vendredi, 04 octobre 2013

La gauche et les « emplois de solidarité » : L'épreuve de la cohérence

emploi, chômage, Eds44ème jour de grève des « employés de solidarité » (Eds) de « Partage », contre la « sous-enchère salariale déguisée en réinsertion », les « salaires de misère » (entre 3225 et 4225 francs par mois) et la sous-traitance de tâches relevant du service public. Et hier après-midi, 200 manifestant-e-s pour soutenir les grévistes, et une motion présentée au Grand Conseil par les socialistes et les Verts, demandant notamment le respect de la loi cantonale sur le chômage qui prévoit que les activités de service public ne peuvent pas être confiées à des personnes employées en Eds et que ces personnes ne doivent pas faire concurrence au « marché » ordinaire de l'emploi (car, bonnes gens, entrez-vous bien ça dans le crâne : l'emploi est un marché, et donc l'employé une marchandise).  Mais tout de même, qu'on en soit à demander que l'Etat respecte sa propre loi dit bien l'état des choses... Et nous met à l'épreuve de la cohérence, parce que les Eds, des municipalités de gauche et des associations proches de la gauche en ont aussi profité... en en profitent encore...

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lundi, 09 janvier 2012

Nouvelles de la faune locale : Une espèce protégée : le chômeur genevois

Le Conseil d'Etat a annoncé le 21 décembre (c'était le jour de la tourbe, ça s'imposait) qu'il se ralliait à la « préférence cantonale »  prônée par le MCG (mais en s'y ralliant sans le dire, et dans des « limites du possible » si étroites qu'on ne peut guère répondre à sa posture qu'en ricanant) et qu'il entendait donner, dans les grands établissements publics (Hôpital, TPG, Aéroport) comme dans l'administration centrale, préférence aux chômeuses et chômeurs genevois (au sens large du qualificatif «genevois») dans l'embauche de personnel. Voilà le donc le chômeur genevois proclamé membre d'une espèce protégée... Être protégé par Longchamp et Favre, de quel avenir est-ce que cela peut bien présager pour l'espèce chômeuse locale ? L'avenir du dodo ou celui du panda ?

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mercredi, 23 novembre 2011

Du revenu minimum à l'assistance individuelle ? NON à la suppression du RMCAS !

broyeur.jpg« Acceptez-vous la loi modifiant la loi sur l'aide sociale individuelle ? », demandent le Conseil d'Etat et le Grand Conseil genevois aux citoyennes et aux citoyens de la République. « Non ! », répondons-nous (nous, c'est-à-dire toute la gauche, et les syndicats). La question est innocente, la réponse qu'on lui donnera, quelle qu'elle soit, le sera beaucoup moins. Parce que si cette réponse est « oui », moins de huit mois après l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi fédérale sur l'assurance chômage (que Genève avait refusée à plus de 60 %), c'est une nouvelle tentative de faire peser la responsabilité du chômage sur les chômeuses et les chômeurs eux-mêmes, en précarisant leur situation et en les basculant dans l'assistance, qui serait couronnée de succès.

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lundi, 23 mai 2011

De la « préférence cantonale » à l'embauche : Les enfumeurs parlent aux démagogues

La Communauté genevoise d'action syndicale, qui regroupe tous les syndicats genevois, a récusé le projet de «préférence cantonale » proposé par le Conseil d'Etat  - proposition ayant pour fonction de faire passer au second plan, derrière un rideau de fumée et sous les applaudissements du MCG, un nouveau dispositif de précarisation des chômeuses et chômeurs en fin de droit, et de renforcement de la sous-enchère salariale par la mise à disposition gratuites d'employées et d'employés dans des entreprises qui, comme la Migros, n'ont aucun besoin de bénéficier d'une prime de ce genre à une embauche de ce genre. Quant à la lutte contre le dumping salarial, elle passe non seulement par un renforcement des dispositifs et des moyens de contrôle du respect des normes légales ou conventionnelles, mais aussi, et désormais surtout, par l'instauration d'un salaire minimum garanti.

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mercredi, 06 avril 2011

13'500 signatures contre la suppression du RMCAS : Enrayer la machine à exclure

On votera sur la suppression du Revenu minimum d'aide sociale : le référendum lancé par la gauche, les syndicats et les associations de défense des chômeurs et des précarisés a largement abouti, avec plus de 13'500 signatures, qui contestent le remplacement du RMCAS par un système de « tri » des bons et mauvais chômeurs en fin de droit, dirigeant les uns vers une improbable « réinsertion professionnelle », et les autres vers l'assistance sociale. Avec comme cerises sur cet amer gâteau une baisse des prestations d'assistance, et la transformation des travailleurs sociaux en aiguilleurs de l'exclusion sociale. L'aboutissement du référendum est un premier coup porté à un tel projet : le coup décisif devra être porté par un refus en votation populaire. Pour enrayer la machine à exclure, avant de la démantibuler.

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vendredi, 11 février 2011

Vers la suppression du Revenu minimum cantonal d'aide sociale

Les dominos de l'exclusion

Une majorité (la droite, sans les libéraux et l'UDC, mais avec le MCG et les Verts) de la commission sociale du Grand Conseil genevois propose une révision de la loi sur l'aide sociale individuelle pour abolir le revenu minimum d'aide sociale (RMCAS) dont bénéficiaient en septembre dernier 3470 personnes -des chômeuses et chômeurs en fin de droits , qui passeraient alors directement à l'assistance, comme le millier et demi de personnes, au moins, que la révision de la loi fédérale sur le chômage va contraindre, 1er avril, au même parcours. La révision de la LASI sera sans doute votée par le Grand Conseil. Un référendum sera alors lancé. Il est prêt, nous sommes prêts, pour un débat sur l'effet domino d'une politique qui, renvoyant les chômeurs à l'assistance, nourrit l'exclusion sociale.

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mercredi, 09 février 2011

Entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le chômage : Moins de chômeurs ? plus d'assistés...

Entre 14'000 et 16'000 personnes, au moins, dont 6000 en Romandie, vont passer du chômage à l'assistance publique le 1er avril prochain, lorsqu'entrera en vigueur la nouvelle loi sur le chômage, acceptée, la tête dans le sac et malgré l'opposition de la gauche et des syndicats, par le bon peuple de ceux pour qui le chômage, ça ne frappe jamais que les feignants, c'est-à-dire les autres, ou les artistes, c'est-à-dire personne.

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mercredi, 12 janvier 2011

Sale farce pour les chômeurs : Fin de droits le 1er avril

Sale farce : dès le 1er avril prochain, des milliers de chômeuses et chômeurs (entre 14 et 17'000, selon les estimations officielles) risquent en Suisse de se retrouver sans indemnités, si les dispositions de l'ordonnance fédérale d'application de la loi sur le chômage sont maintenues. La révision de la loi a en effet entraîné une diminution importante du nombre d'indemnités auxquelle les chômeuses et chômeurs de moins de 25 ans et de plus de 55 ans, ainsi que les nouveaux diplômés et les artistes, ont droit. Les syndicats genevois qui s'opposaient à la révision de la loi, ont exigé des mesures d'accompagnement maintenant les droits acquis pour toutes les chômeuses et tous les chômeurs inscrits avant le 1er avril, mais rien ne dit que ces exigences seront acceptées -les chômeuses et les chômeurs, et même le personnel de l'Office de l'emploi et des caisses de chômage, ne sont en tout cas pas informés de ce qui les attend. Après tout, pourquoi s'en faire ? L'Hospice Général pourvoira...

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lundi, 20 septembre 2010

Révision de l'assurance-chômage : encore une semaine pour dire NON au bonneteau social !

bonneteau.jpg

Au vote, citoyens !

Il vous reste une semaine pour, si vous ne l'avez déjà fait, exprimer un NON sec et sonnant à la révision de la loi sur l'assurance-chômage,  qui imposerait aux chômeurs de 30 ans d'accepter n'importe quel emploi, réduirait les droits à l'indemnisation des moins de 25 ans, obligerait à cotiser plus longtemps pour être indemnisé moins longtemps, soustrairait les occupations temporaires au calcul des périodes de cotisations donnant droit à des indemnités, supprimerait les aides aux cantons ou régions particulièrement frappés par le chômage, et plafonnerait la contribution de solidarité versée par les salariés les plus riches... Le Conseil fédéral et la droite font campagne sur le thème :  « c'est la révision ou une augmentation des cotisations », tout en nous proposant à la fois la réduction des prestations et l'augmentation inégalitaire des cotisations : le salarié bas de gamme paierait 2,2 % de cotisations sur son salaire, le patron de Novartis 0,003 %, et le patron multimillonnaire du Crédit Suisse, Brady Dougan, ne cotiserait pas plus qu'un salarié à 10'000 balles par mois... Les partisans de la révision la présentent comme  « équilibrée et socialement acceptable » ? En réalité, elle est déséquilibrée et socialement injuste : elle est payée uniquement par les classes populaires et  « moyennes », et tout particulièrement par les jeunes, les femmes et les salarié-e-s à statut précaire...

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mardi, 06 avril 2010

Révision de l'assurance-chômage : Aux armes référendaires, citoyens !

Chômdur, dur...

Le Parlement a approuvé la 4eme révision de l'assurance chômage, faite sur le dos des chômeurs, malgré les appels au report du projet, lancés par une partie de la droite (les jeunes libéraux-radicaux, par exemple) qui craint un rejet en votation populaire, ou les grognements de l'UDC, qui estime qu'on ne va pas assez loin dans le démantèlement du droit à l'indemnisation. Le comité national référendaire contre la révision de l'Assurance Chômage préparait depuis des mois le referendum, il a donc lancé celui-ci, avec le soutien du PS et des syndicats. Sur ce dossier aussi,  « le peuple de gauche doit défaire l'aristocratie radicale » , comme le proclamait Christian Levrat devant l'Assemblée des délégués du PS, fin février...  « Aristocratie radicale » épaulée en l'occurrence par la cléricature démo-chrétienne pour faire payer la crise de l'emploi à ses victimes. Ah, ça ira, ça ira, ça ira !

télécharger la feuille de signature pour le référendum :
http://www.facebook.com/l/002bd;www.non-dlaci.ch/signatur...

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samedi, 13 février 2010

Lutter contre le chômage ou contre les chômeurs ?

120 jours de sursis, c'est trop demander ?

Pour faire face à la montée du chômage, Vaud, Neuchâtel et le Jura ont obtenu une prolongation de 400 à 520 jours du nombre maximal d'indemnités que peut toucher un chômeur ou une chômeuse. Cette prolongation, accordée aux cantons particulièrement frappés par le chômage, Genève ne l'a pas demandée, alors que le taux de chômage genevois est le plus élevé de Suisse.  Explication de l'apparatchik longcampien de service, Bernard Favre : indemniser plus longtemps les chômeurs retarderait leur droit à l'obtention des prestations de retour à l'emploi... traduction : plus longtemps on indemnise les chômeurs, plus on retarde le moment où ils sortent des statistiques du chômage, fût-ce en tombant carrément à l'assistance publique. Il faut donc les indemniser le moins longtemps possible pour hâter le moment de leur arrivée en fin de droits et qu'ils se résignent à accepter n'importe quel boulot pour n'importe quel salaire. Les syndicats, qui exigent de lutter contre le chômage, pas contre les chômeurs et  lancent une pétition demandant la prolongation de 120 jours de l'indemnisation des chômeurs : signez-là  !

(http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1492)

Cachez ce chômeur...
Tous les mois, à Genève, 250 chômeuses et chômeurs arrivent en fin de droits à l'indemnisation. Pas de quoi fouetter un Favre ou un Longchamp, qui s'accrochent à des mesures de « réinsertion » qui ne «réinsèrent » pas grand monde : sur 3000 chômeuses et chômeurs arrivés en fin de droit en 2009, moins de 700 bénéficiaient en décembre d'allocations de « retour en emploi» ou d'« emplois de solidarité » sous-payés, qui n'ont en sept mois permis qu'à sept personnes de retrouver un emploi « normal». Quant aux « emplois-formation », ils sont quatre fois moins nombreux que les anciens emplois temporaires cantonaux. Enfin, près de la moitié des inscriptions au chômage sont en fait des réinscriptions. Le « puissant » dispositif genevois de « retour à l'emploi », tant vanté par ses bricoleurs, apparaît surtout comme un puissant dispositif de purge des statistiques du chômage : la proportion de chômeurs arrivant en fin de droits atteint à Genève plus du double (14,5 % en novembre 2009) de la moyenne suisse (6,5 %).  Le refus du gouvernement genevois de prolonger la couverture chômage exprime la propension générale de nos gouvernants à faire payer les crises aux victimes des crises : la prochaine révision de la loi fédérale sur l'assurance-chômage prévoit  800 millions de francs d'économies sur le dos des chômeurs, et à Genève un projet de loi prévoit de supprimer le revenu minimum d'aide sociale accordé aux chômeurs en fin de droit. L'objectif est toujours le même : indemniser les chômeurs le moins longtemps possible, pour les contraindre à accepter le plus rapidement possible n'importe quel emploi, dans n'importe quelles conditions, à n'importe quel prix. On se demande d'ailleurs pourquoi le Conseil d'Etat genevois et le Conseil fédéral ne poursuivent pas ce beau raisonnement jusqu'à son terme logique : supprimer complètement l'indemnisation des chômeurs, histoire de les pousser le plus vite possible hors des statistiques, de les mettre le plus tôt possible en fin de droits, puis au-delà de la perception politique, dans une sorte de virtualité fantômatique où on n'aurait plus besoin de se préoccuper d'eux, puisqu'ils n'auraient plus aucune existence légale. On aurait ainsi la meilleure des assurance-chômage possibles : une assurance-chômage n'indemnisant aucun chômeur. Finalement, réduire le chômage, c'est facile : suffit de nier les chômeurs.

Pétition pour la prolongation de 120 jours du droit aux indemnités fédérales de chômage

Pétition adressée au Conseil d’Etat et au Grand Conseil de la république et canton de Genève

Considérant :

  • qu’entre décembre 2008 et décembre 2009 le taux de chômage a passé en Suisse de 3 à 4,4% situant le nombre de chômeurs-euses à 172.740 et de demandeurs-euses d’emploi à 234,359 ;
  • qu’entre décembre 2008 et décembre 2009 le taux de chômage officiel à Genève a augmenté de 5,9 à 7,2%, situant le nombre de chômeurs-euses à 15.930 et de demandeurs-euses d’emploi à 22.067 ;
  • que les Cantons de Vaud, du Jura et de Neuchâtel, également atteints par un fort taux de chômage ont déjà obtenu la prolongation de 120 jours, ce qui améliore le sort des chômeurs-euses de leur canton ;
  • qu’en période de crise il devient très difficile de retrouver un emploi dans de nombreux secteurs et qu’il est primordial, pour les personnes sans emploi, de rester dans le circuit du chômage et d’être soutenus dans les démarches de recherche et également de ne pas subir une dégradation supplémentaire de leur situation sociale et économique en émargeant à l’aide sociale ;

les soussignés-es, salariés-es ou chômeurs-euses ou demandeurs-euses d’emploi demandent instamment aux autorités politiques du canton de Genève :

  • d’utiliser une des maigres possibilités qu’est la prolongation de 120 jours, offertes par la loi fédérale sur le chômage, pour aider les chômeuses-rs- des cantons touchés durablement par un fort taux de chômage ;
  • de demander au Conseil fédéral d’actionner les art 27 LACI et 41 OACI qui permettent, avec une participation aux coûts à raison de 20% du canton, de prolonger de 120 jours le nombre d’indemnités fédérales, pour tous les chômeurs-euses du canton, quel que soit leur âge.s’inscrire en spécifiant dans les champs appropriés le nom du collectif qu’elles souhaitent représenter à cette occasion.

http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1492

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jeudi, 10 décembre 2009

Faire payer la crise aux chômeurs ?

Ça sent le référendum...

Le Conseil national s'apprête à faire payer la crise de l'emploi aux chômeurs  et le plan que va approuver la majorité de droite du parlement est essentiellement un plan de réduction des droits des chômeurs, et en particulier des plus jeunes : réduction de la durée de leurs indemnités chômage s'ils sont sans charge de famille, abaissement du niveau définissant un travail " convenable "… Les jeunes de moins de 25 ans sans charge de famille n'auraient ainsi plus droit qu'à 130 jours d'indemnisation. et ceux de 25 à 29 ans qu'à 260 jours. Les chômeurs de plus de 30 ans n'ayant cotisé au chômage qu'un an n'auraient plus droit qu'à 260 indemnités journalières, les chômeurs de plus de 55 ans ou ayant cotisé entre 12 et 22 mois ou bénéficiant d'une rente AI, n'auraient plus droit qu'à 520 indemnités journalières, et les cantons particulièrement frappés par le chômage ne bénéficieraient bientôt plus d'un régime adapté. La droite libérale-radicale, démochrétienne et UDC, à l'instigation des " milieux économiques " (en clair : les organisations patronales) s'est mise d'accord pour faire un maximum d'économies dans l'assurance-chômage. Sur le dos de qui ? Des chômeurs, évidemment. Tout cela est parfaitement cohérent : la responsabilité de la crise de l'emploi doit être assumée par les victimes de la crise de l'emploi, non par ses responsables.
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Responsables, mais pas payeurs
Que l'assurance-chômage soit lourdement déficitaire en période de montée du chômage n'a rien que de très logique : elle est là pour assurer aux chômeuses et chômeurs un revenu compensatoire de celui qu'ils ont perdu en perdant leur travail, et quand le nombre des chômeuses et chômeurs augmente, le volume des prestations de l'assurance-chômage augmente aussi. C'est en période de plein emploi que cette assurance doit être " assainie " économiquement, pas en période de crise de l'emploi.  Fin septembre 2009, le taux de chômage est passé en Suisse à 3,9 % de la population active, soit un pour mille de plus en un mois, 50 % de plus en un an. Fin juin 2009, le taux de chômage avait déjà atteint une moyenne suisse de 3,6 % (0,2 % de plus en un mois), avec un maximum à Genève (6,7 %). Le chômage a augmenté dans toutes les branches et on s'attend à un taux moyen national de 5,5 % en 2010, le taux le plus élevé depuis 1936, correspondant à 217'000 chômeurs. De juin à juin, le taux de chômage a atteint 4,9 % en Romandie et au Tessin, contre 3 % en Suisse alémanique. Le chômage des jeunes (moins de 25 ans) a augmenté de 5,3 % en un mois, et de 70,6 % en un an. 56,8 % des chômeurs étaient des Suisses Cette crise de l'emploi est la conséquence directe de la crise financières qui a frappé toute l'économie mondiale, et chaque économie nationale, depuis deux ans. Et la réponse donnée par la majorité politique à la crise de l'emploi est la traduction littérale, et presque immédiate, d'un refus politique de poser la question des responsabilités de la crise, et plus encore d'y donner une réponse qui ait un minimum de sens. Ce sont donc les victimes des crises qui  vont les payer, et non les individus, les entreprises et les forces sociales qui en sont responsables, les premiers par incompétence, les secondes par obsession de profit, les dernières pour maintenir leur pouvoir sur la société et ses institutions. Pouvait-on donner plus clair résumé du fonctionnement social d'une économnie capitaliste développée ?

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jeudi, 25 juin 2009

Révision de la loi sur l'assurance chômage : Précariser les précaires

La crise s'installe, les licenciements se multiplient, le chômage augmente ? Le Conseil fédéral présente aux Chambres un projet de révision de la loi sur l'assurance-chômage réduisant les prestations, augmentant les cotisations et pénalisant les chômeurs, le tout dessinant une assurance-chômage qui n'assurerait pas grand monde, et pas longtemps, et aggraverait encore la précarité des groupes sociaux vivant déjà dans la précarité. A celles et ceux qui sont dans cette situation, le message est clair : le guichet qui vous est ouvert n'est pas celui de l'assurance-chômage, mais celui de l'assistance publique. Ou mieux encore, celui de la charité privée. Comme au bon vieux temps.

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