante les thèses affirmant la non-discrimination, l'égalité entre femmes et hommes, le droit aux moyens de vivre, le droit au logement, une bonne partie du droit aux études, les droits des travailleurs et travailleuses, les droits aux allocations familiales, de naissance, d'adoption. Quelques jours plus tard, ce sont les droits aux soins et à l'assistance, à l'information et à la transparence de l'administration et à l'assistance juridique qui passaient à la trappe. Et ce n'est pas fini. En revanche, les droits sacro-saints à la «  propriété » (privée) et à la « liberté économique » (mercantile) ont été maintenus. On ne s'en étonnera pas, si on regrettera qu'ils l'aient été, compte tenu des épisodes précédents, avec l'apport inutile des votes socialistes.

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  • Vive la Constituante ! Bolivienne…

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    Un véritable processus démocratique, accouchant d'une véritable réforme constitutionnelle, c'est possible :
    Vive la Constituante ! Bolivienne…


    Le 10 août dernier, les deux tiers des Boliviens ont confirmé, lors d'un référendum demander pour le révoquer, le président Evo Morales dans ses fonctions. Sitôt cette campagne référendaire terminée, une autre s'est ouverte : pour l'approbation d'une nouvelle Constitution, porteuse de changements fondamentaux : contrôle démocratique des ressources naturelles (la terre, le gaz, le pétrole), égalité des droits et donc émancipation des Indiens (60 % de la population) et des pauvres… Ces changements, la vieille oligarchie " blanche " de Bolivie n'en veut pas. Elle mène depuis l'élection d'Evo Morales une campagne violente et raciste, avec l'appui des Etats Unis et de 90 % des media du pays. Face à cette mobilisation " à la chilienne " (modèle 1973) de toutes les forces réactionnaires de Bolivie, les mouvements sociaux qui soutiennent le président Morales ont eux-mêmes besoin d'un soutien international. C'est à ce soutien que nous appelle le SOLIFONDS.

    " Que pouvons-nous attendre d'un sale Indio ? "


    Le " sale Indio " de cette élégante interpellation, c'est le président bolivien, Evo Morales, ainsi présenté par le comité des femmes de droite de Santa Cruz, lorsque Morales a annoncé la 28 août que le projet de nouvelle Constitution du pays sera soumis au vote populaire le 7 décembre. Il y a des processus de révision constitutionnelle qui aboutissent réellement à des projets de " réforme radicale " : c'est le cas du projet proposé par la Constituante bolivienne, et soutenu par les mouvements sociaux regroupés au sein du MAS à l'initiative des syndicats. Mais ces mouvements manquent de moyens, face à une opposition de droite qui détient la quasi totalité des media du pays, contrôle les provinces les plus riches, entretient des bandes armées et bénéficie du soutien actif des Etats-Unis. Pour la campagne référendaire sur le projet de nouvelle constitution, le syndicat des petits paysans, le CSCB, veut former 15'000 militants chargés d'expliquer l'enjeu du scrutin et le contenu du texte soumis au vote, et de mobiliser la " Bolivie d'en-bas ", la Bolivienne paysanne, indienne et pauvre qui a élu Morales.

    Soutenez la collecte de fonds destinée par le SOLIFONDS au syndicat des Colonizadores :

    SOLIFONDS
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    www.solifonds.ch
    Compte de chèques postaux 80-7761-7



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  • UNE CONSTITUANTE, POUR QUOI FAIRE ?

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    Avec plus de résignation que d'enthousiasme, les citoyennes et yens genevois ont accepté d'élire une assemblée constituante et de la charger de réécrire la Charte fondamentale de la République. Non que les dits citoyennes et yens aient ressenti le besoin impérieux de réformer les institutions genevoises : ils ont seulement pris acte de ce que ce besoin était impérieusement ressenti par d'autres (le groupe formé autour du professeur Andreas Auer), et n'ont vu aucune objection à laisser 80 personnes s'ébrouer dans une assemblée mandatée pour produire un texte qui de toute façon sera soumis au vote populaire -et que le vote populaire pourra donc renvoyer à ses auteurs. Tous les partis, et une palanquée de groupes s'affirmant non partisans et "issus de la société civile" (comme si les partis politiques étaient issus d'ailleurs -mais d'où ? de la cléricature religieuse ? de l'armée ?), présentent des listes à l'élection de la Constituante (le PS présente quarante candidates et candidats, dont un tiers ne sont pas membres du parti). Le 19 octobre, on saura de quoi et de qui la Constituante sera faite. Mais pas vraiment à quoi elle va servir. A réformer les institutions ou à lisser leurs règles de fonctionnement ? A étendre les droits politiques et sociaux ou à les conformer à un cadre juridique réputé "supérieur" (le cadre fédéral, tant qu'on ignore que ce cadre "supérieur" est lui-même soumis à un cadre encore plus "supérieur" : les grands textes du droit international) ?

    La droite n'a pas fait mystère de ses intentions de réduire les engagements de la République au strict nécessaire -et le strict nécessaire, pour la droite, c'est toujours l'Etat gendarme, et rien que l'Etat gendarme, ne garantissant qu'un droit : celui à la propriété privée; l'extrême-droite, elle, mettait les pieds au mur -non que l'actuelle Constitution lui convienne, mais parce qu'elle craint une avancée des droits politiques pour les étrangers, et une avancée des droits sociaux pour tous; enfin, la "gauche de la gauche" (ou réputée telle, par elle-même) craignait, à l'inverse, une réduction des droits politiques et des droits sociaux. Quant au PS, il s'est avancé en faveur de la révision constitutionnelle, avec une "feuille de route" énonçant, sans les préciser, les grands axes de ses revendications (extension de droits politiques et sociaux, construction d'un espace politique régional, transfrontalier et démocratique, prise en compte des changements sociaux)...

    Une Constitution, cela peut être un programme politique ou un constat notarial. Le programme politique dit où l'on veut aller, le constat notarial dit où on en est. L'exercice du constat est donc le plus aisé : il ne consiste après tout qu'à décrire l'état des choses. Mais dès lors que les ambitions constituantes s'élèvent au-dessus de celles de l'arpenteur institutionnel, les grands débats et les grands clivages surgissent, entre la gauche et la droite, à l'intérieur de la gauche et de la droite, et, transversalement, selon des lignes de front qui rompent l'opposition des camps politiques constitués : libertaires contre autoritaires, laïques contre confessionnels, libre-échangistes contre protectionnistes, autonomistes contre centralistes, internationalistes contre nationalistes, et j'en passe... De toutes ces lignes de fracture, celle qui devrait nous importer le plus est celle qui va opposer les forces qui veulent renforcer le champ du politique (et de la démocratie) face à l'économie et à la marchandise, d'une part. et les forces qui se satisfont pleinement (ou qui veulent l'étendre encore) de l'emprise du marché, d'autre part. La Constituante, ça pourrait être le champ (pas clos, puisque la joute se livre devant la Cité) de l'affrontement de la République et du Marché.

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