mercredi, 07 décembre 2016

Ouverture des commerces genevois : L'année des quatre dimanches

consommation

Le 27 novembre dernier, à Genève, l'initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces, a été refusée par les citoyens et yennes. L'initiative n'était soutenue que par la gauche, en sus des syndicats. Elle n'en a pas moins obtenu plus de 47 % des suffrages, en étant acceptée en Ville et dans les villes de la ceinture. Et si elle a été refusée, c'est que lui était opposé un contre-projet (qui, lui, a été accepté) limitant les possibilités d'ouverture dominicale des commerces à trois dimanches par an jusqu'à 17 heures (plus le 31 décembre, jour férié dans une République qui commémore ce jour là, non la fin de l'année, mais la Restauration de son Ancien Régime, en oubliant au passage de quoi il était fait et comment il fut restauré). Le contre-projet et l'initiative étaient tous deux une réponse à une  décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance (et donc impossible à contrecarrer par un référendum) d'autoriser l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laissant aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle, c'est ce que Genève a fait, en posant comme condition à l'autorisation d'ouverture dominicale (ou fériée) quatre fois par an, l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. L'année des quatre dimanches, en échange d'une  meilleure protection des travailleurs : le PLR et l'UDC s'y sont vainement opposés alors que le patronat du secteur l'acceptait. Les "partis de l'économie" ne sont pas tels qu'ils voudraient qu'on les considère

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16:22 Publié dans Commerce, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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18:13 Publié dans Commerce, Genève, syndicats, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 février 2013

Prolongations des heures d'ouverture des bistrots : Oui... euh, non... oh et puis merde...

Ainsi, on devrait se mobiliser contre le refus des demandes faites par des bistrots de prolonger leurs heures d'ouverture de minuit à deux heures. On s'est beaucoup mobilisés auparavant pour refuser de prolonger les heures d'ouverture des magasins. Va-t-on récolter pendant la journée des signatures contre la prolongation des heures d'ouverture des uns, et pendant la soirée des signatures pour la prolongation des heures d'ouverture des autres ? Dénoncer le discours consumériste à midi, et le proclamer à minuit ? On nous avait déjà fait le coup avec le Moa, on nous le refait avec les 28 bistrots : il en irait de la vie même de la ville.
Ne tient-elle vraiment qu'à cela ?

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12:22 Publié dans Commerce, Genève, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : consommation, bistrots | |  Facebook | | | |

mardi, 11 décembre 2012

Travail de nuit et du dimanche dans les « échoppes » routière pour commencer ?

Faites chauffer le référendum !

Le 14 décembre, il y a fort à parier que la majorité de droite du Conseil National adoptera en votation finale la proposition du libéral genevois Christian Lüscher de « libéraliser » la réglementation des  heures d’ouverture et de l'assortiment des échoppes des  stations-service des autoroutes et des « grands axes routiers ». L’automne dernier, le Conseil des États avait déjà décidé d'y rendre possible le travail de nuit et du dimanche. Au Conseil national, une minorité de gauche a bien tenté de limiter ces autorisations aux seules autoroutes, mais elle a été battue. Un référendum a d'ores et déjà été annoncé contre la décision attendue de « libéralisation ». Il aboutira sans problème. Et le dernier mot sera donné au peuple.  Et on a bon espoir qu'une fois de plus, ce dernier mot soit un « non » sonore. Comme le 28 novembre de l'année dernière, à Genève (à Zurich et à Lucerne, des projets semblables ont été semblablement repoussés. ), lorsqu'à une majorité sans équivoque, les genevois-es avaient refusé la proposition du patronat et de la droite d'étendre les horaires d'ouverture des magasins. C'est-à-dire, surtout, des grands magasins.

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15:24 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicats, commerces, échoppes, consommation | |  Facebook | | | |

vendredi, 25 novembre 2011

Samedi 26 novembre, « journée sans achat » : Parce qu'une vie ne s'achète pas...

Demain, dernier samedi de novembre (on nous pardonnera cette concession à la normalité grégorienne), nous célébrerons, comme chaque année depuis bientôt vingt ans, la « journée sans achat ». Nous la célébrerons chacun à notre manière, cette journée de résistance au consumérisme, lancée pour s'interroger «collectivement et pacifiquement» sur le sens de notre soumission volontaire aux injonctions de la société de consommation, et sur les conséquences de cette soumission: épuisement des ressources naturelles, accroissement des pollutions industrielles, perte du lien social, omniprésence de la publicité. Et surtout, oubli de cette évidence ontologique : une vie ne s'achète pas.

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13:02 Publié dans Commerce | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation, décroissance, marchandise | |  Facebook | | | |

vendredi, 26 novembre 2010

Samedi, Journée sans achat : ne plus acheter, pour ne plus se vendre

Elle n'est organisée qu'une fois par an, quand elle mériterait de l'être au moins une fois tous les deux jours : la Journée sans achat, demain samedi, tiendra stand à Genève, place du Molard (de 10 à 17 heures), à la veille d'un scrutin qui verra le bon peuple des consommateurs, dont font d'ailleurs partie les travailleuses et les travailleurs des grands magasins, se prononcer sur le projet du patronat de ce secteur, et de ses chefs de rayons politiques, de prolonger les heures d'ouverture de leurs souks, sous les prétextes les plus divers et, pour certains, les plus fantaisistes. La coïncidence de la votation et de la Journée sans achats est fortuite, mais ce hasard objectif est heureux  -il permet de poser publiquement la question qui fâche, au moment où la frénésie consumériste de la fin de l'année expose ses premiers symptômes : la qualité d'une vie se mesure-t-elle à la quantité des biens qu'on la passe à accumuler, ou à la qualité des liens qu'on se donne le temps de tisser, hors de toute incitation marchande ?

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16:03 Publié dans Commerce | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : décroissance, consommation | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 octobre 2010

Extension des heures d'ouverture des (grands) magasins : Inutile, exploiteuse, gaspilleuse

Le 28 novembre prochain, le sort de la loi sur les heures d'ouverture des magasins (LHOM) sera scellé : la gauche et les syndicats ont lancé et fait aboutir un référendum contre les modifications apportées à la loi par le patronat et ses commis-voyageurs politiques, modifications devant permettre une extension des heures d'ouverture des magasins. Disons plutôt, clairement, des grands magasins et des centres commerciaux. Le patronat affirme que cette extension est  « vitale » pour le secteur  et qu'elle répond à « un besoin exprimé par la population ». Foutaise : les commerces genevois peuvent déjà ouvrir 67 heures et demie six jours sur sept par semaine, et les épiceries, les dépanneurs et les marchés ouverts le dimanche suffisent amplement pour le reste du temps. Bref : la  « libéralisation » des heures d'ouverture des  magasins n'a pas d'autre sens que celui de permettre aux plus gros d'entre eux de surexploiter leur personnel.

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samedi, 20 décembre 2008

Vivement l'après-Avent...

Plus que deux semaines et on en aura fini avec les " fêtes "...

Il faut rendre au capitalisme et aux marchands l'hommage qu'ils méritent : en dépouillant les ancienne fêtes religieuses de tout contenu religieux, en les réduisant à un grand rite consumériste, laissant certes quelque place, congrue, à la remémoration des traditions anciennes, mais écrasant sur son passage toute autre signification que celles qui peuvent se réduire à un échange marchand, ces endémies éclaircissent le paysage. On sait depuis Marx que le capitalisme est, fondamentalement, révolutionnaire -en ce sens qu'il bouleverse, et écrase quand il ne peut bouleverser, tout sur son passage. Les fêtes de Noël le confirment : La nativité réduite à la marchandise annonce la mort de Dieu, en le mettant en vente.

Et Dieu dans tout ça ?

Le moment s'y prête : il doit bien rester, sous le fatras consumériste et l'orgasme mercantile des " fêtes de fin d'année ", quelque trace de religiosité -pas de celle, fétichiste, de la marchandise, mais de celle au nom de laquelle nous sommes supposés fêter noël, en pays anciennement chrétiens et désormais aussi païens qu'on peut l'être dans un supermarché. Profitons donc de l'occurrence pour dire, au passage, un mot de ce vieux cerbère de tous les ordres imposés : la religion. Apparemment, à défaut d'être déjà mort, Dieu serait subclaquant. Mais ce vieux cancer a ses métastases, ce cadavre ses parasites : les églises traditionnelles s'endorment doucement, d'autres, pires, naissent de leur soue. Et à contempler ce qui menace de lui succéder, on finirait même par regretter Dieu... Et puis, la religion ne s'éteint pas comme un incendie : elle s'embourbe comme une inondation. Et cela prend du temps : au début du XXIème siècle de l'ère chrétienne, 70 % des Français se font encore enterrer religieusement (du moins leur famille l'a-t-elle décidé pour eux). Que la mort soit toujours révoltante est d'autant plus évident qu'elle est devenue invisible, sauf comme spectacle. Le passage vers le néant doit être marqué, les religions sont là pour cela, et à cela au moins -mais à cela seul-peuvent-elles encore servir. Et puisque nul ne vit autrement qu'entre une naissance qu'il n'a pas choisie et une mort qu'il ne peut éviter, autant ajouter à l'absurdité de ce passage l'absurdité du signe qui le clôt. Ce signe est un signe de mort, et un signe mort : que les cadavres des hommes soient accompagnés de celui de leurs dieux rend au moins les hommes égaux des dieux.
Amen.

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mercredi, 26 novembre 2008

Objection de croissance

Samedi 29 novembre : " Journée sans achat "

C'est le moment : la crise financière, la récession qu'elle pourrait provoquer, et même les milliers de milliards balancés dans les banques privées pour les sauver du naufrage, et sauver avec elles l'ensemble du système parasitaire (mais qu'on se refuse à réformer réellement, et donc profondément) pourraient, et devraient, susciter un changement des comportements individuels et collectifs de consommation. " Pourraient ", en réduisant les ressources consacrées à la consommation; " devraient ", en modifiant les modes et les critères de celle-ci. La " Journée sans achat " du 29 novembre est l'occasion, à quelques semaines des frénésies mercantiles de la fin d'année grégorienne, de s'interroger non seulement sur le sens de ces rites, mais aussi sur nos comportements le reste de l'année. Et sur ce qui provoque ces comportements : ni des besoins, ni même des désirs -mais des réflexes. De toute façon, rien ne ressemble plus à un chien de Pavlov que le consommateur occidental moyen.

Cresco quia absurdum…

Il faudrait aujourd'hui, déjà, trois planètes supplémentaires pour produire les ressources naturelles et stocker les déchets de la généralisation du niveau et du mode de vie moyens des Suisses à l'ensemble de la population du globe. Et si c'était le niveau et le mode de vie moyens des habitants des USA que l'on généralisait, ce seraient six planètes supplémentaires qu'il nous faudrait. Il se trouve en effet que si la " croissance " se voudrait continue à l'infini, le monde, lui, est contenu et fini. Or toute l'organisation économique et sociale de ce monde tourne autour du mythe de la croissance continue, et de l'objectif d'une croissance quantitative du produit intérieur brut, c'est-à-dire de la production, de la consommation et du gaspillage. Or, qu'est-ce que la " croissance " telle que la mesure le produit intérieur brut ? C'est, au sens littéral de l'expression, " n'importe quoi " : une amélioration du niveau de vie provoquant une dégradation de la qualité de vie; une augmentation des dépenses utiles autant que le coût d'une catastrophe naturelle ou humaine (une bonne guerre, ça peut vous relancer le PIB). Comme le rappelait Spinoza, on ne peut concevoir quoi que ce soit d'illimité (la " croissance ", par exemple…) dans un monde limité. Et notre monde est limité. Limité, et inégalitaire : un cinquième de la population mondiale consomme et gaspille plus des quatre cinquièmes des ressources du monde. Nous sommes de ce cinquième du monde, gras à lard érigeant autour de nos sociétés transformées en centres commerciaux de dérisoires barrières contre les quatre autres cinquièmes en priant qu'elles les retiendront, alors qu'elles ne font que nous y enfermer. Mais avec le Père Noël.

01:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : croissance, décroissance, consommation | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 octobre 2008

Ne plus acheter, pour ne plus se vendre

29 novembre : Journée sans achat

Le 29 novembre se tiendra la " Journée Sans Achat " . A l'ordre du jour : ne rien acheter pendant 24 heures (ne rien acheter, pas ne rien voler ou ne rien troquer…) Organisée dans au moins 55 pays, la Journée Sans Achat veut nous interroger sur la réalité de notre société mercantile et consumériste, dénoncer une publicité omniprésente et une incitation permanente à amasser, se libérer d'un rêve de croissance infinie qui se transforme en cauchemar pour la majorité de la population humaine de la planète. A Genève aussi, la Journée Sans Achat sera l'occasion d'une critique de la marchandise, de la consommation et de la croissance. Cesser d'acheter pour ne plus se vendre : ça tombe au bon moment, et si la crise du système financier mondial, en faisant planer le " spectre de la récession ", pouvait concourir à une remise en cause radicale de nos comportements ?

Ne plus consommer, mais consumer

Une " Journée Sans Achat " pourquoi ? Pour se défendre de la marchandise, et de la mercantilisation. Pour remettre en cause la réduction de toute valeur d'usage à une valeur d'échange, de tout lien social à la propriété d'un signe d'appartenance (une bagnole, un home cinema, une console de jeu, un portable...). Cette socialisation de la marchandise, rigoureusement conjointe à la réification du lien social, est la marque du capitalisme socialisé. Ne pas acheter pendant un jour ne suffit évidemment pas à une critique de la marchandise, mais du moins en manifeste l'urgence. Pour le reste, et pour la suite, il n'est qu'un moyen de se délivrer de la marchandise : la détruire en tant que marchandise, c'est-à-dire détruire sa valeur d'échange. Celui qui détruit la marchandise s'en rend maître. Le gaspillage, le vol, le pillage, détruisent en effet ce qui, dans la marchandise, contient la valeur de l'exploitation du temps de travail qui l'a produite. L'exploitation ainsi niée, reste à nier aussi l'aliénation. Et à passer de la critique de la consommation à l'exercice de la consumation. On rejoint ici l'objectif que nous pouvons assigner à la décroissance : être non seulement l'instrument de la défense de l'environnement naturel contre les agressions humaines, ou de la défense des plus vulnérables d'entre les humains contre les actes et les comportements des privilégiés, mais être surtout la charge d'explosif dynamitant un ordre social fondé sur l'impératif de produire toujours plus, de consommer toujours plus, et de n'être plus que producteurs et consommateurs -surtout pas citoyens.

02:44 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : économie, consommation | |  Facebook | | | |