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  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

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    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

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  • Anastasie, le retour

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    Deux députés libéraux ne supportant pas que la Ville fasse campagne contre les cadeaux fiscaux soumis au vote populaire dans deux semaines ont donc obtenu du Tribunal administratif le rétablissement de la censure préalable à Genève, au prétexte que toute " propagande électorale " est interdite à une municipalité, le TA ayant fort opportunément confondu une votation avec des élections. Ce déplacement du débat politique sur le terrain juridique est certes symptomatique à la fois de l'époque, et du lieu (Genève doit bien être la ville du monde où la proportion de juristes au sein de la population résidente est la plus élevée, et il faut bien que ce cheptel s'ébroue), mais sous les arguties juridiques, on n'a aucun mal à retrouver la motivation politique : ce qui est reproché à la Ville n'est pas de faire campagne (l'aurait-elle fait pour soutenir le Conseil d'Etat que nul, à droite, n'y aurait trouvé à redire ni à recourir), mais de faire campagne contre la braderie fiscale de l'automne.

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