mercredi, 06 mars 2013

Initiative Minder : une bonne chose de faite, mais...

Minder, ou la nostalgie

On a appelé à voter pour l'initiative Minder, on l'a votée, on a fêté sa victoire, on a savouré les commentaires (un tantinet excessifs, mais on mettra cet excès sur le compte de la surprise) des media internationaux -mais on sait bien que ce texte triomphalement ratifié par le peuple (plus précisément : les deux tiers de la moitié de la population disposant du droit de vote) n'est pas un texte anticapitalisme, mais un manifeste nostalgique pour le retour à un capitalisme patrimonial où les propriétaires des entreprises (c'est-à-dire les actionnaires, c'est-à-dire les propriétaires du capital) y détiennent le pouvoir -eux, et non des mercenaires achetés à prix d'or, salariés à prix d'argent et remerciés à prix de platine.

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jeudi, 02 février 2012

Le Congrès de l'Internationale Socialiste s'est-il tenu à Davos ?

Montagne magique

« Une » de la « Tribune de Genève » : Le Forum de Davos milite « pour un dépassement du capitalisme »... Un capitalisme qui, de toute façon, comme nous l'explique sur une pleine page du «Temps» le président du Conseil d'administration de Nestlé, « est un modèle théorique qui n'existe pas en réalité ».  C'est cela, voui. Et Brabeck est un mythe, Nestlé un mirage et Davos fut cette année un congrès de l'Internationale Socialiste, avec beaucoup d'éloges du modèle social-démocrate, après des décennies de prédications libérales. Les crises sont passées par là, les pontes de l'économie et de la politique redécouvrent les vertus de la relance keynésienne, les utilités des déficits budgétaires quand ils financent cette relance, l'utilité de l'Etat, pas seulement comme banquier des banquiers, assureur des assureurs, bateau de sauvetage des entreprises, mais surtout comme régulateur des soubresauts économiques et sociaux. Une régulation qui peut passer par la répression des mouvements de protestation que les politiques d'austérité provoquent, mais surtout une régulation qui peut permettre de se passer de cette répression en prévenant ces mouvements.

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mercredi, 03 août 2011

Les lieux et les temps changent...

Les lieux et les temps de production prennent des formes nouvelles, chacune de ces formes nouvelles devenant terrain nouveau de lutte, et produisant des formes nouvelles, ou redécouvrant des formes anciennes, de lutte. Le temps de production a dévoré le lieu de production, et s'y est substitué comme critère déterminant des rapports de production, et des choix économiques des forces de production.

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mardi, 02 août 2011

Abolir la propriété privée ? Et si c'était déjà fait ?

Revenons-en à Proudhon (et, avant lui, à Rousseau) : la propriété, c'est toujours le vol, puisque être propriétaire c'est toujours exclure autrui du droit de jouir de ce dont on revendique la propriété. Dans le même temps où le droit de propriété est garanti, l'exclusion de la jouissance des droits fondamentaux est donc proclamée, et la propriété n'est plus seulement pour le propriétaire la propriété de ce dont il s'affirme propriétaire, mais aussi -et surtout- la propriété des droits des non-propriétaires, c'est-à-dire, enfin, la propriété des non-propriétaires eux-mêmes, comme personnes, comme individus. Le vieux rapport d'esclavage n'a donc pas été aboli : il n'a été que transformé : Si l'on ne possède plus (ou pas encore à nouveau) formellement les corps, on possède encore l'espace et le temps en lesquels ils se meuvent et vivent. Mais cette possession est la seule qui compte encore : le développement même du capitalisme tend à rendre obsolète la propriété privée des biens. S'approprier des biens ralentit désormais le processus d'appropriation du temps et de l'espace, c'est-à-dire des vies, et c'est moins la possession que la disposition de ces biens qui importe. A quoi bon d'ailleurs acquérir un bien qui dans le mois qui suit sera dépassé par le « progrès technologique » ? Disposer de ce bien sans le posséder évite au moins d'avoir à s'en débarrasser. Restent donc le temps et l'espace, non renouvelables, dont la possession est pouvoir pur. Quant aux biens marchands, ils peuvent être laissés à la possession des classes moyennes et à la convoitise des classes pauvres : ils enchaînent les premières (qui s'y prêtent volontiers) aux normes sociales que ces biens matérialisent, et les secondes à l'espoir -le seul que leur laisse le système- d'accéder à l'heureuse médiocrité du petit bourgeois.

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14:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : propriété privée, capitalisme | |  Facebook | | | |

vendredi, 29 juillet 2011

Rapports de classes : retour de la plèbe ?

Nous n'attendons plus que revienne le vieux prolétariat. Nous ne croyons pas aux fantômes. Mais ce qui ne peut revenir peut néanmoins renaître, sans doute sous une autre forme, mais de la même matrice. Le capitalisme qui a produit le prolétariat, produit aujourd'hui la classe historique, dont le nom nous importe peu, et que l'on peut si l'on y tient désigner comme la vieille plèbe, formée de toutes celles et de tous ceux qui ne décident pas de leur propre vie. C'est cette classe, qui va des salariés exécutants aux exclus, qui dit aujourd'hui la possibilité de la société sans classe -sa nécessité ne faisant doute que pour ceux, et désormais celles, qui n'ont jamais socialement vécu que de la division en classes.

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jeudi, 28 juillet 2011

Quelle alternative ?

Au capitalisme réellement existant (et réellement existant aujourd'hui, non à celui ayant existé il y a un siècle), quel socialisme réellement possible la gauche révolutionnaire oppose-t-elle ? La social-démocratie s'arc-boute sur sa volonté de socialiser le capitalisme pour en raboter les aspérités les plus blessantes, ou à défaut les dissimuler sous le vernis de l'Etat social ; ce qu'il reste du mouvement communiste bascule peu à peu dans une nostalgie rigoureusement réactionnaire, mâtinée de corporatisme (en direction et à partir de la fonction publique, mais aussi des petits rentiers). Qu'y a-t-il de socialiste dans tout cela ? Rien, strictement rien. Mais il y a tout du socialisme possible dans les possibilités même du capitalisme : l'affranchissement du travail, le dépérissement de l'Etat, la socialisation de la propriété privée, le primat de la culture sur l'économie (puisque le capitalisme lui-même impose désormais le primat de l'information sur la propriété).

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mercredi, 27 juillet 2011

La mondialisation : le risque et la chance

La mondialisation que dénonce à l'envi la "gauche de la gauche" n'est rien d'autre que l'extension à l'ensemble de la planète d'activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social précis. En tant que telle, la mondialisation est non seulement dans la logique du capitalisme, mais elle est même constitutive de sa capacité à s'imposer, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme. Mais en même temps, elle le change : il n'est désormais plus nécessaire de transférer réellement des capitaux existants d'un pays, d'un espace ou d'un acteur économique à un autre pour opérer un échange financier, ni d'investir un capital dans une activité productive pour en tirer profit, mais il suffit désormais de transmettre une information douteuse sur un capital hypothétique pour qu'un capital réel soit constitué quelque part, et un travail réel dissout ailleurs. La mondialisation capitaliste aboutit à une économie de casino où le profit ne naît plus de l'investissement productif mais du jeu spéculatif, et où l'on gagne plus en supprimant des emplois qu'en en créant.

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mardi, 26 juillet 2011

A propos du mode de production collectiviste d'Etat

« (...) dans l'intérêt d'une juste répartition de la terre nous avons de propos délibéré laissé mourir en une seule année environ 5 millions de paysans avec leurs familles. Nous avons poussé si loin la logique dans la libération des êtres humains des entraves de l'exploitation industrielle, que nous avons envoyé environ dix millions de personnes aux travaux forcés dans les régions arctiques et dans les forêts orientales, dans des conditions analogues à celles des galériens de l'Antiquité. Nous avons poussé si loin la logique que, pour régler une divergence d'opinions nous ne connaissons qu'un seul argument : la mort (...) Nos ingénieurs travaillent avec l'idée constamment présente à l'esprit que toute erreur de calcul peut les conduire en prison ou à l'échafaud ; les hauts fonctionnaires de l'administration ruinent et tuent leurs subordonnés, parce qu'ils savent qu'ils seront rendus responsables de la moindre inadvertance et seront eux-mêmes tués ; nos poètes règlent leurs discussions sur des questions de style en se dénonçant mutuellement à la Police secrète (...). Agissant logiquement dans l'intérêt des générations à venir, nous avons imposé de si terribles privations à la présente génération que la durée moyenne de son existence est raccourcie du quart. Afin de défendre l'existence du pays, nous devons prendre des mesures (...) en tout point contraires aux buts de la Révolution. Le niveau de vie du peuple est inférieur à ce qu'il était avant la Révolution, les conditions de travail sont plus dures, la discipline est plus inhumaine, la corvée du travail aux pièces pire que dans les colonies où l'on emploie des coolies indigènes ; nous avons ramené à douze ans la limite d'âge pour la peine capitale ; nos lois sexuelles sont plus étroites d'esprit que celles de l'Angleterre, notre culte du Chef plus byzantin que dans les dictatures réactionnaires. Notre presse et nos écoles cultivent le chauvinisme, le militarisme, le dogmatisme, le conformisme et l'ignorance. Le pouvoir arbitraire du gouvernement est illimité, et reste sans exemple dans l'histoire ; les libertés de la presse, d'opinion et de mouvement ont totalement disparu, comme si la Déclaration des Droits de l'Homme n'avait jamais existé. Nous avons édifié le plus gigantesque appareil policier, dans lequel les mouchards sont devenus une institution nationale, et nous l'avons doté du système le plus raffiné et le plus scientifique de tortures mentales et physiques. Nous menons à coups de fouet les masses gémissantes vers un bonheur futur et théorique que nous sommes les seuls à entrevoir »

Arthur Koestler (Le Zéro et l'Infini, chapitre VIII)

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lundi, 25 juillet 2011

Du capitalisme libéral au capitalisme socialisé

L'Etat social est l'organisation, par l'Etat et pour la société, de la survie de chacun des sociétaires : de ceux que la faim menaçait comme de ceux qui craignaient la colère des affamés. Ce pacte entre affameurs et affamés, expulseurs et sans-logis, exploiteurs et exploités, possédants et possédés, tous proclamés également citoyens (mais les premiers l'étant évidemment plus que les seconds), est un pacte de survie des maîtres, un contrat social dont la vie n'est ni l'objet, ni le sujet, ni l'enjeu, en tant qu'elle est totalement irréductible à toute espèce de pacte ou de contrat, de règle ou de loi, mais dont la survie est le prix.

Mais si l'Etat social ne garantit que la survie, il répartit néanmoins pour cela des moyens si considérables qu'ils pourraient être ceux de la vie toute entière, toute riche et toute libre qu'elle puisse être : la masse financière représentée par l'addition des prestations sociales compensatoires de la perte de salaire (indemnités de maladie, d'accident, de chômage, de service militaire, de maternité, congés parentaux, retraites, pensions, rentes d'invalidité etc...) suffirait à couvrir le coût d'un revenu minimum inconditionnel versé à toute personne sans contrepartie, et équivalant à la couverture totale de tous ses besoins physiques et sociaux essentiels.

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dimanche, 24 juillet 2011

Dépasser le capitalisme ?

Le capitalisme ne sait pas vers quoi il avance. Personne ne le sait, et nous pas plus que quiconque. Nous ne savons qu'une chose : il avance. Il est fait pour cela, et c'est sa force. Mais nous savons aussi que tous les champs que le capitalisme investit peuvent être investis par ses adversaires, et que tout ce dont le capitalisme use à ses propres fins peut être retourné contre lui. Le capitalisme a triomphé en s'appuyant sur l'avidité. Le mode de production collectiviste d'Etat a échoué en exploitant l'altruisme. La social-démocratie s'est fourvoyée en tentant l'organisation de l'écoeurante solidarité des possédants et des possédés, sous le mode du capitalisme socialisé.

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vendredi, 01 mai 2009

Capitalisme : no future (depuis un siècle)

Fête des travailleurs* : la gauche genevoise optimiste
* et non la " fête du travail " en quoi voulurent la transformer les régimes fascistes

A Genève, la journée du 1er Mai a été placée par ses organisateurs sous le slogan fort optimiste " capitalisme : no future ! ". Quant aux " anticapitalistes ", ils iront clamant " nous ne paierons pas leur crise ", ce qui n'est pas moins optimiste. " Capitalisme : no future "… Nos syndicats virent-ils punk (avec trente ans de retard) ? Que non point : ils réaffirment seulement la vieille certitude que " le capitalisme est un système économique qui n'a pas d'avenir ". Certitude qui, elle, a un long passé : ça fait plus d'un siècle qu'on la cultive. Et que le capitalisme, de crise en guerre et de guerre en crise, se réforme, avec notre aide. Car le capitalisme a bien un avenir, et c'est celui que nous lui assurons, avec les meilleures intentions et les plus légitimes volontés : aider les victimes des crises du capitalisme à les surmonter. Ce qui permet d'en refaire des producteurs, des consommateurs, des contribuables et des épargnants. En somme, de quoi reconstituer après chaque crise ce que chaque crise à détruit : des marchés et des profits. " Capitalisme : no future " ? La gauche a l'optimisme chevillé au corps.

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